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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour les écozones+ superscript du Bouclier boréal et Boréale de Terre-Neuve

Ce rapport est aussi disponible en version PDF. [PDF: 8.41 Mo]

Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010

Rapport sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés no 10
Publié par les Conseils canadiens des ministres des ressources


Information sur le document

Cover photo

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour les écozones+ du Bouclier boréal et Boréale de Terre-Neuve.

Publié aussi en anglais sous le titre :
Boreal Shield and Newfoundland Boreal ecozones+ evidence for key findings summary
Monographie électronique en version PDF
ISBN 978-0-660-22638-5
No de catalogue : En14-43/0-10-2010F-PDF

Le contenu de cette publication ou de ce produit peut être reproduit en tout ou en partie, et par quelque moyen que ce soit, sous réserve que la reproduction soit effectuée uniquement à des fins personnelles ou publiques, mais non commerciales, sans frais ni autre permission, à moins d'avis contraire.

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Photos, page couverture : mésange à tête brune, © istockphoto.com/C. Griggs/Parc national du Canada Pukaskwa, © istockphoto.com/vividus

Ce rapport devrait être cité comme suit :
Secrétariat du RETE. 2014. Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour les écozones+ du Bouclier boréal et Boréale de Terre-Neuve. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés no10. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, (Ontario). xvii+230 p.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2014
Also available in English

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Préface

En 2006, les Conseils canadiens des ministres des ressources ont élaboré un Cadre axé sur les résultats en matière de biodiversitéFootnote4 visant à cibler les mesures de conservation et de restauration conformément à la Stratégie canadienne de la biodiversitéFootnote5. Le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Footnote6 a été le premier rapport rédigé suivant ce cadre. Il présente 22 constatations clés issues de la synthèse et de l'analyse de rapports techniques préparés dans le cadre du présent projet. Ces rapports présentaient des renseignements et des analyses sur l'état et les tendances pour de nombreux thèmes nationaux intersectoriels (série de rapports techniques thématiques) et pour les écozones+ terrestres et marines du Canada (évaluations de l'état et des tendances des écozones+). Plus de 500 experts ont participé à l'analyse des données ainsi qu'à la rédaction et à l'examen de ces documents de base. Des rapports sommaires ont également été élaborés pour chaque écozone+ terrestre afin de présenter les éléments probants propres à ces écozones relativement à chacune des 22 constatations clés nationales (série de rapports sommaires sur les éléments probants relativement aux constatations clés). Ensemble, l'ensemble de ces produits constitue le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010 (RETE).

Le rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010 (RETE)
Graphique de la rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010 (RETE).

Le présent rapport, Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour les écozones+ du Bouclier boréal et Boréale de Terre-Neuve, présente les éléments probants des écozones+ du Bouclier boréal et Boréale de Terre-Neuve liés aux 22 constatations clés nationales et souligne les tendances importantes propres à ces écozones+. Ce rapport sommaire a comme fondement l'Évaluation de l'état et des tendances de l'écozone+ du Bouclier boréalFootnote7 et l'ébauche de l'Évaluation de l'état et des tendances de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, de même que la série de rapports techniques thématiques nationaux qui faisaient partie du programme de Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes. De plus, il met en relief les grandes tendances propres à cette écozone+, sans toutefois fournir une évaluation complète des données existant sur ses divers écosystèmes. Le degré de détail de l'information présentée varie selon les constatations clés, et il se peut que des questions ou des ensembles de données aient été omis. Les renseignements tirés de la série de rapports techniques thématiques nationaux ont fait l'objet d'une certaine attention. Comme dans le cas de tous les produits du RETE, les périodes de référence utilisées pour l'évaluation des tendances varient – parce que la période permettant de dégager une tendance significative varie selon les divers aspects des écosystèmes et parce que l'évaluation s'appuie sur la meilleure information disponible, qui peut elle-même viser des périodes fort diverses.

Bien que les écozones+ du Bouclier boréal et de la Boréale de Terre-Neuve aient été traitées dans des rapports distincts des évaluations de l'état et des tendances, ils ont été combinés pour ce Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés parce que certains des rapports techniques thématiques combinaient ces écozones+ et parce que le cadre originalFootnote8 combinait ces régions en une seule écozone boréale. Lorsque c'était possible, on a fait une distinction entre les renseignements des deux écozones+ dans ce rapport.

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Système de classification écologique – écozones+

Cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes du Canada.
Carte
Description longue pour la carte de l'écozone+ du Canada

Cette carte du Canada montre le cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes, appelé « écozones+ ». Cette carte illustre la répartition des 15 écozones+ terrestres (Maritime de l'Atlantique; Boréale de Terre-Neuve; Taïga du bouclier; Plaines à forêts mixtes; Bouclier boréal; Plaines hudsoniennes; Prairies; Plaines boréales; Cordillère montagnarde; Bassin intérieur de l'Ouest; Maritime du Pacifique; Cordillère boréale; Taïga de la cordillère; Taïga des plaines; Arctique), deux grandes écozones+ de lacs (Grand Lacs; Lac Winnipeg), et neuf écozones+ marines (Estuaire et golfe du Saint-Laurent; Golfe du Maine et plateau néo-écossais; Plateaux de Terre-Neuve et du Labrador; Baie d'Hudson, baie James et bassin Foxe; Archipel Arctique canadien; Mer de Beaufort; Côte nord et détroit d'Hécate; Côte ouest de l'île de Vancouver; Détroit de Georgia).

Une version légèrement modifiée des écozones terrestres du Canada, décrite dans le Cadre écologique national pour le CanadaRéférence9, a permis de déterminer les zones représentatives d'écosystèmes pour tous les rapports compris dans le présent projet. Les modifications comprennent : un ajustement des limites terrestres pour tenir compte des améliorations résultant des activités de vérification au sol; la fusion des trois écozones de l'Arctique en une seule écozone; l'utilisation de deux écoprovinces, à savoir le bassin intérieur de l'Ouest et la forêt boréale de Terre-Neuve; l'ajout de neuf zones marines représentatives d'écosystèmes; et l'ajout de l'écozone des Grands Lacs. Ce système de classification modifié est appelé « écozones+ » dans ces rapports afin d'éviter toute confusion avec les « écozones » mieux connues du cadre initialRéférence9. Pour ce qui est du Bouclier boréal, la limite entre les écozones des plaines hudsonniennes et du Bouclier boréal a été mise à jour dans l'Ontario, tandis que Terre-Neuve est considérée comme une écozone+ distincte, l'écozone Boréale de Terre-Neuve+.

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Remerciements

Le secrétariat du rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes pour le Canada (RETE) tient compte de Gregg Sheehy, Shelley Pardy Moores, et Isabelle Turcotte dans la préparation des différentes ébauches du rapport. Ce rapport a été examiné et modifié par Emily Gonzales. Kelly Badger en a été la principale conceptrice graphique. Un soutien additionnel a été offert par Ellorie McKnight, Michelle Connolly, Eric Jacobsen, Clementine Hiltner, et par d'autres personnes. Il est fondé sur l'Évaluation de l'état et des tendances de l'écozone+ du Bouclier boréal. D'autres spécialistes ont contribué d'une manière appréciable à cette ébauche de rapport et leurs noms sont énumérés ci-dessous. Des examens ont été fournis par des scientifiques et des gestionnaires de ressources provenant d'organismes pertinents des gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral. La Société canadienne d'écologie et d'évolution a également coordonné les examens en collaboration avec les experts externes.

Remerciements pour l'Évaluation de l'état et des tendances de l'écozone+ du Bouclier boréal
Auteurs principaux : I. Turcotte, L. Venier et D. Kirk
Auteurs collaborateurs: J. Boyd, M. McLaughlan, B. Dalton, R. Miller, B. Rodrigues, E. Muto, K. Pawley, É. Cadieux et A.-M. Turgeon
Auteurs des rapports techniques thématiques du RETE d'où proviennent les renseignements :
Oscillations climatiques à grande échelle ayant une incidence sur le Canada, de 1900 à 2008 : B. Bonsal et A. Shabbar
Tendances climatiques au Canada, de 1950 à 2007 : X. Zhang, R. Brown, L. Vincent, W. Skinner, Y. Feng et E. Mekis
Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007 : C. C. Krezek-Hanes, F. Ahern, A. Cantin et M. D. Flannigan
Pathogènes et maladies de la faune au Canada : F. A. Leighton. Collaborateurs : I. K. Barker, D. Campbell, P.-Y. Daoust, Z. Lucus, J. Lumsden, D. Schock, H. Schwantje, K. Taylor et G. Wobeser
Tendances relatives à la reproduction des sauvagines au Canada : M. Fast, B. Collins et M. Gendron
Tendances relatives aux conditions du pergélisol et à l'écologie dans le nord du Canada : S. Smith
[Northern caribou population trends in Canada] : A. Gunn, D. Russell et J. Eamer
[Woodland caribou, boreal population, trends in Canada] : C. Callaghan, S. Virc et J. Duffe
Tendances relatives aux oiseaux terrestres au Canada, de 1968 à 2006 : C. Downes, P. Blancher et B. Collins. Collaborateurs : G. Falardeau, K. Mawhinney, J. Paquet, M. Cadman, L. Friesen, K. Hannah, B. Dale, W. Easton et P. Sinclair
Tendances relatives aux oiseaux de rivage canadiens : C. Gratto-Trevor, R.I.G. Morrison, B. Collins, J. Rausch et V. Johnston
Tendances de la capacité d'habitat faunique des terres agricoles du Canada, de 1986 à 2006 : S.K. Javorek et M.C. Grant
Tendances de l'azote résiduel dans le sol pour les terres agricoles du Canada, de 1981 à 2006 : C.F. Drury, J.Y. Yang et R. De Jong
Érosion des terres cultivées : introduction et tendances au Canada : B.G. McConkey, D.A. Lobb, S. Li, J.M.W. Black et P.M. Krug
Surveillance à distance de la biodiversité – sélection de tendances mesurées à partir d'observations par satellite du Canada : F. Ahern, J. Frisk, R. Latifovic et D. Pouliot
Tendances relatives aux oiseaux aquatiques coloniaux de l'arrière-pays et aux oiseaux de marais au Canada : D.V.C. Weseloh. Collaborateurs : G. Beyersbergen, S. Boyd, A. Breault, P. Brousseau, S.G. Gilliland, B. Jobin, B. Johns, V. Johnston, S. Meyer, C. Pekarik, J. Rausch et S.I. Wilhelm
Tendances dictées par le climat dans les écoulements fluviaux au Canada, de 1961 à 2003 : A. Cannon, T. Lai et P. Whitfield
Collaborateurs : R.A. Curry, N. Glozier et D.L. Peters
Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada : W.A. Monk et D.J. Baird
Examen effectué par des scientifiques et des gestionnaires de ressources renouvelables et de la faune provenant d'organismes pertinents des gouvernements provinciaux et fédéral par l'intermédiaire d'un processus d'examen administré par le comité directeur du RETE. Des examens supplémentaires de sections particulières ont été menés par des chercheurs universitaires dans leur domaine d'expertise à la demande des auteurs.
Orientation offerte par le comité directeur du RETE réunissant des représentants d'organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux.
Révision, synthèses, contributions techniques, cartes et graphiques et production de rapports par le Secrétariat du RETE d'Environnement Canada.
Connaissances traditionnelles autochtones compilées par D.D. Hurlburt à partir de sources accessibles au public.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve

Remerciements pour l'ébauche de l'Évaluation de l'état et des tendances de l'écozone Boréale de Terre-Neuve
Auteurs principaux : S.P. Moores, J. Humber et T. Leonard
Auteurs collaborateurs: G. Luther, J. Blake, M. McGrath, C. Sheffield, J. Gosse, D. Pelley, S. Squires, C. Hanel
Auteurs des rapports techniques thématiques du RETE d'où proviennent les renseignements :
Oscillations climatiques à grande échelle ayant une incidence sur le Canada, de 1900 à 2008 : B. Bonsal et A. Shabbar
Tendances climatiques au Canada, de 1950 à 2007 : X. Zhang, R. Brown, L. Vincent, W. Skinner, Y. Feng et E. Mekis
Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007 : C. C. Krezek-Hanes, F. Ahern, A. Cantin et M. D. Flannigan
Pathogènes et maladies de la faune au Canada : F.A. Leighton
Collaborateurs : I.K. Barker, D. Campbell, P.-Y. Daoust, Z. Lucus, J. Lumsden, D. Schock, H. Schwantje, K. Taylor et G. Wobeser
Tendances relatives à la reproduction des sauvagines au Canada : M. Fast, B. Collins et M. Gendron
Tendances relatives aux conditions du pergélisol et à l'écologie dans le nord du Canada : S. Smith
Tendances des populations de caribou des zones septentrionales du Canada : A. Gunn, D. Russell et J. Eamer
Tendances relatives aux oiseaux terrestres au Canada, de 1968 à 2006 : C. Downes, P. Blancher et B. Collins. Collaborateurss : G. Falardeau, K. Mawhinney, J. Paquet, M. Cadman, L. Friesen, K. Hannah, B. Dale, W. Easton et P. Sinclair
Surveillance à distance de la biodiversité – sélection de tendances mesurées à partir d'observations par satellite du Canada : F. Ahern, J. Frisk, R. Latifovic et D. Pouliot
Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada : W.A. Monk et D.J. Baird
Orientation offerte par le comité directeur du RETE réunissant des représentants d'organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux.
Révision, synthèses, contributions techniques, cartes et graphiques et production de rapports par le Secrétariat du RETE d'Environnement Canada.
Connaissances traditionnelles autochtones compilées par D.D. Hurlburt à partir de sources accessibles au public.

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Figure 1. Carte générale des écozones+ du Bouclier boréal et Boréale de Terre­Neuve.

Carte

Description longue pour la figure 1

Cette carte montre l'étendue des écozones+ du Bouclier boréal et Boréale de Terre­Neuve. Le Bouclier boréal s'étend de la Saskatchewan jusqu'à Terre­Neuve­et­Labrador.

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Note de bas des pages

NB 4

Environnement Canada. 2006. Un cadre axé sur les résultats en matière de biodiversité pour le Canada. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. 8 p.

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NB 5

Groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur la biodiversité. 1995. Stratégie canadienne de la biodiversité : réponse du Canada à la Convention sur la diversité écologique. Environnement Canada, Bureau de la Convention sur la biodiversité. Hull, QC. 80 p.

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NB 6

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 148 p.

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NB 7

Groupe de travail sur la stratification écologique. 1995. Cadre écologique national pour le Canada. Agriculture et Agroalimentaire Canada, Direction générale de la recherche, Centre de recherches sur les terres et les ressources biologiques et Environnement Canada, Direction générale de l'état de l'environnement, Direction de l'analyse des écozones. Ottawa, ON/Hull, QC. 144 p. Rapport et carte nationale 1/7 500 000.

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NB 8

Rankin, R., Austin, M. et Rice, J. 2011. Système de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 1. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. ii + 18 p.

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NB 9

Groupe de travail sur la stratification écologique. 1995. Cadre écologique national pour le Canada. Agriculture et Agroalimentaire Canada, Direction générale de la recherche, Centre de recherches sur les terres et les ressources biologiques et Environnement Canada, Direction générale de l'état de l'environnement, Direction de l'analyse des écozones. Ottawa, ON/Hull, QC. 144 p. Rapport et carte nationale 1/7 500 000.

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Généralités sur l'écozone+


Écozone+ du Bouclier boréal : notions de base sur l'écozone+

L'écozone+ du Bouclier boréal (Tableau 1) est la plus grande écozone+ du Canada, représentant 18,2 % de la surface terrestre du paysNB10. Elle contient l'un des plus grands écosystèmes forestiers encore intacts au monde et possède une abondance de forêts, d'eau douce et de faune. Le développement est concentré dans sa partie sud; la portion nord demeure relativement peu développéeNB11. Les humains ont modifié cette écozone+ directement par le développement de ressources naturelles, y compris les mines, les forêts et la production d'énergie hydroélectrique, et indirectement par les dépôts acides, la contamination au mercure et les changements climatiques.

L'écozone+ du Bouclier boréal s'étend sur cinq provinces : l'Alberta, le Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario, le Québec et le Labrador. Étant donné la grande superficie de cette écozone+, la fonction de l'écosystème, sa composition, sa structure et ses processus varient d'une région à l'autre. Dans la mesure du possible, ce rapport est basé sur les données disponibles les plus détaillées ayant trait à l'écozone+ et la couvrant en entier; les résultats ont été groupés par province. Par exemple, la Région de Conservation d'Oiseaux (RCO) 8 et la partie nord de la RCO 12 se trouvent dans l'écozone+. Pour d'autres constations clés, les données n'existaient que pour une portion de l'écozone+ ou les données de différentes provinces n'étaient pas comparables ou compatibles à l'échelle de l'écozone+. De plus, pour certains sujets, seules les données à l'échelle des provinces étaient accessibles, ce qui fait que les données communiquées débordent des limites de l'écozone+. À l'exception de discussions particulières sur le lac Athabasca en Alberta, les parties de l'écozone+ du Bouclier boréal situées en Alberta et au Labrador ont généralement été exclues en raison de leur faible contribution.

Tableau 1. Aperçu de l'écozone+ du Bouclier boréal.
Superficie1 781 391 km2 (18,2 % du Canada)
TopographieTerrain bas et vallonneux, parsemé de lacs et de milieux humides.
ClimatLes précipitations annuelles vont de 400 mm du côté ouest à 1 600 mm sur la côte EstNB12.
Les températures estivales moyennes (de juin à août) les plus élevées se retrouvent au sud (17,6 °C) et les températures hivernales moyennes les plus basses au nord-ouest (-24,2 °C)NB13.
Bassins fluviauxLes ruisseaux du sud-est sont des affluents du Saint-Laurent; les ruisseaux qui s'écoulent vers le nord se jettent dans la baie d'Hudson.
Les bassins hydrographiques de l'ouest font partie des bassins de drainage du fleuve Nelson et du Grand lac des EsclavesNB14.
Les bassins hydrographiques contiennent près de 25 % de l'eau douce du CanadaNB15.
GéologieFaçonnés par le recul des glaciers, les matériaux de surface sont formés de till dans une proportion de plus de 60 %NB15.
Dans la région centrale nord, de fins matériaux forment ce qu'on appelle la « ceinture d'argile »NB15.
PergélisolLe pergélisol présente une distribution sporadique dans l'écozone+ du nord-est et de l'ouest, se limitant surtout aux terrains organiquesNB16.
Zones habitéesThunder Bay, Sudbury et le Saguenay comptent parmi les plus grandes zones habitéesNB17.
ÉconomieLes industries primaires (la foresterie, les mines et l'hydroélectricité) constituent les principaux employeurs.
Les zones cultivées sont petites et contribuent peu à l'économie de l'écozone+NB18.
DéveloppementEn plus des petites villes, les chemins forestiers et les projets hydroélectriques représentent la majorité du développementNB11.
Les établissements urbains gagnent du terrain vers le nord à partir de l'écozone+ des plaines à forêts mixtesNB17.
Signification au niveau national et mondialLes Zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) d'importance mondiale, continentale et nationale sont situées le long de la rive nord du Golfe et de l'estuaire du Saint-LaurentNB19.
Les sites du littoral de la baie Georgienne et de Manicouagan–Uapishka sont des réserves de la biosphère reconnues par l'UNESCONB20.
Les forêts de cette écozone+ figurent parmi les plus grands écosystèmes forestiers vierges au monde; elles captent une quantité considérable de dioxyde de carbone.
L'écozone+ renferme une grande partie des habitats essentiels de la population boréale de caribous sylvicoles des bois, qui est menacée.
Tout comme l'écozone+ du bouclier de la taïga, l'écozone+ du Bouclier boréal fournit un habitat de reproduction à plus de la moitié des populations mondiales de 40 espèces communes d'oiseaux.

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Compétences : L'écozone+ du Bouclier boréal comprend certaines parties du Labrador, du Québec, de l'Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta. Dans les Premières Nations de l'écozone+, on retrouve les Dénés (de la famille athapascane), les Anishnaabe (Ojibwa, Ojibwé), les Cris, les Algonquins, les Attikamègues, les Huron-Wendat et les Innu (Montagnais)NB21.

Le Bouclier boréal, couvert à 97 % de forêts et d'arbustaies (voir la Figure 2), est en majorité non développé mais compte une petite population humaine qui va en augmentant (voir la Figure 3). La croissance de population est concentrée dans les régions suburbaines le long de la frontière sud adjacente à l'écozone+ des plaines à forêts mixtesNB17. Cependant, quelques-uns des déclins de population les plus rapides au Canada se produisent dans l'écozone+ du Bouclier boréal, où l'on a constaté une diminution de la population de nombreuses régions urbaines de moyenne taille entre 2001 et 2006NB17, NB22.

Figure 2. Couverture terrestre de l'écozone+ du Bouclier boréal, 2005.

carte
Source : Ahern, 2011NB23 selon des données de Latifovic et Pouliot, 2005NB24

Description longue pour la figure 2

Cette carte montre la couverture terrestre de l'écozone+ du Bouclier boréal en 2005. L'écozone+ est couverte à 88 % de forêts, à 9 % d'arbustaies, à 2 % de toundra et de terres stériles et à 1 % de terres cultivées.

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Figure 3. Population humaine de l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1971 à 2006.

graphique
Source : Statistique Canada, 2008NB25

Description longue pour la figure 3

Ce graphique à barres montre les informations suivantes:

Population humaine de l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1971 à 2006.
AnnéeNombre de personnes
19712 048 961
19762 152 369
19812 194 981
19862 185 634
19912 285 393
19962 373 159
20012 336 742
20062 407 307

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Images d'écosystèmes typiques de l'écozone+ du Bouclier boréal+ NB26
Écosystèmes typiques de l'écozone+ du Bouclier boréal+  Écosystèmes typiques de l'écozone+ du Bouclier boréal+ Écosystèmes typiques de l'écozone+ du Bouclier boréal+
Photos : Francine Bérubé, Collection Les forêts du Canada du Service canadien des forêts

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : notions de base sur l'écozone+

L'écozone+ Boréale de Terre-Neuve (Figure 1 et le Tableau 2) est composée de la grande île de Terre-Neuve et des petites îles au large de ses côtes. Avec une superficie de 112 134 km2, Terre-Neuve est la 16e plus grande île au monde. L'île abrite des espèces endémiques, des sous-espèces, de même que des espèces présentant des paramètres inhabituels du cycle biologique. L'écozone+ est dominée par les arbustaies (51,4 %) et la forêt (44 %) (Figure 4). Terre-Neuve a d'abord été habitée par de nombreux groupes de peuples autochtones, dont les Indiens de l'archaïque maritime (de 9000 à 2400 ans avant le présent (BP)), les peuples Paléo-Esquimau et du Dorset (de 3850 à 1300 BP), ainsi que les Béothuks, les Micmacs, les Naskapi-Montagnais et les Inuits (de 1200 à 200 BP)NB27. L'île avait tout d'abord été visitée par les Scandinaves du Groenland dès l'an 1001 A.D. à l'Anse aux MeadowsNB28. Les colons européens et leurs descendants ont introduit un certain nombre d'espèces non indigènes à Terre-Neuve. Les établissements humains sont situés principalement le long de la côte, faisant en sorte que les habitants de Terre-Neuve et leur culture sont intimement liés à la merNB29. Les populations ont grossi des années 1970 aux années 1980, mais ont diminué dans les années 2000 (Figure 5).

Tableau 2. Aperçu de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve.
Superficie112 134 km2 (1,1 % du Canada)
TopographiePlateau incliné situé à la limite la plus au nord-est de la chaîne des Appalaches NB30 NB31.
Caractérisé par de profondes vallées alternant avec des crêtes montagneuses longues et hautes, et par un trait de côte présentant un grand nombre de baies, fjords, péninsules, îles et havres NB32.
Les lacs, étangs, rivières et tourbières sont omniprésents et de grande envergure, de sorte qu'environ 10 % de l'écozone+ est recouverte d'eauNB32.
ClimatLe climat est régi par le courant froid du Labrador, l'oscillation nord-atlantique et l'emplacement de l'île dans un océan froidNB33.
Une couverture nuageuse moyenne élevée, une abondance de brouillard et de précipitations et des vents forts fréquents.
Les étés sont courts et frais; les hivers sont relativement doux.
Les températures annuelles moyennes sont froides pour cette latitude et les niveaux de précipitation varient en fonction de la latitude et de la topographie dans l'ensemble de l'écozone+.
Bassins fluviauxLes principaux cours d'eau sont les rivières Exploits, Gander, Humber et MainNB34.
GéologieLa plus grande partie de l'écozone+ était sous la glace entre 7000 et 1000 BPNB35 NB36 ; par conséquent, la majorité de l'île est couverte de dépôts glaciairesNB32.
Les principaux types de roches comprennent les roches sédimentaires, intrusives, ignées volcaniques et métamorphiquesNB30.
Zones habitéesLes principaux centres urbains comprennent St. John's et Mount Pearl sur la côte est, Gander et Grand Falls-Windsor dans la partie centrale de Terre-Neuve, Corner Brook sur la côte ouest et St. Anthony sur la péninsule Great Northern.
ÉconomieLes industries de services et de ressources (la foresterie, les mines, le pétrole et le gaz, et les pêches) sont des employeurs importants.
DéveloppementLe développement a lieu principalement dans les régions côtières, mais on note quelques établissements dans la région intérieure.
Signification au niveau national et mondialLes rivières Main et Bay du Nord sont des rivières du patrimoine canadien.
On compte 25 zones importantes pour la conservation des oiseaux.
Il y a environ 20 000 km2 de landes, ce qui en fait la plus grande étendue de ce type de végétation en Amérique du Nord.

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Figure 4. Couverture terrestre en 2005 pour l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve.

carte
Source : Ahern, 2011NB23 selon des données de Latifovic et Pouliot, 2005NB24

Description longue pour la figure 4

Cette carte montre la couverture terrestre en 2005 pour l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve. L'écozone est couverte à 51 % d'arbustaies et à 43 % de forêts et le reste comprend de petites quantités de végétation et de terres stériles, de terres agricoles, de zones urbaines et de cicatrices de feu de forêt.

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Figure 5. Population humaine de l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, de 1971 à 2006.

graphique
Source : Statistique Canada, 2008NB25

Description longue pour la figure 5

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Population humaine de l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, de 1971 à 2006.
AnnéeNombre de personnes
1971493 938
1976524 673
1981536 363
1986539 608
1991538 099
1996522 602
2001485 066
2006479 105

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Milieu humide à Carmanville, T.-N.
Milieu humide à Carmanville, T.-N.
Photo : Shelley Pardy Moores

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Berge sablonneuse
Berge sablonneuse
Photo : Shelley Pardy Mooress

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Note de bas des pages

NB 10

CCEA. 2009. Système de Rapport et de Suivi pour les Aires de Conservation (SRSAC), v.2009.05 [en ligne]. Conseil canadien des aires écologiques.(consulté le 5 Nov. 2009).

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NB 11

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NB 12

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NB 13

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NB 14

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NB 15

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NB 16

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NB 17

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NB 18

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NB 19

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NB 20

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NB 21

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NB 22

Karst, A. 2010. Conservation Value of the North American Boreal Forest from an Ethnobotanical persective. Canadian Boreal Initiative; David Suzuki Foundation; Boreal Songbird Initiative. Ottawa, ON; Vancouver, BC; Seattle, WA.

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NB 23

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NB 24

Latifovic, R. et Pouliot, D. 2005. Multitemporal land cover mapping for Canada: methodology and products. Journal canadien de télédétection 31:347-363.

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NB 25

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NB 26

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NB 27

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NB 28

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NB 29

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NB 30

Rogerson, R.J. 1983. Geological Evolution. Dans Biogeography and ecology of the island of Newfoundland. South, G.R. (éd.). Junk Publishers. The Hague. pp. 5-35.

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NB 31

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NB 32

Hudak, J. et Raske, A.G. 1982. Review of the spruce budworm outbreaks in Newfoundland: its control and forest management implications. Environnment Canada. 320 p.

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NB 33

Banfield, C.E. 1983. Climate. Dans Biogeography and ecology of the island of Newfoundland. South, G.R. (éd.). Junk Publishers. The Hague. pp. 37-106.

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NB 34

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NB 35

Ives, J.D. 1978. The maximum extent of the Laurentide Ice Sheet along the east coast of North America during the last glaciation. Arctic 31:1-15.

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NB 36

LDehler, S. et McCutcheon, S. 2007. Atlantic Canada ice dynamics. Geoscience Canada 34:1-48.

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Coup d'œil sur les constatations clés à l'échelle nationale et à L'échelle de l'écozone+

Tableau 3 et Tableau 4 présentent les co nstatations clés nationales du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Référence6 de même qu'un sommaire des tendances correspondantes dans les écozones+ du Bouclier boréal et Boréale de Terre-Neuve, respectivement. Le numéro des sujets fait référence aux constatations clés nationales dans Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Les sujets grisés correspondent aux constatations clés au niveau national, mais n'étaient pas pertinents ou n'ont pas été évalués pour cet écozone et n'apparaissent pas dans le corps de ce document. Les éléments probants relatifs aux énoncés qui apparaissent dans ce tableau se trouvent dans le texte subséquent organisé par constatation clé. Voir la préface à la page  ii.

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Écozone+ du Bouclier boréal : constatations clés

Tableau 3. Aperçu des constatations clés pour l'écozone+ du Bouclier boréal.

Tableau 3.1 Thème: Biomes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ du Bouclier Boréal
ForêtsSur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l'aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d'âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.En 2005, les forêts couvraient 88 % de l'écozone+ du Bouclier boréal. Bien que la couverture soit demeurée stable de 1985 à 2005 pour les forêts aménagées, les peuplements mixtes et à feuilles caduques ont remplacé les peuplements dominés par les conifères à la suite de la régénération naturelle après la récolte du bois. L'exploitation forestière a remplacé le feu comme perturbation principale de la forêt; l'industrie forestière a ralenti depuis 2004.
PrairiesL'étendue des prairies indigènes n'est plus qu'une fraction de ce qu'elle était à l'origine. Bien qu'à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.Non pertinente
Milieux humidesLa perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l'influence d'une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.Les milieux humides occupent plus de 320 000 km2 dans cette écozone+. Entre les années 1960 et 2000, 9 000 km2 de milieux humides ont été inondés pour des projets hydroélectriques. Entre 1980 et 2000, 250 km2 de tourbières ont été drainés pour la foresterie.
Lacs et cours d'eauAu cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d'eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d'eau et des lacs, la baisse des niveaux d'eau et la perte et la fragmentation d'habitats.Les conditions dans les lacs et les rivières varient d'un endroit à un autre dans l'écozone+. On note, parmi les tendances dominantes, la diminution des débits annuels, des débits maximaux plus tôt dans la saison, des taux décroissants d'élévation du niveau de l'eau et des taux croissants de diminution du niveau de l'eau.
Zones côtièresLes écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s'il y a des exceptions. Dans les zones développées, l'étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l'habitat, de l'érosion et de l'élévation du niveau de la mer.Le taux d'érosion a augmenté entre 1990 et 2004, particulièrement pour les littoraux sablonneux et les falaises argileuses basses.
Zones marinesLes changements observés sur le plan de la biodiversité marine au cours des 50 dernières années sont le résultat d'une combinaison de facteurs physiques et d'activités humaines comme la variabilité océanographique et climatique et la surexploitation. Bien que les populations de certains mammifères marins se soient rétablies à la suite d'une surexploitation par le passé, de nombreuses espèces de pêche commerciale ne se sont toujours pas rétablies.Non pertinente
La glace dans l'ensemble des biomesLa réduction de l'étendue et de l'épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l'accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l'heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s'étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.La débâcle des lacs se produit plus tôt et plus rapidement et l'englacement des lacs se produit plus tard dans la région sud de l'écozone+. La fonte et la destruction des tourbières ont lieu depuis les 50 ou 100 dernières années au nord de la Saskatchewan et du Manitoba.

 

3.2 Thème : Interactions humains-écosystèmes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ du Bouclier Boréal
Aires protégéesLa superficie et la représentativité du réseau d'aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d'endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.En 2009, 8,1 % (143 491 km2) de l'écozone+ était protégé et 7,9 % était désigné comme aires protégées classées dans les catégories I à IV de l'UICN, des aires protégées pour la conservation naturelle et culturelle plutôt que pour l'utilisation durable par des traditions culturelles établies. En 1992, seulement 3 % de l'écozone+ était protégé. Le taux de protection a augmenté depuis les années 1970.
IntendanceLes activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.Les activités d'intendance dans l'écozone+ font l'objet d'une coordination entre les plus grands réseaux de conservation, les Premières Nations et les réseaux des industries. L'Entente sur la forêt boréale, le Conseil principal de la forêt boréale, l'Oil Sands Leadership Initiative (initiative de prise en charge concernant les sables bitumineux) en Alberta, la Boreal Peatlands Stewardship Strategy (Stratégie d'intendance pour les tourbières boréales) au Manitoba, le Safe Harbour Agreement (Entente sur les refuges sécuritaires) de l'Ontario, et les projets de Canards Illimités en sont des exemples.
Espèces non indigènes envahissantesLes espèces exotiques envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.Les espèces envahissantes se sont étendues vers l'est à partir du sud du Québec et vers l'ouest à partir de l'Ontario. Les espèces qui posent une préoccupation particulière sont l'écrevisse américaine, le cladocère épineux et la salicaire pourpre.
ContaminantsDans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.Les dépôts acides, la foresterie et les projets hydroélectriques font augmenter les concentrations de mercure. Les concentrations de mercure dans les milieux aquatiques s'élèvent puis déclinent dans les années et les décennies qui suivent la création de réservoirs. Les mesures de mercure dans l'air à l'intérieur ou près de l'écozone+ du Bouclier boréal indiquent que les concentrations sont faibles et s'approchent des niveaux naturels mondiaux. Les espèces qui se nourrissent de poisson présentent des taux de mercure élevés.
Charge en éléments nutritifs et efflorescences algalesLes apports d'éléments nutritifs aux systèmes d'eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l'agriculture, ont entraîné la prolifération d'algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d'éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d'autres.L'écozone+ du Bouclier boréal recèle une quantité relativement petite de terres agricoles étant donné sa taille. Entre 1981 et 2006, les apports d'azote ont augmenté de 82,4 à 107 kg N/ha. Entre 1981 et 2006, les pertes d'azote ont augmenté de 62,6 à 74,0 kg N/ha. L'azote résiduel dans le sol a augmenté de 19,8 kg N/ha en 1981 à 33,0 kg N/ha en 2006. Le nombre de lacs et de rivières touchés par les algues bleu-vert dans l'est de l'écozone+ est passé de moins de 10 en 2004 à plus de 80 en 2008.
Dépôts acidesLes seuils d'incidence écologique des dépôts acides, notamment ceux des pluies acides, sont dépassés dans certaines régions; les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses parties du pays et la récupération sur le plan biologique ne se déroule pas au même rythme que la réduction des émissions dans d'autres régions.On constate des terres sensibles aux acides partout dans l'écozone+. Les zones où les dépôts acides sont les plus élevés sont concentrées dans la partie sud-est de l'écozone+ au Québec et près des fonderies de métal dans l'ouest de l'Ontario. Les lacs au Québec et en Ontario sont sensibles aux dépôts acides. À la suite des pics d'acidité dans les lacs atteints dans les années 1970, les conditions se sont améliorées dans les endroits où les sources ponctuelles ont été strictement contrôlées.
Changements climatiquesL'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.De 1950 à 2007, la température a augmenté au printemps (de 1,7 °C), à l'été (de 1,3 °C) et à l'hiver (de 1,8 °C) et les précipitations ont augmenté de 17 % à l'automne. La proportion de neige par rapport à la précipitation totale s'est abaissée de 3,3 %. L'épaisseur maximale annuelle de neige s'est abaissée de 13,7 cm. La durée de la couverture de neige a connu un déclin pour la deuxième moitié de la saison de neige, de février à juillet, mais n'a pas changé pour sa première moitié, d'août à janvier.
Services écosystémiquesLe Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.En 2009, la valeur marchande nette des produits extraits de la forêt boréale atteignait 50,9 milliards de dollars annuellement. Les biens et services non négociables liés aux écosystèmes étaient évalués à 703,2 milliards de dollars. Les peuples autochtones ont fait mention d'une certaine détérioration dans l'approvisionnement de bleuets, de riz sauvage et de poisson à l'intérieur de l'écozone+.

 

3.3 Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ du Bouclier Boréal
Paysages terrestres et marins intactsRéférence*Les paysages terrestres et marins intacts ont d'abord été caractérisés comme constatation clé récurrente à l'échelle nationale; les renseignements ont été compilés et évalués par la suite pour l'écozone+ du Bouclier boréal. Dans la version définitive du rapport nationalRéférence6, les renseignements relatifs aux paysages terrestres et marins intacts ont été incorporés à d'autres constatations clés. Ces renseignements ont été maintenus comme constatation clé distincte pour l'écozone+ du Bouclier boréal.En 2006, 64 % de l'écozone+ était composé d'aires naturelles intactes y compris des forêts et des milieux humides d'une superficie de plus de 100 km2. La portion sud de l'écozone+ est considérablement plus modifiée et fragmentée que la portion nord.
Paysages agricoles servant d'habitatLe potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l'intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.Dans la petite portion agricole de l'écozone+, la capacité à soutenir l'habitat de la faune a subi un déclin de 71 % de 1986 à 2006.
Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulierDe nombreuses espèces d'amphibiens, de poissons, d'oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d'autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.La population boréale du caribou des bois est maintenant reconnue comme une « espèce menacée » par la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2003. La distribution du caribou s'est considérablement rétrécie par rapport à son étendue historique. Le nombre d'espèces de poisson d'eau douce et diadrome en péril a augmenté de 7 à 14 entre 1979 et 2008, mais l'état de deux de ces espèces s'est également amélioré. Les menaces principales comprennent la dégradation, la disparition, la surexploitation, les espèces envahissantes et la compétition. L'étendue des loups, des cougars et des carcajous a subi un déclin entre les années 1800 et les années 1900, quoique les observations de loups, de cougars et de pékans sont plus nombreuses depuis les années 1990. Les populations de trois espèces focales d'oiseaux de rivage ont fléchi. Tous les groupes d'oiseaux terrestres ont subi un déclin à l'exception des oiseaux forestiers.
Productivité primaireLa productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d'eau douce. L'ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l'écosystème marin.La productivité primaire nette, dérivée de l'indice de végétation par différence normalisée (IVDN) a augmenté dans 21 % de l'écozone+ de 1985 à 2006. Cette augmentation était concentrée dans la partie nord-est de l'écozone+. On a constaté des diminutions dans 0,9 % de la région, surtout dans la partie ouest; celles-ci ont été attribuées aux incendies.
Perturbations naturellesLa dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d'insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d'un endroit à l'autre.Un risque élevé de feu irréprimé, des incendies se déclarant plus tôt et une défoliation accrue causée par les insectes dans la portion nord-est de l'écozone+ ont fait en sorte que les pessières à lichen ont remplacé les peuplements de forêt boréale à couvert fermé. Dans la partie ouest de l'écozone+, un risque accru de feu irréprimé et une invasion de dendroctones du pin ponderosa pourraient mener à une diminution de la productivité de l'écosystème et à une libération importante du carbone stocké. Des incendies de faible intensité étaient plus abondants et se déclaraient plus tôt dans la saison dans des forêts de conifères denses et matures. La surface annuelle brûlée par de grands incendies de 1959 à 2007 varie entre 190 km2et 27 863 km2. Les infestations de l'arpenteuse de la pruche se sont déplacées vers le nord tandis que la tordeuse de pin gris s'est étendue vers l'est. Les infestations de la tordeuse des bourgeons de l'épinette se sont aggravées au cours des 100 dernières années.
Réseaux trophiquesDes changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d'eau douce et d'eau marine. La diminution ou la disparition d'éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.Les réseaux alimentaires dans l'écozone+ sont majoritairement intacts et comprennent les cycles du lynx canadien et du lièvre d'Amérique ainsi que les dynamiques des populations de caribou des bois, d'orignal et de loup. Les maladies des espèces sauvages ont également une incidence sur les populations d'oiseaux et d'ongulés. Les réseaux trophiques aquatiques ont été simplifiés par l'acidification et la contamination au mercure et, malgré des améliorations en ce qui concerne la qualité de l'eau, la composition des espèces ne s'en est pas toujours remise.

 

3.4 Thème : interface science-politique
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ du Bouclier Boréal
Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l'information et communication des résultatsLes renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l'état et des tendances par rapport aux politiques. L'absence de ce type d'information dans de nombreux secteurs a gêné l'élaboration de la présente évaluation.Les données à long terme au niveau de l'écozone+ étaient rarement disponibles pour le Bouclier boréal. Les milieux humides, en particulier, n'étaient pas bien surveillés. On possède peu de données sur les poissons, les reptiles et les amphibiens par rapport aux données sur les oiseaux et les mammifères. Les meilleurs renseignements dont on dispose sur la biodiversité proviennent des oiseaux forestiers en raison des relevés normalisés et des activités de surveillance, y compris le Relevé des oiseaux nicheurs.
Changements rapides et seuilsLa compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d'une politique qui permet de répondre et de s'adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.Il n'existe pas d'éléments probants clairs indiquant des changements rapides ou des dépassements de seuils. Cependant, dans la partie ouest de l'écozone+, un risque accru de feu irréprimé et une invasion potentielle de dendroctones du pin ponderosa pourraient diminuer la productivité de l'écosystème et libérer du carbone stocké. Ces changements sont graduels, mais peuvent être irréversibles. Les activités anthropiques ont fait tripler la quantité de mercure dans l'environnement en comparaison avec les niveaux naturels, quoique les concentrations diminuent dans les décennies qui suivent la perturbation.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : constatations clés

Tableau 4. Aperçu des constatations clés pour l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve.

4.1 Thème: Biomes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ Boréale de Terre-Neuve
ForêtsSur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l'aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d'âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues. Les forêts couvrent 44 % de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. L'introduction de populations d'orignaux en abondance constitue un important moteur de changement de la forêt. Les insectes phyllophages, la suppression des incendies et l'exploitation forestière ont aussi une incidence sur la structure et la composition des forêts.
PrairiesL'étendue des prairies indigènes n'est plus qu'une fraction de ce qu'elle était à l'origine. Bien qu'à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.Sans objet
Milieux humidesLa perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l'influence d'une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.De nombreuses terres humides côtières productives se trouvent dans des zones d'urbanisation intensive. Le développement des zones humides par le drainage, le remplissage et la canalisation a des effets néfastes sur la quantité d'eau et sur sa qualité. Il existe peu de renseignements sur les tendances concernant les milieux humides dans l'écozone+.
Lacs et cours d'eauAu cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d'eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d'eau et des lacs, la baisse des niveaux d'eau et la perte et la fragmentation d'habitats.L'écoulement fluvial a augmenté de 10 à 40 % au printemps et a diminué de 20 à 70 % à l'été, le résultat d'une hausse des températures printanières et estivales. Contrairement aux tendances nationales, la température s'est abaissée en janvier. Les changements hydrologiques peuvent également avoir pour cause la perte de forêts d'intérieur en raison de la récolte, des incendies et des infestations d'insectes.
Zones côtièresLes écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s'il y a des exceptions. Dans les zones développées, l'étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l'habitat, de l'érosion et de l'élévation du niveau de la mer.Les établissements humains sont concentrés le long de la côte de Terre-Neuve de 11 550 km. L'érosion côtière, qui se produit le long des côtes du sud-ouest, de l'ouest et de l'est, est accélérée par l'élévation du niveau de la mer, un accroissement de leur utilisation à des fins résidentielles et touristiques ainsi que les conditions changeantes des glaces d'hiver au large des côtes. La vulnérabilité de la plupart des collectivités côtières à l'érosion était « modérément élevée » ou pire.
Zones marinesLes changements observés sur le plan de la biodiversité marine au cours des 50 dernières années sont le résultat d'une combinaison de facteurs physiques et d'activités humaines comme la variabilité océanographique et climatique et la surexploitation. Bien que les populations de certains mammifères marins se soient rétablies à la suite d'une surexploitation par le passé, de nombreuses espèces de pêche commerciale ne se sont toujours pas rétablies.Sans objet
La glace dans l'ensemble des biomesLa réduction de l'étendue et de l'épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l'accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l'heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s'étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.La période d'englacement a reculé d'une demi-journée par année à l'étang Deadman (dans la partie du centre-nord de l'écozone+) entre 1961 et 1990.

