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Rapport technique thématique no. 14. - Tendances de la capacité d’habitat faunique des terres agricoles du Canada, 1986-2006

Écozone+ maritime de l’Atlantique

Proportion de terres agricoles

Dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, près de 10 % du territoire est constitué du paysage agricoleNote 8 en 2006. En général, ces terres sont exploitées à petite échelle pour l’élevage de bovins de boucherie, de porcs ou de volailles, pour la production laitière ou pour la culture de légumes, de fruits ou de petits fruits. Sauf dans quelques secteurs de forte production agricole situés dans les écorégions de l’Île-du-Prince-Édouard, des basses terres d’Annapolis-Minas, de la vallée de la rivière Saint-Jean et des Appalaches, les terres agricoles sont une composante relativement mineure du paysage (Figure 2) et se répartissent en une diversité de types de couverture, dont une bonne part de terres naturelles et semi-naturelles.

Figure 2. Pourcentage de terres agricoles dans les polygones PPC de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, en 2006.

carte

Description longue pour la figure 2

Cette carte montre le pourcentage de terres agricoles dans les polygones PPC de l'écozone+ maritime de l'Atlantique, en 2006. Sauf dans quelques secteurs de forte production agricole situés dans les écorégions de l'Île-du-Prince-Édouard, des basses terres d'Annapolis-Minas, de la vallée de la rivière Saint-Jean et des Appalaches, les terres agricoles sont une composante relativement mineure du paysage.

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De 1986 à 2006, la superficie totale du paysage agricole a diminué d’environ 6 %, passant de 2,20 à 2,08 millions d’hectares. La Figure 3 montre l’évolution de cette superficie totale et de la superficie occupée par chaque type de couverture, en 1986, 1996 et 2006. La catégorie « autres terres » est le type de couverture dominant de l’écozone+ maritime de l’Atlantique et représente près de la moitié de l’ensemble du paysage agricole pour les trois années. En 20 ans, la part de ce type de couverture est passée de 49 à 47 %. Le foin cultivé arrivait au deuxième rang des types de couverture, et sa part est passée de 21 à 26 %. La part des pâturages a diminué, celle des pâturages améliorés passant de 9 à 5 %, et celle des pâturages non améliorés, de 9 à 6 %. La part de la catégorie « autres cultures » a augmenté, passant de 2 à 3 %, principalement à cause de la production accrue de pommes de terre à l’Île-du-Prince-Édouard et dans la vallée de la rivière Saint-Jean.

Figure 3. Superficie totale de terres agricoles et superficie de chaque type de couverture (diagramme) ainsi que proportion relative de chaque type de couverture (tableau) dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, en 1986, 1996 et 2006.

graphique

Description longue pour la figure 3

Cette illustration présente un graphique à barres empilées qui montre les informations suivantes :

Pourcentage de Terres agricoles (hectares)
Type de couverture198619962006
Oléafineux1037192,265
Légumineuses à grain154185161
Soja2,2554,44714,017
Petits fruits11,78423,64120,865
Pâturages améliorés196,264130,244108,401
Autres terres1,072,0791,063,783979,019
Jachère18,5433,2942,976
Pâturages non améliorés194,269204,362127,699
Céréales162,100171,670167,272
Mais17,95420,37243,646
Foin cultivé456,701489,075533,195
Autres cultures51,57369,88667,282
Arbres frutiers6,1654,9264,158
Légumes8,7408,5035,547
Céréales d'hiver6,2926,1407,646

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Utilisation potentielle des terres agricoles par la faune

En tout, 292 espèces de vertébrés terrestres (215 oiseaux, 52 mammifères, 9 reptiles et 16 amphibiens) pouvaient utiliser le paysage agricole de l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Le paysage agricole comprenait une proportion importante de terres naturelles et semi-naturelles, qui abritaient de nombreuses espèces et constituaient le principal facteur expliquant la capacité d’habitat généralement élevée des terres agricoles de l’écozone+. La catégorie « autres terres » était nettement le type de couverture le plus important pour la faune, puisqu’elle fournissait des habitats de reproduction et d’alimentation à 88 % (257) des espèces associées aux terres agricoles. Inversement, les terres en cultureNote 9 fournissaient ces deux types d’habitats à seulement 17 % (50) des espèces. Cependant, lorsque des terres naturelles étaient présentes dans le paysage, les terres en culture pouvaient fournir à 27 % (79) des espèces au moins un des deux types d’habitats.

