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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour les écozones+ superscript du Bouclier boréal et Boréale de Terre-Neuve

Coup d'œil sur les constatations clés à l'échelle nationale et à L'échelle de l'écozone+

Tableau 3 et Tableau 4 présentent les co nstatations clés nationales du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Référence6 de même qu'un sommaire des tendances correspondantes dans les écozones+ du Bouclier boréal et Boréale de Terre-Neuve, respectivement. Le numéro des sujets fait référence aux constatations clés nationales dans Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Les sujets grisés correspondent aux constatations clés au niveau national, mais n'étaient pas pertinents ou n'ont pas été évalués pour cet écozone et n'apparaissent pas dans le corps de ce document. Les éléments probants relatifs aux énoncés qui apparaissent dans ce tableau se trouvent dans le texte subséquent organisé par constatation clé. Voir la préface à la page  ii.

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Écozone+ du Bouclier boréal : constatations clés

Tableau 3. Aperçu des constatations clés pour l'écozone+ du Bouclier boréal.

Tableau 3.1 Thème: Biomes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ du Bouclier Boréal
ForêtsSur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l'aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d'âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.En 2005, les forêts couvraient 88 % de l'écozone+ du Bouclier boréal. Bien que la couverture soit demeurée stable de 1985 à 2005 pour les forêts aménagées, les peuplements mixtes et à feuilles caduques ont remplacé les peuplements dominés par les conifères à la suite de la régénération naturelle après la récolte du bois. L'exploitation forestière a remplacé le feu comme perturbation principale de la forêt; l'industrie forestière a ralenti depuis 2004.
PrairiesL'étendue des prairies indigènes n'est plus qu'une fraction de ce qu'elle était à l'origine. Bien qu'à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.Non pertinente
Milieux humidesLa perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l'influence d'une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.Les milieux humides occupent plus de 320 000 km2 dans cette écozone+. Entre les années 1960 et 2000, 9 000 km2 de milieux humides ont été inondés pour des projets hydroélectriques. Entre 1980 et 2000, 250 km2 de tourbières ont été drainés pour la foresterie.
Lacs et cours d'eauAu cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d'eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d'eau et des lacs, la baisse des niveaux d'eau et la perte et la fragmentation d'habitats.Les conditions dans les lacs et les rivières varient d'un endroit à un autre dans l'écozone+. On note, parmi les tendances dominantes, la diminution des débits annuels, des débits maximaux plus tôt dans la saison, des taux décroissants d'élévation du niveau de l'eau et des taux croissants de diminution du niveau de l'eau.
Zones côtièresLes écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s'il y a des exceptions. Dans les zones développées, l'étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l'habitat, de l'érosion et de l'élévation du niveau de la mer.Le taux d'érosion a augmenté entre 1990 et 2004, particulièrement pour les littoraux sablonneux et les falaises argileuses basses.
Zones marinesLes changements observés sur le plan de la biodiversité marine au cours des 50 dernières années sont le résultat d'une combinaison de facteurs physiques et d'activités humaines comme la variabilité océanographique et climatique et la surexploitation. Bien que les populations de certains mammifères marins se soient rétablies à la suite d'une surexploitation par le passé, de nombreuses espèces de pêche commerciale ne se sont toujours pas rétablies.Non pertinente
La glace dans l'ensemble des biomesLa réduction de l'étendue et de l'épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l'accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l'heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s'étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.La débâcle des lacs se produit plus tôt et plus rapidement et l'englacement des lacs se produit plus tard dans la région sud de l'écozone+. La fonte et la destruction des tourbières ont lieu depuis les 50 ou 100 dernières années au nord de la Saskatchewan et du Manitoba.