 

4.2 Thème : Interactions humains-écosystèmes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ Boréale de Terre-Neuve
Aires protégéesLa superficie et la représentativité du réseau d'aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d'endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.En 2009, 6,3 % (7 098 km2) de l'écozone+ était protégé, une hausse de 4,5 % par rapport à 1992. Ce territoire était composé de 45 aires protégées de catégorie I à III de l'UICN. En outre, cinq aires protégées de catégorie VI couvraient 1,2 % de l'écozone+. La catégorie VI met l'accent sur l'utilisation durable par des traditions culturelles établies.
IntendanceLes activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.Des partenaires du Plan conjoint des habitats de l'Est travaillent ensemble pour protéger et améliorer les milieux humides pour la sauvagine. Le gouvernement provincial et 33 municipalités ont préservé et restauré 142 km2 d'habitat en milieu humide.
Espèces non indigenes envahissantesLes espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.Douze mammifères, dont l'orignal, le vison, le lièvre d'Amérique, le coyote et l'écureuil, ont été introduits à Terre-Neuve. Les orignaux entravent la régénération de la forêt après une perturbation et le broutement sélectif est en voie de changer la composition des espèces de plantes. Les écureuils roux pillent les nids des oiseaux indigènes et réduisent la régénération comme prédateurs de cônes. Plus de 35 % des plantes de l'écozone+ ne sont pas indigènes.
ContaminantsDans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.Les eaux usées sont une forme sérieuse de pollution dans de nombreux environnements côtiers.
Charge en éléments nutritifs et efflorescences algalesLes apports d'éléments nutritifs aux systèmes d'eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l'agriculture, ont entraîné la prolifération d'algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d'éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d'autres.L'azote résiduel dans le sol des terres agricoles a augmenté de 20,1 kg N/ha en 1981 à 53,6 kg N/ha en 2006. Les apports d'azote ont doublé, passant de 50,7 kg N/ha en 1981 à 102 kg N/ha en 2006. Le fumier constituait la source la plus importante d'azote en 1981, soit 23,8 kg N/ha par comparaison à 11,3 kg N/ha pour l'engrais et 13,6 kg N/ha pour la fixation de l'azote par les légumineuses. En 2006, la fixation par les légumineuses était de 37,7 kg N/ha, l'ajout de fumier 34,5 kg N/ha et l'engrais 28,1 kg N/ha. Les pertes d'azote ont subi une hausse, passant de 30,6 kg N/ha en 1981 à 48,4 kg N/ha en 2006.
Dépôts acidesLes seuils d'incidence écologique des dépôts acides, notamment ceux des pluies acides, sont dépassés dans certaines régions; les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses parties du pays et la récupération sur le plan biologique ne se déroule pas au même rythme que la réduction des émissions dans d'autres régions.La variation spatiale caractérise les dépôts de sulfates et de nitrates dans l'ensemble de l'écozone+. De 1983 à 2000, les dépôts les plus importants étaient situés au coin sud-ouest de l'île, diminuant vers le nord et l'est. Les dépôts de sulfate ont décliné depuis 1990, à l'inverse des dépôts de nitrate. Les tendances à la baisse du sulfate peuvent être liées aux mesures de réduction des émissions, mais pourraient tout aussi bien découler des changements dans les régimes climatiques.
Changements climatiquesL'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.De 1950 à 2007, les températures ont augmenté durant l'été (de 1,7 °C) et l'automne (de 1,0 °C); la saison de croissance n'a connu aucun changement. La précipitation au cours du printemps, de l'automne et de l'hiver a progressé de 0,2 %. L'épaisseur maximale annuelle de neige a augmenté (32,5 cm), cependant, la proportion de précipitation totale par rapport à la neige et la durée de la couverture de neige n'a pas changé.
Services écosystémiquesLe Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.Les services écosystémiques n'ont pas été évalués de façon systématique dans l'écozone+. Les revenus découlant de la chasse et d'autres activités touristiques liées à l'orignal apportent une contribution de plus de 100 millions de dollars annuellement à l'économie de Terre-Neuve.

 

4.3 Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ Boréale de Terre-Neuve
Paysages terrestres et marins intactsRéférence*Les paysages terrestres et marins intacts ont d'abord été caractérisés comme constatation clé récurrente à l'échelle nationale; les renseignements ont été compilés et évalués par la suite pour l'écozone+ du Bouclier boréal. Dans la version définitive du rapport nationalRéférence6, les renseignements relatifs aux paysages terrestres et marins intacts ont été incorporés à d'autres constatations clés. Ces renseignements ont été maintenus comme constatation clé distincte pour l'écozone+ du Bouclier boréal.En 2006, 57 % de l'écozone+ était composé d'aires naturelles intactes, d'étendues contiguës de forêts, de bogs, d'eau, de toundra et d'affleurements rocheux de plus de 10 km2.
Paysages agricoles servant d'habitatLe potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l'intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.Sans objet
Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulierDe nombreuses espèces d'amphibiens, de poissons, d'oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d'autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.Les populations de caribous ont connu un déclin, passant d'un sommet de 95 000 animaux en 1997 à 32 000 en 2008. Le classement de la martre d'Amérique (population de Terre-Neuve) est passé d'espèce en voie de disparition à espèce menacée en 2007. Terre-Neuve possède la plus vaste étendue de prés en Amérique du Nord, comprenant des espèces rares et endémiques telles que le braya de Long et le braya de Fernald.
Productivité primaireLa productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d'eau douce. L'ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l'écosystème marin.La productivité primaire nette, telle que la mesure l'IVDN, a progressé sur près de 41 % du territoire de l'écozone+ entre 1985 et 2006. Il s'agit de la plus grande proportion de terrain dont la tendance est positive parmi les écozones+ du Canada. Le réchauffement du climat, l'exploitation forestière ou les caribous, qui entravent la régénération de la forêt, peuvent être responsables des tendances observées.
Perturbations naturellesLa dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d'insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d'un endroit à l'autre.Les incendies ne constituent pas une perturbation naturelle d'envergure dans cette écozone+. Parmi les principaux insectes phyllophages, on retrouve le diprion du sapin, la tordeuse des bourgeons de l'épinette et l'arpenteuse de la pruche. Les infestations importantes se limitaient principalement aux régions de l'ouest et du centre. On note une augmentation de la durée, de la gravité et de l'étendue des infestations du diprion du sapin.
Réseaux trophiquesDes changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d'eau douce et d'eau marine. La diminution ou la disparition d'éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.L'introduction de plusieurs espèces non indigènes dans l'écozone+ a eu des répercussions sur les cycles de population des espèces indigènes. L'introduction de coyotes peut avoir eu un effet sur les populations de caribous, de lièvres arctiques et de martres. Les phoques ont allongé le temps qu'ils passent dans plusieurs rivières et estuaires et sont maintenant présents au moment de la migration des saumoneaux.

 

4.4 Thème : Interface science-politique
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ Boréale de Terre-Neuve
Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l'information et communication des résultatsLes renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l'état et des tendances par rapport aux politiques. L'absence de ce type d'information dans de nombreux secteurs a gêné l'élaboration de la présente évaluation.On dispose de très peu de renseignements quantitatifs pour cette écozone+.
Changements rapides et seuilsLa compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d'une politique qui permet de répondre et de s'adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.Le changement dans la composition des espèces d'arbres et l'absence de régénération de la forêt pendant les décennies qui suivent une perturbation semblent indiquer que les caribous et les insectes phyllophages ont amené les écosystèmes de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve à un nouvel état. Étant donné les données limitées disponibles, on ne sait pas si d'autres seuils ont été atteints.

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Note de bas des pages

MB *

Cette constatation clé n'est pas numérotée, car elle ne correspond pas à une constatation clé provenant du rapport nationalNB6

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NB 6

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 148 p.

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Thème : Biomes

Forêts

Constatation clé 1
Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
Sur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l'aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d'âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.

Écozone+ du Bouclier boréal : forêts

La majeure partie de l'écozone+ du Bouclier boréal est constituée de forêt boréale, mais l'écozone+ comprend également des forêts tempérées dans sa partie méridionale. En 2005, les forêts couvraient 88 % de l'écozone+. La composition, les classes d'âge ainsi que les moteurs biotiques et abiotiques des forêts varient grandement d'un endroit à l'autre de la vaste étendue de l'écozone+. À titre d'exemple, le feu est une perturbation majeure ainsi qu'un moteur de la composition et des classes d'âge de la forêt dans l'écozone+ du Bouclier boréal dans son ensemble, mais la récurrence des incendies varie de 125 à 600 ans entre l'est et l'ouestNB37. La foresterie est également une industrie majeure en Ontario et au Québec, et joue un moins grand rôle en Saskatchewan et au Manitoba. Les forêts ont été converties en terres cultivées dans la portion sud-ouest de l'écozone+ entre 1985 et 2006NB23. Ces changements n'étaient pas significatifs à l'échelle de l'écozone+ et la surface générale des écosystèmes forestiers n'a pas changé, cependant, la composition et la structure des forêts aménagées se sont transformées NB38 NB39 NB40.

Le passage d'une forêt de conifères à une forêt à feuilles caduques et à des arbustes a peut-être été facilité par la régénération naturelleNB40 NB41 NB42. La régénération naturelle des aires de coupe était pratique courante dans les régions centrales du Canada des années 1920 au milieu des années 1970 et continue d'être une approche communeNB43. L'échec de la régénération naturelle a occasionné des programmes de replantation à partir des années 1970 jusqu'en 2009NB44 NB45.

Le suivi de la composition et de la structure des forêts est effectué par les ministères provinciaux des ressources naturelles et de l'environnement; par conséquent, les données et les discussions qui suivent sont basées sur des divisions provinciales ainsi que sur des sommaires supplémentaires au niveau des écozones+ et des écorégions lorsque c'est possible. Figure 6 et la Figure 7 illustrent les zones de forêts qui sont aménagées dans l'écozone+ du Bouclier boréal, de même que les limites des écorégions définies dans le Cadre écologique national pour le CanadaNB9.

Figure 6. Carte des forêts aménagées des portions de l'écozone+ du Bouclier boréal situées en Saskatchewan et au Manitoba.

Les zones illustrées dans le Manitoba sont des unités d'aménagement forestières. En Saskatchewan, les forêts aménagées comprennent des forêts au sud de la région de reconnaissance du nord pour laquelle des données d'inventaire existent. Les limites des écorégions y sont montrées afin de fournir le contexte.

carte
Source : ministère de l'Environnement de la Saskatchewan, Forestry Service Branch (Direction générale des services forestiers), données non publiées et Conservation Manitoba, Direction générale des forêts, Forest Management Licenses (Permis d'aménagement des forêts), données non publiéesNB38

Description longue pour la figure 6

Cette carte montre les forêts aménagées dans les portions saskatchewanaises et manitobaines de l'écozone+ du Bouclier boréal. Du nord au sud, commençant en Saskatchewan, l'écorégion de la plaine d'Athabasca ne montre aucune forêt aménagée, et les hautes terres de la rivière Churchill montre moins de 50 % de forêts aménagées. Les régions du Manitoba montrées sont des unités de gestion des forêts, et du nord au sud représentent la rivière Churchill (aménagée à 100 %), High Rock (aménagé à 100 %), la rivière Nelson (aménagée à 100%), les hautes terres de la rivière Hayes (aucune aménagement), la rivière Hayes (aménagée à 100 %), le lac Winnipeg est (aménagé à 100 %), les hautes terres du Lac Seul (aucun aménagement), Pineland (aménagé à 100 %) et le Lac des Bois (aucun aménagement).

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Figure 7. Carte des forêts aménagées des portions de l'écozone+ du Bouclier boréal situées en Ontario et au Québec.

Le terme « forêts aménagées » fait référence aux régions pour lesquelles des données d'inventaire existent. Les régions forestières de l'Ontario et les domaines forestiers du Québec sont illustrés afin de fournir un contexte.

carte
Source : Ministère des Ressources naturelles, 2005NB46

Description longue pour la figure 7

Cette carte montre les forêts aménagées dans les portions ontariennes, québécoises et labradoriennes de l'écozone+ du Bouclier boréal. Les régions forestières ontariennes et les domaines forestiers québécois sont montrés. Les régions ontariennes sont les Grands Lacs-Saint-Laurent (aménagé à plus de 50 %), le Bouclier boréal (aménagé à environ 50 %) et la baie d'Hudson (aménagé à moins de 50 %). Les domaines québécois comprennent l'érablière à caryer cordiforme (aménagé à plus de 50 %), l'érablière à tilleul de l'ouest (aménagé à plus de 50 %), l'érablière à bouleau jaune (ouest : aménagé à plus de 50 % et est : aménagé à plus de 50 %), la sapinière à bouleau jaune (ouest : aménagé à plus de 50 % et est : aménagé à plus de 50 %), la sapinière à bouleau blanc (ouest : aménagé à plus de 50 % et est : aménagé à plus de 50 %) et la pessière à mousses (ouest : aménagé à plus de 50 % et est : aménagé à environ 50 %). Les écorégions labradoriennes comprennent le lac Melville (aucun aménagement) et la rivière Paradise (aménagé à plus de 50 %).

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Les perturbations les plus communes dans la partie occidentale de l'écozone+ du Bouclier boréal sont les incendies. L'absence d'extinction des incendies a donné lieu à un régime des feux relativement naturel, particulièrement dans la partie de l'écozone+ située en Saskatchewan où il y a peu de facteurs stressants anthropiquesNB47. Les opérations forestières sont limitées à 340 000 km2 le long de la frontière sud de l'écorégion des hautes terres de la rivière ChurchillNB48 et moins de 10 km2 sont récoltés par annéeNB49. Environ 76 % de l'écozone+ du Bouclier boréal en Saskatchewan est recouverte de forêtsNB50. Au Manitoba, la gestion forestière a causé un déclin du nombre de pins gris (Pinus banksiana), d'épinettes noires (Picea mariana) et d'épinettes blanches (Picea glauca) et une hausse du nombre d'autres pins, de sapins baumiers (Abies balsamea) ainsi que d'autres conifères et feuillus entre les années 1970 et 1990 (voir la Figure 8 pour des exemples).

Figure 8. Aire des types de couverture selon les espèces d'arbres dans la section de forêt Pineland pour les années 1970, 1980 et 1990.

graphique
Source : Conservation Manitoba, Direction générale des forêts, Inventaire des forêts du Manitoba, données non publiéesNB38.

Description longue pour la figure 8

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Aire des types de couverture selon les espèces d'arbres dans la section de forêt Pineland pour les années 1970, 1980 et 1990.
TypeAnnées 1970Années 1980Années 1990
Pin gris989,0907,5823,0
Autres pins16,935162,8
Épinette1 766,71 849,71 505,4
Sapin baumier13.,757,3115,7
Autres conifères531,2909,5852,1
Peuplier2 150,82 133,42 030,4
Bouleau gris32,825,433,3
Autres feuillus6,039,993,9

Aire de type de couverture (km2)

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Les perturbations naturelles pour la partie est de la forêt boréale du Canada comprennent les incendies NB47, NB51, les infestations d'insectesNB52 et le déracinement par le ventNB53. Parmi celles-ci, ce sont les incendies qui ont l'influence la plus étendue à l'échelle régionaleNB54. Les régimes d'incendies (la fréquence, la taille, l'intensité, la saisonnalité, le type et la gravité des incendies) ont une influence considérable sur la structure par âge des paysages boréaux, ainsi que la structure et la composition des peuplementsNB55 NB56 NB57 NB58. Dans la partie orientale de l'écozone+ du Bouclier boréal, 30 % de la région boisée est dominée par des forêts de conifères denses, 13 % par des forêts mixtes de conifères et à feuilles caduques et 35 % est considérée comme forêt clairseméeNB59. On note relativement peu de perturbations d'origine humaine, mais ces forêts sont susceptibles de subir les effets des changements climatiques, ce qui peut potentiellement mener à une hausse de la fréquence et de l'étendue des incendies et à des changements dans la distribution des espècesNB59.

La forêt boréale de la région de l'Ontario couvre approximativement 500 000 km2 et est constituée de forêt à 82 %NB60. Les peuplements dominés par les conifères, particulièrement ceux qui sont dominés par les épinettes, sont devenus des peuplements à dominance mixte et à feuilles caduques après la récolte en Ontario (Figure 9) et au Québec (Figure 10)NB39 NB40 NB61. La régénération des épinettes dépend des feux, de sorte que l'absence de feux de forêt mène à une régénération réduite des épinettes et à une augmentation des espèces feuillues ou d'autres conifèresNB62. Bien que des conifères soient plantés après la récolte, la régénération des bois résineux n'est pas toujours réussieNB39 NB42 NB44 NB63.

Figure 9. Changements dans la proportion des groupes de composition des espèces d'arbres après la récolte dans 1 522 parcelles partout dans la forêt boréale de la région de l'Ontario entre la période de 1970 à 1985 et 1990 (de 5 à 20 ans après l'abattage).

graphique
Source : adapté de Hearden et coll., 1992NB40

Description longue pour la figure 9

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Changements dans la proportion des groupes de composition des espèces d'arbres après la récolte dans 1 522 parcelles partout dans la forêt boréale de la région de l'Ontario entre la période de 1970 à 1985 et 1990 (de 5 à 20 ans après l'abattage).
TypeÉtat original État original
(1970-1985)
Après régénération (1990)
Résineux mixtes2921
Épinette184
Pin gris1015
Feuillus619
Forêt mixte3641

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Figure 10. Aire proportionnelle selon le type de couverture dans le sous­domaine est de l'épinette et de la mousse au Québec.

graphique
Source : Ministère des Ressources naturelles, 2002NB61

Description longue pour la figure 10

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Aire proportionnelle selon le type de couverture dans le sous­domaine est de l'épinette et de la mousse au Québec.
typeAire proportionelle (%)
1970-79
Aire proportionelle (%)
1980-89
Aire proportionelle (%)
1990-99
Conifères848075
Mixtes9109
Décidus211
En régénération4915

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La majorité des activités de récolte dans les forêts de l'État en Ontario ont lieu dans les régions de la forêt boréale et de la forêt des Grands Lacs et du Saint-LaurentNB45. En 2009-2010, on comptait 852 zones de coupes de récolte à blanc actives dans la région de la forêt boréale (Figure 7). De ces coupes à blanc, 826 (97 %) mesuraient moins de 2,6 km2. La taille moyenne d'une coupe à blanc était de 0,6 km2 tandis que la plus grande coupe à blanc mesurait 14,2 km2 NB45. La distribution par classe d'âge de la forêt constitue un important indicateur de changement des processus de l'écosystème. On inscrit les peuplements forestiers dans la classe d'âge de 0 à 20 ans jusqu'à ce qu'un nouveau traitement de régénération ait été prescrit. Cela comprend les activités de préparation du site et de régénération visant à favoriser l'établissement des peuplements forestiers désirés jusqu'à ce que le peuplement soit déclaré établi, c'est-à-dire qu'il respecte les critères de croissance et qu'il soit libre, au bout du compte, de végétation concurrente. Des niveaux élevés de perturbations liées aux feux, une régénération en retard ou échouée, la production retardée de rapports de régénération réussie et les intervalles de temps entre la perturbation et le temps où le peuplement est déclaré établi peuvent avoir contribué à la fréquence élevée de rapports dans la classe d'âge de 0 à 20 ans pour l'Ontario (Figure 11). De la même manière, la distribution par classe d'âge des forêts du Manitoba penche vers les plus jeunes arbresNB64.

Figure 11. La superficie (en milliers de km2) de la distribution par classe d'âge pour les forêts aménagées de l'Ontario, pour tous les types de forêt en 1996, 2001 et 2006.

graphique
Source : données du Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, 2007NB39

Description longue pour la figure 11

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

La superficie (en milliers de km2) de la distribution par classe d'âge pour les forêts aménagées de l'Ontario, pour tous les types de forêt en 1996, 2001 et 2006.
Classe d'âgeSuperficie (milliers de km2)
1996
Superficie (milliers de km2)
2001
Superficie (milliers de km2)
2006
0-2049.344.155.8
21-4016.319.524.3
41-6054.348.234.3
61-8074.279.869.3
81-10055.760.763.3
101-12032.234.833.4
121-14034.525.823.6
141-16016.018.517.5
161-1802.24.44.7
180+1.21.00.8

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La portion du Québec de l'écozone+ du Bouclier boréal comprend environ 433 000 km2 de forêt, donc 424 000 km2 sont productifs (c.-à-d., des forêts capables de produire 30 m2 ou plus de bois par hectare (0,01 km2) en moins de 120 ans, et qui ont une pente inférieure à 41 %NB63). Les archives historiques de reconstruction après les incendies des 300 dernières années du nord-est de l'Ontario à la rive Nord dans l'est du Québec indiquent que, traditionnellement, plus de 50 % de la forêt avait plus de 100 ansNB58 NB65 . Au Québec, les pratiques actuelles d'aménagement forestier sont responsables d'une augmentation de la proportion d'habitats aux premiers stades de succession écologique et d'une diminution d'habitats au dernier stade de succession écologique à mesure que la foresterie se déplace vers l'est et le nord (p. ex.,Figure 12 NB55 NB66. La récolte vise les classes d'âge plus avancé, ce qui fait que la transformation à des stades de succession écologique plus jeunes se produit davantage que ce à quoi on s'attendrait en présence de perturbations exclusivement naturelles.

Figure 12. Aire proportionnelle des sous­domaines les plus communs par stade de développement dans la portion du Québec de l'écozone+ du Bouclier boréal.

Les données incluent les forêts privées et publiques.

graphique
Source : ministère des Ressources naturelles et Faune, 2009NB528, Statistiques forestières, données non publiées, mises à jour des données du Ministère des Ressources naturelles de 2002NB61

Description longue pour la figure 12

Cette série de graphiques à barres montre les informations suivantes :

Données de la figure 12a - Érable à sucre – bouleau jaune, ouest
Stade de développementAire proportionelle (%)
1970-79
Aire proportionelle (%)
1980-89
Aire proportionelle (%)
1990-99
Mature626365
Jeune313028
Régénérée535
En régénération242
Données de la figure 12b - Érable à sucre – bouleau jaune, est
Stade de développementAire proportionelle (%)
1970-79
Aire proportionelle (%)
1980-89
Aire proportionelle (%)
1990-99
Mature534554
Jeune354231
Régénérée7812
En régénération553
Données de la figure 12c - Sapin baumier – bouleau jaune, ouest
Stade de développementAire proportionelle (%)
1970-79
Aire proportionelle (%)
1980-89
Aire proportionelle (%)
1990-99
Mature566769
Jeune302016
Régénérée12812
En régénération353
Données de la figure 12d - Sapin baumier – bouleau jaune, est
Stade de développementAire proportionelle (%)
1970-79
Aire proportionelle (%)
1980-89
Aire proportionelle (%)
1990-99
Mature314349
Jeune483426
Régénérée131420
En régénération795
Données de la figure 12e - Sapin baumier – bouleau gris, ouest
Stade de développementAire proportionelle (%)
1970-79
Aire proportionelle (%)
1980-89
Aire proportionelle (%)
1990-99
Mature424447
Jeune282522
Régénérée181622
En régénération12159
Données de la figure 12f - Sapin baumier – bouleau gris, est
Stade de développementAire proportionelle (%)
1970-79
Aire proportionelle (%)
1980-89
Aire proportionelle (%)
1990-99
Mature495552
Jeune221922
Régénérée211517
En régénération71110
Données de la figure 12g - Pessière à mousse, ouest
Stade de développementAire proportionelle (%)
1970-79
Aire proportionelle (%)
1980-89
Aire proportionelle (%)
1990-99
Mature575147
Jeune222924
Régénérée14813
En régénération71216
Données de la figure 12h - Pessière à mousse, est
Stade de développementAire proportionelle (%)
1970-79
Aire proportionelle (%)
1980-89
Aire proportionelle (%)
1990-99
Mature706665
Jeune172118
Régénérée867
En régénération4610

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Le gouvernement du Québec explore actuellement la viabilité de la production de fibres dans le Nord (entre les 49e et 52e parallèles). Les trois zones potentielles comprendraient le « développement nordique », une région qui possède des zones fragiles, mais qui offre en général une bonne croissance et un bon potentiel pour la foresterie, un « développement mené par le feu » avec de courts intervalles de feu qui devront être considérés durant la planification de la récolte, et un « développement limité » plus au nord pour de la foresterie limitéeNB67.

Les régions au nord des forêts aménagées sont rarement surveillées et les changements qui surviennent dans ces régions ne sont généralement pas connus. Cependant, les peuplements denses et matures de conifères (dominés par les épinettes) ont été remplacés par des terrains boisés de lichen sur plus de neuf pour cent du paysage entre 1950 et 2002, causant un changement dans les types d'écosystème dans la partie nord-est de l'écozone+ du Bouclier boréal. On attribue ces changements à une fréquence accrue d'incendies, à des feux moins graves arrivant plus tôt et à des incendies de forêt se produisant peu après des infestations d'insectesNB68 NB69.

Une petite portion de l'écozone+ du Bouclier canadien s'étend dans le Labrador. Selon les images Landsat de 1987 à 1990, 87 % de la région est couverte de forêt et comprend les écorégions de la rivière Paradise et du lac Melville au complet (Figure 7). Les forêts d'épinettes noires et de sapins baumiers viables sur le plan commercial constituent 52,6 % des régions boisées totales tandis que la forêt non commerciale comprend les autres forêts d'épinettes noires (24,3 %), les terrains boisés de lichens (6,7 %) et de plus petites quantités de broussailles de feuillus et de forêt mixteNB70. Les régions brûlées composent 15 % des régions boisées et sont généralement dominées par le bouleau, le tremble et l'épinette noire. On ne peut déterminer aucune tendance pour le Labrador, car ces forêts ne sont pas surveillées régulièrement. Des placettes d'échantillonnage permanentes ont été établies dans les années 1990, mais peu d'entre elles ont été mesurées de nouveauNB71.

L'exploitation forestière a augmenté dans le Bouclier boréal à partir des années 1900 jusqu'à un pic au milieu des années 1990NB72. En 2004, les activités d'exploitation forestière avaient fortement diminué et étaient revenues à leur niveau du début des années 1980. De nombreux facteurs ont conduit à ces déclins, y compris le coût élevé du carburant et de l'électricité, les restrictions commerciales, la valeur relativement élevée du dollar canadien, la concurrence mondiale, et, par-dessus tout, l'effondrement du marché immobilier aux États-Unis qui a fait chuter la demande de bois de sciageNB73.

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Écozone+ du Bouclier boréal : oiseaux forestiers

Étant donné que l'habitat forestier domine l'écozone+ du Bouclier boréal, cette écozone+ abrite une proportion considérable des oiseaux forestiers du CanadaNB74 NB75. Dix-huit espèces ont 30 % ou plus de leur aire de répartition canadienne dans l'écozone+ du Bouclier boréal et dix-sept d'entre elles sont des migrateurs néotropicaux (Tableau 5). L'écozone+ du Bouclier boréal abrite des oiseaux terrestres qui y résident toute l'année, tels que la mésange à tête brune (Poecile hudsonicus) et le mésangeai du Canada (Perisoreus canadensis), de même que de nombreuses espèces migratoires qui se reproduisent dans les forêts boréales chaque été et migrent ensuite vers le sud, tous les ans. Les bruants, les parulines et les grives vraies représentent plus de la moitié de tous les oiseaux terrestres boréaux. Une grande majorité des oiseaux terrestres boréaux subissent de longues migrations : on estime que 93 % de ces oiseaux quittent la région boréale tous les automnes pour passer l'hiver aux États-Unis, au Mexique, dans les Antilles, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, puis reviennent l'année suivante pour se reproduireNB76. En ce qui concerne les quelques espèces d'oiseaux qui demeurent dans l'écozone+ toute l'année, il est difficile de surveiller leur population en raison de la période de leur saison de reproduction (en avril et en mai, alors qu'il reste de la neige au sol) et de leur faible densitéNB75.

Dans l'ensemble, les tendances chez les oiseaux forestiers sont stables ou à la hausse dans l'écozone+ du Bouclier boréal (Tableau 6). Endémique dans les forêts des régions boréales de l'Amérique du Nord où prédominent l'épinette et le sapin, la mésange à tête brune est en déclin partout au Canada selon le Recensement des oiseaux de NoëlNB77, mais non selon le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) (Tableau 6)NB78. Désigné comme une espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 2007NB79, la chute des populations de moucherolles à côtés olive (Contopus cooperi) (Tableau 6) n'est pas étrangère à la diminution des nombres d'insectivores volants au cours de la même périodeNB80. En 2008, le COSEPAC désignait aussi la paruline du Canada (Cardellina canadensis) comme une espèce menacée. Ces migrateurs néotropicaux, et d'autres encore, subissent les changements dans leurs habitats d'hiver sous les tropiquesNB81. Dans le même ordre d'idées, les populations d'oiseaux forestiers qui migrent sur de courtes distances, comme c'est le cas du troglodyte des forêts (Troglodytes hiemalis), du viréo à tête bleue (Vireo solitarius) et du roitelet à couronne rubis (Regulus calendula), sont perturbées par la détérioration de leur habitat d'hiver, même si leur habitat de reproduction reste inchangé dans l'écozone+ du Bouclier boréalNB82.

Les estimations des tendances par espèce ont été dérivées du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS). Le BBS est un programme international de surveillance sur une longue durée et à grande échelle des oiseaux qui a débuté en 1966 et qui vise à faire un suivi de l'état et des tendances des populations d'oiseaux en Amérique du Nord. Tous les ans, des milliers d'ornithologues amateurs se portent volontaires et recueillent des données sur les populations d'oiseaux le long des parcours de relevés en bordure de route au plus fort de la saison de reproduction. Bien que cela facilite l'accès aux observateurs, le fait de s'en tenir aux habitats se trouvant en bordure des routes diminue la fiabilité des tendances quant aux populations d'oiseaux vivant dans d'autres habitats. De nombreuses espèces d'oiseaux terrestres (espèces intrusives, espèces nomades, principaux nicheurs dans des cavités et le pic, la gélinotte, les rapaces diurnes, les rapaces nocturnes, les espèces en péril), presque toutes les espèces d'oiseaux aquatiques et d'oiseaux de rivage ainsi que les espèces d'oiseaux aquatiques qui nichent dans des cavités ne font pas l'objet d'une surveillance adéquateNB83. La variabilité des aptitudes des observateurs ainsi que la couverture partielle du territoire sont d'autres sources d'erreur systématiqueNB84. L'interprétation de tendances dont la fiabilité est faible devrait se faire avec les réserves qui s'imposent.

Les tendances signalées dans le présent document ne sont pas représentatives à l'échelle de l'écozone+. L'écozone+ du Bouclier boréal coïncide avec la région de conservation de oiseaux 8 (RCO 8 – Forêt coniférienne boréale) et avec la moitié nord de la région de conservation des oiseaux 12 (RCO 12 – Forêt mixte boréale). Les tendances pour la totalité de la RCO 12, laquelle comprend l'écozone+ des plaines à forêts mixtes, sont signalées dans le présent document. Les corridors les plus achalandés du relevé sont concentrés dans la partie sud de l'écozone+ du Bouclier boréal, ce qui augmente la fiabilité des tendances observées dans la RCO 12 par rapport à la RCO 8 (p. ex., Tableau 6) L'Ontario et le Québec ont par ailleurs une meilleure couverture que les autres provinces dans l'écozone+ du Bouclier boréal.

Tableau 5. Espèces d'oiseaux migrants néotropicaux ayant plus de 30 % de leur aire de répartition canadienne dans l'écozone+ du Bouclier boréal. Ce tableau comprend les oiseaux forestiers et de maquis.
Nom communPopulation reproductrice d'Amérique du Nord (AN) dans l'écozone+ (%)Aire de répartition dans l'écozone+ (%) par rapport à l'aire de répartition en ANAire de répartition dans l'écozone+ (%) par rapport à l'aire de répartition canadienneDéclin significatif (p) de 1970 à 2012 (BBS)Note a du tableau 5
Paruline à poitrine baie (Setophaga castanea)846163 -
Paruline noir et blanc (Mniotilta varia)61347 -
Paruline à gorge orangée (Setophaga fusca)775165 -
Paruline bleue (Setophaga caerulescens)594060 -
Paruline à gorge noire (Setophaga virens)625466 -
Paruline du Canada (Cardellina canadensis)675561nRCO 8
Paruline tigrée (Setophaga tigrina)795153 -
Paruline à flancs marron (Setophaga pensylvanica)794762Note b du tableau 5*RCO 8
Paruline à gorge grise (Oporornis agilis)616155nRCO 8 et Note b du tableau 5*RCO 12
Paruline à ailes dorées (Vermivora chrysoptera)762556 -
Paruline à tête cendrée (Setophaga magnolia)604547 -
Paruline triste (Geothlypis philadelphia)834751Note b du tableau 5*RCO 8 *RCO 12
Paruline à joues grises (Oreothlypis ruficapilla)824659 -
Paruline couronnée (Seiurus aurocapilla)612646 -
Viréo de Philadelphie (Vireo philadelphicus)793845 -
Grive fauve (Catharus fuscescens)642536Note b du tableau 5*RCO 12
Moucherolle à ventre jaune (Empidonax flaviventris)863952 -

Source : données tirées de Rich et coll., 2004NB82 (Environnement Canada 2014)NB78

Note du tableau 5

Note [a] du tableau 5

Ces estimations sont basées sur les données des Relevés des oiseaux nicheurs (BBS) d'Amérique du Nord hébergées au Centre national de la recherche faunique (Service canadien de la faune) ou au Patuxent Wildlife Research Center (US Geological Survey).

Retour à la référence de la note a du tableau 5

Note [b] du tableau 1

p représente la signification statistique : * indique que p < 0,05; n indique que 0,05 < p < 0,1; l'absence de valeur indique qu'il n'y a pas de signification statistique. Les régions de conservation des oiseaux (RCO) qui chevauchent l'écozone+ du Bouclier boréal sont indiquées par BCR 8, qui comprend l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, et la moitié septentrionale de RCO 12NB85.

Retour à la référence de la note b du tableau 5

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Les populations d'oiseaux forestiers varient selon la disponibilité de ressources alimentaires. Les populations de plusieurs espèces, y compris le roselin pourpré (Haemorphous purpureus), présentent des fluctuations naturelles substantielles à la suite de changements d'approvisionnement de graines, d'incendies et d'infestations d'insectes; cet effet se voit particulièrement chez les populations vivant dans les forêts de conifères plus au nordNB75. Les changements climatiques globaux peuvent également avoir des répercussions sur les oiseaux en devançant leur arrivée dans les aires de reproduction et/ou le temps quand éclorent les oisillons, ce qui cause une disparité avec les périodes d'abondance maximale des proiesNB86. Cela peut conduire à une productivité réduite, à des changements dans les communautés de prédateurs et à des aires de répartition réduites ou modifiéesNB87. Par exemple, les déclins chez le mésangeai du Canada dans le parc Algonquin ont été attribués, au moins en partie, aux températures hivernales plus élevées qui gâtent les provisions de nourriture d'hiver de cette espèce résidenteNB88.

Tableau 6. Tendances de l'abondance et fiabilité de celles-ci dans le cas des espèces d'oiseaux sélectionnées et caractéristiques des forêts de l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1970 à 2012.
Oiseaux forestiersRCO 8 tendance annuelleRCO 8 fiabilitéRCO 12 tendance annuelleRCO 12 fiabilité
Paruline flamboyante (Setophaga ruticilla)-0,01faible-0,49Haute
Paruline à poitrine baie (Setophaga castanea)1,47faible-3,64Médium
Paruline noir et blanc (Mniotilta varia)0,68faible-0,53Haute
Paruline à gorge orangée (Setophaga fusca)1,55faible0,88Haute
Paruline bleue (Setophaga caerulescens)5,29faible2,10Haute
Paruline à gorge noire (Setophaga virens)0,60faible1,07Haute
Viréo à tête bleue (Vireo solitarius)5,99faible3,83Haute
Mésange à tête brune (Poecile hudsonicus)3,25faible0,78Médium
Petite buse (Buteo platypterus)3,07faible0,40Haute
Paruline du Canada (Cardellina canadensis)-1,54faible-3,62Haute
Paruline tigrée (Setophaga tigrina)0,91faible-1,08Médium
Gros-bec errantNote a du tableau 6 (Coccothraustes vespertinus)-5,84médium-3,5Médium
Mésangeai du Canada (Perisoreus canadensis)0,63faible-0,16Haute
Moucherolle tchébec (Empidonax minimus)-1,07faible -2,47Haute
Paruline à tête cendrée (Setophaga magnolia)1,85faibleñ 1,89Haute
Moucherolle à côtes olive (Contopus cooperi)-1,44faible-5,37Haute
Paruline couronnée (Seiurus aurocapilla)0,21médium-0,22Haute
Viréo de Philadelphie (Vireo philadelphicus)0,47faible2,14Haute
Roselin pourpré (Haemorphous purpureus)-0,70faible-2,89Haute
Viréo aux yeux rouges (Vireo olivaceus)0,90médium0,99Médium
Cardinal à poitrine rose (Pheucticus ludovicianus)-1,87faible-2,61Haute
Roitelet à couronne rubis (Regulus calendula)1,45faible-3,20Haute
Gélinotte huppée (Bonasa umbellus)2,68faible-1,78Haute
Grive à dos olive (Catharus ustulatus)-0,31faible-0,29Haute
Paruline obscure (Oreothlypis peregrina)0,98faible-3,57Médium
Grive fauve (Catharus fuscescens)2médium-1,05Haute
Troglodyte des forêts (Troglodytes hiemalis)1,22faible0,94Haute
Paruline à croupion jaune (Setophaga coronata)2,64faible0,64Haute

Source : Environnement Canada 2014NB78

Note du tableau 6

Note [a] du tableau 6

Espèces d'oiseaux de maquis

Retour à la référence de la note a du tableau 6

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Ces données portent aussi sur les portions ontariennes et québécoises des régions de conservation des oiseaux 8 et 12. Seule la moitié nord de la RCO 12 se retrouve dans l'écozone+, de sorte de ces données s'étendent au -delà des limites de l'écozone+ vers le sud et sous-représentent l'écozone+ dans les Prairies et le Labrador NB85.

Les dindons sauvages (Meleagris gallopavo) ont disparu dans l'est au début des années 1900 et ont été réintroduits dans leur aire de répartition indigène dans le Sud de l'Ontario et à la limite sud de l'écozone+ du Bouclier boréalNB89. Les dindons agrandissent naturellement leur aire de répartition vers le nord dans l'écozone+ du Bouclier boréal dans le parc provincial Algonquin, le long de la baie Georgienne et près de la rivière des OutaouaisNB89.

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Oiseaux nichant dans une cavité

Les oiseaux nichant dans une cavité sont des oiseaux qui font leur nid dans des cavités qu'ils creusent eux-mêmes (occupants primaires) ou dans des cavités creusées par d'autres espèces (occupants secondaires). En tant qu'occupants primaires, les pics sont de bons indicateurs de la santé globale de la forêt, car ils résident dans une variété de types d'habitats et de stades de succession écologiqueNB90 et qu'ils sont des « ingénieurs des habitats » qui fournissent des nids pour les autres espèces. La réduction de l'habitat dans des forêts anciennes et la suppression du feu dans certaines régions diminue le nombre d'oiseaux nichant dans une cavitéNB75, quoique les populations de pics étaient généralement stables ou à la hausse dans certains secteurs ontariens et québécois de l'écozone+ du Bouclier boréal (Tableau 7).

Tableau 7. Tendances de l'abondance et fiabilité de celles-ci dans le cas des pics dans les portions ontariennes et québécoises de l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1970 à 2012.
EspèceRCO 8 tendance annuelleRCO 8 fiabilitéRCO 12 tendance annuelleRCO 12 fiabilité
Pic à dos noir (Picoides arcticus) - --1,79Médium
Pic mineur (Picoides pubescens)1,31faible0,33Haute
Pic chevelu (Picoides villosus)1,8faible2,16Haute
Pic flamboyant (Colaptes auratus)0,04faible-0,66Haute

Source: Environnement Canada 2014 NB78

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Ces données portent aussi sur les portions ontariennes et québécoises des régions de conservation des oiseaux 8 et 12. Seule la moitié nord de la RCO 12 se retrouve dans l'écozone+, de sorte de ces données s'étendent au-delà des limites de l'écozone+ vers le sud et sous-représentent l'écozone+ dans les Prairies et le Labrador NB85.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : forêts

Environ 5 000 km2 (44 %) de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve sont couverts de forêts (y compris les forêts productives, les fens boisés, les bogs boisés, les fourrés et les marécages)NB91 NB92. Les forêts productives sont des forêts qui produisent ou qui peuvent produire des produits forestiers commerciaux. En 2009, les forêts productives étaient dominées par des arbres de 81 ans ou plus et présentaient des densités plus faibles mais assez équilibrées d'arbres dans les classes d'âge suivantes : de 0 à 20 ans, de 21 à 40 ans, de 41 à 60 ans et de 61 à 80 ans (Figure 13) NB23.

À Terre-Neuve, on trouve le pic à dos noir (Picoides arcticus) presque exclusivement dans les forêts anciennes de plus de 80 ansNB93. On a fréquemment constaté la présence de pics mineurs (Picoides pubescens) qui sont répartis à peu près également dans toutes les classes d'âge de peuplements forestiers; on a observé peu souvent des pics chevelus (Picoides villosus) et ce uniquement dans des peuplements dont l'âge variait de 40 à 60 ans NB93. Une diminution des aires occupées par les forêts les plus anciennes pourrait expliquer le déclin des populations de pics à dos noir dans l'ouest de Terre-Neuve (Tableau 8).NB78

Tableau 8. Tendances relatives à l'abondance des oiseaux nichant dans les cavités dans l'écozone+ Boréal de Terre-Neuve de 1980 à 2012 et fiabilité de celles-ci
EspèceTendanceFiabilité
Pic à dos noir (Picoides arcticus)-1,76Faible
Pic mineur (Picoides pubescens)2,07Faible
Pic chevelu (Picoides villosus)1,43Faible
Pic flamboyant (Colaptes auratus)-1,80Médium

Source : Environnement Canada 2014NB78

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L'épinette noire est l'espèce d'arbre dominante dans environ le tiers des forêts de l'île. Cette espèce est commune à la fois dans les sites très secs et les sites très humides en raison de sa tolérance élevée envers les conditions défavorables. Les incendies à répétition au cours des siècles ont établi l'épinette noire comme espèce dominante dans une grande partie du centre de l'écozone+ Boréale de Terre-NeuveNB92. Le sapin baumier constitue l'espèce d'arbre la plus abondante dans l'écozone+ NB92. Les peuplements forestiers dans l'ouest de l'écozone+ sont souvent composés exclusivement de sapins baumiers. Ces régions habituellement humides ont des sols bien drainés où les arbres peuvent atteindre des hauteurs de 24 m à l'âge de 100 ans. Le bouleau à papier (Betula papyrifera) et le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) représentent une part importante des peuplements mixtes et des peuplements feuillus mineurs dans les meilleurs sites forestiers. Les feuillus peuvent atteindre une hauteur de 22 m à l'âge de 80 ans dans les régions fertiles. On ne trouve pas de peuplements feuillus majeurs dans l'écozone+ Boréale de Terre-NeuveNB92.

Figure 13. Aire de chaque classe d'âge pour les forêts de l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, 2009.

Cela représente tous les peuplements boisés productifs. Cela ne reflète pas les types de broussailles et n'inclut pas les forêts dans les parcs nationaux.

graphique
Source : The Newfoundland and Labrador Department of Natural Resources (Ministère des Ressources naturelles de Terre Neuve et Labrador), 2009NB94

Description longue pour la figure 13

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Aire de chaque classe d'âge pour les forêts de l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, 2009.
Age ClassArea (thousand ha)
0-20370,000
21-40350,000
41-60310,000
61-80500,000
81+980,000

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L'orignal (Alces alces), d'abord introduit en 1878, est un moteur majeur des changements de la forêt dans l'écozone+NB95 NB96  NB97. En raison de la pression exercée par le broutement, les arbres et les arbustes indigènes sont moins abondants et la composition de la communauté s'est modifiéeNB95 NB96  NB97 . Le sapin baumier n'a pas réussi à se régénérer dans de nombreuses régions et, aux endroits où il se fait brouter, il se transforme en arbre de petite taille en forme de buisson. L'épinette blanche et l'épinette noire, dont l'orignal n'est pas friand et qu'il évite, sont susceptibles de remplacer le sapin comme arbres dominantsNB98. De nombreux feuillus, y compris le bouleau blanc, ont disparu du couvert forestierNB98. Le déclin d'autres espèces prisées pour le broutement telles que l'if du Canada (Taxus canadensis), l'érable à épis (Acer spicatum), l'amélanchier (Amelanchier spp.), la viorne cassinoide (Viburnum cassinoides), le cerisier de Pennsylvanie (Prunus pensylvanica), l'érable rouge (Acer rubrum) et le sorbier d'Amérique (Sorbus americana) menace grandement la diversité des espèces indigènesNB96, NB98 NB99 NB100.

Le broutage continu des populations surabondantes d'orignaux donne lieu à ce qui est peut-être la plus spectaculaire conversion de la forêt dans le parc national du Canada Terra Nova (Figure 14) et le parc national du Canada du Gros-Morne. Dans ces régions protégées, des espaces qui se sont formés entre les forêts à la fin des années 1970 à la suite de perturbations d'origine naturelle (p. ex., des infestations d'insectes) ou anthropique ne sont pas revenus à un couvert forestier ferméNB95 NB96 NB98 NB99. Après la perturbation, les orignaux concentrent leur broutement dans ces communautés de début de succession parce que leur réserve de graines contient des espèces hautement prisées par ces animauxNB98 NB101 NB102. Par conséquent, de nombreux sites sont passés d'une forêt boréale fermée à un paysage ouvert (Figure 14) dominé par des espèces moins agréables au goûtNB96 NB98 NB99 NB103 et des herbes non indigènes envahissantesNB103. Là où le sapin baumier réussit à pousser, il est fortement rabougri en raison du broutage continu et est incapable d'atteindre les stades adultes de reproduction ou de former un couvert forestierNB98 NB103. Les déclins du sapin baumier, des feuillus ainsi que de la structure globale de la forêt pourraient avoir des effets en cascade sur un grand nombre d'espèces indigènes dépendantes, notamment les oiseaux forestiersNB104, les lichens corticoles épiphytes spécialistesNB105 et les insectesNB98.