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Capacité d’habitat faunique

En 2006, la capacité d’habitat faunique moyenne des terres agricoles de l’écozone+ maritime de l’Atlantique était élevée (88,7 ± 18,7), malgré la baisse significative survenue depuis 1986 (93,2 ± 16,1) (ANOVA, F = 14,2; test de Tukey, p < 0,05) (Figure 4). La répartition spatiale des valeurs de capacité d’habitat en 1986 et en 2006 est indiquée aux Figure 5 et Figure 6. En 20 ans, la capacité d’habitat a diminué dans 43 % des terres agricoles de l’écozone+, a augmenté dans 28 % de ces terres et est demeurée constante dans 29 % (Figure 7).

La capacité d’habitat a diminué dans plusieurs écorégions où une forte production agricole avait été déclarée. Dans l’écorégion de l’Île-du-Prince-Édouard, la capacité d’habitat est passée de 57,6 ± 10,9 (modérée) en 1986 à 48,3 ± 7,9 (faible) en 2006, ce qui en fait la plus faible de l’écozone+. Les autres écorégions qui ont connu une baisse significative de leur capacité d’habitat sont la vallée de la rivière Saint-Jean (85,9 ± 13,9 à 73,9 ± 22,0) et les Appalaches (84,4 ± 12,7 à 77,0 ± 17,2) (ANOVA; test de Tukey, p < 0,05). Parmi les écorégions à forte production agricole, seules les basses terres d’Annapolis-Minas ont maintenu une capacité d’habitat constante (85,5 ± 14,0 à 85,6 ± 13,7).

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Figure 4. Répartition des terres agricoles selon les classes de capacité d’habitat (axe de gauche) et capacité d’habitat moyenne des terres agricoles (axe de droite) dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, en 1986, 1996 et 2006.

graphique

Description longue pour la figure 4

Ce graphique à barres empilées montre les informations suivantes :

Classes de capacité d’habitat

  • Très élevée 90->100
  • Élevée 70-90
  • Modérée 50-70
  • Faible 30-50
  • Très faible <20-30
Part de chaque classe de capacité d’habitat (pourcentage)
Classes de
capacité d’habitat
198619962006
<200.000.00 0.00
20-300.000.000.00
30-400.022.402.98
40-503.904.114.78
50-606.219.3510.21
60-707.8310.089.50
70-8013.5311.5314.43
80-9033.9123.3528.88
90-10019.3722.7816.59
>10015.2216.4112.63

La capacité d’habitat moyenne dans l’ecozone+ maritime de l’Atlantique était 94.17 en 1986, 93.17 en 1996 et 88.75 en 2006.

Les années associées à des lettres différentes présentent des différences significatives (ANOVA, F = 14,2; test de Tukey, p < 0,05).

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Figure 5. Capacité d’habitat faunique des terres agricoles de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, en 1986.

carte

Description longue pour la figure 5

Cette carte illustre la capacité d'habitat faunique des terres agricoles de l'écozone+ maritime de l'Atlantique en 1986. La région des Appalaches est généralement dans la catégorie élevée, avec certaines parcelles présentant une capacité d'habitat modérée et très élevée, comme la région de la vallée de la rivière Saint-Jean. Le sud du Nouveau-Brunswick et les régions des basses terres d'Annapolis-Minas sont principalement catégorisées par une capacité d'habitat très élevée. L'Île-du-Prince-Édouard présente principalement une capacité d'habitat modérée, avec certaines zones présentant une capacité d'habitat faible.

CH signifie la capacité d’habitat moyenne pour l’écorégion. Tous les polygones PPC comportant plus de 5 % de terres agricoles ont été pris en compte dans l’analyse.

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Figure 6. Capacité d’habitat faunique des terres agricoles de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, en 2006.

carte

Description longue pour la figure 6

Cette carte illustre la capacité d'habitat faunique des terres agricoles de l'écozone+ maritime de l'Atlantique en 2006. L'ensemble de la région des Appalaches est caractérisée par un mélange de capacité d'habitat très élevée à modérée. La région de la vallée de la rivière Saint-Jean varie de la catégorie faible à élevée. Le sud du Nouveau-Brunswick et la région des basses terres d'Annapolis-Minas présentent principalement une capacité d'habitat très élevée, à l'exception d'une parcelle qui présente une capacité élevée à modérée dans le centre de la région des basses terres. L'Île-du-Prince-Édouard est en grande partie dans la catégorie faible avec certaines parcelles présentant une capacité d'habitat modérée.

CH signifie la capacité d’habitat moyenne pour l’écorégion. Tous les polygones PPC comportant plus de 5 % de terres agricoles ont été pris en compte dans l’analyse.