 

3.2 Thème : Interactions humains-écosystèmes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ du Bouclier Boréal
Aires protégéesLa superficie et la représentativité du réseau d'aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d'endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.En 2009, 8,1 % (143 491 km2) de l'écozone+ était protégé et 7,9 % était désigné comme aires protégées classées dans les catégories I à IV de l'UICN, des aires protégées pour la conservation naturelle et culturelle plutôt que pour l'utilisation durable par des traditions culturelles établies. En 1992, seulement 3 % de l'écozone+ était protégé. Le taux de protection a augmenté depuis les années 1970.
IntendanceLes activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.Les activités d'intendance dans l'écozone+ font l'objet d'une coordination entre les plus grands réseaux de conservation, les Premières Nations et les réseaux des industries. L'Entente sur la forêt boréale, le Conseil principal de la forêt boréale, l'Oil Sands Leadership Initiative (initiative de prise en charge concernant les sables bitumineux) en Alberta, la Boreal Peatlands Stewardship Strategy (Stratégie d'intendance pour les tourbières boréales) au Manitoba, le Safe Harbour Agreement (Entente sur les refuges sécuritaires) de l'Ontario, et les projets de Canards Illimités en sont des exemples.
Espèces non indigènes envahissantesLes espèces exotiques envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.Les espèces envahissantes se sont étendues vers l'est à partir du sud du Québec et vers l'ouest à partir de l'Ontario. Les espèces qui posent une préoccupation particulière sont l'écrevisse américaine, le cladocère épineux et la salicaire pourpre.
ContaminantsDans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.Les dépôts acides, la foresterie et les projets hydroélectriques font augmenter les concentrations de mercure. Les concentrations de mercure dans les milieux aquatiques s'élèvent puis déclinent dans les années et les décennies qui suivent la création de réservoirs. Les mesures de mercure dans l'air à l'intérieur ou près de l'écozone+ du Bouclier boréal indiquent que les concentrations sont faibles et s'approchent des niveaux naturels mondiaux. Les espèces qui se nourrissent de poisson présentent des taux de mercure élevés.
Charge en éléments nutritifs et efflorescences algalesLes apports d'éléments nutritifs aux systèmes d'eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l'agriculture, ont entraîné la prolifération d'algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d'éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d'autres.L'écozone+ du Bouclier boréal recèle une quantité relativement petite de terres agricoles étant donné sa taille. Entre 1981 et 2006, les apports d'azote ont augmenté de 82,4 à 107 kg N/ha. Entre 1981 et 2006, les pertes d'azote ont augmenté de 62,6 à 74,0 kg N/ha. L'azote résiduel dans le sol a augmenté de 19,8 kg N/ha en 1981 à 33,0 kg N/ha en 2006. Le nombre de lacs et de rivières touchés par les algues bleu-vert dans l'est de l'écozone+ est passé de moins de 10 en 2004 à plus de 80 en 2008.
Dépôts acidesLes seuils d'incidence écologique des dépôts acides, notamment ceux des pluies acides, sont dépassés dans certaines régions; les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses parties du pays et la récupération sur le plan biologique ne se déroule pas au même rythme que la réduction des émissions dans d'autres régions.On constate des terres sensibles aux acides partout dans l'écozone+. Les zones où les dépôts acides sont les plus élevés sont concentrées dans la partie sud-est de l'écozone+ au Québec et près des fonderies de métal dans l'ouest de l'Ontario. Les lacs au Québec et en Ontario sont sensibles aux dépôts acides. À la suite des pics d'acidité dans les lacs atteints dans les années 1970, les conditions se sont améliorées dans les endroits où les sources ponctuelles ont été strictement contrôlées.
Changements climatiquesL'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.De 1950 à 2007, la température a augmenté au printemps (de 1,7 °C), à l'été (de 1,3 °C) et à l'hiver (de 1,8 °C) et les précipitations ont augmenté de 17 % à l'automne. La proportion de neige par rapport à la précipitation totale s'est abaissée de 3,3 %. L'épaisseur maximale annuelle de neige s'est abaissée de 13,7 cm. La durée de la couverture de neige a connu un déclin pour la deuxième moitié de la saison de neige, de février à juillet, mais n'a pas changé pour sa première moitié, d'août à janvier.
Services écosystémiquesLe Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.En 2009, la valeur marchande nette des produits extraits de la forêt boréale atteignait 50,9 milliards de dollars annuellement. Les biens et services non négociables liés aux écosystèmes étaient évalués à 703,2 milliards de dollars. Les peuples autochtones ont fait mention d'une certaine détérioration dans l'approvisionnement de bleuets, de riz sauvage et de poisson à l'intérieur de l'écozone+.