Figure 14. Incidence des orignaux sur la régénération de la forêt dans le parc national du Canada Terra­Nova, T.­N.­L.

Les zones grises dénotent les régions non forestières.

carte
Source : Parcs Canada, 2007NB106

Description longue pour la figure 14

Cette carte du Parc national du Canada Terra Nova montre les répercussions des orignaux sur la régénération des forêts, indiquant que de nombreux sites dans le parc sont passés de la forêt boréale dense à un paysage ouvert en raison des répercussions des orignaux. Les répercussions sont classées par des zones de répercussions graves (canopée forestière ouverte, aucune régénération des sapins baumiers, aucune source de graine), des zones de répercussions fortes (canopée forestière intacte, régénération limitée du sapin baumier, source limitée de graine) et des zones de répercussions faibles (forêt d'épinette noire prédominante). Les zones de répercussions graves sont principalement concentrées dans la portion nord du parc, et les zones de répercussions fortes et faibles dominent les côtes du fjord Clode et du passage Chandler.

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Les insectes phyllophages constituent un autre facteur de stress dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve et sont discutés dans la section sur l'Écozone+ du Bouclier boréal : infestations d'insectes indigènes à grande échelle à la page 170.

Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : oiseaux forestiers

L'écozone+ Boréale de Terre-Neuve fait partie de la RCO 8 et est facilement reconnaissable dans l'ensemble de données du BBS par province. Les populations de la plupart des oiseaux forestiers (Tableau 9) et de maquis (Tableau 10) de l'Écozone+ Boréale de Terre-Neuve sont à la hausse ou stables, bien que certaines espèces comme le bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra) et la grive à joues grises (Catharus minimus) ont subi une diminution importante de leurs populations entre 1980 et 2012.

Tableau 9. Tendances de l'abondance et fiabilité de celles-ci dans le cas des espèces d'oiseaux sélectionnées et caractéristiques des forêts de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, de 1980 à 2012.
EspèceTendanceFiabilité
Paruline noir et blanc (Mniotilta varia)-0,72Haute
Mésange à tête noire (Poecile atricapillus)4,62Médium
Paruline rayée (Setophaga striata)-5,90Médium
Paruline à gorge noire (Setophaga virens)0,48Médium
Viréo à tête bleue (Vireo solitarius)5,19Faible
Jaseur d'Amérique (Bombycilla cedrorum)3,74Faible
Sizerin flammé (Acanthis flammea)-9,01Faible
Junco ardoisé (Junco hyemalis)4,93Médium
Roitelet à couronne dorée (Regulus satrapa)5,71Faible
Mésangeai du Canada (Perisoreus canadensis)1,98Médium
Grive à joues grises (Catharus minimus)-12,80Médium
Grive solitaire (Catharus guttatus)2,38Médium
Moucherolle tchébec (Empidonax minimus)10,70Faible
Paruline à tête cendrée (Setophaga magnolia)0,42Médium
Paruline couronnée (Seiurus aurocapilla)-6,95Médium
Durbec des sapins (Pinicola enucleator)-0,33Médium
Tarin des pins (Spinus pinus)-1,15Faible
Roselin pourpré (Haemorhous purpureus)-0,17Médium
Bec croisé des sapins (Loxia curvirostra)-16,30Faible
Sittelle à poitrine rousse (Sitta canadensis)19,90Faible
Viréo aux yeux rouges (Vireo olivaceus)15,60Faible
Roitelet à couronne rubis (Regulus calendula)-0,20Haute
Grive à dos olive (Catharus ustulatus)1,37Médium
Paruline obscure (Oreothlypis peregrina)-1,57Faible
Bec-croisé bifascié (Loxia leucoptera)7,78Faible
Paruline à calotte noire (Cardellina pusilla)-3,69Médium
Troglodyte des forêts (Troglodytes hiemalis)-0,72Faible
Moucherolle à ventre jaune (Empidonax flaviventris)-1,63Médium
Paruline à croupion jaune (Setophaga coronata)-0,37Haute

Source : Environnement Canada 2014NB78

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Tableau 10.Tendances de l'abondance et fiabilité de celles-ci dans le cas des espèces d'oiseaux de maquisde l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, de 1980 à 2012.
EspèceTendanceFiabilité
Gros-bec errant (Coccothraustes vespertinus)3,38Faible
Bruant fauve (Passerella iliaca)-1,42Haute
Bruant de Lincoln (Melospiza lincolnii)-1,34Médium
Paruline triste (Geothlypis philadelphia)-5,76Médium
Paruline à couronne rousse (Setophaga palmarum)3,38Faible
Bruant chanteur (Melospiza melodia)3,60Faible
Bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys)1,58Faible
Bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis)-1,67Médium
Paruline jaune (Setophaga petechia)0,16Médium

Source : Environnement Canada 2014NB78

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Milieux humides

Constatation clé 3
Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
La perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l'influence d'une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.

Écozone+ du Bouclier boréal : milieux humides

On définit les milieux humides comme des territoires dont la nappe phréatique se trouve au niveau, près, ou au-dessus de la surface du sol pour la majorité sinon toute la saison de croissanceNB91. Jusqu'à 26 % (320 000 km2) des 1 240 368 km2 de milieux humides au Canada se trouvent dans l'écozone+ du Bouclier boréal. Les barrages et les réservoirs hydroélectriques ont été des causes principales de pertes de milieux humides. Entre 1960 et 2000, 9 000 km2 de milieux humides ont été inondés pour des projets hydroélectriques dans l'écozone+ du Bouclier boréalNB12 NB107. Les tourbières (aussi appelées fondrières de mousse) sont des milieux humides dont le fond est constitué d'une épaisse couche de sol organique (tourbe) saturée d'eau et formée de matériel végétal mort et en décomposition. L'abandon et le drainage des tourbières aux fins d'exploitation forestière ou agricole modifient le bilan hydrologiqueNB108 et peuvent augmenter l'érosion et la siltation des eaux de surfaceNB109. Entre 1980 et 2000, 250 km2 de tourbières ont été drainés pour la foresterie dans l'écozone+ NB12. Au Québec, 110 km2 de tourbières avaient été convertis à l'agriculture en 2001NB109. Entre les 46e et 49e parallèles, les tourbières de l'écozone+ du Bouclier boréal sont également utilisées pour la culture de cannebergesNB109. Il est possible que les changements climatiques rendent propices à la culture les régions plus au nord, ce qui favoriserait encore plus le drainage des tourbièresNB110.

En plus de la perte directe de milieux humides, la construction de routes menace les milieux humides du fait de la mortalité de la faune causée par la construction et les collisions avec les véhicules, la modification du comportement animal, l'altération de l'environnement physique et chimique, la promotion de la propagation d'espèces non indigènes et les changements dans la relation entre les prédateurs et leurs proiesNB111. On a constaté que le taux de prédation de nids d'oiseaux artificiels, par exemple, était à son plus haut dans les écotones (un écotone consiste une zone de transition entre deux biomes) entre la forêt boréale et les grandes routes, à un niveau intermédiaire dans les bandes riveraines de forêt boréale le long des lacs et dans les écotones entre la forêt et les chemins forestiers et à son niveau le plus bas dans les zones tampons de forêt boréale riveraine le long des rivièresNB112. La construction et l'utilisation des routes augmentent la sédimentation et altèrent le bilan hydrologique des milieux humidesNB111 NB113. Les lois qui régissent la construction des routes varient entre les provinces dans l'écozone+. Plusieurs provinces réglementent maintenant la construction de chemins forestiers afin de maintenir la qualité de l'eau pour les habitats du poissonNB113 NB114 NB115.

Des perturbations telles que la foresterie et la construction de routes créent des occasions d'invasion d'espèces non indigènes dans le Bouclier boréal. À titre d'exemple, le salicaire pourpre (Lythrum salicaria) tire profit des perturbationsNB116 et s'est propagé dans les milieux humides dans l'ensemble du Manitoba, de l'Ontario et du QuébecNB117. Bien que le Bouclier boréal soit moins envahi que les écozones+ plus au sud, les changements climatiques pourraient faciliter la propagation d'espèces non indigènes à des régions où elles sont actuellement absentes en raison des barrières climatiques.

La construction de chalets et les activités récréatives à un niveau intensif depuis les années 1930, particulièrement le long des lacs au sud et au nord-ouest de l'écozone+ du Bouclier boréal, ont modifié la végétation riveraine et ont conduit à l'eutrophisation des milieux aquatiques sous l'effet du déchargement d'eaux usées. La tonte des pelouses, le défrichement des rives et la construction de routes modifient les habitats riverains et affaiblissent leur fonction pour les poissons et la faune. Par exemple, le retrait de 50 % des macrophytes des rives de lacs a causé une diminution de 50 % du grand brochet (Esox lucius)NB118. Clark et coll.NB119 ont constaté que la paruline couronnée (Seiurus aurocapilla) se trouvait principalement le long des rives de lacs non développés tandis que le moucherolle phébi (Sayornis phoebe) se tenait dans les habitats hautement développés.

Les milieux humides non développés interceptent et captent le nitrate qui entre dans les bassins hydrographiques par les précipitations, que son origine soit naturelle ou anthropiqueNB120. En ce qui concerne l'augmentation des dépôts de nitrate observés dans toutes les régions développées du mondeNB121, les milieux humides peuvent aider à protéger les eaux en aval du plein effet de l'acide nitriqueNB120. Les effets des dépôts d'acide sur les écosystèmes aquatiques de l'écozone+ du Bouclier boréal sont discutés dans la constatation clé sur Écozone+ du Bouclier boréal : Dépôts acides à la page 120.

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Écozone+ du Bouclier boréal : sauvagine

En général, la densité de sauvagine est relativement faible dans l'écozone+ du Bouclier boréal. Cependant, la sauvagine de l'Atlantique, du Mississippi et des voies centrales de migration se reproduisent et font escale dans cette écozone+NB122. On retrouve, dans la forêt boréale, de grandes régions de densité très élevée de sauvagine dans l'Ontario et dans la région de l'Abitibi au QuébecNB123.

Afin d'optimiser l'utilisation des données existantes, cette écozone+ a été divisée en sections est et ouest, le long du méridien 86° O. (qui divise l'Ontario approximativement en deux). La partie ouest est couverte par le CWS/USFWS Waterfowl Breeding Survey (Relevés des populations reproductrices de sauvagine du Service canadien de la faune (SCF) et du USFWS) (WBS) NB124 tandis que la partie est couverte par le USFWS Airplane/Transect survey (USFWS A/TS) (Relevés de transects par avion du USFWS) et le CWS Boreal Helicopter Plot Survey (Relevé de tracé boréal par hélicoptère du SCF) (CWSBHPS) (SCF, données non publiées)NB125 (Tableau 11). Pour en savoir plus sur les relevés et les analyses connexes, voir Fast et coll.NB125.

Tableau 11. Tendances d'abondance pour des espèces sélectionnées de sauvagine dans les parties est et ouest de l'écozone+ du Bouclier boréal par décennies des années 1970 aux années 2000 et le Relevé des oiseaux nicheurs de 1970 à 2012.

11.1 Partie Ouest Indice annuel (en milliers)a superscript décennie débutant en
EspèceTendance (p)1970198019902000Changement (%)
Canard noir (Anas rubripes) - - - - - -
Canard d'Amérique (Anas americana)-2.04*152.1127.8115.679.6-47.6
Petit garrot (Bucephala albeola)0.596455.773.67923.5
Bernache du Canada (Branta canadensis)3.66*68.6100130.7165.1140.6
Garrot (Bucephala sp.)1.54*170174.6268.7272.360.2
Sarcelle d'hiver (Anas crecca)1.79*101101.8152.2140.639.2
Canard colvert (Anas platyrhynchos)-0.45635.8599.8649.4555.3-12.7
Fuligule à collier (Aythya collaris)3.46*153.5199.9337.7433.9182.7
Fuligule milouinan et petit fuligule (Aythya sp.)-1.92*236.7202.8200.8133.7-43.5
Macreuse (Melanitta sp.)-150.756.647.144.1-13.1

p représente la signification statistique : * indique que p < 0,05; l'absence de valeur indique qu'il n'y a pas de signification statistique. Les données tirées du BBS comprennent des portions des régions de conservation des oiseaux 8 et 12. Seule la moitié nord de la RCO 12 se retrouve dans l'écozone+, de sorte de ces données s'étendent au -delà des limites de l'écozone+ vers le sud et pourraient  sous-représentent l'écozone+ dans les Prairies et le LabradorNB85.
Sources :aWBS du SCF et du USFWS.b USFWS A/TS, le CWS BHP et le Southern Ontario Waterfowl Survey (Inventaire de la sauvagine dans le sud de l'Ontario) (SOWS) dans Fast et coll. 2010NB125 c Environnement Canada 2014NB78

11.2 Partie Est Indice annuel (en milliers)b superscript
décennie débutant en 
EspèceTendance (p)19902000Changement (%)
Canard noir (Anas rubripes)1.32*141.6162.414.7
Canard d'Amérique (Anas americana) -   --
Petit garrot (Bucephala albeola)-2.179.69-6.2
Bernache du Canada (Branta canadensis)6.75*27.147.475.4
Garrot (Bucephala sp.)2.1686.7107.123.5
Sarcelle d'hiver (Anas crecca)-1.653432.2-5.1
Canard colvert (Anas platyrhynchos)3.9*64.488.236.8
Fuligule à collier (Aythya collaris)2.39*95.7119.725
Fuligule milouinan et petit fuligule (Aythya sp.) - - - -
Macreuse (Melanitta sp.) - - - -

p représente la signification statistique : * indique que p < 0,05; l'absence de valeur indique qu'il n'y a pas de signification statistique. Les données tirées du BBS comprennent des portions des régions de conservation des oiseaux 8 et 12. Seule la moitié nord de la RCO 12 se retrouve dans l'écozone+, de sorte de ces données s'étendent au -delà des limites de l'écozone+ vers le sud et pourraient  sous-représentent l'écozone+ dans les Prairies et le LabradorNB85.
Sources :aWBS du SCF et du USFWS.b USFWS A/TS, le CWS BHP et le Southern Ontario Waterfowl Survey (Inventaire de la sauvagine dans le sud de l'Ontario) (SOWS) dans Fast et coll. 2010NB125c Environnement Canada 2014NB78

11.3 Relevé des oiseaux nicheurs (BBS)c
EspèceRCO 8 tendanceRCO 12 tendance
Canard noir (Anas rubripes)2.1-3.55
Canard d'Amérique (Anas americana) -0.62
Petit garrot (Bucephala albeola) - -
Bernache du Canada (Branta canadensis)18.321.5
Garrot (Bucephala sp.)-1.050.48
Sarcelle d'hiver (Anas crecca) --4.35
Canard colvert (Anas platyrhynchos) -1.98
Fuligule à collier (Aythya collaris)-2.641.67
Fuligule milouinan et petit fuligule (Aythya sp.) - -
Macreuse (Melanitta sp.) - -

p représente la signification statistique : * indique que p < 0,05; l'absence de valeur indique qu'il n'y a pas de signification statistique. Les données tirées du BBS comprennent des portions des régions de conservation des oiseaux 8 et 12. Seule la moitié nord de la RCO 12 se retrouve dans l'écozone+, de sorte de ces données s'étendent au -delà des limites de l'écozone+ vers le sud et pourraient  sous-représentent l'écozone+ dans les Prairies et le LabradorNB85.
Sources :aWBS du SCF et du USFWS.b USFWS A/TS, le CWS BHP et le Southern Ontario Waterfowl Survey (Inventaire de la sauvagine dans le sud de l'Ontario) (SOWS) dans Fast et coll. 2010NB125 c Environnement Canada 2014NB78

Les tendances relatives aux oiseaux aquatiques ont fluctuées en fonction de chaque espèce dans l'ouest et l'est de l'écozone+ du Bouclier boréal et d'un ensemble de données à l'autre. Par exemple, les populations de sarcelle d'hiver (Anas crecca) ont augmenté dans l'ouest (Figure 15a), se sont stabilisées à l'est (Figure 16a) et ont chuté dans la région de conservation des oiseaux 12 (Tableau 11). Le fuligule [petit fuligule (Aythya affinis) et fuligule milouinan (A. marila) confondus] a accusé un déclin (Figure 15b). Ces espèces étaient également en baisse dans les écozones+ avoisinantes+ (à savoir, les écozones+ de la plaine boréale, de la plaine de la taïga, du bouclier de la taïga et des prairies), ce qui semble indiquer que des facteurs communs entrent en ligne de compte à l'intérieur ou au-delà de ces aires de reproduction. La région boréale plus au nord a été moins productive quant au recrutement de fuligules que les biomes plus au sud, malgré le fait qu'il y avait davantage d'adultes qui se reproduisaient dans le NordNB126. Les fuligules qui se trouvent au nord des limites de leur aire de répartition doivent migrer plus loin et s'adapter à des périodes de reproduction dans l'ensemble plus courtes que ceux qui nichent plus au sud. Ces contraintes font en sorte que ces oiseaux sont davantage sensibles à des mécanismes de régulation démographique associés à l'état de l'organisme des femelles, au synchronisme de la reproduction, à la qualité des oisillons NB126, aux changements quant aliments à leur portée NB127 et aux changements climatiquesNB128.

Les tendances démographiques relatives à la macreuse [macreuse brun (Melanitta fusca) et macreuse à front blanc (M. perspicillata) confondues] et au petit garrot (Bucephala albeola) (Tableau 11 et Figure 15b) étaient stables.

Figure 15. Nombre de couples reproducteurs pour a) des canards barboteurs sélectionnés : le canard d'Amérique, le petit fuligule et le fuligule milouinan, la macreuse, le canard colvert et la sarcelle d'hiver et b) des canards plongeurs sélectionnés : le petit garrot, le garrot et le fuligule à collier dans la partie ouest de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1970 à 2006.

graphique
Source : basé sur des données du WBS du SCF et du USFWS (WBS)NB125

Description longue pour la figure 15

 

Ces graphiques linéaires montrent les informations suivantes :

Données de la figure 15a
AnnéeNombre de couples reproducteurs
Canard colvert
Nombre de couples reproducteurs
Canard d'Amérique
Nombre de couples reproducteurs
Sarcelle d'hiver
19701,011,787322,97086,187
1971573,056178,91190,459
1972436,213106,44960,160
1973589,679121,27345,678
1974399,570129,15179,919
1975464,76878,57672,003
1976700,830116,07282,787
1977597,014140,727103,394
1978753,745183,912216,365
1979831,410142,661172,572
1980670,830159,780152,030
1981800,217149,54294,584
1982605,989126,41891,413
1983587,057177,737120,830
1984441,368116,30086,629
1985485,437109,99687,336
1986337,08437,27066,523
1987439,02273,86384,109
1988784,216138,231121,836
1989847,143188,726112,537
1990785,348136,511154,374
1991601,667151,80287,897
1992882,452121,029180,749
1993694,687107,205189,865
1994773,188205,009158,464
1995760,52399,896157,138
1996687,93992,730191,499
1997427,40283,758213,673
1998477,03455,342101,985
1999403,717102,45085,898
2000504,58780,80789,445
2001240,83448,47593,524
2002566,21384,960163,400
2003698,917110,340160,598
2004905,45785,322215,854
2005658,81693,559151,577
2006312,44354,031109,595

 

Données de la figure 15b
AnnéeNombre de couples reproducteurs - Petit garrotNombre de couples reproducteurs - Fuligule à collierNombre de couples reproducteurs - MacreuseNombre de couples reproducteurs - GarrotNombre de couples reproducteurs - Petit fuligule et fuligule milouinan
197094,499181,21023,019138,089310,087
197178,110192,16233,112147,035197,186
197257,711139,31898,364198,193313,587
197358,47276,50444,093246,371167,187
197453,511105,43232,452118,027212,910
197544,821154,68853,542144,790251,947
197672,192187,46161,214207,450238,101
197758,397140,12265,835220,153259,252
197854,083205,23046,532145,503201,318
197968,058152,61049,301134,322215,911
198060,106233,09291,173135,410194,546
198170,505252,26776,471287,175264,893
198264,476203,58296,978151,536161,325
198390,352219,342133,592172,062263,986
198445,873233,13761,009125,403165,318
198561,198254,84535,267129,753175,284
198629,789100,81812,508276,255254,895
198739,153184,86826,620168,623125,298
198845,515168,85325,769129,418178,733
198949,760147,8846,247170,345243,731
199059,708202,47512,317121,238287,716
199166,433228,98517,47060,271326,402
1992136,146403,2889,601179,506357,156
199396,962306,93531,889238,406157,679
199457,947370,41535,673117,869150,688
199560,030376,23440,804177,946163,224
199665,303314,488103,309847,194114,205
199779,339424,763137,835334,543161,261
199847,405525,86833,300254,185140,097
199967,165223,54148,597356,315149,272
200095,661416,09423,890555,003100,738
200164,154297,59120,402344,64469,682
200270,587740,23050,439270,469147,170
200361,156507,30233,551165,867114,749
2004114,287558,883119,824235,727241,988
200579,472316,43940,100134,337137,859
200667,630201,08020,638199,805123,541

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Les tendances concernant la sauvagine dans la partie orientale de l'écozone+ du Bouclier boréal étaient similaires à celles observées dans la partie ouest; les populations de fuligules à colliers ont augmenté tandis que celles des petits garrots étaient stables (Figure 16b). D'autres espèces telles que la sarcelle d'hiver (Anas crecca) (Figure 16a) et le garrot (Figure 16b) qui augmentaient du côté ouest étaient stables à l'est.

Figure 16. Nombre de couples reproducteurs pour a) des canards barboteurs sélectionnés : le canard noir, la sarcelle d'hiver et le canard colvert et b) des canards plongeurs sélectionnés : le petit garrot, le garrot et le fuligule à collier dans la partie est de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1990 à 2006.

graphique
Source : basé sur les données du USFWS A/TS, le BHPS du SCF et le SOWSNB125

Description longue pour la figure 16

Ces graphiques linéaires montrent les informations suivantes :

Nombre de couples reproducteurs pour a) des canards barboteurs sélectionnés : le canard noir, la sarcelle d'hiver et le canard colvert du Bouclier boréal de 1990 à 2006.
AnnéeNombre de couples reproducteurs
Canard noir
Nombre de couples reproducteurs
Sarcelle d'hiver
Nombre de couples reproducteurs
Canard colvert
1990160,87548,49643,782
1991141,96830,35758,312
1992134,02540,62066,992
1993137,52634,20059,257
199496,21544,52767,689
1995125,46438,46054,167
1996171,12532,07561,846
1997128,08422,02778,235
1998140,71220,92175,198
1999180,12327,94379,011
2000173,47440,05577,198
2001158,86421,98781,811
2002183,47331,70185,219
2003160,92231,800106,257
2004163,46638,26689,610
2005141,92322,97599,971
2006154,88438,82877,278

 

Nombre de couples reproducteurs pour b) des canards plongeurs sélectionnés : le petit garrot, le garrot et le fuligule à collier dans la partie est de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1990 à 2006.
AnnéePetit garrot
Nombre de couples reproducteurs
Garrot
Nombre de couples reproducteurs
Fuligule à collier
Nombre de couples reproducteurs
199021,47367,99486,458
199119,32587,86695,992
199211,89586,153105,475
19931,93893,82285,806
199411,63088,97175,968
19953,55359,87177,608
199610,97284,713113,595
19973,61597,773109,812
19986,11382,18181,006
19995,967117,909125,466
20006,464106,422125,199
200111,806 -107,999
200215,473125,177118,892
20039,609122,492132,833
20045,871103,895129,978
20059,05496,312105,008
20065,03988,121117,866

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La population orientale du garrot d'Islande a été classée comme préoccupante par le COSEPAC en novembre 2000NB129. Ces canards nichant dans des cavités se reproduisent dans l'est du Québec et passent l'hiver le long du golfe du Saint-Laurent et dans l'estuaire du Saint-LaurentNB130. Les menaces potentielles auxquelles fait face cette espèce incluent l'accumulation de métaux lourds dans les proies, le développement récréatif des lacs servant à la reproduction, la perte d'habitats de reproduction en raison de l'exploitation forestière, de l'introduction de poissons et de déversements de pétrole dans les aires d'hivernageNB130. L'exploitation du bois détruit des nids, réduit le nombre de sites potentiels de nidification, expose les petits à la prédation et augmente les perturbations en rendant les lacs plus accessiblesNB129. Les lacs qui auparavant n'avaient pas de poisson sont maintenant ensemencés d'ombles de fontaine (Salvelinus fontinalis) dans certaines régions, et la présence de ces poissons peut réduire la qualité de l'habitat pour le garrot d'IslandeNB129. Les poissons font concurrence aux canetons, les forçant à se nourrir dans des sites riverains qui sont moins accessibles aux poissonsNB131.

La moitié des canards noirs (Anas rubripes) d'Amérique du Nord se reproduit dans les écosystèmes de la forêt boréale. L'exploitation forestière, les projets hydroélectriques, les lignes de transmission, l'agriculture et l'urbanisation menacent les habitats de reproduction et de repos du QuébecNB132. Les populations de canard colvert ont augmenté dans la partie orientale de l'écozone+ du Bouclier boréal (Figure 16a), une tendance qui s'apparente aux autres écozones+ de l'est et qui est cohérente avec l'expansion de leur étendue dans l'est. Cette expansion a également empiété sur l'étendue des canards noirs dans le sud du QuébecNB132.Les canards noirs ont également fait l'objet d'efforts particuliers de conservation à la suite de l'affaissement de leur population de près de 50 % aux États-Unis entre 1955 et 1985NB132. Cet état de fait a suscité la création du Plan conjoint du Canard noir dans le cadre du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine afin d'orienter les décisions portant sur le canard noir en matière de conservation et de gestion. Les restrictions sur la chasse au Canada et aux États-Unis peuvent aider le rétablissement des canards noirs puisque leurs populations sont à la hausse dans la partie orientale de l'écozone+ du Bouclier boréal depuis 1994NB133.

Les populations de bernaches du Canada (Branta canadensis) ont augmenté dans l'écozone+ du Bouclier boréal (Tableau 11 et Figure 17), comme dans les autres écozones+ qui ont des populations reproductrices des zones tempérées. Les bernaches du Canada qui se reproduisent dans les zones tempérées ont probablement bénéficié de la conversion à grande échelle de la forêt décidue et des prairies naturelles à des terres cultivées et à des zones urbaines qui produisent des grains céréaliers, des plantes fourragères et des pelouses comme sources de nourritureNB134.

Figure 17. Nombre de couples reproducteurs de bernaches du Canada au cours des années dans les parties ouest (1970 à 2006) et est (1990 à 2006) de l'écozone+ du Bouclier boréal.

graphique
Source : Bernache du Canada du côté ouest est basé sur des données du WBS du SCF et du USFWS. Bernache du Canada du côte est basé sur les données du USFWS A/TS, le BHS du SCF et le SOWSNB125.

Description longue pour la figure 17

Ce graphique linéaire montre les informations suivantes :

Nombre de couples reproducteurs de bernaches du Canada au cours des années dans les parties ouest (1970 à 2006) et est (1990 à 2006) de l'écozone+ du Bouclier boréal.
AnnéeBernache du Canada du côté ouest
Nombre de couples reproducteurs
Bernache du Canada du côté est
Nombre de couples reproducteurs
197059,552 -
197156,476 -
197239,675 -
197325,001 -
197447,393 -
197543,227 -
197664,871 -
197766,897 -
1978162,048 -
1979120,939 -
198095,286 -
198175,495 -
198265,741 -
1983102,985 -
198486,023 -
198581,486 -
198694,595 -
1987121,068 -
1988152,812 -
1989124,056 -
1990147,98620,996
1991117,76423,316
1992101,63423,549
1993133,14923,026
1994155,09221,333
1995150,85020,318
1996109,20729,254
1997100,57726,139
199889,33933,805
1999201,03548,781
2000170,58639,734
200199,90846,571
2002170,59055,940
2003151,75852,382
2004167,50347,201
2005249,27642,409
2006145,86447,821

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Selon les données du BBS, les populations de quiscale rouilleux (Euphagus carolinus) ont chuté abruptement dans les parties de cette région vise par le relevé. En 2006, le COSEPAC attribuait au quiscale rouilleux le statut d'espèce préoccupanteNB135. Les tendances relatives à d'autres oiseaux terrestres vivant aux abords de terres humides n'ont pas été calculées car le BBS ne couvre pas adéquatement les habitats palustres.

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Écozone+ du Bouclier boréal : oiseaux de rivage

Les oiseaux de rivage sont des oiseaux migrateurs et dépendent de milieux palustres au cours des périodes de reproduction et de migration et pour en faire leurs quartiers d'hiver NB136 NB137 NB138. L'observation des oiseaux de rivage dans l'écozone+ du Bouclier boréal n'a rien de simple, car ils se reproduisent dans des habitats dont l'accès est difficile et onéreux et vivent dans divers habitats situés dans différentes écozones+NB139. Les populations de plusieurs espèces d'oiseaux de rivage dans l'écozone+ sont en baisse (Tableau 12) L'assèchement des milieux humides, la pollution, la perte d'habitats et la perturbation des sites de nidification sont autant de facteurs qui expliquent le déclin des populations d'oiseaux de rivage. Les espèces réagiront différemment à ces facteurs de stress selon leur vécu et en fonction des corridors migratoires qui sont les leursNB140.

Tableau 12. Tendances relatives à l'abondance (variation en % par année) et fiabilité de celles-ci dans le cas des oiseaux de rivage dans certains secteurs de l'écozone+ du Bouclier boréal.
EspèceAnnéesRCO 8 tendance annuelleRCO 8 fiabilitéRCO 12 tendance annuelleRCO 12 fiabilité
Petit chevalier (Tringa flavipes)1991-2012-3,07Faible - -
Chevalier grivelé (Actitis macularius)1970-2012-1,83Faible-5,01Haute
Bécassine de Wilson (Gallinago delicata)1970-2012-0,52Médium - -
Pluvier kildir (Charadrius vociferus)1970-2012-5,19Médium-5,43Médium
Chevalier solitaire (Tringa solitaria)1989-2012 - -8,32Faible

Source : Environnement Canada 2014NB78

Seule la moitié nord de la RCO 12 se retrouve dans l'écozone+, de sorte de ces données s'étendent au-delà des limites de l'écozone+ vers le sud et peuvent sous-représenter d'autres secteurs de l'écozoneNB85.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : milieux humides

Les tourbières (bogs et fens) constituent le type de milieux humides le plus commun de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. Elles ont été classées en six types morphologiques : la tourbière oligotrophe bombée, la tourbière oligotrophe en couverture, la tourbière oligotrophe inclinée, la tourbière oligotrophe de bassin, le fen côtelé et le fen inclinéNB141. Malgré la grande étendue de milieux humides, il existe peu de documentation des conditions ou des tendances qui s'y rapportent.

Les milieux humides de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve se font de plus en plus altérer par rapport à leur état naturel pour appuyer d'autres utilisations des terres telles que l'agriculture, l'urbanisation, le développement industriel et les loisirsNB142. Le développement de milieux humides au moyen du drainage, du remplissage et de la canalisation a des effets néfastes sur la qualité et la quantité d'eau en aval ainsi que dans les milieux humides mêmesNB142. La perte d'habitat a une incidence sur la flore et la faune terrestres et aquatiquesNB142. Les conséquences potentielles des incidences sur les ressources en eau comprennent des dommages structuraux aux ponts et aux ponceaux en raison de l'augmentation des débits de crue; l'érosion des lits de rivière causant la siltation; et les effets néfastes sur les ressources de poissons, la qualité de l'eau potable et l'utilisation récréative des plans d'eauNB142. Dans les régions urbaines, le développement sur d'anciens milieux humides et d'anciennes plaines inondables peut contribuer à la fois à des niveaux d'eau inférieurs en été et à des inondations après les tempêtes de pluieNB143 NB144 NB145.

Le plus grand problème auquel est confrontée la gestion des milieux humides est peut-être que les bénéfices écologiques et socioéconomiques de ces écosystèmes ne sont généralement pas directement mesurables et, dans plusieurs cas, ne sont pas reconnus jusqu'à ce que le milieu humide ait été altéréNB142. Dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, un grand nombre des habitats de terres humides côtières les plus productifs était situé dans les seules baies et anses propices à l'établissement humainNB146. De nombreuses terres humides les plus productives sont situées dans des municipalités ou appartiennent à des entreprises forestièresNB146. La législation de la Water Resources Act (Loi sur les ressources en eau) de Terre-Neuve-et-Labrador fournit une mesure de protection contre le développement des terres humides qui pourrait aggraver les problèmes d'inondation ou avoir des effets indésirables qu'il est impossible d'atténuer sur la qualité de l'eau ou sur l'hydrologieNB142. De même, les utilisations et les développements des terres humides pouvant causer des changements néfastes sur les caractéristiques ou les fonctions hydrologiques des terres humides exigent la mise en œuvre de mesures d'atténuation appropriées afin d'obtenir l'approbation environnementaleNB142. Une grande partie de l'activité d'intendance des milieux humides en cours dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve est effectuée par l'intermédiaire du programme de Projet conjoint Habitat de l'Est (PCHE)NB142. De nombreuses municipalités se sont engagées à protéger et à mettre en valeur les milieux humides dans leur région en signant des accords de bonne volonté (voir la constatation clé Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : intendance à la page 90). 

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : oiseaux des zones humides

En comparaison avec les autres écozones+, la Boréale de Terre-Neuve est modérément importante pour les sauvagines durant la période de reproduction. Les sauvagines utilisent les milieux humides intérieurs et côtiers dans cette écozone+ pour la reproduction et durant les migrations du printemps et de l'étéNB122. Le harlequin plongeur (Histrionicus histrionicus), désigné comme une espèce préoccupante par le COSEPACNB129, perd ses plumes le long de la côte de Terre-NeuveNB147, tandis que le canard noir, l'eider à tête grise (Somateria spectabilis), le harelde kakawi (Clangula hyemalis) et, particulièrement, l'eider à duvet (Somateria mollissima borealis/dresseri) passent souvent l'hiver dans les eaux libres entourant Terre-NeuveNB148.

Six espèces d'oiseaux de milieux humides, dont certains sont en déclin dans d'autres écozones+, ont vu leurs populations augmenter dans l'écozone+ Boréal de Terre-Neuve entre 1980 et 2012. Plusieurs prédateurs de nids sont absents de Terre-Neuve, dont la moufette rayée (Mephitis mephitis) et le raton laveur (Procyon lotor), qui sont communs dans d'autres régionsNB149.

Tableau 13. Tendances relatives à des oiseaux aquatiques et autres espèces d'oiseaux sélectionnés qui se servent des milieux humides de l'écozone+ Boréal de Terre-Neuve, de 1980 à 2012.
EspèceTendance annuelleFiabilité
Butor d'Amérique (Botaurus lentiginosus)-1,38Faible
Canard noir (Anas rubripes)3,42Faible
Bernache du Canada (Branta canadensis)4,23Faible
Garrot à œil d'or (Bucephala clangula)4,04Faible
Fuligule milouinan (Aythya marila)4,76Faible
Sarcelle d'hiver (Anas crecca)5,24Faible
Canard pilet (Anas acuta)1,45Faible
Paruline des ruisseaux (Parkesia noveboracensis)-2,51Haute
Harle huppé (Mergus serrator)-5,62Faible
Quiscale rouilleux (Euphagus carolinus)-7,25Faible
Bruant des marais (Melospiza georgiana)-2,25Médium

Source :Environnement Canada 2014NB78

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Lacs et cours d'eau

Constatation clé 4
Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
Au cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d'eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d'eau et des lacs, la baisse des niveaux d'eau et la perte et la fragmentation d'habitats.

Écozone+ du Bouclier boréal : lacs et cours d'eau

La région boréale contient la moitié des lacs de plus de 1 km2 dans le monde, 5 des 50 plus grands cours d'eau au monde et plus de 800 000 km2 en eaux de surfaceNB150. Les conditions hydrologiques ont un effet direct sur les écosystèmes des lacs et des cours d'eau, y compris la nature physique des lits de rivière, les régimes sédimentaires, la qualité de l'eau et les processus clés qui soutiennent les communautés aquatiques. La variabilité hydrologique influe sur la structure des habitats dans les cours d'eau et la composition des communautés écologiques, notamment le plancton, les macroinvertébrés benthiquesNB151 et le poisson. Les conditions hydrologiques sont hautement variables sur le plan géographique d'un endroit à l'autre dans l'écozone+, mais il y a eu des changements significatifs au cours des dernières décennies.

De 1970 à 2005, Monk et BairdNB14 ont constaté que le ruissellement mensuel n'a augmenté ou diminué de façon significative (p < 0,1) qu'à seulement quelques-uns des 31 sites de surveillance de l'écozone+ du Bouclier boréal pour lesquels il existait des données hydrométriques (Figure 18). Le ruissellement à la fin de l'été était une exception : 10 des 31 sites et 9 des 31 sites ont connu un déclin pour les mois d'août et septembre, respectivement. Des variations dans les tendances directionnelles étaient plus typiques, comme entre novembre et mars lorsque le ruissellement mensuel diminue, en moyenne, à 14 des sites mais augmente à 11 d'entre eux. La variation directionnelle pourrait refléter la grande étendue de cette écozone+ d'est en ouest. À l'exception du débit de base, un plus grand nombre de sites ont présenté une diminution des paramètres de ruissellement à la fois minimaux et maximaux (Figure 18)NB14.

Figure 18. Le nombre de sites présentant des tendances à la hausse ou à la baisse significatives (p < 0,1) pour chaque indicateur de variable d'altération hydrologique dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1970 à 2005.

graphique
Source : Monk et Baird, 2014NB14

Description longue pour la figure 18

Ce graphique à barres montre le nombre de sites présentant des tendances à la hausse ou à la baisse significatives (p < 0,1) pour chaque indicateur de variable d'altération hydrologique dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1970 à 2005. Il indique que le ruissellement mensuel n'a augmenté ou diminué de façon significative qu'à seulement quelques­uns des 31 sites de surveillance de l'écozone+ du Bouclier boréal pour lesquels il existait des données hydrométriques. Le ruissellement à la fin de l'été était une exception : 10 des 31 sites et 9 des 31 sites ont connu un déclin pour les mois d'août et septembre, respectivement. Des variations dans les tendances directionnelles étaient plus typiques, comme entre novembre et mars lorsque le ruissellement mensuel diminue, en moyenne, à 14 des sites mais augmente à 11 d'entre eux.

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Les débits annuels ont généralement diminué et les débits minimaux et maximaux se sont abaissés. On a noté une tendance selon laquelle des événements de débit maximal se produisent plus tôt dans la saison, l'élévation du niveau de l'eau diminue et les taux de déclin du niveau de l'eau augmentent. Des changements significatifs se sont produits par rapport à l'instabilité (les changements d'instabilité fatiguent les communautés aquatiques quelle que soit la direction du changement)NB14 et à la tendance relative aux cas d'impulsion du débit. Les changements de débit coïncident avec des hivers et des étés plus chauds, ce qui explique les cas de débit maximal plus tôt dans la saison et le débit inférieur en étéNB152. Des précipitations plus faibles sous forme de neige en hiver peuvent aussi causer un débit moindre tout au long des mois de printemps et d'étéNB153.

L'hydroclimatologie est le domaine qui analyse la façon dont le système climatique cause des variations temporelles et spatiales dans le cycle hydrologique. Les changements dans la relation entre le système climatique et le cycle hydrologique sous-tendent les inondations, la sécheresse et influent sur les changements climatiques et les réserves en eau. Cannon et coll.NB152 ont étudié les cycles de tendances intrasaisonnières relatives à l'écoulement fluvial et ont organisé les stations en six groupes de tendance hydrologique similaire dans l'ensemble du Canada. Les tendances des températures mensuelles et des précipitations mensuelles ont été combinées avec les six groupes hydrologiques (étiquetés de 1 à 6) afin de déterminer les processus principaux qui engendrent les changements dans l'écoulement fluvial. En raison de la taille de l'écozone+, la plupart des classes (18 des 24 classes) ont été représentées dans l'écozone+ du Bouclier boréal. Sept stations faisaient partie du groupe 3, quatre du groupe 1, trois du groupe 6 et deux du groupe 5, tandis les groupes 2 et 4 en contenaient une chacun (Figure 19).

Figure 19. Stations hydrométriques naturelles dans l'écozone+ du Bouclier boréal selon le groupe hydrologique (de 1 à 6) et l'action de l'écoulement fluvial (de a à c), de 1961 à 2003.

Des processus de pluie et de neige mêlées agissent sur les cours d'eau de type a pour l'hydrographe tandis que le ruissellement nival est l'action principale pour les cours d'eau de type b et c.

carte
Source : Cannon et coll., 2011NB152

Description longue pour la figure 19

Cette carte de l'écozone+ du Bouclier boréal montre 18 stations hydrométriques naturelles diversifiées, définies par un groupe d'hydrologie (1 à 6) et une alimentation hydrométrique (a à c). Les rivières de type hydrographique « a » sont alimentées par les processus mélangés de neige et de pluie et les types « b » et « c » décrivent les rivières dominées par le ruissellement liée à la fonte des neiges. D'ouest en est, les classements suivant sont représentés : 1b en Saskatchewan, 1b et 2c au Manitoba, 5c, 3c, 6c, 1a, 4a, 3a, 3c et 1c au Québec.

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Étant donné la diversité des groupes hydrologiques, on n'a pu tirer que peu de conclusions générales au sujet des changements de l'écoulement fluvial pour l'écozone+ dans son ensemble. Néanmoins, deux changements étaient apparents, l'un dans le groupe 1 et l'autre dans le groupe 3. Ces deux groupes représentaient la majorité des stations (11 sur 18). Pendant la majeure partie de l'année, les débits diminuaient dans les stations du groupe 1 (Figure 20) situées sur les côtés est et ouest de l'écozone+, de même que dans une station au nord du lac Supérieur. Dans les stations du groupe 3, situées plus près du centre de l'écozone+, les débits ont augmenté en hiver et au printemps, mais diminué pendant l'été et l'automne (Figure 21). Des changements locaux ont également été observés, mais ils n'étaient pas représentatifs de l'écozone+ du Bouclier boréal à plus grande échelleNB152.

Figure 20. Changements dans l'écoulement fluvial, la température et les précipitations entre 1961 et 1982 et entre 1983 et 2003 dans le groupe hydrologique 1 de l'écozone+ du Bouclier boréal, ainsi qu'un exemple de Grass River représentant le groupe 1b.

graphique
Source : Cannon et coll., 2011NB152

Description longue pour la figure 20

Cette figure présente une série de graphiques linéaires et à barres, des diagrammes de dispersion ainsi qu'une carte qui montrent les changements dans l'écoulement fluvial, la température et les précipitations entre 1961 et 1982 et entre 1983 et 2003 dans le groupe hydrologique 1 de l'écozone+ du Bouclier boréal, ainsi qu'un exemple de la station de la rivière Grass représentant le groupe 1b. Pendant la majeure partie de l'année, les débits diminuaient dans les stations du groupe 1 situées sur les côtés est et ouest de l'écozone.

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Figure 21. Changements dans l'écoulement fluvial, la température et les précipitations entre 1961 et 1982 et entre 1983 et 2003 dans le groupe hydrologique 3 de l'écozone+ du Bouclier boréal, ainsi qu'un exemple de Sturgeon River représentant le groupe 3c.

graphique
Source : Cannon et coll., 2011NB152

Description longue pour la figure 21

Cette figure présente une série de graphiques linéaires et à barres, des diagrammes de dispersion ainsi qu'une carte qui montrent les changements dans l'écoulement fluvial, la température et les précipitations entre 1961 et 1982 et entre 1983 et 2003 dans le groupe hydrologique 3 de l'écozone+ du Bouclier boréal, ainsi qu'un exemple de la station de la rivière Sturgeon représentant le groupe 3c. Dans les stations du groupe 3, situées plus près du centre de l'écozone+, les débits ont augmenté en hiver et au printemps, mais diminué pendant l'été et l'automne.

