Réseaux trophiques

État et tendances
quelques changements majeurs; tendances inconnues pour plusieurs
Situation préoccupante, étant donné que certains milieux se détériorent lentement ou modérément. Pour d’autres milieux, la vitesse du changement est inconnue.
données seulement pour certaines parties des réseaux trophiques et certaines régions
Fiabilité de la constatation moyenne
premières indications de changements dans certains cycles de population
Drapeau rouge

CONSTATATION CLÉ 20. Des changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d'eau douce et d'eau marine. La diminution ou la disparition d'éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.

Cette constatation clé est divisée en trois parties :

Les réseaux trophiques sont formés des relations entre les divers organismes d'un système constitué à la base de producteurs primaires (plantes, algues et micro-organismes) et dans lequel intervient un ensemble de consommateurs et de décomposeurs1. Les cycles de population consistent en sommets et en baisses périodiques réguliers dans l'abondance annuelle qui sont largement dictés par la dynamique de certains réseaux trophiques. Les réseaux trophiques et les cycles des populations sont importants parce qu'ils forment la structure et les fonctions des écosystèmes. Les changements de la diversité des espèces résultent souvent de changements dans les réseaux trophiques.

Le déclin de la morue et d'autres espèces de poisson prédatrices au large de la côte Atlantique constitue un exemple des effets dévastateurs qui peuvent se produire lorsqu'une composante importante d'un réseau trophique subit de graves réductions. Cette perte de poissons prédateurs a entraîné d'autres transformations de l'écosystème, dont, entre autres, de grandes augmentations des crevettes (voir Zones marines).

 

 

 

 

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Photo : Coyote © iStock.com/4loops

Déclin des prédateurs terrestres

La plupart des grands carnivores indigènes, dont le carcajou, ont subi de graves diminutions de leur abondance ou sont disparus de la majeure partie de leurs aires de répartition historiques dans les régions les plus peuplées de l'Amérique du Nord. Les aires de répartition actuelles et les plus grandes populations encore existantes se trouvent généralement dans le nord et l'ouest du continent3.

Aire de répartition nord-américaine du carcajou
Carte : Aire de répartition Nord-Américaine du Carcajou. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Adapté de Hummel et Ray, 20083.

Dans l'écozone+ boréale de Terre-Neuve, le loup, grand prédateur indigène, est disparu dans les années 19204. Le coyote de l'Est, observé dans cette écozone+ pour la première fois en 1987, est devenu un prédateur important qui se nourrit d'une variété d'espèces et est en compétition avec des prédateurs indigènes comme l'ours, le lynx et le renard roux5.

Dans l'écozone+ des plaines à forêts mixtes, des changements chez les prédateurs et en matière de récolte, combinés à des hivers plus doux et à une augmentation de l'abondance de la nourriture sur les terres modifiées par les activités agricoles et forestières, ont entraîné la croissance rapide des populations de cerfs de Virginie au cours des dernières décennies6, 7. Le broutage par un nombre élevé de cerfs a modifié les communautés végétales des forêts,8, 9 ce qui a par conséquent perturbé l'habitat d'autres espèces, notamment les insectes, les oiseaux et les petits mammifères6.

Dans les Prairies, le déclin du loup gris a commencé avec la disparition du bison des Plaines à la fin des années 1800 et s'est poursuivi en raison de la chasse excessive des ongulés et de la lutte contre les prédateurs10. Avec la perte du loup, la dynamique prédateur-proie a changé. Dans la partie sud-est de l'Alberta, l'abondance du coyote de l'Ouest a augmenté de 135 % entre la période 1977-1989 et la période 1995-199611.

Avec la perte du loup, la dynamique prédateur-proie a changé. Dans la partie sud-est de l'Alberta, l'abondance du coyote de l'Ouest a augmenté de 135 % entre la période 1977-1989 et la période 1995-199611, 12 et qui chasse peu les ongulés13, est venu modifier l'abondance et la répartition des espèces proies.

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Déclins de l’amphipode Diporeia

Déclins de l’amphipode Diporeia dans le lac Huron

Densité du Diporeia (en milliers par m2), de 2000 à 2007
Trois cartes : Déclins de l’amphipode diporeia dans le lac Huron. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Environnement Canada et U.S. Environmental Protection Agency, 20092.
Photo : Diporeia adulte  © Tomas Hook
Diporeia adulte (taille d'un grain de riz)
Photo : Lac Huron © iStock.com/janeff

Les petits invertébrés jouent un rôle majeur dans les réseaux trophiques des Grands Lacs, car ils relient la base du réseau (algues, bactéries et particules de matière organique), dont ils se nourrissent, avec les poissons, dont ils sont la proie. Depuis 1995, les populations de l'amphipode Diporeia, historiquement abondantes, largement répandues et dominant les réseaux trophiques en eau profonde, ont décliné brusquement dans tous les lacs, sauf dans le lac Supérieur2. Ces déclins coïncident avec l'introduction des moules zébrées et quagga envahissantes. Toutefois, cette tendance continue à la baisse est plus complexe et découle probablement de l'interaction de plusieurs causes.

Les déclins de Diporeia ont eu des répercussions importantes sur les réseaux trophiques des Grands Lacs ainsi que des effets défavorables sur les espèces de poisson fourrage et les espèces commerciales. Par exemple, la croissance et la condition corporelle du grand corégone ont diminué de façon significative dans certaines zones des lacs Huron, Ontario et Michigan lors du déclin de Diporeia2.

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Tendances des cycles des populations

Les cycles des populations constituent des caractéristiques particulièrement importantes de la forêt boréale et de la toundra1, les plus grands écosystèmes terrestres du Canada. Les herbivores sont au coeur de ces écosystèmes. D'une durée de dix ans, le cycle du lièvre d'Amérique détermine le cycle de nombreux oiseaux et mammifères prédateurs de la forêt boréale19, tout particulièrement le lynx et le coyote. Le cycle du lièvre est lui-même le résultat de l'interaction entre la prédation et la végétation qui constitue la source de nourriture du lièvre20. Dans la toundra arctique, les lemmings et autres petits rongeurs influent sur la dynamique des populations de nombreux prédateurs21.

Cycles du lièvre d’Amérique et du lynx en forêt boréale, Kluane, Yukon

Densité du lièvre d'Amérique et du lynx, de 1976 à 2009
Graphe : Cycles du lièvre d’amérique et du lynx en forêt boréale, Kluane, Yukon. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Krebs, 201014.

En 2006, les maximums de densité de population au Yukon étaient moins élevés et plus brefs que les sommets antérieurs. Une atténuation similaire du cycle du lièvre est maintenant observée dans les Territoires du Nord-Ouest15. Il est nécessaire d'assurer un suivi continu pour déterminer s'il s'agit d'un changement des cycles ou de fluctuations naturelles.

Cycles des populations de petits mammifères de l’Arctique

Il faut de longues séries de données pour détecter et comprendre un changement dans un écosystème, surtout si les populations sont cycliques16. Les programmes de suivi des petits mammifères menés dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut ne sont pas en place depuis assez longtemps pour déceler des tendances. Les cycles de populations des lemmings à l'île Bylot au Nunavut ont montré des signes d'affaiblissement au milieu des années 200017, mais les densités élevées de cette espèce en 2008 et en 2010 ont permis de stabiliser la tendance à long terme18.

Monde

Tendances mondiales

Dans le nord de l'Europe, les cycles de populations des lemmings, des campagnols, des gallinacés et d'insectes se sont affaiblis sur de grandes superficies depuis le début des années 1990. Des études relient ces phénomènes aux changements climatiques, principalement aux effets des hivers plus doux22, 23.

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