 

3.3 Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ du Bouclier Boréal
Paysages terrestres et marins intactsRéférence*Les paysages terrestres et marins intacts ont d'abord été caractérisés comme constatation clé récurrente à l'échelle nationale; les renseignements ont été compilés et évalués par la suite pour l'écozone+ du Bouclier boréal. Dans la version définitive du rapport nationalRéférence6, les renseignements relatifs aux paysages terrestres et marins intacts ont été incorporés à d'autres constatations clés. Ces renseignements ont été maintenus comme constatation clé distincte pour l'écozone+ du Bouclier boréal.En 2006, 64 % de l'écozone+ était composé d'aires naturelles intactes y compris des forêts et des milieux humides d'une superficie de plus de 100 km2. La portion sud de l'écozone+ est considérablement plus modifiée et fragmentée que la portion nord.
Paysages agricoles servant d'habitatLe potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l'intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.Dans la petite portion agricole de l'écozone+, la capacité à soutenir l'habitat de la faune a subi un déclin de 71 % de 1986 à 2006.
Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulierDe nombreuses espèces d'amphibiens, de poissons, d'oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d'autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.La population boréale du caribou des bois est maintenant reconnue comme une « espèce menacée » par la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2003. La distribution du caribou s'est considérablement rétrécie par rapport à son étendue historique. Le nombre d'espèces de poisson d'eau douce et diadrome en péril a augmenté de 7 à 14 entre 1979 et 2008, mais l'état de deux de ces espèces s'est également amélioré. Les menaces principales comprennent la dégradation, la disparition, la surexploitation, les espèces envahissantes et la compétition. L'étendue des loups, des cougars et des carcajous a subi un déclin entre les années 1800 et les années 1900, quoique les observations de loups, de cougars et de pékans sont plus nombreuses depuis les années 1990. Les populations de trois espèces focales d'oiseaux de rivage ont fléchi. Tous les groupes d'oiseaux terrestres ont subi un déclin à l'exception des oiseaux forestiers.
Productivité primaireLa productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d'eau douce. L'ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l'écosystème marin.La productivité primaire nette, dérivée de l'indice de végétation par différence normalisée (IVDN) a augmenté dans 21 % de l'écozone+ de 1985 à 2006. Cette augmentation était concentrée dans la partie nord-est de l'écozone+. On a constaté des diminutions dans 0,9 % de la région, surtout dans la partie ouest; celles-ci ont été attribuées aux incendies.
Perturbations naturellesLa dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d'insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d'un endroit à l'autre.Un risque élevé de feu irréprimé, des incendies se déclarant plus tôt et une défoliation accrue causée par les insectes dans la portion nord-est de l'écozone+ ont fait en sorte que les pessières à lichen ont remplacé les peuplements de forêt boréale à couvert fermé. Dans la partie ouest de l'écozone+, un risque accru de feu irréprimé et une invasion de dendroctones du pin ponderosa pourraient mener à une diminution de la productivité de l'écosystème et à une libération importante du carbone stocké. Des incendies de faible intensité étaient plus abondants et se déclaraient plus tôt dans la saison dans des forêts de conifères denses et matures. La surface annuelle brûlée par de grands incendies de 1959 à 2007 varie entre 190 km2et 27 863 km2. Les infestations de l'arpenteuse de la pruche se sont déplacées vers le nord tandis que la tordeuse de pin gris s'est étendue vers l'est. Les infestations de la tordeuse des bourgeons de l'épinette se sont aggravées au cours des 100 dernières années.
Réseaux trophiquesDes changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d'eau douce et d'eau marine. La diminution ou la disparition d'éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.Les réseaux alimentaires dans l'écozone+ sont majoritairement intacts et comprennent les cycles du lynx canadien et du lièvre d'Amérique ainsi que les dynamiques des populations de caribou des bois, d'orignal et de loup. Les maladies des espèces sauvages ont également une incidence sur les populations d'oiseaux et d'ongulés. Les réseaux trophiques aquatiques ont été simplifiés par l'acidification et la contamination au mercure et, malgré des améliorations en ce qui concerne la qualité de l'eau, la composition des espèces ne s'en est pas toujours remise.