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Débits fluviaux dans le bassin de la rivière Winnipeg

Une étude de la Commission géologique du CanadaNB1 se penchant sur les débits fluviaux au cours du dernier siècle dans le bassin de la rivière Winnipeg a illustré la variation significative à l'échelle locale des tendances hydrologiques dans l'écozone du Bouclier boréal. Dans cette région en particulier, les débits fluviaux moyens ont augmenté de 58 % depuis 1924. Cette situation est différente de la tendance plus générale de débits décroissants observés au nord-est et au nord-ouest de cette région, sauf pour une crue nivale de printemps plus importante et se produisant plus tôt (Figure 22). Le débit hivernal et l'écoulement fluvial ont augmenté de 60 % à 110 % dans le bassin en entier, sans doute à cause de facteurs climatiques. Cela montre que les tendances hydrologiques dans le bassin de la rivière WinnipegNB2 au cours du siècle dernier sont différentes de celles observées dans de nombreux autres bassins hydrographiques du Canada. Par conséquent, il est possible que les prévisions concernant la diminution des écoulements de surface et la disponibilité de l'eau ne soient pas valables pour le bassin de la rivière Winnipeg. Cependant, la dernière moitié du 20e siècle a vu les températures hivernales augmenter (Zhang et coll., 2011NB153 et données supplémentaires fournies par les auteurs) et les précipitations hivernales diminuer dans l'est et l'ouest (Zhang et coll., 2011NB153 et données supplémentaires fournies par les auteurs). Les aînés cris du lac Shoal, au Manitoba, ont constaté qu'il y a moins de pluie et de neige que par le passé. Ils disent que, lorsqu'il pleut, la terre ne se sature pas et que cela semble être lié à des températures plus chaudesNB3. Les tendances observées pour le bassin du lac Winnipeg semblent dépendre de la période observée, où un plus grand écoulement fluvial au 20e siècle peut avoir été causé par des tendances qui étaient en place avant 1950. Le reste de l'écozone, en revanche, a connu des débits inférieurs et les principales préoccupations concernaient les changements dans les habitudes migratoires des poissons, la présence d'habitat riverain et la qualité de l'eau.

Figure 22. Carte illustrant les tendances du débit a) minimal et b) maximal sur un jour des rivières naturelles au Canada, maximal selon l'écozone+, de 1970 à 2005.

carte
Source : Monk et Baird, 2014NB14

Description longue pour la figure 22

Cette figure contient deux cartes du Canada, illustrant les tendances de 1970 à 2005. La carte a) décrit les tendances du ruissellement minimal par jour par écozone+ et montre les concentrations des « augmentations importantes » dans l'ouest du Canada et des « diminutions importantes » dans l'est du Canada. La carte b) décrit les tendances du ruissellement maximal par jour par écozone et montre les « augmentations importantes » principalement dans le centre du pays, et les « diminutions importantes » concentrées le long de la frontière sud de l'ouest et de l'est du Canada. Ensemble, les cartes montrent un modèle général de diminution du débit dans le nord-est et le nord-ouest du bassin de la rivière Winnipeg.

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D'autres constatations clés pertinentes en ce qui concerne les écosystèmes d'eau douce comprennent les suivantes : Écozone+ du Bouclier boréal : paysages terrestres et marins intacts à la page 142, Écozone+ du Bouclier boréal : poisson à la page 156, Invertébrés non indigènes envahissants aquatiques à la page 94, Écozone+ du Bouclier boréal : contaminants à la page 108, Écozone+ du Bouclier boréal : charge en éléments nutritifs et efflorescences algales à la page 115, et Écozone+ du Bouclier boréal : Dépôts acides à la page 120.

Écozone+ du Bouclier boréal : Cours d'eau régularisés

Les barrages et les réservoirs altèrent le paysage physique et interrompent les régimes hydrologiques, tandis que le processus de retenue introduit des contaminants qui peuvent s'accumuler dans la chaîne alimentaire. Plus précisément, les barrages interrompent la migration des poissons, augmentent la sédimentation, inondent ou réduisent l'habitat et modifient les niveaux d'eau ainsi que les propriétés chimiques de l'eauNB154. Le degré d'impact dépend de la taille des barrages, de leur exploitation et des caractéristiques biophysiques des écosystèmesNB155 NB156 . Cependant, les barrages peuvent fonctionner de façon à imiter les régimes hydrologiques naturels et à atténuer les effets indésirables sur les écosystèmesNB157.

Les barrages sont plus communs dans la partie sud-est de l'écozone+ (Figure 23)NB158. Les années 1950 étaient la décennie la plus productive en ce qui concerne la construction de barrages dans l'écozone+ et un grand nombre de ces barrages approchent la fin de leur vie productive (Figure 24)NB12.

Figure 23. Répartition des barrages de plus de 10 m de hauteur dans l'écozone+ du Bouclier boréal, groupés par année d'achèvement de la construction de 1830 à 2005.

carte
Source : données de L'Association canadienne des barrages, 2003NB158

Description longue pour la figure 23

Cette carte montre la répartition des barrages supérieurs à 10 m de hauteur à l'intérieur de l'écozone+ du Bouclier boréal. Les années 1940 et 1950 ont été les plus productives en termes de construction de barrages dans l'écozone+. La majorité des barrages sont situés dans la partie sud-est de l'écozone+. Les barrages sont identifiés par l'année d'achèvement de leur construction.

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Figure 24. Nombre de barrages de plus de 10 m construits dans l'écozone+ du Bouclier boréal par décennie, des années 1900 aux années 2000 (sauf de 2000 à 2005).

graphique
Source : données de L'Association canadienne des barrages, 2003NB158

Description longue pour la figure 24

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Nombre de barrages de plus de 10 m construits dans l'écozone+ du Bouclier boréal par décennie, des années 1900 aux années 2000 (sauf de 2000 à 2005).
AnnéeNombre de barrages
1900-092
1910-1912
1920-2940
1930-3925
1940-4931
1950-5970
1960-6943
1970-7917
1980-893
1990-9913
2000-059

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : lacs et cours d'eau

Huit des neuf stations dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve ont été classées dans le groupe hydrologique 4 (Figure 25)NB152. Les cours d'eau de cette écozone+ peuvent eux-mêmes être divisés selon leur régime hydrologique. La partie la plus orientale de l'île est dominée par les systèmes entraînés par les chutes de pluie (de type d) et les quatre autres stations sont soit déterminées par des processus de pluie et de neige mêlées (de type a) ou dominées par le ruissellement nival (de type c).

Figure 25. Stations hydrométriques naturelles dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve selon le groupe hydrologique (1 ou 4) et l'action de l'écoulement fluvial (a, c ou d), de 1961 à 2003.

Des processus de pluie et de neige mêlées agissent sur les cours d'eau de type a pour l'hydrographe, le type c décrit des cours d'eau dominés par le ruissellement nival et le type d représente des cours d'eau présentant une configuration entraînée par les chutes de pluie.

carte
Source : Cannon et coll., 2011NB152

Description longue pour la figure 25

Cette figure montre une carte des neuf stations hydrométriques naturelles de l'écozone+ boréale de Terre Neuve, par groupe d'hydrologie (1 à 4) et par alimentation hydrométrique (a, c ou d). Huit des neufs stations de l'écozone+ Boréale de Terre Neuve ont été classées comme Groupe d'hydrologie 4. Les groupes d'hydrologie 1c, 4c et 4a se trouvent dans la partie nord-ouest de l'écozone et le groupe 4c se trouve dans la partie sud-est.

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Le changement principal concernant la configuration de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve était lié au groupe hydrologique 4. L'écoulement fluvial dans ce groupe a augmenté de 10 à 40 % par rapport à la médiane au printemps et a diminué de 20 à 70 % par rapport à la médiane durant la saison estivale de faible débit (Figure 26a). À la grandeur du Canada, la moitié des stations classées dans le groupe hydrologique 4 ont connu des augmentations de température allant jusqu'à 4 °C pendant les mois d'hiver (Figure 26b); cependant, ce réchauffement ne s'est pas produit dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. Une baisse de température a été mesurée dans toutes les stations de l'écozone+ en janvier. L'écozone+ Boréale de Terre-Neuve a connu des hivers plus froids ainsi que des printemps et des étés plus chauds (jusqu'à 1 °C de plus), tandis qu'aucun changement n'a été mesuré à l'automne. Les précipitations dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve ont subi une hausse de 10 à 30 % en moyenne par rapport à la médiane, pour tous les mois sauf août, novembre et décembre (Figure 26c). Pour les mois où les précipitations ont diminué, le déclin moyen était d'environ 10 % par rapport à la médiane.

Figure 26. a) Importance des changements dans l'écoulement fluvial pour le groupe 4; b) Diagrammes des changements de températurepour le groupe 4; and c) Diagrammes des changements dans les précipitations pour le groupe 4.

graphique
Source : Cannon et coll., 2011NB152

Description longue pour la figure 26

Cette série de graphiques à barres montre les changements dans l'écoulement fluvial, la température et les précipitations pour le groupe hydrologique 4 dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve de 1961 à 2003. Le changement principal concernant la configuration de l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve était lié au groupe hydrologique 4. L'écoulement fluvial dans ce groupe a augmenté de 10 à 40 % par rapport à la médiane au printemps et a diminué de 20 à 70 % par rapport à la médiane durant la saison estivale de faible débit.

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Les régimes hydrologiques déterminés par les chutes de pluie sont prédominants dans la portion la plus orientale de l'écozone+, tandis que le reste de l'île est dominé par des régimes de pluie ou de neige mêlée ou des régimes entraînés par la fonte des neiges (Figure 25)NB152. Le Tableau 14 résume les tendances pour les cours d'eau non aménagés de 1970 à 2012. Les accroissements d'écoulement fluvial au printemps ont été attribués à une combinaison de précipitations plus élevées et à une tendance vers des températures plus hautes causant la fonte des neiges plus tôt dans la saison (voir la constatation clé Écozone+ du Bouclier boréal : changements climatiques à la page 127)NB152. Les diminutions de débit durant l'été peuvent avoir pour cause des températures plus hautes, ce qui compense les effets des précipitations accrues plus tôt dans la saisonNB152. Les changements hydrologiques peuvent également être le résultat de pertes de la forêt intérieure en raison de la récolte, des incendies ou des infestations d'insectesNB159.

Tableau 14. Résumé des tendances hydrologiques dans les cours d'eau à régularisation minimale ou dont l'impact en amont est minimal.
Période analyséeStations analyséesParamètreTendances significatives
De 1970 à 2005NB14 carteRuissellement mensuel total↑ ↓
Ruissellement minimal pour 1, 3, 7, 30 et 90 jours
Ruissellement maximal pour 1, 3, 7, 30, 90 jours
De 1961 à 2003NB152 carteDébit printanier
Débit automnal

Sources : Monk et Baird, 2014NB14 et Cannon et coll., 2011NB152

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La rivière Bay du Nord, un système typique entraîné par les chutes de pluie (Figure 25), a clairement présenté des augmentations de débit printanier et des diminutions de débit estival (Figure 27a). Les changements hydrologiques sont également évidents à la rivière Gander, un système typique entraîné par la pluie et la neige mêléesNB152. Les débits maximaux se produisent plus tôt, avec des débits plus élevés avant le débit maximal et des débuts plus faibles après le débit maximal (Figure 27b).

Figure 27. Changements dans l'écoulement fluvial comparant la période de 1961 à 1982 à celle de 1983 à 2003 pour la rivière Bay du Nord (à gauche) et la rivière Gander (à droite).

graphique
Source : Cannon et coll., 2011NB152

Description longue pour la figure 27

Ces graphiques linéaires montrent les changements dans l'écoulement fluvial comparant la période de 1961 à 1982 à celle de 1983 à 2003 pour la rivière Bay du Nord et la rivière Gander, soit les augmentations de débit printanier et les diminutions de débit estival. Les changements hydrologiques sont également évidents à la rivière Gander, un système typique entraîné par la pluie et la neige mêlées. Les débits maximaux se produisent plus tôt, avec des débits plus élevés avant le débit maximal et des débits plus faibles après le débit maximal.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : Cours d'eau régularisés

La plupart des barrages de Terre-Neuve ont été construits dans les années 1980. La Figure 28 montre l'emplacement de grands barrages achevés dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve de 1895 à 2005.

Figure 28. Répartition des barrages de plus de 10 m de hauteur dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, groupés par année d'achèvement de la construction de 1830 à 2005.

carte
Source : données de L'Association canadienne des barrages, 2003NB158

Description longue pour la figure 28

Cette carte montre la répartition des barrages supérieurs à 10 m de hauteur à l'intérieur de l'écozone+ Boréale de Terre Neuve regroupés par année d'achèvement, de 1830 à 2005. Les barrages sont principalement situés dans le centre de l'écozone+, bien qu'un grand nombre d'entre eux, construits entre 1940 et 1959, soient situés sur la côte est de Terre Neuve. La plupart des barrages de Terre­Neuve ont été construits dans les années 1980 et 1990.

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Zone côtières

Constatation clé 5
Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s'il y a des exceptions. Dans les zones développées, l'étendue des écosystèmes côtiers diminue et leur qualité se détériore en raison de la modification de l'habitat, de l'érosion et de l'élévation du niveau de la mer.

Écozone+ du Bouclier boréal : zones côtières

Les écosystèmes côtiers dans l'écozone+ du Bouclier boréal sont situés le long du golfe du Saint-Laurent, du lac Supérieur et de la mer du Labrador. Les zones les plus sensibles de l'écozone+ du Bouclier boréal se trouvent sur la rive nord du Saint-Laurent et à l'île d'Anticosti, situées à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent dans le golfe du Saint-Laurent. Les deux tiers de ces côtes de 1 825 km sont classés comme étant modérément à très sensibles à l'érosionNB160. Dans les zones très sensibles, la perte côtière peut atteindre 10 m par année.

Une érosion côtière accélérée est corrélée à des changements dans les variables climatiques tels qu'une fréquence accrue de tempêtesNB161 NB162, une saison des glaces plus courte, des cycles de gel/dégel plus nombreux et des cas de pluie hivernaleNB163, ainsi qu'une élévation accrue du niveau de la merNB164. Les températures dans la région maritime de l'est du Québec ont augmenté de 0,9 °C au cours du dernier siècleNB162, coïncidant avec une augmentation de 17 cm du niveau de la merNB165 NB166. Le taux d'érosion a augmenté dans le secteur maritime laurentien du Québec entre 1990 et 2004 par comparaison aux études antérieures à 1990NB167. C'était particulièrement vrai pour les berges basses et sablonneuses et les falaises argileuses basses (Figure 29).

Figure 29. Sensibilité à l'érosion côtière des quatre types principaux de systèmes côtiers du secteur maritime laurentien du Québec selon les taux d'érosion historiques et récents.

graphique
Source : adapté de Bernatchez et Dubois, 2004NB167

Description longue pour la figure 29

Ce diagramme de dispersion montre la sensibilité à l'érosion côtière des quatre types principaux de systèmes côtiers du secteur maritime laurentien du Québec selon les taux d'érosion historiques et récents. Le taux d'érosion a augmenté dans le secteur maritime laurentien du Québec entre 1990 et 2004 par comparaison aux études antérieures à 1990. C'était particulièrement vrai pour les berges basses et sablonneuses et les falaises argileuses basses.

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Les changements dans la dynamique des glaces en raison de températures plus chaudes ont probablement contribué à l'accroissement de l'érosion sur la côte nord du golfe et de l'estuaire du Saint-LaurentNB168. Le déglacement des lacs a eu lieu plus tôt sur les lacs intérieurs de l'écozone+ entre 1970 et 2004 (Figure 35)NB169. Consulter la constatation clé intitulée La glace dans l'ensemble des biomes à la page 79 pour de plus amples renseignements.

On a d'abord remarqué que les cormorans à aigrettes (Phalacrocorax auritus) se reproduisaient du côté ouest du lac Supérieur en 1913NB170. De 1913 à 1945, ils se sont étendus vers l'est dans l'ensemble des Grands Lacs, colonisant les lacs Huron et Michigan, puis les lacs Érié et Ontario, et finalement le haut Saint-LaurentNB171. La population de cormorans à aigrettes est recensée par le Service canadien de la faune tous les cinq ans en rotation dans les refuges d'oiseaux migratoires sur la rive nord du golfe du Saint-Laurent. Le nombre de cormorans a augmenté durant les années 1980 et 1990 (Figure 30)NB172, bien que cette tendance ne soit pas représentative de l'écozone+ en entier. Les conséquences majeures résultant de l'accroissement des populations de cormorans à aigrettes comprennent la destruction de la végétation, une incidence sur les autres oiseaux aquatiques vivant en colonies, tels que le bihoreau gris (Nycticorax nycticorax), et une incidence sur les pêcheriesNB171. Afin de réduire les populations de cormorans, on a commencé à pratiquer l'élimination génétique, la destruction des nids et des œufs et le harcèlement des oiseaux au cours des années 1990 dans les Grands Lacs et le long du fleuve Saint-LaurentNB171.

Figure 30. Nombre de cormorans à aigrettes dans les refuges sur la rive nord du golfe du Saint­Laurent de 1925 à 2005.

graphique
Source : Weseloh, 2011NB172 adapté de Savard, 2008NB173

Description longue pour la figure 30

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Nombre de cormorans à aigrettes dans les refuges sur la rive nord du golfe du Saint­Laurent de 1925 à 2005.
AnnéeNombre d'oiseaux individuels
19251,030
19301,086
19351,168
1940810
1945768
1950432
1955704
1960551
1965710
1972925
1977443
19821,353
19884,556
19933,472
19992,830
20053,346

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : zones côtières

La zone côtière de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve mesure approximativement 11 550 km de long, sans compter les nombreuses îles dispersées le long de la côteNB174. Les côtes sont parsemées de baies, de passages, de plages sablonneuses, de caps et de fjords, abritant des habitats dont des marais salés, des assemblages de zostère marine (Zostera), des berges de fucus (Fucus anceps) à la zone de déferlement, le capelan (Mallotus villosus), des plages à frayères, des communautés intertidales temporaires et des plages de bigorneau (Littorina littorea)NB175. Les établissements humains se sont concentrés dans les régions côtièresNB29.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : dunes littorales

On peut trouver des dunes sableuses le long d'une grande partie de la côte de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve (Figure 31). La promotion des dunes à des fins touristiques a causé une augmentation des activités récréatives, y compris l'utilisation de véhicules tout-terrain, qui a accéléré l'érosion côtière et la dégradation des dunesNB176. L'érosion est encore exacerbée par la restriction des glaces d'hiver au large et de la couverture de neige sur les côtes. Le remplacement du sable érodé est insuffisant pour maintenir les dunes à long terme. Par conséquent, les dunes côtières du sud-ouest de Terre-Neuve, et peut-être d'autres régions, ne se régénéreront pas après une perturbationNB176.

Figure 31. Dunes de sable dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve.

carte
Source : adapté de Catto, 2002NB176

Description longue pour la figure 31

La carte montre plusieurs classements de dunes : Complexes de dunes transversales, paraboliques, du bouclier, et certains complexes de dunes, couches de sable, crêtes et petites dunes en dômes, paraboliques intérieures et dunes du bouclier et couches de sable éolienne. Des 28 dunes se trouvant dans cette écozone+, 21 d'entre elles sont identifiées comme étant « considérablement fragilisées par les activités anthropiques ».

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : élévation du niveau de la mer et érosion

Les effets de l'élévation du niveau de la mer depuis l'occupation humaine sont évidents à des sites archéologiques tels que The Beaches, la baie de Bonavista, Fort Frederick, la baie Placentia et FerrylandNB159. De multiples facteurs dont le relief, le type de roches, la forme du terrain, le changement du niveau de la mer et les activités anthropiques contribuent à l'érosion côtièreNB177. Par exemple, le long des côtes du sud-ouest, de l'ouest et de l'est de l'écozone+, la combinaison de l'élévation du niveau de la mer, de l'utilisation accrue sur le plan résidentiel et touristique et des conditions changeantes de la glace d'hiver au large ont intensifié l'érosion et la dégradation des dunes et des plagesNB143 NB176 NB178 NB179. La Figure 32 et la Figure 33 présente des preuves de l'érosion accélérée de la plage à la presqu'île Avalon. Des 405 collectivités côtières, la vulnérabilité de la plupart d'entre elles était « modérément élevée », tandis que les collectivités de Northern Bay Sands, Salmon Cove et Point Lance Cove étaient classées « extrêmement élevées » (Figure 34).

Figure 32. Érosion côtière à Admiral's Beach, à la presqu'île Avalon, érodant cette voie de transport.

Érosion côtière à Admiral's Beach, à la presqu'île Avalon, érodant cette voie de transport.
Source : Batterson et Liverman, 2010NB180

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Figure 33. Élévation le long du transect d'une plage à Mobile, T.­N.­L., de 1995 à 2005, montrant l'érosion dans la partie supérieure du système de plage.

graphique
Source : Catto, 2006NB181

Description longue pour la figure 33

Ce graphique linéaire montre l'élévation le long du transect d'une plage à Mobile, T.­N.­L., de 1995 à 2005, montrant l'érosion dans la partie supérieure du système de plage. Il présente des preuves de l'érosion accélérée de la plage à la presqu'île Avalon.

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Figure 34. Nombre de collectivités dans l'est de Terre­Neuve présentant divers niveaux de sensibilité à l'élévation du niveau de la mer.

graphique
Source : Catto, 2003NB159

Description longue pour la figure 34

Ce graphique linéaire montre les informations suivantes :

Nombre de collectivités dans l'est de Terre­Neuve présentant divers niveaux de sensibilité à l'élévation du niveau de la mer.
Faible - nombre de collectivitésFaible à
modéré - nombre de collectivités
Modéré - nombre de collectivitésModéré à
élevé - nombre de collectivités
Élevé - nombre de collectivitésTrès élevé - nombre de collectivitésExtrêmement
élevé - nombre de collectivités
1419234106383

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : zostère

La zostère (Zostera marina) est une plante marine à fleurs qui forme des herbiers subtidaux de grande étendue dans le sable et la boue le long des côtes. Il capture la matière particulaire et le plancton et fournit un habitat pour les invertébrés, le poisson et les mammifères marins. Le zostère constitue une nourriture importante pour les sauvagines migrant et hivernant, et procure des aires d'alimentation pour les autres oiseauxNB182 NB183 NB184. Les prés de zostère comptent parmi les écosystèmes les plus productifs au mondeNB185 et aussi parmi les plus menacésNB186. Les assemblages de zostère dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve se retrouvent dans les endroits sablonneux de plages basses qui sont relativement à l'abri. En se basant sur les connaissances locales et à l'inverse des autres régions de la côte atlantique, les populations de zostère au large de la côte de Terre-Neuve augmentent en abondance, possiblement en raison des températures plus douces et des changements liés à la glace de merNB185.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : oiseaux côtiers

Les données recueillies de 1980 à 2005 sur la migration automnale de 14 espèces communes d'oiseaux de rivage ont été analysées pour 12 stations de l'Île de Terre-Neuve. Cette analyse visait également les données amassées pendant six ans par les bénévoles participants au Relevé des oiseaux de rivage de Terre-Neuve-et-Labrador. Chez la plupart des populations d'oiseaux de rivage qui ont fait halte à Terre-Neuve entre 1980 et 2005, les effectifs ont connu d'importantes fluctuations annuelles et décennales. Les années 1980 ont été marquées par un essor démographique considérable, et les années 1990, par une baisse appréciable des effectifs. De 2000 à 2005, la plupart des espèces ont connu de très légères baisses de population, mais ces  (Tableau 15)NB187.

Un grand nombre d'espèces caractérisées par un déclin dans les provinces MaritimesNB188 connaissent en fait un essor à Terre-Neuve, ce qui témoigne peut-être d'une tendance vers le choix de nouvelles haltes migratoires dans la région de l'AtlantiqueNB187.

Tableau 15. Tendances de populations pour des espèces communes d'oiseaux de rivage en migration du sud durant les années 1980 et 1990, et entre 2000 et 2005 dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve.
Espèce1980-1989 - Tendance (%/année)1980-1989 - Changement annuel (%)1980-1989 - PNotea du tableau 151990-1999 - Tendance (%/année)1990-1999 - Changement annuel (%)1990-1999 - - PNote a du tableau 152000-2005 Abondance (%/année)2000-2005 - Changement annuel (%)2000-2005 - PNote a du tableau 15
Grand chevalier (Tringa melanoleuca)0.021.47 -0.10811.4n0.066.08 -
Bécasseau à croupion blanc (Calidris fuscicollis)0.2123.0*Note b du tableau 15-0.14-13.2n-0.07-7.01 -
Pluvier semipalmé (Charadrius semipalmatus)0.1516.0*Note b du tableau 15-0.02-2.21 --0.03-2.99 -
Bécasseau semipalmé (Calidris pusilla)0.1617.2*Note b du tableau 15-0.16-14.6*Note b du tableau 15-0.02-2.36 -
Bécasseau sanderling (Calidris alba)0.066.01*Note b du tableau 15-0.11-10.2*Note b du tableau 15-0.18-16.6*Note b du tableau 15
Pluvier argenté (Pluvialis squatarola)0.1718.4*Note b du tableau 15-0.24-20.9*Note b du tableau 15-0.10-9.17n
Tournepierre à collier (Arenaria interpres)0.1313.5*Note b du tableau 15-0.15-14.0*Note b du tableau 15-0.07-6.70n
Pluvier bronzé (Pluvialis dominica)0.043.75*Note b du tableau 15-0.098.42*Note b du tableau 15-0.05-4.74*Note b du tableau 15
Courlis corlieu (Numenius phaeopus)-0.005-0.51 --0.12-11.3*-0.04-4.35n
Bécasseau minuscule (Caldiris minutilla)0.077.57*Note b du tableau 15-0.06-5.98 --0.02-2.27 -
Bécasseau variable (Calidris alpine)0.043.40*Note b du tableau 15-0.09-8.46*Note b du tableau 150.022.18 -
Chevalier grivelé (Actitis macularius)-0.04-3.49 -0.1415.0*Note b du tableau 15-0.02-2.14 -
Petit chevalier (Tringa flavipes)0.099.15*Note b du tableau 15-0.104-9.90*Note b du tableau 150.0161.59 -
Bécassin roux (Limnodromus griseus)0.088.15*Note b du tableau 15-0.05-4.55 --0.06-5.38n

Source : Goulet et Roberston, 2007 NB187'

Note du tableau 15

Note [a] du tableau 15

P indique la signification statistique

Retour à la référence de la note a du tableau 15

Note [b] du tableau 15

* indique p>0.05; n indique 0.05<p<0.1; aucun symbole indique une valeur non significative.

Retour à la référence de la note b du tableau 15

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P indique la signification statistique : *indique p>0.05; n indique 0.05<p<0.1; aucun symbole indique une valeur non significative.

Sur la façade de l'Atlantique, dans les écozones+ marines de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent, du golfe du Maine et du plateau néo-écossais et des plateaux de Terre-Neuve-et-Labrador, la discontinuité abrupte de l'océanographie et des réseaux alimentaires qui s'est produite au début des années 1990 ont fait en sorte que certaines populations d'oiseaux marins, particulièrement les goélands, sont passées d'une tendance positive à une tendance négative. Cependant, le fou de Bassan (Morus bassanus) et le petit pingouin (Alca torda) ont continué à augmenter en nombre à partir des années 1970, comme d'ailleurs la plupart des populations de pingouins (de la famille des Alcidae) dans le golfe du Saint-Laurent et les macareux moines (Fratercula arctica) dans le sud-est de Terre-Neuve. Inversement, les sternes (de la famille des Sternidae) ont généralement diminué en nombre tout au long de cette période dans ces écozones+, probablement en raison de l'influence des humains sur leur habitat de reproduction terrestre. Un déclin des gros goélands et des mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) peut être lié à la réduction des activités de pêches côtières (qui fournissait des déchets et des rejets de poisson) après le moratoire sur le poisson de fond de 1992. Des tendances généralement positives dans les populations d'oiseaux de mer avant 1990 peuvent refléter un rétablissement continu de la récolte d'œufs et de plumage qui prévalait avant l'établissement de la Migratory Bird Protection Act (Loi sur la protection des oiseaux migratoires) au début du 20e siècle, ou, à Terre-Neuve, après sa fusion avec le reste du Canada en 1949. Certaines activités de récolte ont continué à avoir un effet sur les oiseaux de mer sur la rive nord du golfe du Saint-Laurent jusque dans les années 1960 et 1970NB189. En outre, le moratoire sur le poisson de fond au large de la côte est de Terre-Neuve a causé la fermeture des pêches au filet maillant qui noyaient de nombreux pingouins. Le retrait de cette source de mortalité peut avoir eu des conséquences positives sur certaines populations d'oiseaux plongeurs sous-marins.

Tableau 16. Tendances relatives à l'abondance des oiseaux côtiers de l'écozone+ Boréal de Terre-Neuve de 1980 à 2012 et fiabilité de celles-ci.
Espèce           Tendance annuelleFiabilité
Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla)-13,8Faible
Sterne caspienne (Hydroprogne caspia)6,57Faible
Sterne pierregarin (Sterna hirundo)-2,75Faible
Cormorans à aigrettes (Phalacrocorax auritus)20,3Faible
Goéland marin (Larus marinus)-4,44Médium
Fou de Bassan (Morus bassanus)12Faible
Goéland à bec cerclé (Larus delawarensis)7,52Faible

Source : Environnement Canada 2014NB78

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La glace dans l'ensemble des biomes

Constatation clé 7
Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
La réduction de l'étendue et de l'épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l'accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l'heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s'étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.

Écozone+ du Bouclier boréal : la glace dans l'ensemble des biomes

Écozone+ du Bouclier boréal : glace lacustre

La plupart des lacs canadiens montrent une tendance ou une progression significative vers un déglacement plus tôt dans la saison (Figure 35). Le taux de changement du dégel de la glace lacustre a été beaucoup plus rapide entre 1950 et 2006 que le taux observé dans la première moitié du 20e siècleNB190. Par exemple, le déglacement de la baie Brochet au lac Reindeer, au Manitoba, s'est produit jusqu'à 0,5 jour plus tôt chaque année entre 1951 et 1980 pour un total de 14,5 joursNB191.

Figure 35. Changements dans la date de dégel de la glace sur les lacs au Canada, de 1950 à 2005.

Ces données à l'échelle nationale dépassent les frontières de l'écozone+ du Bouclier boréal.

carte
Source : Environnement Canada, 2008NB190

Description longue pour la figure 35

Cette carte montre les changements dans la date de dégel de la glace sur les lacs au Canada de 1950 à 2005. La plupart des lacs canadiens montrent une tendance ou une progression significative vers un déglacement plus tôt dans la saison.

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La débâcle dans les lacs et les rivières de l'écozone+ du Bouclier boréal tend à se produire plus tôt au cours des 35 à 200 dernières années14, NB192 NB193 NB194 même s'il existe une exception où la débâcle se produisait plus tard entre 1950 et 1998NB193. La Figure 35 indique les tendances pour les débâcles fondées sur les registres in situ et les observations par télédétection de 12 lacs de grande taille (de plus de 100 km2) au CanadaNB169. La débâcle a reculé de 12 jours pendant la période de 1970 à 2004 (Figure 35a)NB169. Une débâcle ayant lieu plus tôt correspond à une arrivée précoce de la date de l'isotherme 0 °C du printempsNB195. Des températures plus douces au printemps (Figure 66a) et à l'hiver (Figure 66d) peuvent être en partie responsables de la débâcle précoce.

Figure 36. Tendances pour la débâcle de 12 lacs de l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1970 à 2004.

Les analyses sur la débâcle sont basées sur des données in situ et de télédétection. Les tendances relatives à la débâcle pour les six stations les plus au nord sont basées seulement sur les données de télédétection de 1984 à 2004. Les triangles indiquent un englacement ou une débâcle plus tôt dans l'année; les carrés indiquent que ces conditions sont plus tardives. Les symboles sont colorés lorsque les tendances sont statistiquement significatives (p < 0,1).

carte
Source : adaptée de Latifovic et Pouliot, 2007NB169

Description longue pour la figure 36

 

Ces cartes montrent les tendances pour la débâcle de 12 lacs de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1970 à 2004. La débâcle a reculé de 12 jours pendant la période de 1970 à 2004. De 1970 à 2004, l'englacement s'est produit 15 jours plus tard pour trois lacs dans la moitié sud de l'écozone+. L'englacement est survenu 10 jours plus tôt dans un lac situé plus au nord.

On constate davantage de variabilité dans l'englacement que dans la débâcle des lacs et des cours d'eauNB14 dans cette écozone+ et au niveau national depuis les 35 à 200 dernières années193-NB196. La température de l'air précédant ces phénomènes d'un à trois mois semble être un facteur potentiel du changement dans les dates de débâcle et d'englacementNB197 NB198. De 1970 à 2004, l'englacement s'est produit 15 jours plus tard pour trois lacs dans la moitié sud de l'écozone+. L'englacement survient 10 jours plus tôt dans un lac situé plus au nord (Figure 35b)NB169.

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Écozone+ du Bouclier boréal : pergélisol

Le pergélisol de l'écozone+ du Bouclier boréal est largement limité au terrain organique et montre une distribution sporadique dans les régions du nord-est et de l'ouest (Figure 36)NB199.

Figure 37. Carte du pergélisol au Canada.

carte
Source : Heginbottom et al., 1995NB199

Description longue pour la figure 37

Cette carte présente la répartition du pergélisol continu, discontinu étendu, sporadique et de montagne dans l'ensemble du Canada dans les années 1990. Le pergélisol continu s'étend à l'échelle du nord du Canada, comprenant l'archipel des îles du nord jusqu'au littoral sud de la baie d'Hudson. Une fine bande de pergélisol discontinu étendu borde la limite sud de la zone de pergélisol continu. Le pergélisol sporadique était situé le long de la limite nord de la Colombie Britannique, de l'Alberta, du Manitoba, de l'Ontario et du Québec. Le pergélisol de l'écozone+ du Bouclier boréal est distribué de manière sporadique dans les régions du nord-est et de l'ouest.

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La fonte et la destruction des tourbières ont lieu depuis les 50 ou 100 dernières annéesNB200 NB201 NB202 au nord de la Saskatchewan et du Manitoba. Le taux de dégel du pergélisol a augmenté de 4,3 cm/année de 1948 à 1991 jusqu'à 10,5 cm/année de 1995 à 2002 à Gillam, de 9,0 cm/année de 1941 à 1988 jusqu'à 28,0 cm/année de 1995 à 2002 à Thompson, de 10,2 cm/année de 1951 à 1992 jusqu'à 22,3 cm/année de 1995 à 2002 à Wabowden et de 10,9 cm/année de 1968 à 1991 jusqu'à 31,1 cm/année de 1995 à 2002 au lac SnowNB202 (Figure 37). Près des lacs Athabasca et Black en Saskatchewan, les collectivités autochtones ont remarqué la perte de pergélisol dans les fondrières, un fait qu'ils attribuent au réchauffement des températuresNB3. Bien que les tourbières gelées effectuent un cycle naturel de formation et de fonte de pergélisol, cette dégradation du pergélisol est probablement causée par les changements climatiquesNB16.

Figure 38. Taux de dégel du pergélisol (cm/année) à quatre sites de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1940 à 2000.

Les cercles violets représentent des taux de dégel mesurés pour la période entre 1941 et 1991 au moyen de bagues de compression établies en coupant des arbres P. mariana individuels. Les cercles verts représentent les taux de dégel moyens mesurés à l'aide de points de référence permanents pour la période allant de 1995 à 2002 (tracés pour l'année médiane, 1999). Les taux de dégel moyens des sites pour les périodes de 1941 à 1991 et de 1995 à 2002 sont également montrés.

carte
Source : adaptée de Camill, 2005NB202

Description longue pour la figure 38

Ce diagramme de dispersion montre le taux de dégel du pergélisol (cm/année) à quatre sites de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1940 à 2000. La fonte et la destruction des tourbières ont lieu depuis les 50 ou 100 dernières années au nord de la Saskatchewan et du Manitoba. Le taux de dégel du pergélisol a augmenté de 4,3 cm/année de 1948 à 1991 jusqu'à 10,5 cm/année de 1995 à 2002 à Gillam, de 9,0 cm/année de 1941 à 1988 jusqu'à 28,0 cm/année de 1995 à 2002 à Thompson, de 10,2 cm/année de 1951 à 1992 jusqu'à 22,3 cm/année de 1995 à 2002 à Wabowden et de 10,9 cm/année de 1968 à 1991 jusqu'à 31,1 cm/année de 1995 à 2002 au lac Snow.

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La dégradation du pergélisol dans l'écozone+ du Bouclier boréal peut toucher la biodiversité par son influence sur la stabilité du sol, le réseau de drainage, les conditions d'humidité du sol, ainsi que l'hydrologie de surface et de sous-surfaceNB16. Même si l'écozone+ du Bouclier boréal n'a pas de pergélisol continu, le sol riche en glace discontinue présente des conditions physiques similaires aux écosystèmes plus au nordNB203. Dans les régions de tourbières, à mesure que la tourbe riche en glaces dégèle et se désintègre, les étangs peuvent remplacer les plateaux de tourbe gelés, ce qui crée des conditions où des écosystèmes de fens peuvent se développerNB204 NB205. Même si la plupart de ces effets ont été observés à des sites arctiques, le pergélisol dans l'écozone+ du Bouclier boréal se trouve avant tout sur du terrain organique, ce qui suggère une perte possible de tourbières dans le paysageNB16. La compréhension de l'hydrologie du pergélisol pour l'écozone+ est limitée en raison d'un manque de données. Par exemple, on ne comprend pas exactement pourquoi les écoulements fluviaux de la rivière Grass ont diminué annuellement (Figure 20). La fonte du pergélisol peut avoir altéré l'hydrologie sous-terraine, qui a engendré des conditions plus sèches à la surface et réduit les contributions de la rivière.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve

Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : glace lacustre

Il existait peu de données sur les tendances de la glace pour l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, sauf pour un endroit, Deadman's Pond, dans la partie centrale nord de l'écozone+. De 1961 à 1990, l'englacement à Deadman's Pond s'est déplacé plus tôt de 0,5 jour/année, ce qui diffère des tendances nationales indiquant un englacement tardif pour les lacsNB195.

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Note de bas des pages

Note de bas de page 1

St.-George, S. 2007. Streamflow in the Winnipeg River basin, Canada: Trends, extremes and climate linkages. Journal of Hydrology 332:396-411.

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Note de bas de page 2

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Note de bas de page 3

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Note de bas de page 9

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Note de bas de page 12

Urquizo, N., Bastedo, J., Brydges, T. et Shear, H. 2000. Évaluation écologique de l'écozone du Bouclier boréal. Travaux publics et Services gouvernementaux Canada. Ottawa, ON.

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Note de bas de page 14

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Note de bas de page 16

Smith, S. 2011. Tendances relatives aux conditions du pergélisol et à l'écologie dans le Nord du Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 9. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. iii + 23 p.

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Note de bas de page 23

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Note de bas de page 29

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NB 37

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NB 38

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NB 39

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NB 40

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NB 42

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NB 43

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NB 45

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NB 46

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Gratto-Trevor, C., Morrison, R.I.G., Collins, B., Rausch, J., Drever, M. and Johnston, V. 2011. Trends in Canadian shorebirds. Canadian Biodiversity: Ecosystem Status and Trends 2010, Technical Thematic Report No. 13. Canadian Councils of Resource Ministers. Ottawa, ON. iv + 32 p.

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NB 190

Blanchard, K.A. 1984. Seabird harvest and the importance of education in seabird management on the North Shore of the Gulf of St. Lawrence. Thesis . Cornell University. 242 p.

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NB 191

Environment Canada and Ice Watch. 2008. Changes in lake ice signal a changing climate. IceWatch and Environment Canada. Ottawa, ON. 8 p.

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NB 192

Jasek, M.J. 1998. 1998 break-up and flood on the Yukon River at Dawson -- did El Niño and climate play a role? In Proceedings of the 14th International Ice Symposium. Potsdam, NY. Vol. 2, pp. 761-768.

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NB 193

de Rham, L.P., Prowse, T.D. and Bonsal, B.R. 2008. Temporal variations in river-ice break-up over the Mackenzie River Basin, Canada. Journal of Hydrology 349:441-454.

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NB 194

Lacroix, M.P., Prowse, T.D., Bonsal, B.R., Duguay, C.R. and Ménard, P. 2005. River ice trends in Canada. In Proceedings of the 13th Workshop on the Hydraulics of Ice Covered Rivers. Edited by Committee on River Ice Processes and the Enviroment. Canadian Geophysical Union. Ottawa, ON. pp. 41-54.

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NB 195

Zhang, X.B., Harvey, K.D., Hogg, W.D. and Yuzyk, T.R. 2001. Trends in Canadian streamflow. Water Resources Research 37:987-998.

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NB 196

Latifovic, R. and Pouliot, D. 2007. Analysis of climate change impacts on lake ice phenology in Canada using the historical satellite data record. Remote Sensing of Environment 106:492-507.

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NB 197

Duguay, C.R., Prowse, T.D., Bonsal, B.R., Brown, R.D., Lacroix, M.P. and Ménard, P. 2006. Recent trends in Canadian lake ice cover. Hydrological Processes 20:781-801.

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NB 198

Magnuson, J.J., Robertson, D.M., Benson, B.J., Wynne, R.H., Livingstone, D.M., Arai, T., Assel, R.A., Barry, R.G., Card, V., Kuusisto, E., Granin, N.G., Prowse, T.D., Stewart, K.M. and Vuglinski, V.S. 2000. Historical trends in lake and river ice cover in the Northern Hemisphere. Science 289:1743-1746.

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NB 199

Bonsal, B.R. and Prowse, T.D. 2003. Trends and variability in spring and autumn 0oC-isotherm dates over Canada. Climatic Change 57:341-358.

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NB 200

Bonsal, B.R., Prowse, T.D., Duguay, C.R. and Lacroix, M.P. 2006. Impacts of large-scale teleconnections on freshwater-ice break/freeze-up dates over Canada. Journal of Hydrology 330:340-353.

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NB 201

Heginbottom, J.A., Dubreuil, M.A. and Harker, P.A.C. 1995. Permafrost, 1995. In The National Atlas of Canada. Edition 5. National Atlas Information Service, Geomatics Canada and Geological Survey of Canada. Ottawa, ON. Map.

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NB 202

Beilman, D.W., Vitt, D.H. and Halsey, L.A. 2001. Localized permafrost peatlands in western Canada: definition, distributions, and degradation. Arctic, Antarctic, and Alpine Research 33:70-77.

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NB 203

Beilman, D.W. and Robinson, S.D. 2003. Peatland permafrost thaw and landform type along a climatic gradient. In Proceedings of the 8th International Conference on Permafrost. Zurich, Switzerland, 21-25 July, 2003. Edited by Phillips, M., Springman, S.M. and Arenson, L.U. Swets & Zeitlinger. Lisse, Netherlands. Vol. 1, pp.61-65.

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NB 204

Camill, P. 2005. Permafrost thaw accelerates in boreal peatlands during late-20th century climate warming. Climatic Change 68:135-152.

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NB 205

Hinzman, L.D., Bettez, N.D., Bolton, W.R., Chapin, F.S., Dyurgerov, M.B., Fastie, C.L., Griffith, B., Hollister, R.D., Hope, A., Huntington, H.P., Jensen, A.M., Jia, G.J., Jorgenson, T., Kane, D.L., Klein, D.R., Kofinas, G., Lynch, A.H., Lloyd, A.H., McGuire, A.D., Nelson, F.E., Oechel, W.C., Osterkamp, T.E., Racine, C.H., Romanovsky, V.E., Stone, R.S., Stow, D.A., Sturm, M., Tweedie, C.E., Vourlitis, G.L., Walker, M.D., Walker, D.A., Webber, P.J., Welker, J.M., Winker, K. and Yoshikawa, K. 2005. Evidence and implications of recent climate change in Northern Alaska and other arctic regions. Climatic Change 72:251-298.

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Thème : Interactions humains-écosystèmes

Aires protégées

Constatation clé 8
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
La superficie et la représentativité du réseau d'aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d'endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.

Écozone+ du Bouclier boréal

Le taux auquel des aires protégées ont été créées dans l'écozone+ du Bouclier boréal a augmenté depuis les années 1970 (Figure 38). Avant 1992 (année de la signature de la Convention sur la diversité biologique), 3 % du Bouclier boréal était protégé. En date de mai 2009, 8,1 % (143 491 km2) était protégéNB10. De cette portion, 7,9 % de l'écozone+ faisait partie de 1 336 sites désignés comme aires protégées de catégories I à IV de l'UICN. Ces catégories comprennent les réserves naturelles, les aires de nature sauvage et d'autres parcs et réserves gérés afin de conserver les écosystèmes et les caractéristiques naturelles et culturelles, de même que ceux qui sont gérés surtout pour la conservation de l'habitat et de la fauneNB206. Une proportion supplémentaire de 0,06 % (482 aires protégées) faisait partie de l'UICN dans les catégories V et VI, qui portent sur l'utilisation durable des ressources. La proportion restante de moins de 0,01 % (10 aires protégées établies depuis 2004) n'a pas été désignée en vertu d'un critère de l'UICN.

Par exemple, à l'aide de leur Déclaration d'eau, la communauté de la Première Nation de Kitchenuhmaykoosib Inninuwug (PNKI) a déclaré 13 025 km2 du Bassin versant Big Trout comme étant protégé, mais cette aire protégée n'est pas présentement inclue dans les aires protégées de catégories I à IV de l'UICNNB207. En support des buts de protection de la PNKI, le gouvernement de l'Ontario a désigné une aire de 23 181 km2 'en vicinité de la PNKI' où la prospection et le jalonnement minier ne sera pas permis.

Figure 39. Accumulation des aires protégées dans l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1893 à 2009.