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Figure 7. Changements survenus de 1986 à 2006 dans la capacité d’habitat faunique des terres agricoles de l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

carte

Description longue pour la figure 7

Cette carte montre les changements survenus de 1986 à 2006 dans la capacité d'habitat faunique des terres agricoles de l'écozone+ maritime de l'Atlantique. Sur une période de 20 ans, la capacité d'habitat a diminué dans 43 % des terres agricoles dans cette écozone+, elle a augmenté sur 28 % des terres et s'est maintenue sur 29 %.

ANOVA, test de Tukey, p < 0,05. Tous les polygones PPC comportant plus de 5 % de terres agricoles ont été pris en compte dans l’analyse.

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Interprétation

Dans une bonne partie de l’écozone+, l’empreinte relativement légère de l’agriculture et l’abondance de terres agricoles ayant une valeur élevée comme habitat offraient des possibilités d’habitat considérables à la faune à l’intérieur et à proximité des terres agricoles. Par conséquent, l’agriculture avait une incidence beaucoup plus faible sur l’habitat des espèces animales dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique que dans les principales écozones+ dominées par l’agriculture. Cependant, dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, l’agriculture occupe les zones les plus productives et notamment les vallées des rivières, ce qui affecte la superficie d’habitat disponible dans ces zones. La superficie totale de terres agricoles a diminué d’environ 6 %, mais la part des terres cultivéesNote 10 est passée de 33 à 42 %, tandis que celle de la catégorie « autres terres » est tombée de 49 à 47 %.

La baisse significative de capacité d’habitat survenue de 1996 à 2006 résulte de l’accroissement général (33 à 42 %) de la part de terres cultivées du paysage agricole, cette composante ayant une valeur relativement faible comme habitat. La part des terres agricoles ayant le plus de valeur pour la faune a diminué (« autres terres », 49 à 47 %; pâturages non améliorés, 9 à 6 %; pâturages améliorés, 9 à 5 %) en faveur d’autres types de couverture ayant moins de valeur comme habitat (foin cultivé, 21 à 26 %; autres cultures (pomme de terre), 2 à 3; maïs, 1 à 2). Malgré cette diminution, la capacité d’habitat moyenne des terres agricoles est demeurée élevée dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

À l’exception des basses terres d’Annapolis-Minas, toutes les écorégions à forte production agricole ont connu une diminution de leur capacité d’habitat. Dans les Appalaches, cette diminution était principalement due à la perte de pâturages non améliorés (10 à 6 %) et améliorés (10 à 5 %), la part de terres cultivées étant passée de 32 à 41 %. Dans la vallée de la rivière Saint-Jean et à l’Île-du-Prince-Édouard, l’expansion de la pomme de terre (14 à 19 % et 10 à 16 % respectivement) et des cultures de rotation connexes ainsi que les pertes concurrentes de la catégorie « autres terres » (46 à 41 % et 28 à 22 % respectivement) ont été les principaux facteurs de diminution de la capacité d’habitat faunique. Dans ces deux écorégions, la part des terres cultivées a augmenté (41 à 51 % dans la vallée de la rivière Saint-Jean et 56 à 68 % à l’Île-du-Prince-Édouard). À l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard, la capacité d’habitat faunique des écorégions à forte production agricole est demeurée élevée, car les milieux naturels et semi-naturels ont continué de constituer environ la moitié de la superficie totale de terres agricoles. À l’Île-du-Prince-Édouard, la catégorie « autres terres » représentait une proportion beaucoup plus petite du paysage agricole : elle est passée de 28 à 22 %. Dans cette écorégion, les changements nets survenus dans la couverture des terres ont réduit leur capacité d’habitat faunique, qui est passée de modérée (57,6 ± 10,9) en 1986 à faible (48,3 ± 7,9) en 2006.

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Notes de bas de page

Note 8

Le paysage agricole (ou terres agricoles), tel qu’il est indiqué tout au long de ce rapport, comprend la catégorie « autres terres » du Recensement de l’agriculture, composée de zones telles que les terres humides, les zones riveraines, les brise-vent, les terres boisées, les terres incultivées, les anciens champs et les zones anthropiques (bâtiments agricoles, serres et allées).

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Note 9

Les terres en culture comprennent les terres en jachère et les cultures annuelles (plantes oléagineuses, légumineuses à grain, sojas, céréales, maïs, foin cultivé, autres cultures, légumes et céréales d’hiver).

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Note 10

Les terres cultivées comprennent toutes les terres agricoles à l’exception de la catégorie « autres terres », des pâturages non améliorés, des pâturages améliorés et des terres en jachère.

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