 

3.4 Thème : interface science-politique
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ du Bouclier Boréal
Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l'information et communication des résultatsLes renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l'état et des tendances par rapport aux politiques. L'absence de ce type d'information dans de nombreux secteurs a gêné l'élaboration de la présente évaluation.Les données à long terme au niveau de l'écozone+ étaient rarement disponibles pour le Bouclier boréal. Les milieux humides, en particulier, n'étaient pas bien surveillés. On possède peu de données sur les poissons, les reptiles et les amphibiens par rapport aux données sur les oiseaux et les mammifères. Les meilleurs renseignements dont on dispose sur la biodiversité proviennent des oiseaux forestiers en raison des relevés normalisés et des activités de surveillance, y compris le Relevé des oiseaux nicheurs.
Changements rapides et seuilsLa compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d'une politique qui permet de répondre et de s'adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.Il n'existe pas d'éléments probants clairs indiquant des changements rapides ou des dépassements de seuils. Cependant, dans la partie ouest de l'écozone+, un risque accru de feu irréprimé et une invasion potentielle de dendroctones du pin ponderosa pourraient diminuer la productivité de l'écosystème et libérer du carbone stocké. Ces changements sont graduels, mais peuvent être irréversibles. Les activités anthropiques ont fait tripler la quantité de mercure dans l'environnement en comparaison avec les niveaux naturels, quoique les concentrations diminuent dans les décennies qui suivent la perturbation.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : constatations clés

Tableau 4. Aperçu des constatations clés pour l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve.

4.1 Thème: Biomes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ Boréale de Terre-Neuve
ForêtsSur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l'aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d'âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues. Les forêts couvrent 44 % de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. L'introduction de populations d'orignaux en abondance constitue un important moteur de changement de la forêt. Les insectes phyllophages, la suppression des incendies et l'exploitation forestière ont aussi une incidence sur la structure et la composition des forêts.
PrairiesL'étendue des prairies indigènes n'est plus qu'une fraction de ce qu'elle était à l'origine. Bien qu'à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.Sans objet
Milieux humidesLa perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l'influence d'une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.De nombreuses terres humides côtières productives se trouvent dans des zones d'urbanisation intensive. Le développement des zones humides par le drainage, le remplissage et la canalisation a des effets néfastes sur la quantité d'eau et sur sa qualité. Il existe peu de renseignements sur les tendances concernant les milieux humides dans l'écozone+.
Lacs et cours d'eauAu cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d'eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d'eau et des lacs, la baisse des niveaux d'eau et la perte et la fragmentation d'habitats.L'écoulement fluvial a augmenté de 10 à 40 % au printemps et a diminué de 20 à 70 % à l'été, le résultat d'une hausse des températures printanières et estivales. Contrairement aux tendances nationales, la température s'est abaissée en janvier. Les changements hydrologiques peuvent également avoir pour cause la perte de forêts d'intérieur en raison de la récolte, des incendies et des infestations d'insectes.
Zones côtièresLes écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s'il y a des exceptions. Dans les zones développées, l'étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l'habitat, de l'érosion et de l'élévation du niveau de la mer.Les établissements humains sont concentrés le long de la côte de Terre-Neuve de 11 550 km. L'érosion côtière, qui se produit le long des côtes du sud-ouest, de l'ouest et de l'est, est accélérée par l'élévation du niveau de la mer, un accroissement de leur utilisation à des fins résidentielles et touristiques ainsi que les conditions changeantes des glaces d'hiver au large des côtes. La vulnérabilité de la plupart des collectivités côtières à l'érosion était « modérément élevée » ou pire.
Zones marinesLes changements observés sur le plan de la biodiversité marine au cours des 50 dernières années sont le résultat d'une combinaison de facteurs physiques et d'activités humaines comme la variabilité océanographique et climatique et la surexploitation. Bien que les populations de certains mammifères marins se soient rétablies à la suite d'une surexploitation par le passé, de nombreuses espèces de pêche commerciale ne se sont toujours pas rétablies.Sans objet
La glace dans l'ensemble des biomesLa réduction de l'étendue et de l'épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l'accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l'heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s'étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.La période d'englacement a reculé d'une demi-journée par année à l'étang Deadman (dans la partie du centre-nord de l'écozone+) entre 1961 et 1990.