Les données ont été fournies par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux jusqu'à mai 2009. Seules les aires légalement protégées ont été incluses. Les catégories de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) d'aires protégées sont basées sur les objectifs primaires de gestion (voir le texte pour plus d'information).

La dernière barre étiquetée « TOTAL » comprend les aires protégées pour lesquelles l'année d'établissement n'a pas été donnée.

graphique
Source : Environnement Canada, 2009NB208 en se servant du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) (v.2009.05), 2009; données fournies par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.

Description longue pour la figure 39

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Accumulation des aires protégées dans l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1893 à 2009.
AnnéeCatégories I à IV de l'UICN
(Accumulation des aires protégés km2)
Catégories V et VI de l'UICN
(Accumulation des aires protégés km2)
1893-19127,7230
1913-192412,4810
1925-194312,5090
1944-195614,1260
195714,7790
195814,7910
195914,8290
1960-196214,8800
196314,9940
196415,4870
1965-196615,5150
196715,8990
196815,9190
196917,1440
197018,5220
197120,4790
197220,4870
197321,5620
197422,4740
197522,4840
197622,5000
197723,0510
197823,1260
1979-198023,1790
198125,6780
198225,6790
198344,6410
198444,6821
198546,3951
198646,3971
1987-198846,4141
198953,4731
199053,4751
199153,7401
199253,7721
199354,207125
199454,377125
199556,766125
199656,999125
199762,465126
199862,994319
199970,483319
200071,464357
200173,497357
200275,893384
2003109,508386
2004112,578563
2005123,3051,018
2006124,4961,018
2007126,2271,020
2008132,6401,020
2009135,0171,020
Total141,2311,055

Le parc provincial Algonquin a été créé en 1893, le parc provincial Quetico en 1913, plusieurs, dont le parc provincial de la rivière Mississagi, le parc national du Canada Pukaskwa et le parc provincial Missinaibi entre 1957 et 1974; plusieurs, dont le réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de-Mingan et le parc provincial Wabakimi entre 1976 et 1984, plusieurs, dont le parc national du Canada Aiguebelle et le parc provincial de la Petite Abitibi en 1985, et plusieurs, dont le parc provincial de la rivière Pipestone et le parc provincial de la rivière Otoskwin-Attawapiskat en 1989.

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Les aires protégées sont assez bien distribuées dans l'ensemble de l'écozone+, bien qu'elles soient moins nombreuses au nord-ouest (Figure 40).

Figure 40. Distribution des aires protégées de l'écozone+ du Bouclier boréal, mai 2009.

carte
Source : Environnement Canada, 2009 en se servant du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) (v.2009.05), 2009; données fournies par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.

Description longue pour la figure 40

Cette carte montre la distribution des aires protégées de l'écozone+ du Bouclier boréal en mai 2009. Les aires protégées sont assez bien distribuées dans l'ensemble de l'écozone+, bien qu'elles soient moins nombreuses au nord­ouest.

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En 2009, les gouvernements de l'Ontario et du Québec ont annoncé des plans visant à protéger des sites en zone boréale NB209 NB210. La Loi sur le Grand Nord de l'Ontario est entrée en vigueur en 2010 et rendait obligatoire la protection d'environ la moitié de la région au nord du territoire forestier sous aménagement en Ontario. Quatre plans sont maintenant réalisés dans le grand Nord de l'Ontario. Pikangikum a été la première collectivité, en 2006, à adopter un plan communautaire d'aménagement du territoire. En juillet 2011, Cat Lake et Slate Falls ont fêté le parachèvement de leur plan par une cérémonie de signature, comme l'ont fait Pauingassi et Little Grand Rapids, deux communautés du Manitoba avec des territoires sous aménagement en OntarioNB211.

Écozone+ Boréale de Terre-Neuve 

En mai 2009, 6,3 % (7 098 km2) de l'écozone+ avait été protégée par l'intermédiaire de 45 aires protégées de catégories I à III de l'UICN (Figure 40 et Figure 41). De plus, 1,2 % de l'écozone+ était protégé au moyen de cinq aires protégées de catégorie VI, une catégorie qui porte sur l'utilisation durable au moyen de traditions culturelles établies dans l'aire protégée.

Deux réserves naturelles intégrales (> 1 000 km2) et quinze réserves écologiques (< 1 000 km2) ont vu le jour dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve depuis l'entrée en vigueur de The Wilderness and Ecological Reserves Act (la Loi sur les Réserves naturelles intégrales et écologiques) en 1980NB212.

Il y a aussi deux parcs nationaux, Gros Morne et Terra Nova, et 32 parcs provinciaux et réserves provinciales de parcs.

Figure 41. Accumulation des aires protégées dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, de 1957 à 2009.

Les données ont été fournies par les gouvernements fédéral, provinciaux jusqu'à mai 2009. Seules les aires légalement protégées ont été incluses. Les catégories de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) pour les aires protégées sont basées sur les objectifs primaires de gestion. Plusieurs petites réserves de biodiversité et d'autres aires protégées ont été établies depuis 2003. Elles sont étiquetées comme zones protégées de catégories I à IV de l'UICN. La catégorie grise désignée « non classifié » représente les aires protégées pour lesquelles une catégorie de l'UICN n'a pas été fournie.

graphique
Source : Environnement Canada, 2009NB213 en se servant du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) (v.2009.05), 2009; données fournies par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.

Description longue pour la figure 41

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Accumulation des aires protégées dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, de 1957 à 2009.
AnnéeCatégories I à III de l'UICN - Accumulation des aires protégés km2Catégorie VI de l'UICN - Accumulation des aires protégés km2
19573850
1958-19594130
19604200
1961-19664550
19674720
1968-19694750
1970-19744770
19754910
1976-19775080
1978-19805160
1981-198252315
1983-198453421
198554121
19861,61121
1987-19891,62221
19904,54821
19914,54921
1992-19954,55321
19964,553639
1987-19891,62221
19904,54821
19914,54921
1992-19954,55321
19964,553639
1997-19994,582639
2000-20014,584639
20025,3131,380
2003-20045,3161,380
20057,1021,380
2006-20097,1021,380

Le parc national du Canada Terra-Nova a été créé en 1957, le Réserve intégrale d'Avalon en 1964, le parc national du Canada Gros Morne en 1973, le Réserve écologique du Cap St. Mary en 1983, le Réserve inégrale de la Baie du Nord en 1990, le parc provincial de T'Railway en 1997 et le Réserve écologique de Sandy Cove en 2007.

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Figure 42. Carte des aires protégées de l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, 2009.

carte
Source : Environnement Canada, 2009 en se servant du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) (v.2009.05), 2009; données fournies par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.

Description longue pour la figure 42

Cette carte indique l'emplacement des zones protégées de l'écozone+ Boréale de Terre Neuve en 2009. Cinq zones protégées sont immédiatement ressorties en raison de leur grandeur. La majorité des zones protégées se trouvent sur l'île principale, dont une grande zone se trouvant sur la côte nord-ouest, une sur la côte nord-est, une dans la région de Grand Lake, une au sud-est et la dernière dans la presqu'île Avalon.

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Entre 1995 et 1997, le gouvernement provincial a privatisé nombre de parcs provinciaux et de parcs d'attraction naturelle afin de réduire les dépenses liées au système des parcs et des loisirs. Certaines de ces propriétés privatisées ne sont plus exploitées ni protégées, comme le parc provincial Pipers Hole River, abandonné en 2008NB214.

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Intendance

Constatation clé 9
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.

Écozone+ du Bouclier boréal 

Une grande partie de l'écozone+ du Bouclier boréal est inhabitée et à l'état naturel, ce qui fait que les activités d'intendance menés par les collectivités sont relativement rares dans cette écozone+. Cependant, les activités d'intendance font l'objet d'une coordination entre les plus grands réseaux de conservation, les Premières Nations et les réseaux des industries.

Pimachiowin Aki est un paysage culturel et une grande aire protégée de la forêt boréale intacte qui a été désigné comme site du patrimoine mondial naturel et culturel de l'UNESCO Les gouvernements de l'Ontario et du Manitoba gèrent ce territoire en partenariat avec la Première Nation Anishnaabe. Cette région possède une riche diversité de flore et de faune boréales, de même que des terres ancestrales de grande valeur pour les collectivités autochtones dans cette section de l'écozone+ NB215. Pimachiowin Aki n'est pas encore finalisé.

Plusieurs compagnies forestières et organisations environnementales au Canada se sont rencontrés en 2010 pour créer l'Entente sur la forêt boréale canadienne (EFBC), la plus grande initiative de conservation au monde. L'Entente regroupe les 19 sociétés membres de l'Association des produits forestiers du Canada et sept grands organismes non gouvernementaux de protection de l'environnement, tel la Société pour la nature et les parcs du Canada, la Fondation David Suzuki, et le Nature Conservancy. L'Entente signifie que les groupes de protection de l'environnement s'engagent à cesser d'appeler au boycottage des entreprises participantes. En contrepartie, les entreprises ont suspendu leurs opérations d'abattage sur près de 29 millions d'hectares de forêt boréale. La suspension de ces activités forestières permet aux signataires de collaborer à un certain nombre d'initiatives, notamment l'élaboration de plans d'action pour le rétablissement du caribou dans des zones particulières et de lignes directrices d'aménagement écosystémique que les entreprises participantes pourront utiliser pour améliorer leurs pratiques forestièresNB216.Le Conseil principal de la forêt boréale, qui s'est réuni pour la première fois en décembre 2003, est constitué des groupes de conservation, des Premières Nations, des compagnies de l'industrie des ressources et des institutions financières. Les membres du Conseil sont les signataires de la Convention pour la conservation de la forêt boréale, qui vise à protéger au moins 50 % du territoire boréal dans un réseau d'aires protégées de grande taille interreliées et à soutenir des collectivités durables, la gestion des ressources basée sur l'écosystème et des pratiques d'intendance dans l'ensemble du territoire restantNB217.

Dans la région d'Athabasca en Alberta, l'industrie du pétrole procède à des activités d'intendance. L'Oil Sands Leadership Initiative (initiative de prise en charge concernant les sables bitumineux) (OSLI), un réseau collaboratif formé de ConocoPhillips Canada, Shell Canada, Statoil Canada, Suncor Energy Inc., Nexen Inc. et Total E&P Canada, a quatre groupes de travail dont l'un qui se penche sur l'intendance des terresNB218. Le groupe de travail sur l'intendance des terres (LSWG) participe actuellement à une restauration volontaire dans la région d'Algar, située à environ 100 km de la plupart des exploitations de sable bitumineux in situ en Alberta et dans l'aire de répartition du caribou du côté est de la rivière Athabasca. L'empreinte linéaire des lignes sismiques vieilles de 20 à 30 ans l'a laissée fragmentée, réduisant ainsi la qualité de l'habitat pour la harde de caribous dans cette région. Ces régions prennent énormément de temps à refaire leur végétation de façon naturelle en raison des sols froids et humides. Les traitements sur le terrain appliqués par le LSWG comprennent la préparation mécanique du site pour la plantation d'arbres, la collecte et la dispersion de matières ligneuses grossières le long des lignes sismiques traitées, l'identification et la protection de la végétation naturelle existante en vue de la rétention et la plantation hivernale de 45 000 épinettes noires en milieu humide (une technique mise à l'essai avec succès par le réseau collaboratif de l'OSLI en conjonction avec le gouvernement de l'Alberta.
D'autres activités d'intendance notables dans l'écozone+ incluent les suivantes :

  • Le gouvernement du Manitoba a organisé, le 29 novembre 2013, un atelier sur l'état des connaissances auquel ont participé 34 experts pour élaborer une stratégie d'intendance pour les tourbières boréalesNB219.
  • Le Safe Harbour Agreement (Entente sur les refuges sécuritaires) de l'Ontario est une entente d'intendance entre le Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario et soit un propriétaire individuel ou un groupe de propriétaires. En vertu de l'entente, les propriétaires créent, restaurent ou maintiennent sur une base volontaire les habitats rares qui ont une valeur tels que les pâturages ou les milieux humidesNB220.
  • Canards Illimités Canada (DUC) a des programmes dans chacune des provinces de l'écozone+ du Bouclier boréal. Le but de DUC est de protéger 650 000 km2 dans la zone boréale au moyen d'une combinaison d'aires protégées permanentes et de pratiques d'utilisation des terres durables sur le plan environnemental.
  • En réponse à une campagne de Greenpeace et du Natural Resources Defense Council de 2004 à 2009, l'entreprise Kimberly-Clark, qui fabrique des produits de marque Kleenex, Scott et Cottonelle, a annoncé qu'elle cesserait d'acheter des fibres ligneuses provenant de la forêt boréale canadienne qui ne sont pas certifiées par le Forest Stewardship Council en 2012NB221.

Écozone+ Boréale de Terre-Neuve

Une grande partie de l'activité d'intendance dans les milieux humides de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve fait partie du Plan conjoint des habitats de l'Est dans le cadre du Plan nord-américain de gestion de la sauvagineNB146. Un nombre croissant de municipalités partout à Terre-Neuve et au Labrador se sont également engagées à protéger et à améliorer les milieux humides au moyen d'ententes avec le Department of Environment and Conservation de la provinceNB222. Par l'intermédiaire de ce partenariat, les municipalités élaborent un plan de conservation pour les milieux humides, aident à restaurer les milieux humides endommagés, fournissent des occasions d'éducation et promeuvent la participation des résidents locaux à l'utilisation et à la protection de leurs ressources. Les municipalités incorporent l'entente d'intendance dans les documents de planification municipale et les règlements connexes. Ces ententes à long terme ont assuré la protection de 142 km2 (Figure 43) de zones humides, de terres hautes associées aux milieux humides et d'habitat côtier contre le développement, contribuant ainsi à la conservation de la faune et de son habitat et atténuant les effets des changements climatiques.

Les ententes d'intendance ont également leur raison d'être dans le cadre de la préservation, de la protection et du rétablissement des espèces en péril. Des ententes d'intendance portant sur quatre espèces en péril ont été conclues entre le gouvernement de la province et des organismes locaux à l'intérieur des régions de « toundra calcaire » où des plantes rares ont élu domicile. En 2013, 33 municipalités avaient signé les ententes municipales d'intendanceNB223.

Figure 43. Nombre cumulatif d'unités de gestion et aire totale gérés dans le cadre d'ententes municipales d'intendance dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, de 1993 à 2013.

graphique
Source : Department of Environment and Conservation de Terre-Neuve, données non publiéesNB224.

Description longue pour la figure 43

Ce graphique linéaire montre les informations suivantes :

Nombre cumulatif d'unités de gestion et aire totale gérés dans le cadre d'ententes municipales d'intendance dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, de 1993 à 2013.
AnnéeNombre cumulative d'unités de gestion (km2)Aire cumulative de gestion (km2)
199317
1994211
1995429
1996535
1997642
1998744
1999744
2000744
2001960
20021060
20031163
20041384
200515116
200615116
200716116
200816124
200917124
201017124
201119128
201219128
201324142

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Enfin, Ocean Net, une organisation populaire non gouvernementale, a orchestré le nettoyage de plus de 1 600 plages et rivages à Terre-Neuve auquel ont participé plus de 32 000 volontaires communautaires au cours des 10 dernières annéesNB225.

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Espèces non indigènes envahissantes

Constatation clé 10
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.

Écozone+ du Bouclier boréal 

Les espèces envahissantes ont un effet sur la composition et la structure de l'écosystème en supplantant les espèces indigènes et en altérant les processus écologiquesNB226. Le climat relativement extrême, une faible biodiversité et une faible disponibilité des ressources dans l'écozone+ du Bouclier boréal ont jusqu'à maintenant opposé une résistance aux invasions d'espèces non indigènes par rapport aux autres écozones+NB227. La plupart des espèces envahissantes apparaissent dans la partie sud de l'écozone+ du Bouclier boréal, dans la forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent (de 82 à 90 espèces), et dans les zones de transition boréales (de 64 à 72 espèces) en Ontario et au Québec (Figure 44)NB228. Le sud-est du Québec et une partie de la forêt-parc à trembles au Saskatchewan se classent deuxième relativement au plus grand nombre d'espèces envahissantes. La troisième position revient au Labrador, au nord et au nord-ouest de l'Ontario et près du lac Winnipeg au Manitoba (de 28 à 36 espèces). La plupart de reste de l'écozone+ du Bouclier boréal comporte de 19 à 27 espèces envahissantes (Figure 44).

Figure 44. Nombre d'espèces de plantes exotiques envahissantes au Canada par écozone+.

Basé sur 162 espèces pour lesquelles les cartes de répartition étaient accessibles.

carte
Source : Agence canadienne d'inspection des aliments, 2008.NB229

Description longue pour la figure 44

Cette carte du Canada montre la répartition et l'abondance des 162 espèces de plante non indigène par écozone+ pour 2006. La plupart des espèces envahissantes apparaissent dans la partie sud de l'écozone+ du Bouclier boréal, dans la forêt des Grands Lacs et du Saint­Laurent (de 82 à 90 espèces), et dans les zones de transition boréales (de 64 à 72 espèces) en Ontario et au Québec. Le sud­est du Québec et une partie de la forêt­parc à trembles en Saskatchewan se classent deuxième relativement au plus grand nombre d'espèces envahissantes. La troisième position revient au Labrador, au nord et au nord­ouest de l'Ontario et près du lac Winnipeg au Manitoba (de 28 à 36 espèces). Dans la majeure partie du reste de l'écozone+ du Bouclier boréal, on compte de 19 à 27 espèces envahissantes.

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Les espèces envahissantes sont globalement peu étudiées dans la zone boréale. Une recherche sur Web of Science avec les expressions « invas* » ET « boreal » couvrant les années 1864 à 2011 a seulement conduit à 288 articles scientifiquesNB230. Le premier a été publié en 1964 et la plupart de ces articles ne traitaient pas directement des espèces envahissantes dans la forêt boréale. Les espèces envahissantes sont en voie d'envahir la forêt boréale du sud du Québec et de l'Ontario. On s'attend à ce que les changements climatiques et l'exploitation des ressources intensifient l'arrivée et l'établissement d'espèces non indigènes dans cette écozone+.

Invertébrés non indigènes envahissants

Les invertébrés non indigènes envahissants terrestres dans la région boréale comprennent les insectes forestiers, les vers de terre et les limaces. Les insectes non indigènes envahissants capables de causer la mortalité ou la défoliation des arbres sont nuisibles sur le plan économique à l'industrie des produits forestiers dans l'écozone+ du Bouclier boréalNB231. On retrouve quatre des cinq espèces de mouches à scie européennes phyllophages non indigènes qui s'attaquent aux bouleaux et aux aulnes (Alnus spp.) dans l'écozone+ du Bouclier boréalNB232. À l'intérieur de l'écozone+, la grande mineuse du bouleau (Heterarthrus nemoratus) se retrouve dans le centre de la Saskatchewan et dans le sud de l'Ontario et du Québec, la petite mineuse du bouleau (Fenusa pusilla) et la tenthrède-mineuse de Thomson (Profenusa thomsoni) sont concentrées au Québec, la tenthrède mineuse du bouleau (Fenusella nana) est présente en Ontario et au Québec et la cinquième espèce, Scolioneura vicina, se voyait juste au sud de l'écozone+ en 2009.

L'agrile du frêne (Agrilus planipennis) est un coléoptère envahissant provenant de Chine et de l'Asie de l'Est qui a envahi l'Ontario et le Québec. En 2008, on le trouvait à Ottawa, à Sault Ste. Marie et à un endroit au QuébecNB233. Le frêne de Pennsylvanie (Fraxinus pennsylvanicus), le frêne blanc d'Amérique (F. americanus), le frêne noir d'Amérique (F. niger) et possiblement le frêne bleu (F. quadralangus) sont tous touchés par l'agrile du frêneNB234. Le frêne noir d'Amérique, qui s'étend de l'ouest de Terre-Neuve au Manitoba, pourrait diminuer considérablement en abondance dans l'écozone+ du Bouclier boréal en raison de l'infestation d'agriles du frêneNB235.

Probablement introduites au cours des années 1700 par les colons européens, les espèces de vers de terre (principalement Lumbricus terrestris, L. rubellus, Aporrectodea tuberculata et A. turgida) sont des « ingénieurs d'écosystèmes », des détritivores qui réduisent le contenu organique du sol dans les forêts boréales et qui mélangent les matériaux organiques et minéraux du solNB236 NB237. Non seulement cela réduit-il l'abondance de nombreuses espèces indigènes (y compris les semis d'arbres), mais il en résulte aussi un changement dans la composition de la couverture végétale initialement dominée par les plantes herbacées non graminoïdes qui devient dominée par le carex. En outre, la perturbation des processus du sol peut aussi avoir un effet sur le cycle des éléments nutritifs (une accessibilité réduite, des fluctuations du carbone du sol, et un lessivage accru de l'azote et du phosphore dans le solNB238 NB239 ) et sur d'autres organismes vivant dans le tapis forestier (p. ex. les microarthropodes et les petits vertébrés).

Les espèces non indigènes de limaces qu'on retrouve dans certaines régions de la forêt boréale d'Amérique du Nord comprennent Arion hortensis, Carinarion fasciatus, Deroceras reticulatum et A. subfuscusNB240 NB241. Les limaces ont été aperçues dans des lichens et les mousses associées aux épinettes, de même que dans les régions brûlées de l'est du Québec dans l'écozone+ du Bouclier boréal, indiquant qu'elles requièrent un habitat présentant une plasticité phénotypique élevée. Comme les vers de terre, les limaces peuvent altérer l'écosystème, car leur consommation de détritus favorise le cycle du carbone, de l'azote et du phosphore à l'intérieur des écosystèmes. Cependant, il n'existe pas d'études sur l'abondance des limaces et la répartition de leur habitat dans l'ensemble de la forêt boréale de l'Amérique du Nord et, par le fait même, les répercussions écologiques qu'elles peuvent avoir demeurent en grande partie inconnues.

Invertébrés non indigènes envahissants aquatiques

Les Grands Lacs sont des barrières à la propagation des espèces envahissantes terrestres, mais ils sont également un lieu de passage pour celles qui sont aquatiques. Plusieurs espèces aquatiques invertébrées envahissantes sont associées aux voies d'eau des Grands Lacs; parmi les envahisseurs les plus agressifs, tant pour leur taux de propagation que pour leurs répercussions sur le biote indigène, on compte l'écrevisse américaine (Orconectes rusticus), la moule zébrée (Dreissena polymorpha) et le cladocère épineux (Bythotrephes longimanus).

L'écrevisse américaine

Originaire du Mid West des É.-U., l'écrevisse américaine est un herbivore envahisseur qui est maintenant commun dans plusieurs États du nord et du nord-est ainsi qu'au Canada (Figure 45). On la retrouve dans le sud et le nord-ouest de l'Ontario (p. ex., au lac des Bois, au parc provincial Quetico, au lac Supérieur et dans ses affluents près de Thunder Bay), de même qu'au lac Falcon, qui fait partie du parc provincial Whiteshell dans le sud-est du Manitoba. Cette espèce prend la place de l'écrevisse indigène (O. virilis et O. propinquus) et réduit la diversité et l'abondance des autres invertébrésNB242. Elle a aussi vraisemblablement une incidence sur le poisson indirectement en altérant les ressources alimentaires (p. ex., l'abondance de macrophytes) et directement par la prédation des œufsNB243. Les activités humaines (p. ex., les pêcheurs qui déversent des seaux à appâts ou des rejets intentionnels par les pêcheurs d'écrevisses commerciaux), auxquelles s'ajoute la connectivité entre les cours d'eau, ont été liées à la propagation de l'écrevisse américaine, qui progresse à un taux moyen de 0,68 km/annéeNB244.

Figure 45. Croissance de la répartition basée sur l'observation d'écrevisse américaine en Ontario en fonction du temps, de 1964 à 2008.

carte
Source : Fédération des chasseurs et des pêcheurs de l'Ontario, 2008NB245

Description longue pour la figure 45

Cette carte montre la croissance de la répartition basée sur l'observation d'écrevisse américaine en Ontario de 1964 à 2008. La croissance est concentrée entre les lacs Hudson et Ontario et dans l'est du lac Supérieur.

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La moule zébrée

La moule zébrée s'est propagée à partir du lac St. Clair près de Détroit en 1988 (Figure 46) et a altéré les écosystèmes des Grands Lacs en réduisant l'abondance de zooplancton (notamment le Diporeia) qui est important pour les jeunes poissons. Une diminution des populations et une dégradation de l'état du grand corégone (Coregonus clupeaformis), de l'éperlan (de la famille des Osmeridae) et du touladi (Salvelinus namaycush) dans les Grands Lacs peut être lié aux déclins de Diporeia.

Figure 46. Croissance de la répartition basée sur l'observation de moules zébrées en Ontario en fonction du temps, de 1988 à 2008.

carte
Source : Fédération des chasseurs et des pêcheurs de l'Ontario, 2012NB246

Description longue pour la figure 46

Cette carte montre la croissance de la répartition basée sur l'observation de moules zébrées en Ontario en fonction du temps de 1988 à 2008. Les observations entre 2005 et 2008 sont concentrées au nord du lac Ontario, et jusqu'au Québec.

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Le cladocère épineux

Le cladocère épineux est une espèce prédatrice envahissante de zooplancton qui réduit la biodiversité du zooplancton des lacs d'eau douce dans le sud de l'écozone+ du Bouclier boréal (Figure 47)NB247 NB248. Cette espèce a commencé par envahir les Grands Lacs à partir de l'Eurasie au milieu des années 1980, puis s'est propagée aux lacs intérieurs du Canada et des États-Unis dans les années 1990; elle s'étend maintenant à plus de 70 lacs en Ontario (Figure 48)NB249. Une étude sur 21 ans a révélé que la richesse des espèces de zooplancton crustacé a subi un déclin et que le pH a diminué (7 ans après l'invasion) dans le lac Harp à la suite de l'invasion des cladocères épineuxNB250. Ces effets sur la biodiversité des lacs ajoutent du stress à une région déjà touchée par les effets nuisibles de l'acidificationNB251 et qui se remet à la suite de réductions des émissions de dioxyde de soufre (voir la constatation clé intituléeÉcozone+ du Bouclier boréal : Dépôts acidesÉcozone+ du Bouclier boréal : Dépôts acides à la page 120).

Figure 47. Changements dans a) la richesse des espèces, b) la diversité de Shannon­Wiener, c) Evar et d) l'abondance totale (individus par m3) pour le zooplancton crustacé, les cladocères et les copépodes dans les lacs envahis par le cladocère épineux et dans des lacs de référence du sud de l'écozone+ du Bouclier boréal.

Les lacs envahis ont une boîte ouverte (n = 10 lacs) et les lacs de référence sont dans des boîtes ombrées (n = 4 lacs). Les boîtes ont une erreur-type de ±1 et sont centrées sur la moyenne; les barres représentent l'écart-type et les astérisques (*) indiquent des différences significatives (p < 0,05).

graphique
Source : adapté de Strecker et coll., 2006

Description longue pour la figure 47

Ces graphiques à barres montrent qu'il ya une richesse inférieure, la diversité de Shannon-Wiener et l'abondance totale de crustacés, le zooplancton et les cladocères dans les lacs envahis par le cladocère épineux. Copépodes avaient diminué abondance et Evar mais n'a montré aucune différence dans la richesse.

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Figure 48. Croissance de la répartition basée sur l'observation de cladocères épineux en Ontario en fonction du temps, de 1980 à 2007.

L'année de l'observation ne correspond pas nécessairement à l'année d'invasion, puisque de nombreux lacs n'ont été échantillonnés que de 2000 à 2007.

carte
Source : Strecker et coll., 2006 utilisant des données d'Arnott, 2009NB252 et Cairns et coll., 2007NB253

Description longue pour la figure 48

Cette carte montre la croissance de la répartition basée sur l'observation de cladocères épineux en Ontario en fonction du temps de 1980 à 2007. Cette espèce a commencé par envahir les Grands Lacs à partir de l'Eurasie au milieu des années 1980, puis s'est propagée aux lacs intérieurs du Canada et des États­Unis dans les années 1990; elle s'étend maintenant à plus de 70 lacs en Ontario.

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Agents pathogènes envahissants

Les maladies non indigènes des arbres qui menacent la forêt boréale d'Amérique du Nord comprennent le chancre scléroderrien, causé par l'introduction de la souche européenne du pathogène fongique Gremmeniella abietina var. abietina,NB254 , ainsi que la rouille vésiculeuse du pin blanc, causée par le champignon rouille Cronartium ribicola. Les conditions de température et d'humidité requises pour une infection peuvent être favorables à Gremmeniella abietina var abietina dans la forêt boréale de l'OntarioNB255, indiquant que le pin rouge (Pinus resinosa) boréal de l'Ontario court un risque élevé de maladie si l'agent pathogène est introduit.

La rouille vésiculeuse du pin blanc a été introduite accidentellement dans l'est de l'Amérique du Nord en provenance de l'Europe il y a environ 100 ansNB256. La maladie s'est propagée dans l'ensemble de l'aire de répartition du pin blanc (Pinus strobus), engendrant des taux élevés de mortalité dans les plantations et les peuplements naturelsNB257. Sur la base des conditions climatiques propices à une infection, la majorité de l'aire de répartition boréale du pin blanc est désignée de modéré à élevé ou grave en ce qui concerne le niveau de danger d'une infectionNB258. En 2011, une nouvelle souche virulente de rouille vésiculeuse du pin blanc a été observée chez les gadelliers d'Amérique (Ribes nigrum) contre laquelle ils étaient auparavant immunisés. La nouvelle souche est le résultat d'une mutation ou d'une recombinaison génétique d'une souche nord-américaine du champignon et non d'une nouvelle introduction de la maladieNB259.

Plantes envahissantes

En 2008, on avait relevé un total de 123 espèces envahissantes dans l'écozone+ du Bouclier boréal; l'écozone+ du Bouclier boréal est relativement peu envahie et de nombreuses espèces sont peu fréquentes ou peu distribuées. Les espèces de plantes à croissance rapide ne sont typiquement pas adaptées à la faible luminosité, au faible niveau d'éléments nutritifs et au faible pH des sols podzoliques de la forêt boréaleNB260. D'autres facteurs qui s'ajoutent à la résistance relative de la forêt boréale aux infestations de plantes non indigènes sont la distance des populations à l'origine des graines, l'absence d'agriculture et les niveaux relativement bas de perturbations anthropiquesNB261.

La plupart des espèces non indigènes des régions boréales sont des espèces de mauvaises herbes opportunistes. Le caragana arborescent (Caragana arborescens), le crépis des toits (Crepis tectorum), la vesce jargeau (Vicia cracca), le chardon des champs (Cirsium arvense) et la centaurée maculée (Centaurea maculosa) sont des espèces qui peuvent interférer avec la régénération de la forêt. Seulement deux espèces non indigènes étaient présentes près des routes ou des centres de villégiature dans la forêt boréale de Saskatchewan : le pâturin comprimé (Poa compressa) et le pissenlit officinal (Taraxacum officinale). Ces espèces ont sans doute été introduites lorsque le bord des routes a été ensemencé pour réduire l'érosion du solNB262.

La salicaire pourpre est arrivée en Amérique du Nord en provenance d'Eurasie au début des années 1800 et elle a envahi les habitats riverains de la partie sud du Bouclier boréalNB117, NB263. Cette espèce influe sur le cycle des éléments nutritifs, assèche les milieux humides et peut former des monocultures sur de vastes surfacesNB264 NB265. Dans les années 1990, la salicaire pourpre était l'espèce envahissante la plus souvent rapportée dans les réserves nationales de faune et les refuges d'oiseaux migrateurs, surtout dans la zone de l'est du Québec chevauchant les écozones+ du Bouclier boréal et des plaines à forêts mixtesNB266. De 1992 à 2009, la salicaire pourpre s'est propagée vers le nord-ouest en Ontario (Figure 49).

Figure 49. Expansion de l'étendue de la salicaire pourpre en Amérique du Nord de 1880 à 1992.

Les surfaces ombrées plus foncées représentent les régions ayant des populations de peuplements denses; les cercles solides représentent une présence individuelle ou locale.

carte
Source : adapté de White et coll.,1993, d'après Hight et Drea, 1991 et Thompson et coll., 1987

Description longue pour la figure 49

Cette figure représente trois cartes du Canada et des États Unis, montrant l'expansion de l'aire de répartition de la salicaire commune pour les années 1880, 1940 et 1992, depuis son introduction au littoral est. Dans les années 1880, l'aire de répartition était concentrée autour de New York. Les cartes de 1940 et de 1992 indiquent que les populations denses se sont progressivement étendues de l'est au nord-est, et que les individus ou occurrences locales se sont étendues vers le nord-ouest, et apparaissent maintenant au nord, à l'ouest et au sud de l'aire de répartition de 1880.

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D'autres plantes envahissantes sont situées à la frontière sud de l'écozone+ du Bouclier boréal dont le myriophylle en épi (Myriophyllum spicatum) (Figure 50) et l'alliaire officinale (Alliaria petiolata) (Figure 51).

Figure 50. Expansion de l'étendue du myriophylle en épi en Amérique du Nord de 1950 à 1985.

Les cercles pleins représentent une présence individuelle ou locale.

carte
Source : adapté de White et coll., 1993, après Aiken et coll., 1979NB269 et Couch et Nelson, 1985NB270.

Description longue pour la figure 50

Cette figure représente trois cartes du Canada et des États Unis, montrant l'expansion de l'aire de répartition du myriophylle en épi pour les années 1950, 1965 et 1985. La carte de 1950 indique des occurrences isolées concentrées au sud de la Californie et de l'Arizona et dans l'est des États Unis. Les cartes de 1965 et 1985 montrent une expansion importante de l'aire de répartition, s'étendant à l'extérieur des occurrences des années 1950. En 1985, l'aire de répartition s'étendait jusqu'à l'Île de Vancouver et la Colombie Britannique continentale, à l'ouest, et jusqu'au Midwest américain, et jusqu'au Nouveau Brunswick et au Québec à l'est.

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Figure 51. Distribution généralisée d'alliaire officinale en Amérique du Nord selon les spécimens et la flore d'herbiers.

Les cercles pleins représentent une présence individuelle ou locale. L'alliaire officinale n'a pas été observée au site de Gaspé depuis 1891.

Carte
Source : adapté de White et coll., 1993

Description longue pour la figure 51

Cette carte montre la distribution généralisée d'alliaire officinale en Amérique du Nord selon les spécimens et la flore d'herbiers. L'alliaire officinale est concentrée dans la partie centre­est de l'Amérique du Nord.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve

La flore et la faune indigènes de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve sont moins diversifiées que de nombreuses communautés sur le continent, et les espèces non originaires de cette écozone+ insulaire constituent une portion comparativement élevée du total des espèces présentes (Figure 52)NB271 NB272. Les introductions accidentelles et intentionnelles se produisent depuis le début du 16e siècleNB273 NB274 NB275 NB276.

Figure 52. Espèces non indigènes de l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, 2000.

graphique
Source : Conseil canadien de conservation des espèces en péril, 2000

Description longue pour la figure 52

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Espèces non indigènes de l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, 2000.
TypeNon indigène - Nombre d'espècesIndigène - Nombre d'espèces
Mammifères1217
Amphibiens30
Oiseaux5366
Papillons241
Poissons d'eau douce318
Orchidées239

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Mammifères envahissants

En plus des 17 mammifères indigènes, on compte 12 espèces de mammifères non indigènes établies dans l'écozone+ . Parmi celles-ci, on retrouve l'orignal, le lièvre d'Amérique (Lepus americanus), la musaraigne cendrée (Sorex cinereus), l'écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus), le vison d'Amérique (Mustela vison) et le coyote (Canis latrans), un colonisateur récent qui est maintenant répandu dans l'ensemble de l'écozone+ . Il y a une discussion sur les coyotes dans la constatation clé intitulée Écozone+ du Bouclier boréal : réseaux trophiques à la page 177.

L'orignal a été introduit avec succès à Terre-Neuve en 1904 et a rapidement colonisé l'île. L'abondance de fourrage, une compétition négligeable de la part des herbivores indigènesNB96 et un déficit de prédation après l'extirpation de leur prédateur principal, le loup (Canis lupus), dans les années 1930NB277 ont produit des conditions idéales pour une croissance de la population d'orignaux. Les caribous occupent actuellement toutes les écorégions de l'île, leur densité dans les habitats principalement boisés dépassant dans de nombreux cas 4 orignaux/km2 (> 1 000 kg/km2). La population de l'île, qui s'élève à 125 000 orignaux, représente plus de 10 % du nombre total d'orignaux sur le continent (1,05 million), tandis que la surface totale de l'île, y compris les régions non propices à l'orignal, constitue moins de 2 % de l'étendue continentale estimée de l'orignal. L'accroissement de la population s'est encore amplifié au parc national du Canada du Gros-Morne et au parc national du Canada Terra-Nova, où la chasse à l'orignal est interdite depuis leur établissement en 1973 et 1957, respectivement. Par exemple, dans le parc national du Canada du Gros-Morne, les populations d'orignaux sont passées de 0,14 orignal/km2 en 1971 à 5 orignaux/km2 dans les forêts des basses terres qu'ils préfèrent au dernier relevé de 2007NB99 NB278. Afin de préserver l'intégrité écologique de ces parcs nationaux, la chasse annuelle à l'orignal a débuté en 2011-2012.

Les écureuils roux, introduits en 1963, fourragent abondamment dans les graines des arbres producteurs de cônesNB279 qui sont aussi la source de nourriture préférée de nombreuses espèces d'oiseaux indigènes, y compris le bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra), une espèce en voie de disparition. Les écureuils roux attaquent aussi fréquemment les nids des oiseaux indigènesNB280. Ils ont également eu une incidence négative significative sur les efforts de reforestation du pin blanc dans l'écozone+ Boréale de Terre-NeuveNB281 et ont réduit la régénération du sapin baumier et de l'épinette noire par la prédation des cônes avant leur dispersion, NB282.

Les petits mammifères non indigènes augmente partout dans l'écozone+NB285. En 2001, 91% des petits mammifères capturés dans les forêts du parc national du Gros-Morne étaient des espèces non indigènes. Les mammifères non indigènes pourraient être en train de changer la régénération de la forêt. Le lièvre d'Amérique se nourrit abondamment d'espèces feuillues ligneuses, et les petits mammifères tels que le campagnol sont des consommateurs voraces de semences d'arbres et de semis nouvellement poussésNB103, NB283 NB284.

Plantes envahissantes

Plus de 35 % des espèces de plantes dans l'écozone+ ne sont pas indigènesNB287. Les plantes non indigènes sont le plus souvent associées aux régions perturbées par l'humain comme les établissements, le bord des routes et les champs abandonnésNB288 NB289.
Deux des plantes les plus envahissantes des forêts de la Boréale de Terre-Neuve sont le chardon des champs (Cirsium arvense) et le tussilage pas-d'âne (Tussilago farfara). Ces deux espèces forment des zones denses capables de supplanter les espèces indigènes103, NB290 NB291. Dans le parc national du Canada Gros-Morne, les sites contenant les plus grandes quantités de plantes non indigènes envahissantes présentaient une moindre abondance de plantes avasculaires par rapport aux sites non envahisNB101. Les perturbations ont favorisé la prévalence de chardon des champs. Bien que le chardon des champs réduise l'apparition de semis de sapin baumier, il protège en même temps les semis du broutage des orignaux, une autre espèce introduiteNB292. La prolifération du tussilage pas-d'âne dans les perturbations de la forêt partout dans le parc national du Canada du Gros-Morne a commencé en 1973 lorsque le parc a ouvert ses portes au public; cette plante présente une densité qui ne se voit nulle part ailleurs à Terre-Neuve sauf entre le parc et Channel-Port aux Basques, où arrive le traversier du Canada continental. Son invasion des aires naturelles du parc national a été grandement facilitée par les activités de gestion. L'importation d'agrégats de substrat dans le parc pour neutraliser ou enterrer les sols acides non favorables a également apporté des fragments de rhizome dérivés des plantes de tussilage pas-d'âne établies dans des dépôts en tas d'agrégats.

ÉAmphibiens envahissants

L'écozone+ Boréale de Terre-Neuve n'a pas de faune indigène d'amphibiens, mais quatre espèces non indigènes y sont actuellement établies : la grenouille verte (Rana clamitans), le crapaud d'Amérique (Bufo americanus), la grenouille des bois (R. sylvatica) et la grenouille du Nord (R. septentrionalis) NB293. La grenouille verte est distribuée dans l'ensemble de l'écozone+NB294, tandis que le crapaud d'Amérique, la grenouille des bois et la grenouille du Nord se limitent à la portion ouest de l'île.

Le crapaud d'Amérique et la grenouille verte sont grandement mobiles et peuvent parcourir de longues distances sur les terresNB295. Des crapauds d'Amérique sont établis sur la côte ouest et ont été transplantés sur la presqu'île Avalon et le centre de l'île de Terre-Neuve. Il semble que la dissémination de la grenouille des bois ne se fera que progressivement puisque la plupart des spécimens sont très attachés à l'étang où il se reproduisent. La grenouille des bois est bien établie dans la région de Corner Brook. En 2001, l'expansion vers le nord de ces espèces semblait s'être arrêtée dans la partie sud du parc national du Canada du Gros-Morne (Figure 53). Les répercussions potentielles de l'expansion de ces espèces non indigènes sur la biodiversité indigène sont inconnues.

Figure 53. Nombre de sites (max = 3) dans chacune des trois régions où les espèces de grenouilles et de crapaud ont été relevées dans l'ouest de Terre-Neuve, 2001-2002.

graphique
Source : adapté de Campbell et coll., 2004

Description longue pour la figure 53

Cette carte montre le nombre de sites dans chacune des trois régions où les espèces de grenouilles et de crapauds ont été relevées dans l'ouest de Terre­Neuve. Le graphique à barres montre les informations suivantes :

Nombre de sites (max = 3) dans chacune des trois régions où les espèces de grenouilles et de crapaud ont été relevées dans l'ouest de Terre­Neuve.
TypeRégion de Gros Morne - Nombre de sitesRégion de Corner Brook - Nombre de sitesRégion de Codroy Valley - Nombre de sites
Grenouille des bois6144
Crapaud d'Amérique102913
Grenouille verte1717
Grenouille du Nord010

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Invertébrés terrestres envahissants

L'écozone+ Boréale de Terre-Neuve contient toute une série d'invertébrés terrestres envahissants. Terre-Neuve-et-Labrador abrite 456 espèces d'arthropodes non indigènesNB296, St. John's constitue un point d'entrée important pour l'introduction d'arthropodes non indigènes dans l'écozone+ de même que dans le pays. L'écozone+ Boréale de Terre-Neuve contient au moins 10 espèces de limaces établies (Arion spp., Limax spp. et Deroceras spp.) et toutes sauf une (Deroceras laeve) sont non indigènesNB297. Les limaces sont des consommatrices voraces des semis d'arbres nouvellement poussés284, NB298 et menacent les premiers stades d'établissement du sapin baumier et d'autres arbres indigènes283. Terre-Neuve-et-Labrador compte 12 espèces de vers de terre dont aucune n'est indigèneNB299. L'incidence des vers de terre dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve est basée sur des suppositions, mais comme les vers de terre peuvent grandement modifier les propriétés de la litière et changer la structure, la chimie et les microorganismes du solNB300, il est probable que ces espèces aient eu une incidence significative sur la dynamique du tapis forestier et sur le cycle des éléments nutritifs. Le nématode doré (Globodera rostochiensis) et le nématode à kystes pâles (G. pallid), qui ont été introduits, infestent les sols et sont considéré comme des organismes nuisibles de quarantaine, car si on ne les gère pas, ils peuvent réduire la production de pommes de terre et d'autres cultures hôtes d'une proportion allant jusqu'à 80 %NB301. Au Canada, le nématode doré se retrouve seulement à Terre-Neuve, sur l'île de Vancouver, au Québec et en Alberta. Le nématode à kystes pâles est seulement présent dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. Ces organismes nuisibles sont très difficiles à éradiquer puisqu'ils peuvent survivre à l'état dormant dans le sol pour plusieurs décennies. Des mesures de quarantaine strictes sont en places afin de prévenir la propagation potentielle de ces nématodes à kystes pâles.

D'autres insectes introduits ont eu des répercussions majeures sur les forêts à l'intérieur de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. Le puceron lanigère du sapin (Adelges piceae) a été introduit à Terre-Neuve dans les années 1930; il a tué des peuplements de sapins baumiers, causant des pertes financières considérables aux opérations sylvicoles. Le perce-pousse européen (Rhyacionia buoliana) est un insecte ravageur nouvellement introduit à Terre-Neuve dont les infestations, ces dernières années, se sont propagées dans les plantations de pin rouge du centre de Terre-Neuve, causant des déformations d'envergure aux arbres âgés de moins de 25 ans.