 

4.2 Thème : Interactions humains-écosystèmes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ Boréale de Terre-Neuve
Aires protégéesLa superficie et la représentativité du réseau d'aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d'endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.En 2009, 6,3 % (7 098 km2) de l'écozone+ était protégé, une hausse de 4,5 % par rapport à 1992. Ce territoire était composé de 45 aires protégées de catégorie I à III de l'UICN. En outre, cinq aires protégées de catégorie VI couvraient 1,2 % de l'écozone+. La catégorie VI met l'accent sur l'utilisation durable par des traditions culturelles établies.
IntendanceLes activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.Des partenaires du Plan conjoint des habitats de l'Est travaillent ensemble pour protéger et améliorer les milieux humides pour la sauvagine. Le gouvernement provincial et 33 municipalités ont préservé et restauré 142 km2 d'habitat en milieu humide.
Espèces non indigenes envahissantesLes espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.Douze mammifères, dont l'orignal, le vison, le lièvre d'Amérique, le coyote et l'écureuil, ont été introduits à Terre-Neuve. Les orignaux entravent la régénération de la forêt après une perturbation et le broutement sélectif est en voie de changer la composition des espèces de plantes. Les écureuils roux pillent les nids des oiseaux indigènes et réduisent la régénération comme prédateurs de cônes. Plus de 35 % des plantes de l'écozone+ ne sont pas indigènes.
ContaminantsDans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.Les eaux usées sont une forme sérieuse de pollution dans de nombreux environnements côtiers.
Charge en éléments nutritifs et efflorescences algalesLes apports d'éléments nutritifs aux systèmes d'eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l'agriculture, ont entraîné la prolifération d'algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d'éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d'autres.L'azote résiduel dans le sol des terres agricoles a augmenté de 20,1 kg N/ha en 1981 à 53,6 kg N/ha en 2006. Les apports d'azote ont doublé, passant de 50,7 kg N/ha en 1981 à 102 kg N/ha en 2006. Le fumier constituait la source la plus importante d'azote en 1981, soit 23,8 kg N/ha par comparaison à 11,3 kg N/ha pour l'engrais et 13,6 kg N/ha pour la fixation de l'azote par les légumineuses. En 2006, la fixation par les légumineuses était de 37,7 kg N/ha, l'ajout de fumier 34,5 kg N/ha et l'engrais 28,1 kg N/ha. Les pertes d'azote ont subi une hausse, passant de 30,6 kg N/ha en 1981 à 48,4 kg N/ha en 2006.
Dépôts acidesLes seuils d'incidence écologique des dépôts acides, notamment ceux des pluies acides, sont dépassés dans certaines régions; les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses parties du pays et la récupération sur le plan biologique ne se déroule pas au même rythme que la réduction des émissions dans d'autres régions.La variation spatiale caractérise les dépôts de sulfates et de nitrates dans l'ensemble de l'écozone+. De 1983 à 2000, les dépôts les plus importants étaient situés au coin sud-ouest de l'île, diminuant vers le nord et l'est. Les dépôts de sulfate ont décliné depuis 1990, à l'inverse des dépôts de nitrate. Les tendances à la baisse du sulfate peuvent être liées aux mesures de réduction des émissions, mais pourraient tout aussi bien découler des changements dans les régimes climatiques.
Changements climatiquesL'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.De 1950 à 2007, les températures ont augmenté durant l'été (de 1,7 °C) et l'automne (de 1,0 °C); la saison de croissance n'a connu aucun changement. La précipitation au cours du printemps, de l'automne et de l'hiver a progressé de 0,2 %. L'épaisseur maximale annuelle de neige a augmenté (32,5 cm), cependant, la proportion de précipitation totale par rapport à la neige et la durée de la couverture de neige n'a pas changé.
Services écosystémiquesLe Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.Les services écosystémiques n'ont pas été évalués de façon systématique dans l'écozone+. Les revenus découlant de la chasse et d'autres activités touristiques liées à l'orignal apportent une contribution de plus de 100 millions de dollars annuellement à l'économie de Terre-Neuve.

 

4.3 Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ Boréale de Terre-Neuve
Paysages terrestres et marins intactsRéférence*Les paysages terrestres et marins intacts ont d'abord été caractérisés comme constatation clé récurrente à l'échelle nationale; les renseignements ont été compilés et évalués par la suite pour l'écozone+ du Bouclier boréal. Dans la version définitive du rapport nationalRéférence6, les renseignements relatifs aux paysages terrestres et marins intacts ont été incorporés à d'autres constatations clés. Ces renseignements ont été maintenus comme constatation clé distincte pour l'écozone+ du Bouclier boréal.En 2006, 57 % de l'écozone+ était composé d'aires naturelles intactes, d'étendues contiguës de forêts, de bogs, d'eau, de toundra et d'affleurements rocheux de plus de 10 km2.
Paysages agricoles servant d'habitatLe potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l'intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.Sans objet
Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulierDe nombreuses espèces d'amphibiens, de poissons, d'oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d'autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.Les populations de caribous ont connu un déclin, passant d'un sommet de 95 000 animaux en 1997 à 32 000 en 2008. Le classement de la martre d'Amérique (population de Terre-Neuve) est passé d'espèce en voie de disparition à espèce menacée en 2007. Terre-Neuve possède la plus vaste étendue de prés en Amérique du Nord, comprenant des espèces rares et endémiques telles que le braya de Long et le braya de Fernald.
Productivité primaireLa productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d'eau douce. L'ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l'écosystème marin.La productivité primaire nette, telle que la mesure l'IVDN, a progressé sur près de 41 % du territoire de l'écozone+ entre 1985 et 2006. Il s'agit de la plus grande proportion de terrain dont la tendance est positive parmi les écozones+ du Canada. Le réchauffement du climat, l'exploitation forestière ou les caribous, qui entravent la régénération de la forêt, peuvent être responsables des tendances observées.
Perturbations naturellesLa dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d'insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d'un endroit à l'autre.Les incendies ne constituent pas une perturbation naturelle d'envergure dans cette écozone+. Parmi les principaux insectes phyllophages, on retrouve le diprion du sapin, la tordeuse des bourgeons de l'épinette et l'arpenteuse de la pruche. Les infestations importantes se limitaient principalement aux régions de l'ouest et du centre. On note une augmentation de la durée, de la gravité et de l'étendue des infestations du diprion du sapin.
Réseaux trophiquesDes changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d'eau douce et d'eau marine. La diminution ou la disparition d'éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.L'introduction de plusieurs espèces non indigènes dans l'écozone+ a eu des répercussions sur les cycles de population des espèces indigènes. L'introduction de coyotes peut avoir eu un effet sur les populations de caribous, de lièvres arctiques et de martres. Les phoques ont allongé le temps qu'ils passent dans plusieurs rivières et estuaires et sont maintenant présents au moment de la migration des saumoneaux.

 

4.4 Thème : Interface science-politique
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ Boréale de Terre-Neuve
Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l'information et communication des résultatsLes renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l'état et des tendances par rapport aux politiques. L'absence de ce type d'information dans de nombreux secteurs a gêné l'élaboration de la présente évaluation.On dispose de très peu de renseignements quantitatifs pour cette écozone+.
Changements rapides et seuilsLa compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d'une politique qui permet de répondre et de s'adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.Le changement dans la composition des espèces d'arbres et l'absence de régénération de la forêt pendant les décennies qui suivent une perturbation semblent indiquer que les caribous et les insectes phyllophages ont amené les écosystèmes de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve à un nouvel état. Étant donné les données limitées disponibles, on ne sait pas si d'autres seuils ont été atteints.

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Note de bas des pages

MB *

Cette constatation clé n'est pas numérotée, car elle ne correspond pas à une constatation clé provenant du rapport nationalNB6

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NB 6

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 148 p.

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