Maladies invasives

La souche européenne du chancre scléroderrien (Gremmeniella abietina var. abietina) a d'abord été constatée dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve en 1979 et la première infection majeure de cette maladie a eu lieu en 1981 lorsqu'elle a détruit une plantation de pins rouges près de Torbay, située à 10 km au nord de St. John's. De façon périodique depuis ce temps, on a assisté à plusieurs flambées de cette maladie, causant une mortalité considérable, principalement chez les pins rouges et les pins sylvestres (Pinus sylvestris). Tout au long du milieu des années 1990, il y a eu des cas de cette maladie dans l'ensemble de la presqu'île AvalonNB302. Une infection majeure a détruit la plantation de pins rouges de Tilton Barrens en 1996. Une zone de quarantaine visant à limiter la propagation de la maladie a été établie pour la presqu'île Avalon en 1980, appliquant des restrictions sur tout déplacement de stock de pin dur vers l'extérieur. Pourtant, en 2007, une éclosion de chancre scléroderrien est apparue dans une plantation de pins rouges du centre de Terre-Neuve. Les efforts se poursuivent en vue de mettre en quarantaine l'éclosion et de contrôler toute propagation future de la maladie.

La rouille vésiculeuse du pin blanc (Cronartium ribicola) est une maladie introduite grave qui touche le pin blanc dans toute son aire de répartitionNB303. Elle a été introduite en Amérique du Nord à partir de l'Europe vers 1900 et s'est propagée rapidement dans l'ensemble du nord-est de l'Amérique du Nord par la voie de matériel de pépinière infecté. Cette maladie touche le pin blanc en infectant ses aiguilles et entraîne la formation de chancre pérennant qui ceint les branches et le tronc, causant de la mortalité dans les arbresNB304. Depuis l'introduction de la rouille vésiculeuse du pin blanc dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, la maladie a infecté des pins blancs dans l'aire de répartition entière de l'arbre et les dommages causés ont été dévastateurs. Dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, les populations de pins blancs, qui formaient auparavant une partie dominante du couvert forestier, ont chuté pour ne former qu'une composante mineure de peuplements restreints.

Invertébrés aquatiques envahissants

En 2005, le ministère des Pêches et de l'Aquaculture de Terre-Neuve-et-Labrador, en collaboration avec Pêches et Océans Canada (POC) et la Memorial University of Newfoundland, a lancé un programme de surveillance des espèces aquatiques dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. Ce programme effectue la surveillance d'espèces envahissantes sur une base continue à l'intérieur des ports à risque élevé, des relevés de bouées de navigation, la surveillance des sites d'aquaculture et des relevés semestriels à l'échelle de la province de clubs de navigation de plaisance, des rives et des ports à risque élevé. En 2007, ce programme avait identifié et confirmé quatre espèces aquatiques envahissantes :

Le bryozoaire croûte de dentelle

Le bryozoaire croûte de dentelle, aussi appelé membranipora, est un épiphyte qui encroûte les frondes de diverses espèces de varech macrophyte vivant dans la partie inférieure de la zone intertidale ou dans la zone subtidale et qui cause la fragmentation et la défoliation du varech sous l'action de fortes vaguesNB305 NB306. L'espèce a d'abord été notée dans le golfe du Maine en 1987 où elle est devenue en deux ans l'épiphyte dominant sur le varech Laminaria. En Nouvelle-Écosse, Membranipora a d'abord été vue dans les années 1990NB307. Les ectoproctes ont été remarqués en 2002 à la baie Bonne, à T.-N.-L.; ils ont été découverts plus tard près de l'île Merasheen, dans la baie Placentia, dans le cadre du programme de surveillance des espèces aquatiques en 2005NB308. Depuis 2005, cette espèce a été remarquée en grande quantité dans toutes les régions côtières de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve et a dévasté les peuplements d'algues brunes, qui sont des habitats essentiels pour les poissons au stade juvénile, sur les côtes ouest et sud-ouest de l'île de Terre-Neuve308, NB309.

Le botrylle étoilé

Le botrylle étoilé (Botryllus schlosseri) a été remarqué en 2006 à Argentia, dans la baie Placentia, et a ensuite été vu dans toute la baie Placentia et à Hermitage. Dans les provinces maritimes, ce tunicier colonial est l'une des quatre espèces de tuniciers qui ont une incidence minimale sur l'industrie mytilicole, et pourtant, on considère qu'il présente un risque élevé. Ses répercussions potentielles à Terre-Neuve-et-Labrador ne sont pas connues, donc des contrôles ont été mis en place sur le transfert des moules afin de prévenir le déplacement des tuniciers.

Le botrylloïde violet

Le botrylloïde violet (Botryloides violaceus) a d'abord été découvert en 2007 à Belleoram, dans la baie de Fortune. Ce tunicier colonial a eu un impact à la fois écologique et économique sur l'industrie mytilicole dans les provinces maritimes et a été désigné comme représentant un « risque élevé » par une évaluation nationale des risques. On considère que cette espèce est un organisme considérablement plus salissant que le botrylle étoilé, mais, en même temps, il a une distribution très limitée dans la baie de Fortune. Le Ministère des Pêches et de l'Aquaculture s'emploie, en collaboration avec POC et la Newfoundland and Labrador Aquaculture Industry Association, à évaluer l'incidence potentielle de ces deux espèces de tuniciers à Terre-Neuve-et-Labrador ainsi qu'à fournir des stratégies pour les amenuiser et peut-être les éradiquer.

Le crabe européen

Le crabe européen (Carcinus maenas), ou crabe vert, est d'abord apparu en 2007 dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve à North Harbour, dans la baie Placentia. Cet envahisseur aquatique, qui a retenu l'attention au Canada et dans une grande partie du monde, est sur la liste des 100 pires espèces non indigènes envahissantes dans le mondeNB310. Déjà à partir des années 1950, il constituait un organisme nuisible dans les MaritimesNB311. Cette espèce l'emporte sur les homards et les autres crabes et se nourrit aussi de homards juvéniles. Ailleurs, l'espèce est reconnue pour causer un tort écologique important et détruire les habitats principaux des stocks de mollusques et crustacés et les alevinières des jeunes poissons lorsqu'elle creuse le fond de l'océan. Le crabe européen s'attaque voracement aux mollusques bivalves sauvages et d'élevage tels que les myes, les mactres d'Amérique, les huîtres et les moules.

Le degré de ses répercussions potentielles dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve n'est pas encore clair. Un projet pilote sur l'atténuation des répercussions du crabe européen à North Harbour a été lancé par Fish, Food and Allied Workers Union (FFAW) et financé par le gouvernement provincialNB312. Ce projet comporte à la fois une pêche ciblée du crabe européen et une campagne d'éducation du public, et a pour but de recueillir des renseignements afin d'aider les gouvernements fédéral et provinciaux de même que l'industrie à prévenir la propagation du crabe européen à d'autres endroits.

En plus des espèces ci-dessus, le programme de surveillance des espèces aquatiques surveille étroitement les rives des envahisseurs à risque élevé qui ne sont pas actuellement détectés dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve afin de prévenir des invasions potentielles dans le futur. Ces espèces non détectées à risque élevé comprennent l'ascidie jaune (Ciona intestinalis), le codium (Codium fragile), l'ascidie plissée (Styela clava) et l'espèce Didemnum, entre autres.

Dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, la baie Placentia est une région présentant un risque particulièrement élevé en ce qui concerne l'introduction d'espèces aquatiques non indigènes, car elle est une plaque tournante pour la pêche et le transport commerciaux et c'est là que se trouve la plus grande zone portuaire de manutention de produits pétroliers au Canada (Come by Chance, Terre-Neuve-et-Labrador). Au total, 564 entreprises de pêche commerciale, 870 navires et 12 usines de transformation sont établis dans ses ports. Il y a de la construction maritime dans plusieurs de ses multiples ports et la baie fournit également un lien de transport et d'expédition au Canada continental (c.-à-d. à North Sydney, en Nouvelle-Écosse) et aux collectivités côtières.

Poisson envahissant

Les écosystèmes d'eau douce dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve ont connu relativement peu d'introductions de poisson par rapport à de nombreuses autres régionsNB313. L'ichtyofaune indigène d'eau douce de l'île de Terre-Neuve se compose de 15 espèces. Trois espèces de salmonidés ont été introduites avec succès dans l'écozone+ durant les années 1880 afin de tenter d'augmenter les stocks pour les pêches en eaux douces : la truite de mer (Salmo trutta), la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) et le grand corégoneNB314. Cette dernière espèce n'a que deux populations établies près de St. John's et n'est pas envahissante à Terre-Neuve. Les individus qui s'échappent des aquacultures sont aussi abondants dans l'environnement marin et peuvent représenter une menace pour les espèces indigènes de poissons, mais l'état de ces populations n'est pas connuNB315.

Dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, la truite de mer a étendu son aire de répartition des sites d'ensemencement originaux, développé des migrations anadromes et établi des populations dans l'ensemble de la presqu'île Avalon et dans la baie Trinity. Elle a aussi colonisé de nouveaux cours d'eau de la péninsule de Burin jusqu'à Cape Freels. Les populations de truite de mer ont le dessus sur les populations d'omble de fontaine et de saumon atlantique (Salmo salar) en ce qui a trait à l'habitatNB316 NB317. L'hybridation de la truite de mer avec le saumon atlantique, ou, rarement, avec l'omble de fontaine menace encore davantage les espèces indigènes.

La distribution de truites arc-en-ciel s'est également agrandie par rapport aux sites d'ensemencement originaux. L'espèce a développé des migrations anadromes et est commune dans certains systèmes de la presqu'île Avalon et dans les systèmes de rivière distincte de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. Dans certaines régions, elle a déplacé l'omble de fontaine indigène. De plus, la truite arc-en-ciel juvénile prise les mêmes habitats et la même nourriture que le saumon juvénile, ce qui cause des interactions négatives entre les deux espèces, NB318.

En plus des incidences sur le plan génétique et concurrentiel, le fait d'être la proie à la fois de la truite de mer et de la truite arc-en-ciel a eu des répercussions sur les populations de poissons indigènes et a entraîné des effets irréversibles sur les populations de salmonidés là où ils ont été introduits dans l'ensemble de l'Amérique du NordNB319.

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Contaminants

Constatation clé 11
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Dans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.

Écozone+ du Bouclier boréal

Contamination par le mercure

Le mercure est un contaminant central pour l'écozone+ du Bouclier boréal en raison des effets neurotoxiques qu'il peut avoir sur les organismesNB320 et du fait que l'activité anthropique au 20e siècle a triplé la quantité de mercure (Hg) dans l'atmosphère et à la surface des océans par rapport à la concentration de fond mondialeNB321. Le méthylmercure (MeHg), une forme organique, demeure dans le biote plus efficacement que le Hg inorganique. Le MeHg, qui présente un facteur de bioaccumulation de 10 millions, s'accumule dans les espèces d'organismes vivants aux plus hauts niveaux trophiquesNB322, faisant en sorte que la teneur en Hg dans le poisson est beaucoup plus élevée que les concentrations retrouvées dans l'eau environnante. Les humains et la faune dont l'apport alimentaire comprend une grande part de poisson présentent une teneur élevée en Hg ainsi que des effets néfastes sur la santéNB323 NB324.

Les concentrations de mercure dans l'air à l'intérieur ou à proximité de l'écozone+ du Bouclier boréal ont diminué (de -5,1 % à -10,4 %) entre le milieu ou la fin des années 1990 et 2005NB325. Cependant, étant donné une grande variabilité interannuelle, aucun changement concernant le dépôt atmosphérique de Hg n'a été mesuré à la région des lacs expérimentaux (RLE) au nord-ouest de l'Ontario, une station de surveillance à long terme du Hg depuis 1992 (Figure 54)NB326. De la même manière, on n'a détecté aucun changement des concentrations de Hg dans les précipitations à une station de surveillance au nord-est du Québec entre les années 2000 à 2005NB327. Bien que des tendances observables dans la charge de Hg des lacs puisse être difficiles à discerner sur une échelle de 5 à 10 ans, plusieurs études ont constaté des élévations de la teneur en Hg dans les sédiments lacustres entre l'ère préindustrielle et l'ère post-industrielle en Amérique du Nord dans l'ensemble de l'écozone+ du Bouclier canadien en Ontario et au Québec (Figure 54)NB328 NB329 NB330.

Figure 54. Dépôt annuel de l'hiver et de la saison des eaux libres (c.­à­d. de la fin du printemps à l'automne) de Hg total de la précipitation en espace découvert dans la région des lacs expérimentaux (RLE) du nord­ouest de l'Ontario de 1992 à 2006.

Pour les années où la pluie n'a pas été recueillie, les eaux libres ont été estimées en vue de l'analyse du Hg total. Les charges totales de Hg pour ces années ont été estimées à l'aide des concentrations moyennes à long terme dans la pluie dans la RLE.

graphique
Source : adapté de Graydon et coll., 2008

Description longue pour la figure 54

Ce graphique à barres montre le dépôt annuel de l'hiver et de la saison des eaux libres de Hg total de la précipitation en espace découvert dans la région des lacs expérimentaux du nord­ouest de l'Ontario de 1992 à 2006. On observe des concentrations particulièrement élevées de dépôt de mercure en 1999 et en 2001.

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Figure 55. Teneurs en mercure de sédiments de l'ère préindustrielle et d'aujourd'hui recueillis dans la zone profonde de 171 lacs du sud et du centre de l'Ontario.

La zone profonde est une zone basse d'un plan d'eau libre intérieur. Elle se trouve sous la partie où la lumière peut pénétrer efficacement et se situe typiquement sous la thermocline, la zone verticale de l'eau pour laquelle la température descend rapidement.

graphique
Source : Mills et coll., 2009

Description longue pour la figure 55

Ce graphique à barres montre les teneurs en mercure de sédiments de l'ère préindustrielle et d'aujourd'hui recueillis dans la zone profonde de 171 lacs du sud et du centre de l'Ontario. Il indique des élévations de la teneur en Hg dans les sédiments lacustres entre l'ère préindustrielle et l'ère post­industrielle en Amérique du Nord dans l'ensemble de l'écozone+ du Bouclier canadien en Ontario et au Québec.

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La foresterie et la construction de barrages dans l'écozone+ du Bouclier boréal ont altéré les écosystèmes, entraînant à leur suite l'élévation des teneurs de Hg dans l'eau et le poisson, puis une diminution dans les années et les décennies qui suivent la perturbation (Figure 56)NB331 NB332 NB333. Dans une étude des réservoirs hydroélectriques du Québec, la construction de barrages a exporté le Hg en aval dans des réservoirs successifs, surtout par des particules en suspension et par le zooplancton, ce qui augmente le niveau de Hg dans le poisson en aval. L'augmentation de MeHg était temporaire, car seulement une partie de la végétation et des sols s'est décomposée aisément : surtout des herbages, des mousses, des lichens, des feuilles et la litière à la surface du sol. Ces composantes se sont décomposées en cinq à huit ans après l'inondation tandis que la majorité de la biomasse forestière inondée, telle que les branches, les troncs et les racines des arbres peut résister à la décomposition pendant jusqu'à 60 ans.

Figure 56. Concentrations moyennes (±95 % IC) du Hg total (μg/g de poids humide) dans le tissu musculaire du grand corégone provenant des réservoirs hydroélectriques du nord du Manitoba.

Diagramme du haut : bassins du lac South Indian (South Bay, région 5). Diagramme du milieu : bassins des rivières Rat et Burntwood (lacs Issett, Rat, Threepoint et Wuskwatim). Diagramme du bas : bassins dans le cours inférieur du fleuve Nelson (lacs Split et Stephens)

graphique
Source : Bodaly, 2007

Description longue pour la figure 56

Cette série de graphiques linéaires montre les concentrations moyennes du mercure total dans le tissu musculaire du grand corégone provenant de trois réservoirs hydroélectriques du nord du Manitoba (le lac South Indian, les rivières Rat et Burntwood, et le cours inférieur de fleuve Nelson). Les graphiques pour le lac South Indian Lake et des rivières Rat et Burntwood montrent un pic de mercure post- inondations, puis un déclin dans les décennies suivantes à des niveaux pré- inondation. Aucune donnée pré- inondationest disponible pour le cours inférieur de la rivière Nelson.

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Les biotes de l'écozone+ du Bouclier boréal qui sont les plus touchés par la teneur élevée en Hg sont les poissons et les mammifères piscivores et les oiseaux qui consomment beaucoup de poisson comme les visons, les loutres et les huardsNB334 NB335 NB336. Les taux de mercure dans les loutres de rivière (Lontra canadensis) (le poisson constitue 90 % de leur diète) dans le centre de l'Ontario peuvent varier d'un facteur supérieur à 10 en raison de différences dans teneur en Hg des poissons dans leur aire de répartition (Figure 57). Les niveaux élevés de mercure (de 0,25 à 2,48 µg/g) sont associés à des effets néfastes sur les huards, y compris un taux moindre de reproduction, un comportement reproducteur anormal, une pousse asymétrique du plumage, une immunosuppression, des niveaux hormonaux altérés et des changements dans la neurochimie du cerveauNB337 NB338 NB339 NB340 NB341 NB342.

Les concentrations de mercure dans le poisson prédateur sont soit demeurées stables ou ont diminué au cours des 20 dernières années dans l'écozone+ du Bouclier boréal de l'Ontario et du ManitobaNB343. Les concentrations de mercure ont également connu un déclin chez les poissons des régions qui étaient auparavant contaminées par des sources ponctuelles (avant les années 1970) au cours des 25 dernières années (Figure 58)NB344. Bien que les niveaux de Hg aient diminué dans cette région, plusieurs autres espèces de plusieurs lacs présentent encore des concentrations au-dessus des niveaux qui sont considérés comme sécuritaires pour une consommation fréquente. Certaines espèces normalement non piscivores de poissons (p. ex., le grand corégone) en aval des projets hydroélectriques avaient des teneurs en mercure qui s'approchaient des valeurs qu'on s'attendrait à voir chez les espèces naturellement piscivores (p. ex., le grand brochet). Ces poissons non piscivores consommaient des poissons assommés après leur passage dans les turbinesNB345.

Figure 57. Niveaux de mercure (poids sec) dans les poils de loutres âgées de 0,5 à 11,5 ans provenant de cantons en Ontario.

Les barres d'erreur illustrent un écart-type de ±1.

graphique
Source : adapté de Mierle et coll., 2000

Description longue pour la figure 57

Ce graphique linéaire montre les informations suivantes :

Niveaux de mercure (poids sec) dans les poils de loutres âgées de 0,5 à 11,5 ans provenant de cantons en Ontario.
ÂgeConcentration
de mercure
(mg/kg)
Écarte-
type de ±1
0.54.650.92
1.513.61.71
2.518.452.33
4.516.950.21
6.57.20.99
7.58.3 -
8.57.775.49
9.59.258.13
10.515.663.99
11.57.2 -

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Figure 58. Concentrations de mercure chez le doré jaune provenant de quatre lacs, selon l'année de récolte et la distance du lac de récolte de la source ponctuelle de contamination, 1973, 1985, 1989 et 2003.

graphique
Source : Kinghorn et coll., 2007

Description longue pour la figure 58

Ce graphique linéaire montre les concentrations de mercure chez le doré jaune provenant de quatre lacs, selon l'année de récolte et la distance du lac de récolte de la source ponctuelle de contamination en 1973, 1985, 1989 et 2003. Les graphiques indiquent que les concentrations de mercure étaient plus la distance plus courte de Dryden. Les concentrations de mercure dans les poissons ont diminué de tous les quatre lacs depuis 1973, les plus fortes baisses en le lac Clay et le lac Ball.

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Il est possible que les populations de poissons, d'oiseaux et de mammifères dans la région du Québec de l'écozone+ du Bouclier boréal ne risquent pas de subir les effets toxiques de la bioaccumulation de mercure puisqu'on ne s'attend pas à ce que les augmentations causées par les projets hydroélectriques atteignent les seuils observés dans l'écozone+ des plaines boréales et l'écozone+ du Bouclier de la taïga, NB346. En revanche, certains réservoirs ont connu un « essor biologique » à la suite de la libération d'éléments nutritifs associée à l'inondation. Cette augmentation de la biomasse vers le haut de la chaîne alimentaire, du plancton au poisson puis à ses prédateurs, améliore la densité, les conditions et les taux de croissance de certaines espèces après la retenue. Dans tous les milieux modifiés, la qualité de l'eau est demeurée adéquate pour la vie aquatique, le rétablissement des concentrations de mercure aux niveaux précédant la retenue s'est produit en 5 à 15 ans et la quantité accrue d'éléments nutritifs a eu des effets positifs sur la chaîne alimentaire aquatiqueNB347. L'élévation temporaire des taux de mercure dans le poisson ne dépassait également pas les seuils au-delà desquels des effets peuvent être observés chez les humains, surtout si l'on considère que le taux de consommation de poisson dans la région est basNB348.

Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : contaminants

Pollution par le pétrole

Le pétrole et ses produits présentent un risque de contamination pour les côtes de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, tenant compte du taux accru de développement de l'industrie des hydrocarbures extracôtiers (p. ex., le développement des champs pétroliers Hibernia, Terra Nova et White Rose). Les menaces comprennent les déversements accidentels des navires pétroliers, des puits sous-marins ou des pipelinesNB159. En plus des incidents extracôtiers, le déversement accidentel de pétrole ou d'essence sur le rivage durant les activités des raffineries et des pétroliersNB349 NB350 , le retrait et l'évacuation des déchets des navires dans les portsNB351 et les fuites de sources strictement terrestres posent d'autres menaces.

La baie Placentia et la presqu'île Avalon sont peut-être les endroits les plus susceptibles au Canada de connaître un incident de contamination par les hydrocarbures dans les 10 prochaines annéesNB352. La baie Placentia reçoit actuellement le plus gros volume de circulation maritime le long de la côte atlantique canadienne, et est exposée à des décharges accidentelles ou intentionnelles de produits pétroliers par la circulation maritime. En particulier, les plages d'Arnold's Cove et de Come by Chance sont considérées comme les plus vulnérables à une contamination par le pétrole. La circulation de pétroliers passant par la baie Placentia jusqu'au terminal de transbordement de Whiffen Head et à la raffinerie de pétrole de Come by Chance, située à Arnold's Cove, a augmenté considérablement depuis 1990. De la même manière, la presqu'île Avalon se situe directement à côté d'une route de navigation transatlantique majeure qui relie l'est de l'Amérique du Nord au nord-ouest de l'Europe, et tout près d'exploitations pétrolières extracôtières et de régions d'exploration continueNB353. Des incidents et des poursuites judiciaires associés au déversement de cales chargées d'hydrocarbures par les navires au large, de même que les conséquences sur le littoral, ont été rapportés le long des côtes du cap Race à la baie Placentia NB354 NB355.

Eaux usées domestiques

Les eaux usées domestiques constituent une grave forme de pollution dans de nombreux milieux côtiers de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. Cela est particulièrement vrai dans les ports où la circulation avec la haute mer est limitée, comme les côtes qui ont des ports très reculés reliés à la haute mer par des voies d'accès étroites et courbes. Corner Brook, Marystown, Burin Bay Arm, St. Alban's, Terrenceville, et St. John's sont des ports qui ont des problèmes d'eaux usées. Le port de St. John's est confronté à des taux insuffisants de chasse d'eau dans la haute merNB356 NB357. À des profondeurs dépassant 20 m, les eaux du port sont pratiquement stagnantes et le débit de la rivière Waterford n'est pas suffisant pour chasser l'échancrure.

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Charge en éléments nutritifs et efflorescences algales

Constatation clé 12
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les apports d'éléments nutritifs aux systèmes d'eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l'agriculture, ont entraîné la prolifération d'algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d'éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d'autres.

Écozone+ du Bouclier boréal

L'azote résiduel dans le sol (ARS) est une variable indiquant la quantité d'azote inorganique qui reste dans le sol, par hectare, après la récolte des culturesNB358. L'écozone+ du Bouclier boréal contient une proportion relativement petite de terres agricoles étant donné sa taille (9 200 km2, représentant seulement 1,5 % des terres agricoles du Canada en 2006); cependant, entre 1981 et 2001, les apports d'azote ont augmenté de 82,4 à 109 kg N/ha et ont ensuite diminué à 107 kg N/ha de 2001 à 2006. La plus grande partie des apports d'azote provenait des cultures de légumineuses (59,8 kg N/ha), suivies de l'engrais (21,3 kg N/ha) et du fumier (20,3 kg N/ha)NB359. L'accroissement de la fixation de l'azote était le résultat d'une hausse dans le secteur des cultures de légumineuses sur une période de 25 ans. Entre 1981 et 2006, les pertes d'azote ont augmenté de 62,6 à 74,0 kg N/ha. L'ARS a plus que doublé de 1981 à 2001, d'un minimum de 19,8 kg N/ha à un maximum de 43,4 kg N/ha, puis a diminué pour atteindre 33,0 kg N/ha en 2006 (Figure 59).

Figure 59. a) Apport et perte d'azote et azote résiduel dans le sol (ARS) et b) quantité d'azote provenant du fumier, de l'engrais et de la fixation par les récoltes de légumineuses dans l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1981 à 2006.

L'apport d'azote provenant du fumier représente la valeur nette d'azote minéral appliqué au sol ou libéré par la minéralisation de l'azote organique sur trois ans.

graphique
Source : Drury et coll., 2011

Description longue pour la figure 59

Ces deux graphiques linéaires montrent les informations suivantes :

a) Apport et perte d'azote et azote résiduel dans le sol (ARS) dans l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1981 à 2006.
AnnéeApporte d'azote - kg/haPerte d'azote - kg/haAzote résiduel dans le sol - kg/ha
198182.462.619.8
198695.173.122
199191.862.429.4
199698.670.128.5
200110965.643.4
20061077433
b) quantité d'azote provenant du fumier, de l'engrais et de la fixation par les récoltes de légumineuses dans l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1981 à 2006.
AnnéeApporte d'azote du fumier - kg/haAzote d'engrais - kg/haFixation d'azote par les légumineuses - kg/ha
198119.215.541.6
198620.820.847.5
199120.821.743.5
199620.820.851
200120.723.559.3
200620.321.359.8

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Les régions à risque d'une faible teneur d'ARS sont demeurées stables de 1981 à 2006. Des apports importants par les récoltes de légumineuses et une forte utilisation d'engrais dans le sud-est du Québec et en Ontario au nord des basses terres du Saint-Laurent ont eu pour effet une augmentation dans la classe de risque en 2006 pour les régions qui étaient déjà à risque moyen ou élevé en 1981 (Figure 60).

Figure 60. Carte a) des classes de risque pour l'azote résiduel dans le sol (ARS) en 2006 et b) des changements dans les classes de risque de l'ARS de 1981 à 2006 pour les terres agricoles dans l'écozone+ du Bouclier boréal.

< 10 kg N/ha = risque très faible (vert foncé), de 10 à 19,9 kg N/ha = risque faible (vert pâle), de 20 à 29,9 kg N/ha = risque moyen (jaune), de 30 à 39,9 kg N/ha = risque élevé (orange) et > 40 kg N/ha = risque très élevé (rouge).

carte
Source : Drury et coll., 2011

Description longue pour la figure 60

Cette figure contient deux cartes. La première montre cinq catégories de risques d'ARS (0,0-9,9; 1,0-19,9; 20,0-29,9; 30,0-49,9 ; et ≥ 40,0 kg N/ha). La moitié sud de l'écozone+ se caractérise par des zones de risques faibles, moyens et élevés des catégories ARS, alors que la moitié nord a seulement une zone de niveau de risque élevé (≥ 40,0) dans l'ouest. La deuxième carte montre que presque tout le territoire classé a augmenté à un niveau de risque plus élevé.

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La charge en éléments nutritifs engendre l'eutrophisation des systèmes aquatiques. Les algues prolifèrent en présence d'un excédent d'éléments nutritifs et consomment davantage d'oxygène. Cela crée l'hypoxie, soit l'appauvrissement en oxygène de l'eau, ce qui change la composition de la communauté. Par exemple, le nombre de lacs et de cours d'eau touchés par les algues bleu-vert dans la portion de l'écozone+ du Bouclier boréal située au Québec a augmenté, passant de moins de 10 en 2004 (données non publiées) à plus de 70 chaque année depuis 2007 (Figure 61)NB360. La région géographique pour cette tendance chevauche l'écozone+ des plaines à forêts mixtes, ce qui peut fausser la tendance indiquée pour l'écozone+ du Bouclier boréal.

Figure 61. Nombre de lacs et de cours d'eau (en piles) dans lesquels des algues bleu­vert ont été relevées pour les unités administratives du Québec situées dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 2006 à 2012.

Remarque : Ces résultats chevauchent ceux de l'écozone+ des plaines à forêts mixtes.

graphique
Source : Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, 2009

Description longue pour la figure 61

Ce graphique à barres empilées montre le nombre de lacs et de cours d'eau dans lesquels des algues bleu­vert ont été relevées pour les sept unités administratives du Québec situées dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 2006 à 2012. Le nombre de lacs et de cours d'eau touchés par les algues bleu­vert dans la portion de l'écozone+ du Bouclier boréal située au Québec a augmenté, passant de moins de 40 en 2006 à plus de 70 chaque année depuis 2007. Le pic était en 2007 avec près de 110 lacs et rivières touchées. L'unité administrative Laurenides a le plus grand nombre de rivières et de lacs touchés dans toutes les années.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : charge en éléments nutritifs et efflorescences algales

L'écozone+ Boréale de Terre-Neuve arrivait en deuxième place pour la plus petite surface de terres agricoles (soit 210 km2) des écozones+ agricoles en 2006. Les terres agricoles situées dans le centre ouest et le nord de l'écozone+ faisaient partie des classes à très haut risque, tandis que les régions du sud-est présentaient un risque allant de très faible à élevé (Figure 62).

Figure 62. a) Apport et perte d'azote et azote résiduel dans le sol (ARS) de 1981 à 2006, b) carte des changements d'ensemble dans les classes de risque d'ARS de 1981 à 2006 et c) carte des classes de risque en 2006 pour les terres agricoles dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve.

graphique et carte
Source : Drury et coll., 2011

Description longue pour la figure 62

Ce graphique à barres et deux cartes montrent l'apport et la perte d'azote ainsi que l'azote résiduel dans le sol de 1981 à 2006. La première carte montre les changements d'ensemble dans les classes de risque d'ARS de 1981 à 2006; la deuxième carte montre les classes de risque en 2006 pour les terres agricoles dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve. Les terres agricoles situées dans le centre­ouest et le nord de l'écozone+ faisaient partie des classes à très haut risque, tandis que les régions du sud­est présentaient un risque allant de très faible à élevé. Le graphique à barres montre les informations suivantes :

a) Apport et perte d'azote et azote résiduel dans le sol (ARS) de 1981 à 2006, b) carte des changements d'ensemble dans les classes de risque d'ARS de 1981 à 2006 et c) carte des classes de risque en 2006 pour les terres agricoles dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve.
AnnéeApporte d'azote - kg/haPerte d'azote - kg/haAzote résiduel dans le sol - kg/ha
198150.72020.1
198683.541.241.2
199172.732.132.1
199611547.947.7
20011065453
200610253.853.6

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Les apports d'azote ont doublé en 15 ans (de 50,7 kg N/ha en 1981 à 115 kg N/ha en 1996) puis ont diminué à 102 kg N/ha en 2006 (Figure 62). Le fumier était la plus grande source d'azote en 1981, se situant à 23,8 kg N/ha par rapport à 11,3 kg N/ha pour l'engrais et à 13,6 kg N/ha pour la fixation par les cultures de légumineuses. Cependant, en 2006, la fixation par les légumineuses (37,7 kg N/ha) et l'ajout de fumier (34,5 kg N/ha) ont contribué à des quantités similaires d'azote dans les terres agricoles tandis que l'engrais était la plus petite de ces trois sources d'azote avec 28,1 kg N/ha. Les pertes d'azote sont passées de 30,6 kg N/ha en 1981 pour atteindre 48,4 kg N/ha en 2006 (Figure 62). Les niveaux d'ARS augmentaient généralement avec le temps d'un minimum de 20,0 kg N/ha en 1981 à 53,8 kg N/ha en 2006 (Figure 62).

Des classes de risque basées sur le niveau d'ARS présent dans le sol à la fin de la saison de croissance ont été attribuées aux terres agricoles et la partie des terres dans chaque classe de risque a été placée dans un diagramme pour les régions agricoles de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. Les terres agricoles situées dans le centre ouest et le nord de l'écozone+ faisaient partie des classes à très haut risque, tandis que les régions du sud-est présentaient un risque allant de très faible à élevé (Figure 62). Les terres agricoles du centre ouest et de l'est de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve ont grimpé d'au moins une classe de risque entre 1981 et 2006 (Figure 62).

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Dépôts acides

Constatation clé 13
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les seuils d'incidence écologique des dépôts acides, notamment ceux des pluies acides, sont dépassés dans certaines régions; les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses parties du pays et la récupération sur le plan biologique ne se déroule pas au même rythme que la réduction des émissions dans d'autres régions.

Écozone+ du Bouclier boréal

Les dépôts acides sont en grande partie causés par les émissions de dioxyde de soufre (SO2) et d'oxydes d'azote (NOx) qui peuvent être transformées en polluants secondaires secs ou humides tels que l'acide sulfurique (H2SO4), le nitrate d'ammonium (NH4NO3) et l'acide nitrique (HNO3) alors qu'ils sont transportés dans l'atmosphère sur des distances allant des centaines à des milliers de kilomètresNB361. Les dépôts acides sont généralement associés à la fusion, à d'autres processus industriels et à la génération thermique d'énergie électrique. Plus récemment, de nouvelles sources d'acide entraînant des dépôts acides sont apparues, notamment la production et le transport de pétrole et de gaz. Les dépôts acides peuvent avoir un effet sur les lacs, les cours d'eau, les sols, les forêts, les édifices et la santé humaineNB362. Les sols sensibles reposent généralement sur un substrat rocheux granitique insoluble et sont recouverts d'une mince couche de sols d'origine glaciaire, qui peut être absente; ces conditions sont observées partout dans l'écozone+ du Bouclier boréal.

De 1990 à 2005, les concentrations les plus élevées de dépôts acides se trouvaient dans la portion sud de l'écozone+ du Bouclier boréal en Ontario et au Québec, car les sources d'émission sont concentrées dans le sud-est du Canada et dans l'est des États-Unis. Cette partie de l'écozone+ recevait plus de 20 kg humides de sulfate/ha/année en 1990, mais cette quantité s'est abaissée à 10 à 15 kg/ha/année en 2005NB363. Les parties ouest et est de l'écozone+, qui sont moins touchées par les émissions de SO2, ont connu peu de changement dans leurs dépôts acides humides (5 kg/ha/année ou moins). Les dépôts humides de nitrate ont également connu un déclin entre 1990 et 2005 dans la partie sud de l'Ontario et du Québec située dans l'écozone+ du Bouclier boréal. En comparaison avec le sulfate, le degré de changement était modeste (de > 18 kg/ha/année de nitrate à 12 à 15 kg/ha/année).

Le travail effectué et les connaissances acquises durant les premières années de la science des dépôts acides en Amérique du Nord (soit dans les années 1980) ont provoqué une action politique visant à réduire le SO2 (et plus tard les NOx). Cette action a culminé avec l'Accord Canada – États-Unis sur la qualité de l'air de 1991NB364. Les émissions totales de SO2 du Canada et des États-Unis ont diminué d'environ 45 % (de 28 à 15,4 Mt) entre 1980 et 2006NB365. Plus de la moitié des réductions en SO2 dans l'est du Canada se sont produites dans les fonderies des métaux primaires de Sudbury, en Ontario et à Rouyn-Noranda, au Québec, deux villes situées dans l'écozone+ du Bouclier boréal. De la même manière, de 1980 à 2006, les émissions canado-américaines totales de NOx ont diminué d'environ 19 % (de 22,7 à 24 Mt), quoique la majeure partie de ces réductions s'appliquait à des sources américaines. On pourrait voir des réductions supplémentaires alors que l'Ontario met en œuvre des politiques progressives d'énergie verte telles que l'élimination progressive de la génération thermique d'énergie électriqueNB366.

Charges critiques et excédents

La charge critique est le niveau maximum de dépôts de soufre et d'azote qui peuvent se produire tout en maintenant l'intégrité des écosystèmes aquatiques et forestiersNB367. Les dépôts acides et les charges critiques d'un écosystème peuvent se comparer au calcul de l'« excédent ». L'excédent peut être positif (ce qui signifie que les lacs ou les sols forestiers reçoivent trop de dépôts acides) ou négatif (les lacs ou les sols pourraient absorber plus de dépôts acides sans effets néfastes). Il peut y avoir un excédent positif lorsque des sols extrêmement sensibles (qui ont une charge critique faible) reçoivent une petite quantité de dépôts acides ainsi que quand des sols moins sensibles reçoivent une grande quantité de dépôts acides. L'excédent en état d'équilibre est la valeur maximale qui serait obtenue dans le futur (au niveau « actuel » de dépôts) si l'écosystème aquatique ou terrestre devenait saturé en azoteNB62. La Figure 63 illustre la variation spatiale des excédents en état d'équilibre qui sont observés dans l'ensemble de l'écozone+ du Bouclier boréal. Les terres sensibles aux acides se reflétaient dans la géologie locale et, en général, 38,9 % (730 000 km2) de l'écozone+ du Bouclier boréal se situait dans les quatre classes de charge critique les plus sensibles et les plus basses.

Les plus hauts excédents en état d'équilibre ont été calculés dans les régions de dépôts acides maximaux, soit le centre-sud de l'Ontario et le sud-ouest du Québec, de même que près des sources locales telles que les fonderies de métaux primaires à Flin Flon et à Thompson, au Manitoba (Figure 67). Sauf pour la partie nord-est de l'écozone+, on remarque des excédents positifs à l'état d'équilibre (les quatre classes de couleurs « plus chaudes ») dans 25 % (470 000 km2) de l'écozone+ du Bouclier boréal (Figure 67).

Figure 63. Excédents de charge critique à l'état d'équilibre calculés en utilisant les dépôts totaux estimés « actuels » de soufre et d'azote, selon les meilleures données disponibles en 2009.

carte
Source : Jeffries et coll, 2010NB368

Description longue pour la figure 63

Cette carte de l'écozone+ du Bouclier boréal montre que les dépassements à état stable sont principalement de -300 à -100 eq/ha/an dans l'ensemble de l'écozone. Des parcelles de -300 à <-600 eq/ha/an se produisent dans les régions du nord de l'écozone+ et la portion de celle-ci au nord-est des Grands Lacs en Ontario et au Québec se caractérise par 300-600 et >=600 eq/ha/an.

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Tendances concernant les écosystèmes aquatiques

De nombreux lacs situés dans l'écozone+ du Bouclier boréal sont sensibles aux dépôts acides; ceux du Québec et de l'Ontario ont déjà subi des altérations chimiques et ne se sont pas rétablis malgré des réductions d'émissionsNB369. Lorsqu'on réfléchit à l'historique des émissions de SO2 des fonderies locales en Ontario et au Québec, on se rend compte que le taux de changement du soufre était souvent plus élevé dans les années 1970 et 1990 que dans les années 1980. Bien que les lacs du Manitoba et de la Saskatchewan soient également sensibles, ils ne montrent pas encore les effets des dépôts acides. Cela pourrait changer avec le maintien ou la croissance des polluants acidifiants émis par les fonderies au Manitoba et les activités d'exploitation des sables bitumineux en AlbertaNB370 NB371, en raison de leur capacité tampon, les lacs de la région de l'écozone+ du Bouclier boréal située au Manitoba sont les moins susceptibles de subir les effets des dépôts acides.

À l'intérieur de l'écozone+ du Bouclier boréal, les tendances concernant les dépôts acides de 1990 à 2004 ont été rapportées pour 28 lacs du sud-ouest du Québec, 72 lacs de la région de Sudbury en Ontario et 80 lacs dans le reste de l'Ontario. Le sulfate, qui va de -1,6 µeq/L/année (en Ontario) à -4,1 µeq/L/année (dans la région de Sudbury), a diminué (p < 0,05) pour les trois groupes. Il n'y a aucune tendance concernant le nitrate pour ces groupes. Les cations basiques (surtout dissous dans le calcium), qui vont de -1,4 µeq/L/année (au Québec) à -3,6 µeq/L/année (dans la région de Sudbury) ont compensé pour la baisse de sulfates. Les tendances relatives aux concentrations alcalines des lacs étaient positives, mais beaucoup plus petites en grandeur absolue, s'établissant de +0.2 µeq/L/année (en Ontario, p > 0,05) à +0.9 µeq/L/année (dans la région de Sudbury, p < 0,05). En général, les lacs des régions de l'écozone+ du Bouclier boréal recevant le plus de dépôts acides ont réagi aux déclins des dépôts, mais le rétablissement de leur alcalinité (pH) accusait un retard. Une partie de ce retard s'explique par la compensation chimique fournie par la diminution des concentrations de cations basiques, un effet géochimique prévisible mais temporaire. D'un autre côté, les concentrations à la baisse de calcium dans les lacs de l'Ontario s'approchent de niveaux qui menacent la viabilité d'espèces clés du zooplanctonNB372 et le rétablissement des lacs pourrait être lent et possiblement incompletNB373.

Il n'a pas été possible d'estimer les tendances concernant la chimie des précipitations en Saskatchewan en raison d'un échantillonnage insuffisant. Afin d'aborder cette restriction, le ministère de l'Environnement de la Saskatchewan a lancé un programme de collecte de précipitation. De 2007 à 2011, le ministère a évalué la sensibilité aux acides pour 259 lacs tributaires dans le nord-ouest de la Saskatchewan, tous situés dans un rayon de 300 km de la région des sables bitumineux d'Athabasca en AlbertaNB374. Du fait des conditions géologiques et météorologiques de cette région, 68 % des lacs étudiés ont été classés comme sensibles ou très sensibles aux dépôts acides en raison de leur faible capacité tamponNB375.

Éffets de l'acidification sur les écosystèmes aquatiques

L'acidification touche les algues, les invertébrés, les poissons et les sauvagines par les effets directs de l'acidité, la toxicité du métal, la perte des proies et la valeur nutritive réduite des proies qui restentNB376. Bien que certaines espèces tolérantes à l'acide (p. ex., certaines libellules) ont tendance à être plus abondantes dans des conditions d'acidité élevée (c.-à-d. au-dessous de pH 5,5), l'abondance d'autres invertébrés, en particulier les éphéméroptères et les mollusques, est réduite dans ces conditions (Figure 64). Les invertébrés de grande taille constituent une nourriture importante pour les sauvagines reproductrices ainsi qu'une nutrition essentielle et une source d'énergie pour les femelles nicheuses et leurs petits. Le taux de réussite de la reproduction du plongeon huard est particulièrement affecté par les changements d'acidité dans les lacs et les répercussions au réseau alimentaire connexe. De nombreuses espèces de poisson sont sensibles à l'acidification et peuvent subir des taux moindres de recrutement et de croissance, une accumulation accrue de métaux toxiques et des réponses dégradées contre les prédateurs dans les lacs soumis à un stress acide. La richesse des espèces de poisson a diminué dans les lacs du sud du Canada présentant des taux de pH de 5,0 à 5,9NB377 NB378.

Figure 64. Graphique d'une fonction en escalier modélisant la relation entre le pH et la richesse des espèces de zooplancton.

graphique
Source : Holt et coll., 2003NB379

Description longue pour la figure 64

Ce diagramme de dispersion montre une fonction en escalier modélisant la relation entre le pH et la richesse des espèces de zooplancton. Il montre une augmentation de pH de 8 à 10.

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L'acidification des systèmes aquatiques engendre souvent l'augmentation du méthylmercure. Pour plus de renseignements sur la distribution et les niveaux de contamination au mercure dans l'écozone+ du Bouclier boréal, voir la constatation clé intitulée Contaminants à la page 108.

Un grand nombre des lacs présentant des améliorations biologiques se situaient dans les régions de Sudbury et de Muskoka en OntarioNB380 NB381. Les éphéméroptères sensibles à l'acide ont augmenté en nombre après une réduction de l'acidité dans deux lacs de Sudbury (Figure 65)NB382. Le zooplancton de plusieurs lacs de la région de Sudbury est devenu plus similaire au zooplancton des lacs de référence non acides. La richesse des espèces a augmenté dans trois lacs de l'Ontario, mais a diminué dans un quatrième. Des changements dans les niveaux de phosphore, le déclin de l'acidité et un accroissement du carbone organique dissous ont entraîné des changements dans la composition des communautés de zooplanctonNB383.

Figure 65. Nombre de sites colonisés par les éphéméroptères (Stenacron interpunctatum) (bleu foncé), S. femoratum (bleu pâle) et l'amphipode Hyatella azteca (vert) dans a) le lac George et b) le lac Partridge près de Killarney, en Ontario, entre 1997 et 2002.

Remarque : Les relevés annuels du lac Partridge ont commencé en 1998 pour les éphéméroptères et en 2000 pour les amphipodes. Le nombre total de sites étudiés qui peuvent être colonisés par chaque groupe est indiqué par des lignes tiretées.

graphique
Source : Environnement Canada, 2005, adapté de Snucins, 2003

Description longue pour la figure 65

Ces deux graphiques linéaires montrent le nombre de sites colonisés par les éphéméroptères (Stenacron interpunctatum), S. femoratum et l'amphipode Hyatella azteca dans le lac George et le lac Partridge près de Killarney, en Ontario, entre 1997 et 2002. Stenacron interpunctatum a augmenté d'environ 30 à 100 sites dans le lac George et de 0 à 12 dans le lac Partridge. Aucune tendance est apparente pour les deux autres lacs.

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Le poisson de sport affecté par l'acidification comprend le touladi et l'achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu). Le touladi introduit dans les lacs soumis à un stress acide près de Sudbury et de Killarney, en Ontario, n'a pas évolué favorablement dans les lacs riches en espèces; il présentait une croissance plus lente, un taux de survie inférieur et un recrutement retardéNB384. La biomasse des recrutements naturels de touladi est demeurée bien en deçà des niveaux de référence pendant 5 à 15 ans suivant le rétablissement de la qualité de l'eau et le fraie par les adultes. Au contraire, la réintroduction de l'achigan à petite bouche peut réussir dans les lacs ayant des communautés de poisson riches en espèces. Par exemple, le rétablissement amélioré de la qualité de l'eau et le fraie par le poisson ensemencé ont fait en sorte que la biomasse des recrutements naturels d'achigan à petite bouche a augmenté au niveau de référence des lacs en cinq ans. De nouvelles populations d'achigan à petite bouche, de crapet de roche (Ambloplites rupestris), de crapet-soleil (Lepomis gibbosus) et de doré jaune (Sander vitreus) ont été observées dans des lacs en rétablissement, dont certains ne contenaient pas ces espèces avant l'acidificationNB385.

Le chaulage des lacs est utilisé pour renverser l'acidification et maintenir l'habitat pour l'omble de fontaine aurora (Salvelinus fontinalis timagamiensis), un type d'omble de fontaine indigène à seulement deux lacs dans le monde. Les deux lacs sont situés dans l'écozone+ du Bouclier boréal, à 110 km au nord de Sudbury. L'omble de fontaine aurora a disparu lors de l'acidification de ces lacs dans les années 1960. Des spécimens de cette espèce élevés en captivité ont été réintroduits avec succès après le chaulage en 1989NB386.

Le nombre d'accouplemets de deux espèces de sauvagine piscivores, le plongeon huard et le grand harle (Mergus merganser), ont augmenté dans la portion de l'écozone+ du Bouclier boréal située en Ontario entre la fin des années 1980 et 2002 (voir la section Écozone+ du Bouclier boréal : effets de l'acidification sur les écosystèmes aquatiques à la page 123). Ces oiseaux se retrouvent de plus en plus autour des lacs à faible pH (pH < 5,5), possiblement à cause des conditions qui s'améliorent de façon générale dans la région. Cependant, la productivité de la reproduction chez les plongeons huards a chuté en Ontario (de 1981 à 1999) et dans le parc national du Canada de la Mauricie, au Québec (de 1987 à 2002) (Figure 66). Les petits du plongeon huard n'apprennent pas à voler sur les lacs avec un pH de moins de 4,4 en raison d'un manque de nourriture. Les lacs dont le pH se situe entre 4,4 et 6,0 sont suboptimaux, mais, si leur taille est suffisamment grande, ils peuvent accommoder les petits jusqu'à ce qu'ils prennent leur premier envol. À mesure que les émissions de dioxyde de soufre des fonderies de Sudbury et les dépôts de soufre d'autres sources lointaines diminuaient, on constatait le retour d'un certain succès au chapitre de la reproductionNB387.

Figure 66. Le nombre total de couples reproducteurs de plongeons huards (line tiretée) et de petits (ligne pleine) observé durant les relevés de 76 lacs dans le parc national du Canada de la Mauricie, au Québec, entre 1987 et 2002.

La ligne de régression représente une tendance significative (p = 0,02) concernant le nombre total de petits observés dans le parc.

graphique
Source : Environnement Canada, 2005

Description longue pour la figure 66

Ce graphique linéaire montre le nombre total de couples reproducteurs de plongeons huards et de petits observé durant les relevés de 76 lacs dans le parc national du Canada de la Mauricie, au Québec, entre 1987 et 2002. Pendant cette période, la productivité de la reproduction chez les plongeons huards a diminué significativement (p=0.02).

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve

Un programme de surveillance des pluies acides (le Newfoundland Environment Precipitation Monitoring Network (NEPMoN)) était en place de 1983 à 2004. NEPMoN comportait une série de collecteurs de précipitation humides seulement installés à des sites sélectionnés dans l'ensemble de Terre-Neuve et du Labrador. Le nombre de sites a atteint un maximum de sept en 1995 mais a été réduit à deux en 1996 en raison de financement réduit. En 1998, le programme a été rapporté à cinq sites avec l'appui d'industries provinciales. L'un des sites précédents a été rouvert en plus de l'ouverture de deux nouveaux sites. Les données hebdomadaires humides seulement de précipitation de ces stations ont été utilisées pour compléter les données quotidiennes recueillies aux stations du Réseau canadien d'échantillonnage des précipitations et de l'air (RCEPA) de la province (à la Baie-d'Espoir et à Goose Bay)NB388.

Les dépôts de soufre et de nitrates présentaient une variation spatiale prononcée dans l'îleNB389. Les plus grands dépôts ont eu lieu au coin sud-ouest de l'île avec des quantités de soufre et de nitrates allant en diminuant vers le nord et l'est. Le taux de dépôt du soufre peut avoir diminué depuis 1990, mais le taux de dépôt des nitrates a augmenté. Ces tendances à la baisse peuvent être liées aux mesures de réduction des émissions, mais pourraient tout aussi bien découler des changements dans les régimes climatiques.

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Changements climatiques

Constatation clé 14
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
L'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.

Écozone+ du Bouclier boréal 

De 1950 à 2007, les températures ont augmenté dans l'écozone+ du Bouclier boréal au printemps de 1,7 °C, en été de 1,3 °C et en hiver de 1,8 °C, faisant en sorte que la saison de croissance arrive huit jours plus tôt (Tableau 17 et la Figure 67)NB153. On n'a pas constaté de tendances significatives relativement aux précipitations au printemps, à l'été et en hiver, mais les précipitations ont augmenté de 17 % à l'automne (Figure 68). Des changements majeurs dans la configuration des chutes de neige, vraisemblablement associés à l'accroissement des températures, se sont traduits par une couverture de neige plus mince (-13,7 cm) et la fonte des neiges précoce (10,3 jours) de février à juillet (Figure 69). De plus, les changements relatifs à la chute de neige variaient à l'échelle régionale, produisant moins de précipitations hivernales le long des frontières est et ouest de l'écozone+ et davantage de précipitations hivernales dans la partie centrale de l'écozone+. Ces variations régionales correspondaient également aux changements d'humidité observés durant tout le 20e siècle, comme le précise la constatation clé intitulée Écozone+ du Bouclier boréal : perturbations naturelles à la page 168.

Tableau 17. Résumé des changements dans les variables climatiques de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1950 à 2007
MoteurTendances de 1950 à 2007
Température↑ de 1,7 °C des températures printanières globalement
↑ de 1,3 °C des températures estivales globalement
Aucune tendance significative à l'automne
↑ de 1,8 °C des températures hivernales globalement
Saison de croissanceFaible tendance vers un début précoce de 8 jours de la saison de croissance au printemps
Précipitations↑ de 17 % dans les précipitations à l'automne
Aucune tendance significative au printemps, à l'été ou à l'automne
Aucune tendance significative relative à la quantité de précipitation tombant sous forme de pluie versus sous forme de neige
Neige↓ de 13,7 cm dans l'épaisseur maximale annuelle de neige
Aucune tendance significative dans le nombre de jours présentant une couverture de neige d'août à janvier
Faible tendance vers une fin précoce de la saison de neige de 10,3 jours de février à juillet

Source : Zhang et coll., 2011 et données supplémentaires fournies par les auteurs

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Figure 67. Changement dans les températures moyennes de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1950 à 2007 pour : a) le printemps (de mars à mai), b) l'été (de juin à août), c) l'automne (de septembre à novembre) et d) l'hiver (de décembre à février).

carte
Source : Zhang et coll., 2011 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Description longue pour la figure 67

Cette figure montre une carte de chaque saison dans l'écozone+ du Bouclier boréal avec des icônes représentant les stations de surveillance individuelles qui indiquent une augmentation ou une diminution des températures saisonnières, le degré du changement et établir si les tendances observées étaient importantes. De 1950 à 2007, les températures ont augmenté dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1,7 °C au printemps, de 1,3 °C en été et de 1,8 °C en hiver, entraînant une saison de végétation commençant huit jours plus tôt qu'à la normale. À l'automne, la température de certains sites a diminué, mais aucune de manière importante. Dans l'ensemble de l'écozone+, la température a augmenté entre 0,5 et >3 °C.

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Figure 68. Changement dans les quantités de précipitations mesurées dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1950 à 2007 pour : a) le printemps (de mars à mai), b) l'été (de juin à août), c) l'automne (de septembre à novembre) et d) l'hiver (de décembre à février).

carte
Source : Zhang et coll., 2011 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Description longue pour la figure 68

Cette figure montre une carte de chaque saison dans l'écozone+ du Bouclier boréal avec des icônes représentant les stations de surveillance individuelles qui indiquent une augmentation ou une diminution des précipitations annuelles, le degré du changement et établir si les tendances observées étaient importantes. On n'a pas constaté de tendances significatives relativement aux précipitations au printemps, à l'été et en hiver, mais les précipitations ont augmenté de 17 % à l'automne.

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Figure 69. Changement dans la durée des neiges (le nombre de jours avec ≥2 cm de neige au sol) dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1950 à 2007 dans a) la première moitié de la saison de neige (d'août à janvier), qui indique un changement dans la date de début de la couverture de neige et b) la deuxième moitié de la saison de neige (de février à juillet), qui indique un changement dans la date finale de la couverture de neige.

carte
Source : Zhang et coll., 2011 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Description longue pour la figure 69

Ces deux cartes montrent le changement dans la durée des neiges (le nombre de jours où l'épaisseur de neige au sol est d'au moins 2 cm) dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1950 à 2007 dans la première moitié de la saison de neige (d'août à janvier), qui indique un changement dans la date de début de la couverture de neige, et la deuxième moitié de la saison de neige (de février à juillet), qui indique un changement dans la date finale de la couverture de neige. Des changements majeurs dans la configuration des chutes de neige, vraisemblablement associés à l'accroissement des températures, se sont traduits par une couverture de neige plus mince (­13,7 cm) et la fonte des neiges précoce (10,3 jours) de février à juillet.

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Ces changements climatiques ont eu des effets directs et indirects sur la biodiversité en modifiant les processus hydrologiques, les perturbations naturelles, la productivité primaire et les infestations d'espèces non indigènes. Une augmentation des températures de printemps et d'hiver de même qu'une couverture de neige plus mince et une fonte des neiges précoce ont contribué à la réduction des débits annuels et à un déglacement précoce (voir la constatation clé intitulée Écozone+ du Bouclier boréal : lacs et cours d'eau à la page 58). Les changements climatiques ont également accéléré l'érosion (voir la constatation clé sur les Écozone+ du Bouclier boréal : zones côtières à la page 71) en entraînant des niveaux d'eau plus élevés qui intensifient l'action des vagues, une diminution des glaces qui autrement stabiliseraient les rives et fixeraient les charges sédimentaires, ainsi que des situations de gel et de dégel plus fréquents, qui touchent particulièrement les falaises argileuses. Une augmentation prévue des tempêtes violentes peut aussi faciliter l'érosion côtièreNB168.
Des changements dans les précipitations et les températures sont des facteurs qui contribuent à des incendies plus abondants, précoces et moins intenses au centre du Québec (voir la constatation clé intitulée Écozone+ du Bouclier boréal : perturbations naturelles à la page 168). Ces configurations altérées de perturbations naturelles ont engendré un remplacement considérable des forêts boréales à couvert fermé par des terrains boisés de lichens moins productifs dans la seconde moitié du 20e siècleNB68. Ici, la forêt boréale se retire vers le nord, correspondant ainsi aux changements prévus dans la composition et la structure des écosystèmes en présence d'un climat changeantNB390. Au Québec et dans le sud du Labrador, les changements climatiques de 1985 à 2006 ont été associés à des tendances positives concernant la productivité primaire nette (voir la constatation clé sur la Écozone+ du Bouclier boréal : productivité primaire à la page 166)NB391.

Une expansion de l'étendue des espèces indigènes et envahissantes concorde avec des tendances vers des températures printanières, estivales et hivernales plus chaudes, une saison de croissance qui commence plus tôt ainsi qu'une réduction de l'épaisseur de la neige et de la durée de l'enneigement. L'expansion de 2007 à 2009 des éclosions de l'arpenteuse de la pruche (Lambdina fiscellaria fiscellaria) a nécessité des plans de traitement aux pesticides sans précédent dans le sud du Labrador. Le grand héron (Ardea herodias), le pélican d'Amérique (Pelecanus erythrorhynchos) et quelques espèces d'oiseaux terrestres sylvicoles ont été vus plus fréquemment dans la partie nord de leur aire de répartition et peut-être moins souvent dans la partie sud, ce qui semble indiquer un mouvement vers le nord. L'augmentation de la température de l'eau peut avantager les espèces de poisson d'eaux chaudes telles que l'achigan à petite bouche, possiblement au détriment des espèces de poisson d'eaux froides telles que le touladi. Les espèces non indigènes envahissantes, les parasites et les agents pathogènes s'étendent vers le nord (voir la constatation clé sur les espèces non indigènes envahissantes à la page 93). D'autres espèces, notamment le dendroctone du pin ponderosa (Dentroctonus ponderosae), ont étendu leur aire de répartition jusque dans les écozones+ adjacentes et devraient atteindre l'écozone+ du Bouclier boréal dans les années qui viennent.

Écozone+ Boréale de Terre-Neuve : changements climatiques

On remarque des changements significatifs dans les températures moyennes estivales et automnales dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve (Tableau 18 et la Figure 70). Les quantités de précipitations au printemps, à l'automne et à l'hiver se sont accrues de 0,2 %, tandis que les précipitations d'été n'ont subi aucun changement significatif (Figure 71). Des changements dans les précipitations ont entraîné des fluctuations en ce qui concerne l'écoulement fluvialNB152. Par exemple, le débit d'eau dans la rivière Bay du Nord a augmenté au printemps et diminué en été depuis 1970. Aucun changement n'a été mesuré dans la proportion des précipitations qui tombent sous forme de pluie et sous forme de neige, ou dans la durée de la couverture de neige. Cependant, l'épaisseur maximale annuelle de neige a augmenté de 32,5 cm depuis 1950.

Tableau 18. Résumé des changements dans les variables climatiques de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve de 1950 à 2007.
Variable climatiqueTendances de 1950 à 2007
Température↑ de 1,7 °C des températures estivales globalement
↑ de 1,0 °C des températures automnales globalement
Aucune tendance significative au printemps ou à l'hiver
Saison de croissanceAucune tendance significative concernant le début, la fin ou la durée de la saison de croissance
Précipitations↑ de 0,2 % dans les précipitations printanières
↑ de 0,2 % dans les précipitations automnales
↑ de 0,2 % dans les précipitations hivernales
Aucune tendance significative pour les précipitations estivales
Aucune tendance significative relative à la quantité de précipitation tombant sous forme de pluie versus sous forme de neige
Neige↑ de 32,5 cm dans l'épaisseur maximale annuelle de neige
Aucune tendance significative dans le nombre de jours présentant une couverture de neige
Indice de sécheresseAucune tendance significative

Source : Zhang et coll. 2011 et données supplémentaires fournies par les auteurs

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Figure 70. Anomalies dans les températures moyennes a) durant l'été (de juin à août) et b) durant l'automne (de septembre à novembre) de 1950 à 2007 par rapport aux moyennes de la période de base (de 1961 à 1990) dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve.

Les graphiques montrent les tendances pour l'ensemble de l'écozone+ et les cartes montrent les tendances (p < 0,05) pour les stations individuelles.

graphique et carte
Source : Zhang et coll., 2011 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Description longue pour la figure 70

Cette figure contient un graphique linéaire et une carte de l'écozone+ Boréale de Terre Neuve pour les anomalies de température estivale moyenne et de température automnale moyenne. D'importantes augmentations se sont produites dans les moyennes des températures estivales et automnales dans l'écozone+. Au cours des deux saisons, les températures ont augmenté de manière importante dans cinq emplacements à l'échelle de l'écozone+ au cours de l'été (St. John's + 1,6; St. John's ouest + 2,2; Deer Lake +1,4; Stephenville + 1,0; et Port aux Basques +1), et trois emplacements au cours de l'automne (St. John's +1,0; St. John's ouest + 2.1; et Port aux Basques + 1,2).

Deux graphiques linéaires montrent les informations suivantes :

Anomalies dans les températures moyennes a) durant l'été (de juin à août) et b) durant l'automne (de septembre à novembre) de 1950 à 2007 par rapport aux moyennes de la période de base (de 1961 à 1990) dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve.
AnnéeAnomalie de la temperature moyenne estivale (°C)Anomalie de la temperature moyenne de l'automne (°C)
1950-0.16-0.2
19510.50.5
19521.30.1
1953-0.20.3
19540.0-0.4
1955-0.6-0.2
1956-0.90.3
1957-0.9-0.1
1958-0.8-0.5
1959-0.6-0.3
19600.70.2
19610.62.0
1962-1.60.4
1963-1.50.4
1964-1.4-0.7
1965-0.1-1.0
19660.10.6
19671.91.6
1968-2.20.2
1969-0.1-0.2
19700.70.5
19710.20.3
19720.0-1.1
19730.4-0.4
1974-0.8-0.5
19750.60.2
19760.10.0
19770.50.4
19780.4-1.7
19790.90.3
1980-1.1-0.4
1981-0.20.9
1982-0.8-0.1
19830.30.6
19840.9-0.6
19850.4-1.1
1986-0.4-1.9
19870.10.1
19880.10.6
19891.10.0
19900.80.7
1991-1.50.5
1992-1.3-0.5
1993-1.4-0.5
19940.80.7
1995-0.20.8
19960.6-0.3
1997-0.20.0
19981.10.2
19991.71.0
20001.21.0
20011.31.6
20020.5-0.1
20031.32.9
20041.00.9
20051.11.6
20062.12.0
20071.30.8

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Figure 71. Anomalies des précipitations a) au printemps (de mars à mai), b) à l'automne (de septembre à novembre) et c) à l'hiver (de décembre à février) de 1950 à 2007 par rapport aux moyennes pour la période de base (de 1961 à 1990) dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve.

Les graphiques montrent les tendances pour l'ensemble de l'écozone+ et les cartes montrent les tendances (p < 0,05) pour les stations individuelles.

carte et graphique
Source : Zhang et coll., 2011 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Description longue pour la figure 71

Cette série de cartes et de graphiques linéaires montre les anomalies des précipitations au printemps (de mars à mai), à l'automne (de septembre à novembre) et à l'hiver (de décembre à février) de 1950 à 2007 par rapport aux moyennes pour la période de base (de 1961 à 1990) dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve. Des augmentations importantes se sont produites au cours du printemps à St. Anthony (+84,0 %), Gander (+23,0 %), Corner Brook (+53,1 %) et Port aux Basques (+67,3 %). Au cours de l'automne, des augmentations importantes se sont produites à St. Anthony (+67,3 %) et Gander (+29,4 %). Des augmentations importantes au cours de l'hiver se sont produites à St. Anthony (+77,9 %), Corner Brook (+24,8 %), Stephenville (+33,0 %) et Port aux Basques (+41,3 %). Aucun changement important n'a été signalé pour les précipitations estivales.

Trois graphiques linéaires montrent les informations suivantes :

Anomalies des précipitations a) au printemps (de mars à mai), b) à l'automne (de septembre à novembre) et c) à l'hiver (de décembre à février) de 1950 à 2007 par rapport aux moyennes pour la période de base (de 1961 à 1990) dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve.
Année% Changement dans les precipitations au
printemps
% Changement dans les precipitations a
l'automne
% Changement dans les precipitations en
hiver
1950-13-37-8
195140-19
1952-23-1114
1953-10-21-23
19541-26-3
1955-58-1
1956-5-19-4
1957-30-82
1958-1714-21
1959-31-2-7
1960-7-10-14
1961-9-8-15
1962-883
1963-21-1323
19643-211
1965-6-1316
1966-19-23-11
1967-531
19681-8-14
196914-4-6
19707-7-1
19718-7-4
19721716-16
1973-25-1515
1974343-21
1975717-18
1976-2178
1977-1998
197816-139
1979016-3
1980-328-5
1981923-15
198215-129
198310-79
198418-2015
1985-4-32-8
1986-13-21
1987-141-5
19882108
1989-319-7
1990515-3
1991-41113
19927-14-10
1993251-6
199452814
1995-211015
1996-4-12
19972510
19984114-38
1999-11014
200028218
2001-18-118
2002-2163
2003-3-14-17
200417176
200531217
20064-34
2007-21-110

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Comme le reste du Canada atlantique, Terre-Neuve s'attend à connaître, en raison des changements climatiques, une élévation du niveau de la mer, des tempêtes plus fréquentes, une augmentation de l'intensité des tempêtes, de même qu'une érosion accrue des côtes et des inondationsNB143 NB392.

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Services écosystémiques

Constatation clé 15
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Le Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.

Écozone+ du Bouclier boréal : services écosystémiques

Les écosystèmes procurent les biens directs et les services indirects qui assurent le bien-être des êtres humains à partir d'un milieu naturel et en santé. Ces écoservices comprennent les services d'approvisionnement, de régulation, de soutien et culturels. À la suite du rapport de l'Évaluation de l'écosystème du millénaire de l'Organisation des Nations Unies (ONU) en 2005NB393, l'institut Pembina a déterminé, inventorié et mesuré la pleine valeur économique de nombreux biens et services écologiques fournis par la région boréale du Canada. Ils ont élaboré le Boreal Ecosystem Wealth Accounting System (BEWAS, ou système comptable de la richesse de l'écosystème boréal), un outil servant à mesurer et à produire des rapports sur les conditions physiques et l'entière valeur économique du capital naturel et des écoservices de la région boréaleNB394. La valeur marchande nette était estimée à 37,5 milliards de dollars en 2002 pour l'ensemble des produits tirés de la forêt boréale chaque année. Si l'on en avait tenu compte, ce chiffre aurait représenté 4,2 % du produit intérieur brut (PIB) du Canada en 2002. Le calcul de la valeur marchande nette est basé sur la contribution au PIB du Canada de la récolte du bois, de l'exploitation minière, de l'extraction du pétrole et du gaz et de la production hydroélectrique dans la forêt boréale (62 milliards de dollars) auquel on soustrait une valeur estimée de 11 milliards de dollars en coûts environnementaux (p. ex., les coûts liés à la pollution de l'air) et en coûts sociaux (comme les subventions gouvernementales) associés à ces activités industrielles. Les biens et services non négociables liés aux écosystèmes étaient évalués à 703,2 milliards de dollars (Tableau 19).

Tableau 19. Sommaire des valeurs économiques du capital naturel pour la région boréale du Canada
 Forêts           Milieux humides et tourbièresMinéraux et biens au sous-solRessources en eauProduction de déchetsTOTAL
Valeurs marchandesNote c du tableau 1918,8 G$Note c du tableau 19 -23,6 G$Note c du tableau 1919,5 G$Note c du tableau 19 -62 G$Note c du tableau 19
CoûtsNote a du tableau 19Note d du tableau 19150 M$Note d du tableau 19 -1 G$Note d du tableau 19 -9,9 G$Note d du tableau 1911 G$Note d du tableau 19
Valeurs non marchandesNote e du tableau 19180,1 G$Note e du tableau 19512,6 G$Note e du tableau 19 - - -703,2 G$Note e du tableau 19
ExemplesContrôle des organismes nuisibles par les oiseaux
Activités liées à la nature
Séquestration du carboneNote e du tableau 19
Contrôle des inondations
Séquestration du carbone
Filtration de l'eau
Valeur de la biodiversitéNote e du tableau 19
Dépenses du gouvernement fédéral pour les subventions aux secteurs du pétrole, du gaz et des minesNote d du tableau 19Production hydroélectrique à partir des barrages et des réservoirsNote c du tableau 19Coûts pour la santé humaine liés à la pollution de l'airNote b du tableau 19Note d du tableau 19 -

Source : Anielski et Wilson, 2005NB395

Note du tableau 19

Note [a] du tableau 19

aCeux-ci sont soit des coûts environnementaux ou des coûts sociaux liés aux activités de marché (p. ex., les opérations de l'industrie forestière).

Retour à la référence de la note a du tableau 19

Note [a] du tableau 19

basé sur les estimations de coûts liés à la pollution de l'air de l'Union européenne pour le SO2, les NOx, les PM2.5, et les VOC en 2002.

Retour à la référence de la note b du tableau 19

Note [a] du tableau 19

Les valeurs marchandes sont indiquées

Retour à la référence de la note c du tableau 19

Note [a] du tableau 19

les coûts environnementaux et sociaux

Retour à la référence de la note d du tableau 19

Note [a] du tableau 19

les valeurs non marchandes

Retour à la référence de la note e du tableau 19

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Il existait davantage d'information sur certains services d'approvisionnement et culturels à l'échelle provinciale ou locale. Les données de récolte tirées de la chasse et du trappage ont été utilisées pour déterminer les tendances pour la constatation clé Écozone+ du Bouclier boréal : espèces présentant un intérêt économique, culture ou écologique particulier à la page 150. Certains renseignements de trappage ont été présentés pour déterminer le nombre cumulatif de peaux d'animaux sauvages produites au Québec, en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan de 1970 à 2009NB396. De 1987 à 1988, le rendement du trappage de fourrures a chuté de plus de 50 %, une situation imputable en grande partie à une réduction du nombre de fourrures de rat musqué (Ondatra zibethicus). Ce déclin dans le trappage était sans doute attribuable aux nouvelles méthodes de trappage introduites au Canada dans les années 1980. Il est donc probable que cela ne représente pas les tendances en matière de population. L'Accord sur les normes internationales de piégeage sans cruauté (ANIPSC) a finalement été ratifié par le Canada en 1999 et la mise en œuvre de ses normes s'est achevée en 2007NB397.

Figure 72. a) Nombre total de peaux d'animaux sauvages (représentant toutes les espèces de l'écozone+ qui sont piégées) et b) valeur des peaux d'animaux sauvages piégés par province de 1970 à 2006.

Ces données pour l'ensemble des provinces dépassent les frontières de l'écozone+ du Bouclier boréal.

graphique

Description longue pour la figure 72

Ces deux graphiques linéaires montrent les informations suivantes :

a) Nombre total de peaux d'animaux sauvages (représentant toutes les espèces de l'écozone+ qui sont piégées) et b) valeur des peaux d'animaux sauvages piégés par province de 1970 à 2006.
AnnéeSaskatchewan - Nombre de peauxManitoba - Nombre de peauxOntario - Nombre de peauxQuebec - Nombre de peauxSaskatchewan - Valeur des peauxManitoba - Valeur des peauxOntario - Valeur des peauxQuebec - Valeur des peaux
1970488,334479,562627,050315,474$1,317,392$1,718,773$2,701,572$1,717,537
1971601,315586,820584,882291,230$2,103,166$2,660,191$4,126,759$1,725,003
1972494,377438,618695,668277,016$3,700,948$3,711,269$7,223,667$3,176,130
1973280,709274,953816,836408,514$3,238,386$3,083,021$8,274,317$5,268,871
1974430,027439,380716,066378,689$2,006,580$2,554,766$6,141,910$4,106,794
1975689,442592,353682,294291,647$4,376,192$4,316,986$7,976,545$4,169,987
1976890,414586,911842,212338,371$6,759,941$5,582,231$11,071,467$5,936,322
1977394,577363,949796,481477,105$5,383,245$5,116,082$10,743,316$8,167,582
1978402,673343,892875,920500,782$10,151,264$7,882,404$18,757,757$12,268,935
1979743,735605,0521,070,398477,165$9,126,599$9,615,690$24,407,053$11,407,388
1980743,764636,3161,001,961479,369$8,081,373$8,240,663$19,710,411$11,547,922
1981330,081304,5181,047,017366,401$5,428,900$5,564,487$17,527,478$8,086,831
1982261,165291,0201,021,204339,547$4,092,591$4,314,014$14,345,905$6,707,333
1983280,432332,700760,671352,869$3,960,468$3,783,562$13,042,242$5,902,703
1984307,062298,537852,804459,031$5,099,682$4,784,524$13,913,003$8,137,817
1985330,081230,051837,751521,480$5,007,639$5,061,210$14,368,665$8,872,873
1986409,930353,791921,099546,894$7,577,296$8,070,118$21,579,593$11,009,688
1987488,367391,744890,590542,450$5,741,824$5,393,731$20,165,032$9,768,371
1988145,808107,920453,373260,792$1,810,746$2,259,584$12,215,440$4,824,388
1989100,56468,061298,581208,079$1,330,870$1,563,805$6,708,617$3,875,066
199066,03850,780228,306163,006$789,541$1,125,332$4,916,491$2,941,786
199193,44670,801233,146199,635$1,671,651$1,681,576$5,798,121$4,464,057
199263,60081,102241,800165,288$952,349$1,518,850$3,776,736$2,865,294
199392,651124,250293,035204,607$1,560,095$2,694,985$7,221,486$4,453,439
1994134,469145,920382,608275,006$1,926,981$2,539,053$8,436,189$5,083,371
1995135,474129,826278,315239,947$1,947,951$2,639,452$7,291,282$5,416,260
1996203,403201,277402,931252,115$2,990,893$3,715,834$10,687,323$6,560,865
1997189,014208,766371,165306,256$2,020,258$3,306,965$8,783,252$5,788,852
199882,197100,820307,968239,024$1,100,563$2,037,022$5,016,599$3,327,140
199987,95597,022353,234228,248$1,489,597$1,967,405$5,282,929$4,029,189
200087,209102,003208,640212,354$1,910,908$2,769,982$4,704,859$5,142,799
200198,207110,470298,350263,742$2,210,887$2,440,022$5,425,223$6,693,822
200285,53086,839243,246185,229$1,907,720$2,998,184$5,829,596$4,778,154
200384,68582,421249,483198,635$2,866,141$3,039,009$6,470,349$5,358,261
200462,50580,262269,688208,537$1,687,708$3,108,797$7,397,214$5,413,229
200566,63897,177227,163230,604$2,002,065$3,288,351$7,134,609$8,745,527
2006111,332110,203254,108278,888$2,966,864$2,974,128$4,884,873$5,949,723
200779,12384,060169,719194,652$1,979,235$2,674,633$4,604,285$4,467,322
200864,14475,046166,505210,458$1,185,446$2,002,920$2,619,432$3,702,987
200955,00170,057179,937214,326$1,127,832$1,425,857$3,083,724$3,777,917

Source : Statistique Canada, 2009

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Les peuples autochtones ont observé les changements concernant les bleuets (Vaccinium myrtilloides), le riz sauvage (Zizania aquatica) et le poisson dans l'écozone+ du Bouclier boréal. La croissance du bleuet peut avoir diminué en raison des températures plus chaudes, de la sécheresse et de la suppression d'incendies3, NB398. La répartition et la récolte du riz sauvage ont été altérées par les aménagements hydroélectriques au début des années 1900NB399. On a également rapporté que les changements hydrologiques liés à ces aménagements étaient responsables de changements dans l'écologie des poissons, y compris le comportement de fraieNB400, la présence de certaines espècesNB401 et une réduction globale de la biodiversité des eaux doucesNB402.

Écozone+ Boréale de Terre-Neuve

On n'a trouvé aucune évaluation des biens et services liés aux écosystèmes pour l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. L'orignal est une ressource faunique évaluée par les habitants de Terre-Neuve pour sa valeur esthétique, économique et de subsistance, tandis que la chasse annuelle est une pratique culturelle importante dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve. Plus de 25 000 permis de chasse ont été vendus au cours des cinq dernières années; de ce nombre, jusqu'à 10 % sont allés à des chasseurs non résidentsNB95. Les revenus de chasse et les autres activités touristiques liées à l'orignal injectent plus de 100 millions de dollars annuellement dans l'économie de Terre-Neuve.

Figure 73. a) Nombre total de peaux d'animaux sauvages (représentant toutes les espèces de l'écozone+ qui sont piégées) et b) valeur des peaux d'animaux sauvages piégés à Terre­Neuve­et­Labrador de 1970 à 2009.

Ces données sont provinciales et dépassent les frontières de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve.

graphique
Source : Statistique Canada, 2009

Description longue pour la figure 73

Ces deux graphiques linéaires montrent les informations suivantes :

a) Nombre total de peaux d'animaux sauvages (représentant toutes les espèces de l'écozone+ qui sont piégées) et b) valeur des peaux d'animaux sauvages piégés à Terre­Neuve­et­Labrador de 1970 à 2009.
AnnéeNombre des peaux d'animaux sauvagesValeur des peaux d'animaux sauvages
1970105,738$837,802
197156,129$536,374
197253,095$580,725
197358,093$845,331
197485,728$1,741,204
1975100,094$1,639,825
197693,183$1,902,187
1977120,909$2,371,450
1978112,684$2,831,440
197916,862$489,740
198018,843$572,064
198128,733$776,264
198221,240$550,928
198321,126$696,081
198423,396$772,597
198526,219$728,338
198631,920$1,353,123
198732,521$1,397,502
198816,503$454,565
198917,542$310,361
19908,816$178,341
199115,168$372,534
199211,329$296,535
199312,712$322,813
199419,011$524,533
199516,558$470,936
199622,443$466,764
199720,966$336,374
199820,846$254,835
199924,076$398,137
200018,708$464,085
200124,354$844,512
200221,337$1,013,129
200325,058$962,584
200422,406$717,681
200522,730$1,085,414
200614,965$326,465
200719,722$551,832
20088,636$177,996
200914,687$269,699

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Note de bas de page 355

Canadian Coast Guard. 1999. Prevention of Oiled Wildlife Project. Phase 1: The Problem. Canadian Coast Guard. St. John's, NL.

Retour ai NB 355

Note de bas de page 356

MDS Environmental Services Ltd. 1995. St. John's Harbour Sediment Sample Analyses. MDS Environmental Services Ltd.

Retour ai NB 356

Note de bas de page 357

Oceans Limited. 1996. Fish Health Study of St. John's Harbour. Oceans Limited. 143 p.

Retour ai NB 357

Note de bas de page 358

Drury, C.F., Yang, J., De Jong, R., Huffman, T., Yang, X., Reid, K. et Campbell, C.A. 2010. Azote résiduel dans le sol. Dans L'agriculture écologiquement durable au Canada. Série sur les indicateurs agroenvironnementaux. Rapport n° 3. Eilers, W., Mackay, R., Graham, L. et Lefebvre, A. (éd.). Agriculture et Agroalimentaire Canada. Ottawa, ON. Chapitre 12. pp. 82-88.

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Note de bas de page 359

Drury, C.F., Yang, J.Y. et De Jong, R. 2011. Tendances de l'azote résiduel dans le sol pour les terres agricoles du Canada, de 1981 à 2006. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 15. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. iii + 17 p.

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Note de bas de page 360

Ministère du développement durable, de l'environnement et des parcs. 2009. Bilan des lacs et cours d'eau touchés par une fleur d'eau d'algues bleu-vert au Québec. De 2004 à 2008 [en ligne] (consulté le July 2009).

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Note de bas de page 361

Environnment Canada. 2013. Les pluies acides [en ligne].

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Note de bas de page 362

Environnement Canada. 2005. Évaluation scientifique 2004 des dépôts acides au Canada. Service météorologique du Canada, Gouvernement du Canada. Ottawa, ON. 478 p.

Retour ai NB 362

Note de bas de page 363

International Joint Commission. 2008. Canada-United States air quality agreement 2008 progress report no EPA-430-R-08-013. United States Environmental Protection Agency. Washington, DC . 64 p.

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Note de bas de page 364

Environnment Canada. 1991. L'Accord Canada – États-Unis sur la qualité de l'air .

Retour ai NB 364

Note de bas de page 365

Gouvernements du Canada et des États-Unis d'Amérique. 2008. Accord Canada-États-Unis sur la qualité de l'air : Rapport d'étape 2008. Commission mixte internationale. Ottawa, ON et Washington, DC. 68 p.

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Note de bas de page 366

Dampier, J.E.E., Shahi, C., Lemelin, R.H. et Luckai, N. 2013. From coal to wood thermoelectric energy production: a review and discussion of potential socio-economic impacts with implications for Northwestern Ontario, Canada. Energy, Sustainability and Society 3:1-9.

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Note de bas de page 367

Jeffries, D.S. et Ouimet, R. 2005. Les charges critiques sont-elles dépassées? Dans Évaluation scientifique 2004 des dépôts acides au Canada. Environnement Canada, gouvernement du Canada. Ottawa, ON. Chapitre 8. pp. 341-369.

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Note de bas de page 368

Jeffries, D., Wong, I. et Sloboda, M. 2010. Carte des dépassements constants dans le bouclier boréal pour les sols forestiers ou les lacs. Préparée pour le rapport sur l'état et les tendances de l'écozone du bouclier boréal. Direction générale de la science et de la technologie, Environnement Canada. Carte non publiée.

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Note de bas de page 369

Jeffries, D.S., Weeber, R.C., Wong, I. et Burgess, N.M. 2009. Acid rain section for the Boreal Shield Ecozone+ assessment. Données non publiées.

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Note de bas de page 370

Whitfield, C.J., Aherne, J., Watmough, S.A. et McDonald, M. 2010. Estimating the sensitivity of forest soils to acid deposition in the Athabasca Oil Sands Region, Alberta. Journal of Limnology 69:201-208.

Retour ai NB 370

Note de bas de page 371

Scott, K.A., Wissle, B., Gibson, J.J. et Birks, J.S. 2010. Chemical characteristics and acid sensitivity of boreal headwater lakes in northwest Saskatchewan. Journal of Limnology 69:33-44.

Retour ai NB 371

Note de bas de page 372

Jeziorski, A., Yan, N.D., Paterson, A.M., DeSellas, A.M., Turner, M.A., Jeffries, D.S., Keller, B., Weeber, R.C., McNicol, D.K., Palmer, M.E., McIver, K., Arseneau, K., Ginn, B.K., Cumming, B.F. et Smol, J.P. 2008. The widespread threat of calcium decline in fresh waters. Science 322:1374-1377.

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Note de bas de page 373

Jeffries, D.S., Lam, D.C.L., Wong, I. et Moran, M.D. 2000. Assessment of changes in lake pH in southeastern Canada arising from present levels and expected reductions in acidic deposition. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Science 57:40-49.

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Note de bas de page 374

Saskatchewan Ministry of Environment. 2013. Saskatchewan's 2013 State of the Environment Report. Saskatchewan Ministry of Environment. Regina, SK.

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Note de bas de page 375

Scott, K.A., Wissel, B.J., Gibson, J.J. et Birks, S.J. 2010. Chemical characteristics and acid sensitivity of boreal headwater lakes in northwest Saskatchewan. Journal of Limnology 69:33-44.

Retour ai NB 375

Note de bas de page 376

Jeffries, D.S., McNicol, D.K. et Weeber, R.C. 2005. Effets sur la chimie et le biote aquatiques. Dans Évaluation scientifique 2004 des dépôts acides au Canada. Environnement Canada, gouvernement du Canada. Ottawa, ON. Chapitre 6. pp. 203-278.

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Note de bas de page 377

Jeffries, D.S. 1997. 1997 Canadian acid rain assessment. Volume 3: the effects on Canada's lakes, rivers and wetlands. Service de l'environnement atmosphérique, Environnement Canada. Ottawa, ON. 178 p.

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Note de bas de page 378

Doka, S.E., McNicol, D.K., Mallory, M.L., Wong, I., Minns, C.K. et Yan, N.D. 2003. Assessing potential for recovery of biotic richness and indicator species due to changes in acidic deposition and lake pH in five areas of southeastern Canada. Environmental Monitoring and Assessment 88:53-101.

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Note de bas de page 379

Holt, C.A., Yan, N.D. et Somers, K.M. 2003. pH 6 as the threshold to use in critical load modeling for zooplankton community change with acidification in lakes of south-central Ontario: accounting for morphometry and geography. Journal canadien des sciences halieutiques et aquatiques 60:151-158. doi:10.1139/F03-008.

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Note de bas de page 380

Weeber, R.C., Jeffries, D.S. et McNicol, D. 2005. Le rétablissement des écosystèmes aquatiques. Dans Évaluation scientifique 2004 des dépôts acides au Canada. Environnement Canada, gouvernement du Canada. Ottawa, ON. Chapitre 7. pp. 279-340.

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Note de bas de page 381

Yan, N.D., Paterson, A.M., Somers, K.M. et Scheider, W.A. 2008. An introduction to the Dorset special issue: transforming understanding of factors that regulate aquatic ecosystems on the southern Canadian Shield. Journal canadien des sciences halieutiques et aquatiques 65:781-785. doi:10.1139/F08-077.

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Note de bas de page 382

Snucins, E. 2003. Recolonization of acid-damaged lakes by the benthic invertebrates Stenacron interpunctatum, Stenonema femoratum and Hyalella azteca. Ambio 32:225-229.

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Note de bas de page 383

Yan, N.D., Somers, K.M., Girard, R.E., Paterson, A.M., Keller, W., Ramcharan, C.W., Rusak, J.A., Ingram, R., Morgan, G.E. et Gunn, J.M. 2008. Long-term trends in zooplankton of Dorset, Ontario lakes: the probable interactive effects of changes in pH, total phosphorus, dissolved organic carbon, and predators. Journal canadien des sciences halieutiques et aquatiques 65:862-877.

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Note de bas de page 384

Snucins, E. et Gunn, J.M. 2003. Use of rehabilitation experiments to understand the recovery dynamics of acid-stressed fish populations. Ambio 32:240-243.

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Note de bas de page 385

Snucins, E.J., Weeber, R., Jefferies, D.S. et McNicol, D. 2005. Restoration and Management of Fish Populations. Dans 2004 Canadian Acid Deposition Science Assessment. Environment Canada. Ottawa, Ontario. Chapitre 7.5. pp. 304-306.

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Note de bas de page 386

Équipe de rétablissement de l'omble de fontaine auror. 2006. Programme de rétablissement de l'omble de fontaine aurora (Salvelinus fontinalis timagamiensis) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada. Ottawa, ON. 44 p.

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Note de bas de page 387

Alvo, R. 2009. Common Loon, Gavia immer, breeding success in relation to lake pH and lake size over 25 years. The Canadian Field-Naturalist 123:146-156.

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Note de bas de page 388

Newfoundland and Labrador Department of Environment and Conservation. 2013. Acid rain program [en anglais seulement].

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Note de bas de page 389

Newfoundland and Labrador Department of Environment and Conservation. 2000. Newfoundland Environment Precipitation Monitoring Network (NEPMoN) Report on Activities 1999-2000.

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Note de bas de page 390

Flannigan, M., Logan, K., Amiro, B., Skinner, W. et Stocks, B. 2005. Future area burned in Canada. Climatic Change 72:1-16.

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Note de bas de page 391

Pouliot, D., Latifovic, R. et Olthof, I. 2009. Trends in vegetation NDVI from 1 km AVHRR data over Canada for the period 1985-2006. International Journal of Remote Sensing 30:149-168.

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Note de bas de page 392

Daigle, R., D.Forbes, G.P., H.Ritchie, T.Webster, D.Bérubé, A.Hanson, L.DeBaie, S.Nichols et L.Vasseur. 2006. Impacts of sea level rise and climate change on the Coastal Zone of southeastern New Brunswick. Environment Canada. 613 p.

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Note de bas de page 393

Évaluation des écosystèmes pour le millénaire. 2005. Ecosystems and human well-being: synthesis. Collection de l'évaluation des écosystèmes pour le millénaire. Island Press. Washington, DC. 137 p.

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Note de bas de page 394

Anielski, M. et Wilson, S. 2009. Counting Canada's natural capital: assessing the real value of Canada's boreal ecosystems. The Pembina Institute and the Canadian Boreal Initiative. Drayton Valley, AB. 76 p.

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Note de bas de page 395

Anielski, M. et Wilson, S. 2005. Counting Canada's natural capital: assessing the real value of Canada's boreal ecosystems. The Canadian Boreal Initiative and the Pembina Institute. Ottawa, ON and Drayton Valley, AB. 78 p.

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Note de bas de page 396

Statistique Canada. 2010. Statistiques de fourrures, vol. 8 [en ligne]. (consulté le 20 Aug. 2013).

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Note de bas de page 397

Fur Institute of Canada. 2008. Canada's fur trade at a glance. 14 p.

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Note de bas de page 398

Foley, C.G. 2004. Understanding the connection between people and the land: Implications for social-ecological health at Iskatewizaagegan. Thèse (Master of Natural Resources Management). University of Manitoba, Natural Resources Institute. Winnipeg, MB. 103 p.

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Note de bas de page 399

Roberts, W.J. 2005. Integrating traditional ecological knowledge and ecological restoration: restoring Aboriginal cultural landscapes with Iskatewizaagegan No. 39 Independent First Nation. Thèse (Master of Natural Resources Management). University of Manitoba, Natural Resources Institute. Winnipeg, MB.

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Note de bas de page 400

Hannibal-Paci, C.J. 2000. 'His knowledge and my knowledge': Cree and Ojibwe traditional environmental knowledge and sturgeon co-management in Manitoba. Thèse (Doctor of Philosophy). University of Manitoba, Department of Graduate Studies. Winnipeg, Manitoba. 378 p.

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Note de bas de page 401

Hertlein, L. 1999. Lake Winnipeg regulation Churchill-Nelson river diversion project in the Crees of northern Manitoba, Canada. World Commission on Dams. Cape Town, South Africa. 28 p.

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Note de bas de page 402

Bomberry, D. et Bianchi, E. 2004. Our waters, our responsibility: Indigenous water rights. Anglican Church of Canada, KAIROS: Canadian Ecumenical Justice Initiatives. Pinawa, Manitoba. 38 p.

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Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Paysages terrestres et marins intacts

Constatation clé
Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Les paysages terrestres et marins intacts ont d'abord été caractérisés comme constatation clé récurrente à l'échelle nationale; les renseignements ont été compilés et évalués par la suite pour l'écozone+ du Bouclier boréal. Dans la version définitive du rapport nationalReference 6, les renseignements relatifs aux paysages terrestres et marins intacts ont été incorporés à d'autres constatations clés. Ces renseignements ont été maintenus comme constatation clé distincte pour l'écozone+ du Bouclier boréal.

Écozone+ du Bouclier boréal

En 2006, 64 % de la surface totale de l'écozone+ du Bouclier boréal était composée de parcelles de paysages terrestres intacts mesurant plus de 10 km2 (Figure 74). Une parcelle de paysage terrestre est définie comme une mosaïque contiguë, d'origine naturelle et qui n'est pratiquement pas perturbée par une importante influence humaine. C'est une mosaïque d'un écosystème naturel varié, comprenant notamment des forêts, des bogues, de l'eau, de la toundra et des affleurements rocheux. La plupart de ces parcelles se situaient au nord de la limite de forêt aménagéeNB 11. Les paysages fragmentés résultent de l'exploitation forestière, des routes, de l'exploitation minière, des barrages et des réservoirs, des lignes de transport d'énergie et du développement industriel.

Figure 74. Parcelles de paysages terrestres intacts d'une superficie supérieure à 10 km2 (montrés en vert) dans l'écozone+ du Bouclier boréal en 2006.

carte
Source : Lee et coll., 2006NB 11

Description longue pour la figure 74

Cette carte de l'écozone+ du Bouclier boréal montre que la moitié nord de l'écozone est principalement constituée de parcelles de paysages plus grandes que 10 km2. La moitié sud de l'écozone+ se caractérise par des parcelles de paysage plus petites et réparties de manière plus clairsemée.

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Près de 10 % de l'écozone+ du Bouclier boréal faisait l'objet de concessions minières actives en 2006NB 403, quoiqu'il soit improbable qu'une grande partie de ce territoire devienne une mine active. Les mines fragmentent le paysage en raison de l'infrastructure et des routes développées pour les desservir. L'exploitation des mines constitue la principale industrie dans le nord de la Saskatchewan; on y compte six mines d'uranium et deux projets de mine d'or dans la portion de l'écozone+ du Bouclier boréal située en Saskatchewan. Les installations d'uranium dans la partie est du bassin d'Athabasca produisent 17 % des réserves d'uranium dans le mondeNB 404. En septembre 2012, un territoire de 55 000 km2 était en règle pour la prospection minérale en SaskatchewanNB 404. On compte huit mines en exploitation dans la portion située au Manitoba de l'écozone+ du Bouclier boréal, deux qui extraient l'or et six les métaux communsNB 405. Le nord de l'Ontario a une histoire riche en exploitation minière, particulièrement dans la grande région de SudburyNB 23. Le nombre de revendications a augmenté de 500 % de 1998 à 2008, notamment dans la région appelée le « grand nord » en Ontario qui comprend les écozones+ du Bouclier boréal et des plaines hudsoniennes (Figure 75)NB 406. L'or et le cuivre sont exploités dans la partie nord-ouest de l'écozone+ du Bouclier boréal au Québec. Les minéraux et les autres métaux sont extraits dans l'est (le fer à Fermont et le niobium près de Chicoutimi et de Sept-Îles), tandis que les trois plus grandes mines à ciel ouvert se trouvent en AbitibiNB 407.

Figure 75. Régions faisant l'objet de revendications dans le « grand nord » de l'Ontario, en 1998 et en 2008.

Remarque : Les écozones+ du Bouclier boréal et des plaines hudsoniennes se sont séparé la région revendiquée en rouge presque également.

carte
Source : le ministère du Développement du Nord, des Mines de l'Ontario, 2009NB 406

Description longue pour la figure 75

Cette figure représente deux cartes de la région du « Grand Nord » de l'Ontario, et montre la répartition de revendications accumulées au 31 décembre 1998 et au 21 septembre 2008. Les revendications de 1998 ont totalisé 1334 et couvraient une zone de 365 km2, et les revendications en 2008 ont totalisé 7766 et couvraient une zone de 14 365 km2. Dans les deux cartes, les zones de revendications sont concentrées dans le milieu de la région du Grand Nord.

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Les barrages et les réservoirs altèrent le paysage physique et interrompent les régimes hydrologiques, tandis que le processus de retenue introduit des contaminants qui peuvent s'accumuler dans la chaîne alimentaire. Plus précisément, les barrages interrompent la migration des poissons, augmentent la sédimentation, altèrent l'habitat pour de nombreuses espèces et modifient les niveaux d'eau ainsi que les propriétés chimiques de l'eauNB 154. Le degré d'impact dépend de la taille des barrages, de leur exploitation et des caractéristiques biophysiques des écosystèmesNB 155, NB 156. Cependant, les barrages peuvent fonctionner de façon à imiter les régimes hydrologiques naturels et à atténuer les effets indésirablesNB 157.

Les barrages sont plus communs dans la partie sud-est de l'écozone+ (Figure 23)NB 158. La plupart des barrages (79 %) ont été construits entre 1920 et 1969 (Figure 24) et un grand nombre d'entre eux arrivent à la fin de leur vie productiveNB 12 NB 158.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve

En 2006, 57 % de l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve était composée de « parcelles de paysage terrestre » (des lopins contigus de forêt, bogue, eau, toundra et affleurements rocheux de plus de 10 km2) intactes (Figure 76)NB 11.

Figure 76. Parcelles de paysages terrestres intacts d'une superficie supérieure à 10 km2 (montrés en vert) dans l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve en 2006.

carte
Source : Lee et coll., 2006NB 11

Description longue pour la figure 76

Cette carte de l'écozone+ Boréale de Terre Neuve montre que les parcelles de paysages terrestres intactes plus grandes que 10 km2 sont bien distribuées dans l'ensemble de l'écozone+, et sont particulièrement denses le long de la côte sud. La zone ayant la quantité moindre de parcelles intactes est le centre de la côte nord de l'écozone+.

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Paysages agricoles servant d'habitat

Constatation clé 16
Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l'échelle nationale
Le potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l'intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.

Écozone+ du Bouclier boréal

Les terres agricoles de l'écozone+ du Bouclier boréal se limitent à quelques régions bénéficiant d'une qualité du sol et d'un microclimat convenables. De 1986 à 2006, environ 1 930 km2 ont été retirés de ce type de territoire, laissant seulement un peu plus de 130 000 km2 de terres agricoles (1 % de l'écozone+ (Figure 77)NB 18. Là où il y a des terres agricoles, elles sont bien dispersées parmi les régions boisées. Par conséquent, l'impact des terres agricoles sur la faune dans l'écozone+ est faible.

Figure 77. Pourcentage de terrain défini comme terres agricoles dans l'écozone+ du Bouclier boréal en 2006.

Les polygones de Pédo paysages du Canada constituent l'unité de base pour cette analyse.

carte

Description longue pour la figure 77

Cette carte montre la répartition des terres agricoles dans l'écozone+ du Bouclier boréal en 2006. Les terres considérées agricoles se trouvent principalement dans la portion sud-est de l'écozone+. De ce fait, la majorité des terres dites agricoles se situe entre 0 et 10 %. Il existe des portions de terre identifiées comme agricole entre 10 et 20 %, et une petite quantité de terres dans la partie est de l'écozone+ est identifiée comme agricole entre 40 et 50 %. Une très petite quantité de terre dite agricole au nord-ouest du lac des Bois est entre 90 et 100 %.

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Capacité d'habitat faunique

L'indicateur de capacité d'habitat faunique sur les terres agricoles, un indicateur agroenvironnemental élaboré et suivi par Agriculture et Agroalimentaire Canada, fournit une évaluation d'espèces multiples des tendances de grande envergure concernant le potentiel du territoire agricole du Canada à soutenir l'habitat des vertébrés terrestresNB 18. L'index mesure la valeur de chaque type de couverture pour 588 espèces d'oiseaux, de mammifères, de reptiles et d'amphibiensNB 409. Un total de 349 espèces (249 oiseaux, 60 mammifères, 21 reptiles et 19 amphibiens) utilisent les terres agricoles de l'écozone+ du Bouclier boréal. Les 15 types de couverture terrestre étaient basés sur le Recensement de l'agriculture du Canada (Figure 78)NB 410. Dans l'ensemble, les terres cultivées constituent une couverture terrestre mineure dans le Bouclier boréal, représentant seulement 0,3 % de la superficie du territoire. Ce 0,3 % exclut « toutes les autres terres », le « foin cultivé », les « pâturages en friche » et les « pâturages bonifiés » pour ne laisser que les catégories de terres cultivées dans la Figure 78. La catégorie « toutes les autres terres » était la catégorie de couverture terrestre la plus importante en ce qui concerne la faune qui utilise les terres agricoles au Canada. Cette catégorie comprenait les milieux humides (avec les lisières, sans les lisières et en eau libre), les zones riveraines (boisées, herbacées et cultivées), les brise-vent (y compris les haies naturelles), les terrains boisés (avec ou sans une partie intérieure, les plantations), les terres improductives ou stériles ainsi que les terres anthropiques (les édifices de ferme, les serres, les allées). Dans l'écozone+ du Bouclier boréal, « toutes les autres terres » fournissaient un habitat servant à la fois pour la reproduction et l'alimentation pour 85 % (298) des espèces qui utilisent les terres agricoles ( Figure 78). Cependant, la couverture de cette importante catégorie d'habitat de la faune s'est rétrécie, passant de 40 % à 30 % de 1986 à 2006 (Figure 78). Les « pâturages en friche » fournissaient un habitat servant à la fois d'aire de reproduction et d'alimentation pour 17 % des espèces (59 espèces) et pouvaient répondre à au moins un besoin en matière d'habitat pour 32 % des espèces (112 espèces) Figure 78). Seulement 13 % des espèces (46 espèces) pouvaient combler tous leurs besoins en matière d'habitat relativement à la reproduction et à l'alimentation sur les terres cultivées et 26 % des espèces (89 espèces) pouvaient utiliser ces types de couverture en tant qu'habitat pour un de leurs besoins (Figure 79). Par conséquent, le fait de maintenir des paysages agricoles hétérogènes avantage la faune, car les animaux sauvages peuvent se reproduire dans un type de couverture terrestre mais s'alimenter dans un autreNB 18.

Figure 78. Superficie totale des terres agricoles, quantité de terrain par type de couverture et pourcentage relatif de chaque type de couverture (dans le tableau) pour l'écozone+ du Bouclier boréal en 1986, 1996 et 2006.

graphique
Source : Javorek et Grant, 2011NB 18

Description longue pour la figure 78

Ce graphique à barres et le tableau indiquent la superficie totale des terres agricoles, la quantité de terrain par type de couverture et le pourcentage relatif de chaque type de couverture pour l'écozone+ du Bouclier boréal en 1986, 1996 et 2006.

Le graphique à barres montre les informations suivantes :

Superficie totale des terres agricoles, quantité de terrain par type de couverture et pourcentage relatif de chaque type de couverture (dans le tableau) pour l'écozone+ du Bouclier boréal en 1986, 1996 et 2006.
Type1986 - hectares1996 - hectares2006 - hectares
Oléafineux15,82118,24320,651
Légumineuses à grain2,1561,7141,708
Soja1841,49713,225
Petits fruits1,7469,14312,587
Pâturages améliorés139,38692,293103,633
Autres terres610,541532,420402,249
Jachère30,24612,9706,228
Pâturages non améliorés259,705274,554203,724
Céréales133,047139,705140,119
Mais14,35312,11420,388
Foin cultivé297,201366,020379,451
Autres cultures7,59011,28510,030
Arbres frutiers132188309
Légumes1,4451,7931,963
Céréales d'hiver1,7921,2875,679

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La capacité d'habitat faunique sur les terres agricoles dans l'écozone+ du Bouclier boréal a connu un déclin significatif (ANOVA : F = 88,6, Tukey HSD p = 0,0001), passant d'« élevée » (79,7 ± 13,4) en 1986 à « modérée » (63,8 ± 14,4) en 2006 (Figure 78). De 1986 à 2006, la capacité d'habitat a diminué sur 71 % des terres agricoles, augmenté sur 6 % et est restée constante sur 23 % de celles-ci (ANOVA, Tukey HSD p < 0,05, Figure 79).

Figure 79. La proportion de terres agricoles dans chaque catégorie de capacité d'habitat (ordonnée de gauche, barres empilées) et la capacité d'habitat moyenne (ordonnée de droite, points et ligne) pour l'écozone+ du Bouclier boréal en 1986, 1996 et 2006.

Les années comportant des lettres différentes indiquent une différence significative (p < 0,05).

graphique
Source : Javorek et Grant, 2011NB 18

Description longue pour la figure 79

Ce graphique à barres empilées montre les informations suivantes :

La proportion de terres agricoles dans chaque catégorie de capacité d'habitat (ordonnée de gauche, barres empilées) et la capacité d'habitat moyenne (ordonnée de droite, points et ligne) pour l'écozone+ du Bouclier boréal en 1986, 1996 et 2006.
Echelle198619962006
<20000
20-30000.19
30-402.924.13.18
40-504.018.418.54
50-6014.1913.7729.58
60-705.3821.2311.7
70-8032.3621.6520.63
80-9028.9323.7813.98
90-1009.66.441.31
>1002.620.620.87

Parte de chaque classe de capacité d'habitat (pourcentage)

Habitat capacité catégories
QualitéPourcentage
Très élevée90 à 100
Élevée70 à 90
Modérée50 à 70
Faible30 à 50
Très faible<20 à 30

La capacité d'habitat moyenne dans l'ecozone+ était 79.70 en 1986, 76.53 en 1996 et 63.87 en 2006.

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Figure 80. Changements dans la capacité d'habitat de la faune sur les terres agricoles de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1986 à 2006.

carte
Source : Javorek et Grant, 2011NB 18

Description longue pour la figure 80

Cette carte de l'écozone+ du Bouclier boréal montre qu'entre 1986 et 2006, la capacité de l'habitat faunique a diminué dans de grandes zones de la partie sud de l'écozone+, en particulier dans le sud-est. De plus petites zones de capacité accrue sont également trouvées au sud-est, et des zones où la capacité demeure constante sont situées au nord du lac Huron.

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Voici les tendances de trois écorégions dont la production agricole est relativement élevée dans l'écozone+ du Bouclier boréal : le centre des Laurentides a présenté le plus important déclin de la capacité d'habitat (de 78 % à 59 %); le deuxième plus important déclin a été observé dans le sud des Laurentides (83 % à 74 %); et finalement, le lac des Bois a connu un déclin de 58 % à 51 % (Figure 80). Le lac des Bois a constamment enregistré la plus faible capacité d'habitat, surtout en raison de sa petite proportion, qui s'amenuise, de « toutes les autres terres » (de 23 % à 17 %). Par comparaison, la catégorie « toutes les autres terres » s'est abaissée et est passée de 37 % à 26 % dans le centre des Laurentides et de 46 % à 39 % dans le sud des Laurentides. Alors que l'empreinte agricole se rétrécissait dans l'écozone+ du Bouclier boréal, la couverture de terres cultivées a pris de l'expansion, passant de 32 % à 43 % (Figure 78). Cette hausse est principalement attribuable à une augmentation de 9 % du « foin cultivé » de 1986 à 2006 (Figure 78). Ces facteurs se sont combinés pour réduire la capacité d'habitat de la faune sur les terres agricoles d'élevée à modérée sur une période de 20 ans (Figure 79). Cette perte de la capacité d'habitat de la faune était corrélée à des réductions d'oiseaux terrestres qui utilisent ces habitats (voir la section intitulée Écozone+ du Bouclier boréal : oiseaux à la page 150).

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Oiseaux d'habitats ouverts

Les oiseaux d'habitats ouverts constituent une proportion mineure de l'avifaune et se tiennent surtout dans la partie méridionale de l'écozone+. À l'exception du merle bleu de l'Est (Sialia sialis), la plupart des espèces d'oiseaux d'habitats ouverts perdent du terrain (Tableau 20). Les déclins chez l'hirondelle rustique et l'engoulevent d'Amérique (Chordeiles minor) sont cohérents avec un déclin généralisé des insectivores aériens dans tout le CanadaNB 75.

Tableau 20.Tendances relatives à l'abondance (variation en % par année) et fiabilité de celles-ci dans le cas des oiseaux d'habitats ouverts dans les portions ontariennes et québécoises de l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1970 à 2012.
EspèceRCO 8 tendance annuelleRCO 8 fiabilitéRCO 12 tendance annuelleRCO 12 fiabilité
Crécerelle d'Amérique (Falco sparverius)-0,93Faible-1,33Haute
Hirondelle de rivage  (Riparia riparia)-7,23Faible-12,6Médium
Hirondelle rustique (Hirundo rustica)-4,32Faible-6,17Médium
Vacher à tête brune (Molothrus ater)-7,54Médium-7,86Haute
Hirondelle à front blanc (Petrochelidon pyrrhonota)-6,96Faible-8,62Haute
Engoulement d'Amérique (Chordeiles minor)-1,76Faible-5,76Médium
Merlebleu de l'Est (Sialia sialis) - -1,64Médium
Tyran tritri (Tyrannus tyrannus)-1,28Faible-3,5Médium
Hirondelle bicolore (Tachycineta bicolor)-3,39Faible-4,98Haute

Seule la moitié nord de la RCO 12 se retrouve dans l'écozone+, de sorte de ces données s'étendent au-delà des limites de l'écozone+ vers le sud et peuvent sous-représenter d'autres secteurs de l'écozone+ NB 85.
Source : Environnement Canada 2014NB 78

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Paysages agricoles servant d'habitat

La constatation clé sur les paysages agricoles servant d'habitat n'était pas pertinente pour l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve en raison de la petite proportion de terres agricoles dans l'écozone+.

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Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier

Constatation clé 17
Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l'échelle nationale
De nombreuses espèces d'amphibiens, de poissons, d'oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d'autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.

Écozone+ du Bouclier boréal

La plus grande richesse d'espèces se trouve dans la région la plus au sud de cette écozone+, à l'est de la baie Georgienne, avec plus de 200 espèces d'oiseaux et 60 espèces d'arbresReference 411. La richesse des espèces diminue progressivement vers le nord, et connaît une réduction appréciable à la limite des forêts aménagées, particulièrement pour les mammifères, les reptiles et les amphibiensNB 11, NB 411.

Il existe peu de relevés de populations sur les espèces présentant un intérêt particulier dans l'écozone+ du Bouclier boréal. Les tendances peuvent être dégagées des récoltes commerciales ou récréatives des espèces à fourrure (Figure 72), mais ces dernières sont faussées par les fluctuations du marché et les efforts des chasseurs. Il y a des lacunes majeures en ce qui concerne le poisson, les reptiles et les amphibiens.

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Oiseaux

Les estimations des assemblages d'oiseaux ont été fondées sur une analyse des données de 1968-2006 à l'échelle des écozones+ du Relevé des oiseaux nicheurs de l'Amérique du NordNB 75.

Oiseaux terrestres

Une grande partie des données recueillies par le BBS dans l'écozone+ du Bouclier boréal provient de la partie sud du bouclier en Ontario et au Québec. Le BBS couvre les zones agricoles de la région relativement bien, car ces zones tendent à être accessibles par la routeNB 75. Les déclins étaient considérables pour les oiseaux d'arbustes et de successions et les oiseaux urbains (déclin de 0,7 %/année), les oiseaux d'autres habitats ouverts (déclin de 4 %/année) et les oiseaux des prairies (déclin de 2,5 %/année) (Figure 81). Les tendances pour les oiseaux terrestres des milieux humides n'ont pas été calculées, car peu d'oiseaux terrestres peuvent être catégorisés sans ambiguïté dans cet assemblage et le BBS ne représente pas bien l'habitat de milieu humide. L'assemblage d'oiseaux forestiers montre des populations presque stables, même si les tendances relatives aux espèces individuelles dans ce groupe varient de déclins considérables à des gains considérablesNB 75. Les déclins chez les oiseaux, particulièrement les oiseaux chanteurs, ont été remarqués par les aînés autochtones de l'ouest de l'écozone+ du Bouclier boréalNB 3.

Figure 81. Changement en pourcentage de l'abondance relative moyenne des assemblages d'oiseaux dans l'écozone+ du Bouclier boréal entre les années 1970 et 2000 à 2006.

p représente la signification statistique : * indique que p < 0,05; n indique que 0,05 < p < 0,1; aucune valeur indique qu'il n'y a pas de signification statistique.

graphique
Source : Downes et coll., 2011NB 75, selon les données des Relevés des oiseaux nicheursNB 412

Description longue pour la figure 81

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Changement en pourcentage de l'abondance relative moyenne des assemblages d'oiseaux dans l'écozone+ du Bouclier boréal entre les années 1970 et 2000 à 2006.
TypeChangement
en
pourcentage
Oiseaux forestiers-11
Arbustes/succession-21
Oiseaux des prairies-55
Ouvert/agricole-74
Urbain/suburbain-17

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Oiseaux forestiers

Les populations d'oiseaux forestiers en tant qu'assemblage étaient relativement stables (Figure 82), bien que les espèces individuelles présentent un mélange de populations croissantes, décroissantes et stables (Tableau 6). Voir la section intitulée Écozone+ du Bouclier boréal : oiseaux forestiers à la page 35.

Figure 82. Changements dans l'indice d'abondance annuel pour les oiseaux forestiers de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1968 à 2006.

graphique
Source : Downes et coll., 2011NB 75, selon les données des Relevés des oiseaux nicheursNB 412

Description longue pour la figure 82

Ce graphique linéaire montre les informations suivantes :

Changements dans l'indice d'abondance annuel pour les oiseaux forestiers de l'écozone+ du Bouclier boréal de 1968 à 2006.
AnnéeIndice d'abondance
1968158.6
1969196.9
1970193.1
1971229.6
1972204.5
1973206.4
1974195.9
1975220.1
1976206.3
1977216.9
1978192.9
1979213.9
1980209.7
1981203.1
1982200.9
1983211.1
1984220.4
1985226.4
1986196.8
1987222.0
1988223.2
1989223.5
1990216.9
1991193.4
1992199.5
1993213.0
1994198.3
1995227.0
1996201.1
1997210.1
1998207.2
1999199.0
2000191.7
2001212.2
2002183.3
2003191.8
2004163.2
2005167.2
2006193.1

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Oiseaux d'arbustes ou d'habitats au stade pionnier

L'assemblage d'oiseaux d'habitats au stade pionnier, tels que des terres stériles ou des forêts en régénération, est à la baisse (Figure 83). Selon le BBS, les populations de bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis) diminuent à un rythme plus rapide dans le sud de l'écozone+ (-0,49 dans la RCO 12, qui comprend l'écozone+ des plaines à forêts mixte) qu'au nord (-0,25 dans la RCO 8). De même, le Noël fait état d'un déclin des populations dans le sud de ses quartiers d'hiver et d'une hausse dans le nord, ce qui semble indiquer un mouvement vers le nord de leur distribution hivernaleNB 413.

Figure 83. Changements dans l'indice d'abondance annuel pour les oiseaux d'arbustes ou d'habitats au stade pionnier dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1968 à 2006.

graphique
Source : Downes et coll., 2011NB 75, selon les données des Relevés des oiseaux nicheursNB 412

Description longue pour la figure 83

Ce graphique linéaire montre les informations suivantes :

Changements dans l'indice d'abondance annuel pour les oiseaux d'arbustes ou d'habitats au stade pionnier dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1968 à 2006.
AnnéeIndice d'abondance
1968133.0
1969176.3
1970164.9
1971189.6
1972179.3
1973160.0
1974164.9
1975181.6
1976161.0
1977154.2
1978141.7
1979146.4
1980142.9
1981135.3
1982136.0
1983145.8
1984152.9
1985148.2
1986139.4
1987152.1
1988140.1
1989140.2
1990143.8
1991130.7
1992137.6
1993152.3
1994133.1
1995148.9
1996131.0
1997141.0
1998142.5
1999127.1
2000122.4
2001136.7
2002133.4
2003139.8
2004117.6
2005116.9
2006141.0

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Oiseaux d'autres habitats ouverts

Les oiseaux appartenant à l'assemblage d'autres habitats ouverts présentent la plus grande diminution générale de tous les assemblages de l'écozone+ du Bouclier boréal; ces déclins sont surtout apparents depuis la fin des années 1980 (Figure 84). Dans le passé, un grand nombre de ces espèces n'étaient présents qu'en petit nombre dans l'écozone+. Le défrichement pour l'agriculture a créé un plus grand habitat et les populations ont augmenté. Les déclins constatés depuis le milieu des années 1980 peuvent être le reflet de la perte de cet habitat en raison du reboisement des terres agricoles abandonnées dans certaines parties de l'écozone+NB 414. L'expansion de l'agriculture a également causé la perte de la capacité d'habitat de la faune entre 1986 et 2006 (voir l'indicateur dans la section intitulée Écozone+ du Bouclier boréal : capacité d'habitat faunique de la page 146).

Figure 84. Changements dans l'indice d'abondance annuel pour les oiseaux d'autres habitats ouverts dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1968 à 2006.

graphique
Source : Downes et coll., 2011NB 75, selon les données des Relevés des oiseaux nicheursNB 412

Description longue pour la figure 84

Ce graphique linéaire montre les informations suivantes :

Changements dans l'indice d'abondance annuel pour les oiseaux d'autres habitats ouverts dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1968 à 2006.
AnnéeIndice d'abondance
196832.4
196935.2
197034.4
197135.1
197239.7
197336.4
197439.3
197547.0
197646.8
197746.2
197854.4
197948.3
198043.1
198140.7
198245.5
198346.5
198436.9
198549.3
198638.8
198744.7
198847.7
198931.4
199034.4
199125.7
199223.9
199323.5
199420.0
199520.5
199618.8
199717.9
199815.8
199914.7
200014.7
200113.1
20029.3
200310.8
20049.5
200510.6
20069.3

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Caribou des bois (population boréale)

Le caribou des bois de la population boréale (c.-à-d. le caribou boréal) a été inscrit comme espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2003NB 415.  La classification du caribou utilisée dans ce rapport suit le système de classification actuel de la Loi sur les espèces en péril (LEP). En 2011, le COSEPAC a adopté 12 unités désignables pour le caribou au Canada qui seront utilisées pour les évaluations de caribou et les décisions d'inscription subséquentes en vertu de la LEP à partir de 2014. Cette section sur le caribou boréal est basée sur l'Évaluation scientifique aux fins de la désignation de l'habitat essentiel de 2011NB 416 et le Programme de rétablissement du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) de la population boréale du Canada de 2012NB 417. Les renseignements contenus dans ce rapport ont été mis à jour depuis la publication du rapport thématique national du RETE, Tendances de la population boréale du caribou des bois au CanadaNB 418.

Le caribou boréal est un caribou sylvicole et sédentaire présent seulement au Canada et distribué largement dans l'ensemble de la forêt boréaleNB 419 NB 420. L'aire de répartition du caribou boréal dans l'écozone+ du Bouclier boréal s'étend de l'aire de répartition Richardson dans le coin nord-est de l'Alberta, à la population locale du mont Mealy au Labrador vers l'est, et au sud jusqu'à la population locale côtière du lac Supérieur en Ontario416, NB 421 (Figure 85). Dans l'ensemble du Canada, la limite sud de l'aire de répartition du caribou boréal a reculé vers le nord depuis le début des années 1900, une tendance qui se poursuit aujourd'huiNB 416 NB 419 NB 420 NB 422. Les connaissances traditionnelles autochtones indiquent que le caribou boréal s'est déplacé vers le nord en raison de la perte de son habitat dans le sudNB 417.

À travers l'écozone+ du Bouclier boréal, l'exploitation forestière et d'autres perturbations industrielles affectent le caribou boréal par une combination de perte d'habitat, dégradation d'habitat, et le développement de détails cartographiques linéaires (tel les routes et les lignes sismiques)NB 423. Ces transformations ont causé l'expansion des forêts aux premiers stades de succession écologique et favorisé des densités plus fortes d'orignal et de cerf de Virginie. Ces « proies alternatives » soutiennent des densités supérieures de prédateurs, particulièrement des loupsNB 416, NB 423 NB 424 NB 425 NB 426 NB 427 NB 428 NB 429 NB 430 et le facteur limitatif immédiat principal pour le caribou boréal est la prédationNB 431.

Le caribou boréal peut donc être un indicateur de la santé des écosystèmes de la forêt boréale. Le caribou boréal dépend des grandes parcelles de forêts de conifères matures pour réduire le risque de prédation. Ces parcelles permettent le caribou boréal de maintenir une basse densité de population et d'éviter les endroits à hauts risques de prédation. NB 416NB 421-NB 423 NB 432 NB 433 NB 434 NB 435. Les forêts et les tourbières de fin de succession servent de refuges au caribou, loin des densités élevées de prédateurs et de leurs proies alternativesNB 416 NB 427 NB 436 NB 437 NB 438 NB 439.

L'écozone+ du Bouclier boreal inclue 29 populations locales de caribou boreal (ou des portions de ces populations) (voir la Figure 2 dans Callaghan et al. 2011NB 418). Selon les relevés de caribous et l'opinion des experts, 1 population locale est en croissance, 5 sont en déclin, 13 sont stables et l'état de 10 autres est inconnu (Figure 85). L'aire de répartition contiguë du caribou boréal s'est rétractée vers le nord, tandis que sa limite sud correspond généralement à la limite nord de l'exploitation forestièreNB 416 NB 422 NB 440. La population locale côtière (qui comprend les troupeaux de Pukaskwa et des îles Gargantua et Pic) est au sud de cette limite NB 416, NB 418. En 2012, on croyait qu'il restait moins de 10 caribous dans le parc national du Canada PukaskwaNB 441. La faisabilité de translocations pour augmenter la population de caribou est en révision en OntarioNB 442 NB 443. Les populations situées au sud sont celles qui risquent le plus de développer le ver des méninges (Parelaphostrongylus tenuis) parce que le cerf de Virginie s'avance vers le nord et dans la partie sud du territoire du caribou. Les cerfs sont des vecteurs du ver des méninges, une maladie mortelle pour les caribous, mais non pour les cerfsNB 416, NB 432. Le Plan de protection du caribou des bois pour l'Ontario inclue des actions pour étendre la saison de chasse pour le chevreuil dans le nord de l'Ontario pour essayer de ralentir l'explansion de l'aire de répartition du chevreuilNB 442.  

Bien que la tendance de la majorité des populations de caribous soit stable ou pas disponibleNB 416 NB 418, on pense qu'un grand nombre de ces populations non autosuffisantes ou à autosuffisance aussi probable qu'improbable, selon l'Évaluation des risques dans le Programme de rétablissement du caribou des boisNB 417. Les populations locales de Richardson, Kississing, Naosap, Sydney, Kesagami, Charlevoix, Pipmuacan et Val d'Or ne sont pas autosuffisantes, et les populations locales de Manitoba du nord, Owl-Flinstone, Berens, Manouane et Lac Joseph sont classifié comme à autosuffisance aussi probable qu'improbable en raison de la perte de leur habitat par l'action des activités industrielles, des perturbations naturelles telles que le feu irréprimé, des activités récréatives humaines et de la chasse illégaleNB 417 NB 444 NB 445. Le déclin de la sous-population de Val d'Or, dont on estimait le nombre à 30 individus en 20012, a aussi été attribué à la perte d'habitat et à la dégradation causée par l'exploitation minière et la foresterieNB 417 NB 421. La chasse, facilitée par les chemins et les véhicules hors route, peut constituer la plus importante menace pour le caribou boréal au Labrador (p. ex., dans les montagnes Red Wine)NB 416, NB 446.

Des populations locales stables ou croissantes sont constatées dans des régions où les prédateurs sont contrôlés ou qui comportent peu d'activité industrielle. Par exemple, la population locale de Charlevoix au Québec était estimée à 10 000 animaux avant le 19e siècle, mais elle a diminué rapidement sous l'effet de la chasse et de la récolte de lichens. À la suite d'un rapport sur la récolte de caribous en 1914, le troupeau s'est vite éteint. La première édition d'un programme de réintroduction de 1967 a eu lieu en 1969; la population était jugée stable à 75 individus en 2012NB 416-NB 418 NB 447.

Figure 85. État de populations locales de caribou boréal dans l'écozone+ du Bouclier boréal en 2009.

carte
Source : mise à jour de Callaghan et coll., 2011NB 418 basé sur Environnement Canada, 2012NB 417

Description longue pour la figure 85

Cette carte montre une estimation de l'état de populations locales de caribou boréal dans l'écozone+ du Bouclier boréal en 2009. L'aire de répartition du caribou boréal dans l'écozone+ du Bouclier boréal s'étend de l'aire de répartition Richardson dans le coin nord­est de l'Alberta, à la population locale du mont Mealy au Labrador vers l'est, et au sud jusqu'à la population locale côtière du lac Supérieur en Ontario. Selon les relevés de caribous et l'opinion des experts, 1 population locale est en croissance (Manicouagan), 5 sont en déclin (Mealy Mountain, Red Wine Mountain, Lac Joseph, Val d'Or and Kesagami), 16 sont stables (Quebec, Manouane, Pipmucan, Charlevoix, Nipigon, Sydney, Owl-Flinstone, Atikaki-Berens, North Interlake, The Bog, William Lake, Wabowden, Wapisu, Reed, Naosap and Kississing) et l'état de 10 autres, la plupart situés dans l'ouest de l'écozone+, est inconnu.

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Poisson

Le nombre de taxons de poissons d'eau douce et de poissons diadromes classés comme étant en péril dans l'écozone+ du Bouclier boréal a doublé de 1979 à 2008 (Tableau 21). Cependant, l'état de deux taxons s'est aussi amélioré au cours de cette périodeNB 448. De plus, les listes précédant cette période n'incluaient pas les sous-populations géographiques telles que le bar d'Amérique (Morone saxatilis). Les menaces principales aux 14 taxons de poisson en péril dans l'écozone+ du Bouclier boréal comprennent la dégradation et la perte de l'habitat ainsi que l'exploitation excessive, les espèces envahissantes et la concurrenceNB 448. La plupart des espèces disparues vivaient dans l'écozone+ du Bouclier boréal de même que dans l'écozone+ des plaines à forêts mixtes, qui ont un long historique d'espèces envahissantes et de pollutionNB 449.

Tableau 21. Identification des taxons de poissons d'eau douce et de poissons diadromes dans l'écozone+ du Bouclier boréal.
Nom commun197919892008
Esturgeon noir (Acipenser oxyrinchus)(V) VulnérableVV
Omble de fontaine (Salvelinus fontinalis)-Note a du tableau 21(E) En périlNote a du tableau 21E
Cisco à nageoires noires (Coregonus nigripinnis)ENote a du tableau 21(X) DisparuNote a du tableau 21X
Méné d'herbe (Notropis bifrenatus) - -Note a du tableau 21VNote a du tableau 21
Chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi)(T) MenacéTNote a du tableau 21ENote a du tableau 21
Cisco de profondeur (Coregonus johannae)ENote a du tableau 21XNote a du tableau 21X
Chevalier jaune (Moxostoma valenciennesi) - -Note a du tableau 21VNote a du tableau 21
Esturgeon jaune (Acipenser fluvescens)TTNote b du tableau 21VNote b du tableau 21
Cisco à nageoires noires Nipigon (Coregonus nigripinnis regalis)--Note a du tableau 21TNote a du tableau 21
Méné long (Clinostomus elongates) - -Note a du tableau 21VNote a du tableau 21
Cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus)EENote b du tableau 21TNote b du tableau 21
Cisco à museau court (Coregonus reighardi)EENote a du tableau 21XNote a du tableau 21
Cisco de printemps (Coregonus sp.)--Note a du tableau 21VNote a du tableau 21
Bar d'Amérique (population de l'estuaire du Saint-Laurent) (Morone saxtilis) - -Note a du tableau 21XNote a du tableau 21

X représente « disparu », E « en péril », T « menacé » et V « vulnérable », tel que défini par Jelk et coll.NB 448. Les cases ombrées représentent un changement d'état : vers un classement de moindre gravité (vert) ou de gravité supérieure (rouge).

Source : adapté de Strecker et coll., 2008NB 448

Notes of Table 21

Note [a] of Table 21

Gravité supérieure

Return to note a referrer of table 21

Note [b] of Table 21

Gravité

Return to note b referrer of table 21

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Mammifères et animaux à fourrure carnivores

Les estimations de populations concernant les mammifères et les animaux à fourrure carnivores étaient limitées, localisées ou incohérentes à l'échelle de l'écozone+. Un grand nombre de ces espèces sont importantes sur le plan socioéconomique pour leur viande, leur fourrure ou l'observation de la faune (voir également la constatation clé sur les Écozone+ du Bouclier boréal : services écosystémiques à la page 137), ce qui fait que certaines provinces tiennent des données à long terme provenant des chasseurs et des récoltes de trappage (Figure 86) dont on peut déduire les tendances en matière de populations. Cependant, il est possible que ces données ne représentent pas une estimation fiable des populations, car l'effort des chasseurs et des trappeurs subit des influences et dépend de facteurs socioéconomiquesNB 450. La valeur économique des fourrures est bien corrélée à l'effort de trappageNB 451. De plus, les trappeurs et les chasseurs ne ciblent pas un « échantillon » aléatoire d'animaux; la météo et la facilité du trappage ou de la chasse influencent également l'effort de trappage. De plus, étant donné que la chasse, le trappage et la pêche sont des activités qui causent la mortalité directe des espèces visées, il est problématique d'utiliser ces données pour estimer les tendances de populations. Enfin, le rendement du trappage de fourrures a diminué de plus de 50 % dans les années 1980, notamment pour les fourrures de rat musqué, à la suite de changements dans les méthodes de trappage. L'Accord sur les normes internationales de piégeage sans cruauté (ANIPSC) a été ratifié par le Canada en 1999 et la mise en œuvre des normes achevée en 2007NB 397. Par conséquent, les estimations de populations ne doivent pas être déduites à partir des données de chasse et de trappage; ces données sont présentées à titre d'intérêt seulement. Des tendances possibles dignes d'intérêt comprennent le retour des carcajous à leur niveau historique et le déclin des populations de visons sauvages à l'échelle nationale.

Figure 86. Nombre total de fourrures du Québec, de l'Ontario, du Manitoba et de la Saskatchewan selon le type d'animaux sauvages de 1970 à 2009.

Ces données pour l'ensemble des provinces dépassent les frontières de l'écozone+ du Bouclier boréal.

graphique
Source : Statistique Canada, 2009NB 396

Description longue pour la figure 86

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Nombre total de fourrures du Québec, de l'Ontario, du Manitoba et de la Saskatchewan selon le type d'animaux sauvages de 1970 à 2009.
AnnéeBlaireau - Nombre de fourruresOurs noir - Nombre de fourruresCoyote - Nombre de fourruresHerminee - Nombre de fourruresRenard - Nombre de fourruresRat musqué - Nombre de fourruresLoutre - Nombre de fourruresLapin - Nombre de fourruresRaton laveur - Nombre de fourruresMoufette - Nombre de fourrures
19701,10230110,22511,7809,798259,57491016,49917411
19711,12533316,9998,65115,236386,3685739,8742908
19722,04654526,56416,89817,725278,9871,0586,88199861
19732,44260424,8539,07223,785119,6096948,46096611
19741,15639811,76814,4619,167239,1715762,9655810
19752,35069616,68418,39617,139455,0129206481,3038
19763,57851816,82622,62314,180609,6801,0001,0933,47952
19772,54135419,76210,56217,039198,2281,1312713,1903
19783,92036324,01513,26122,508151,5471,3583494,1192
19794,13537914,01320,58617,146299,4931,4953,8204,983107
19801,95941812,86315,34914,789399,6151,3031,8843,94746
19812,46425519,8159,06119,335136,9159773,9943,51617
19822,28831219,0596,65015,198106,83597602,8564
19831,52139515,67710,41012,943126,8071,00502,38412
19841,76427225,44614,97718,100131,8111,06303,28912
198599737817,5889,70712,009169,2181,67202,23022
19861,23534521,15911,59715,274225,8822,14103,25639
19871,15225018,64815,69417,147246,5931,39903,1355
19885741748,9029,0677,70046,33372709709
19893031785,4183,2294,95530,33772805160
19901912685,1281,5094,60525,442423000
19913312599,5863,1077,17820,4291,03505650
19922243027,5983,2994,55714,31679604645
19932512768,4172,8173,69623,8741,21605774
19943711109,8154,9114,48853,3301,454083931
19954261008,2763,3093,18070,3221,076076516
199627210014,9193,8733,672112,4621,17501,09013
19972061039,0583,4312,413100,2001,30501,22131
1998121588,4722,2841,63323,5771,027077039
19991906913,3392,2522,07824,3771,021099423
200020424218,1871,4332,94418,6911,365093418
200123715118,8431,8623,40122,5591,43331,18225
20020000000000
20037189735,5111,9385,6438,4701,11502,07731
200423312019,5971,3002,88413,28072001,08220
20053037316,5651,3562,19323,159728086415
20064984828,8034,8133,54245,42135601,15957
20074505126,8492,8282,31222,246265 1,22449
20083365117,7232,1551,77718,956450 90064
20092494514,2071,3861,17316,291391 50944
Nombre total de fourrures du Québec, de l'Ontario, du Manitoba et de la Saskatchewan selon le type d'animaux sauvages de 1970 à 2009. (Continuer)
AnnéeÉcureuil - Nombre de fourruresLynx roux - Nombre de fourrures
1970123,02237
1971102,39042
197263,6253
197342,83723
1974104,31820
1975116,30429
1976124,41039
197770,56912
1978101,65336
1979259,37131
1980188,59212
198169,6427
198252,24326
198351,22824
198447,86023
198542,85815
198626,96729
198787,32924
198827,52818
19899,99513
199006
19919,26113
19925,5739
199312,35613
199410,15814
19959,3109
199615,99511
199726,88712
19988,1169
19997,47617
20004,05512
20019,92410
200200
20036,6658
20043,8068
20053,0792
20063,2069
20073,3672
20082,47217
20093,2704

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Les carcajous ont un grand domaine vital et un faible taux de reproduction durant leur vie, comme les autres carnivores de grande tailleNB 452 NB 453. En se basant sur les fourrures de carcajou, des déclins significatifs (p < 0,05) se sont produits en Saskatchewan, au Manitoba et au Québec (Figure 87). La dernière fourrure de carcajou a été recueillie au Québec en 1979 (Figure 87).

Figure 87. Nombre de carcajous récoltés par les trappeurs chaque année en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario et au Québec, de 1970 à 2009.

Ces données pour l'ensemble des provinces dépassent les frontières de l'écozone+ du Bouclier boréal.

graphique
Source : Statistique Canada, 2009NB 396

Description longue pour la figure 87

Ce graphique linéaire montre les informations suivantes :

Données de la figure 87
AnneéSaskatchewan - Nombre de fourruresManitoba - Nombre de fourruresOntario - Nombre de fourruresQuebec - Nombre de fourrures
1970223714
1971154003
1972198600
19732476114
19742260113
197583103
1976213666
19773645113
19782874186
19793210391
1980299490
198133128220
198222141260
19832567110
1984239290
1985299490
198610111120
19871358150
19881350100
1989103190
199062950
1991167370
199224840
1993127660
1994115280
1995745180
19961446140
19971066120
199843340
199961840
2000235370
2001143970
200203980
2003184360
20041848110
2005143260
2006182420
2007102580
2008185570
2009113910

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Bien qu'il n'y ait pas de tendance détectable concernant les carcajous en Ontario, leur étendue s'est rétractée de plus de 5 % depuis le milieu des années 1800. Déjà en 1900, les espèces étaient disparues de la région des Grands Lacs de l'Ontario et du MinnesotaNB 454. Les activités humaines, dont le défrichement, les infrastructures, la récolte du bois et l'exploitation minière, étaient les principales responsables de ces rétrécissements de leur étendueNB 455. Selon des observations de 2008, les carcajous ont recolonisé une partie de leur ancienne aire de répartition dans la région de la baie d'Hudson et la portion centrale du grand nord de l'Ontario (Figure 88).

Figure 88. Aire de répartition historique et « actuelle » (2003) des carcajous en Amérique du Nord.

carte
Source : Adapté de COSEPAC, 2003NB 455

Description longue pour la figure 88

Cette carte du Canada et des États Unis compare l'aire de répartition actuelle et historique du carcajou en Amérique du Nord. Leur aire de répartition actuelle s'étend à l'ensemble du Canada jusqu'à tout juste à l'est de la baie James, et la portion centrale du Grand Nord de l'Ontario. Leur aire de répartition historique se trouvait plus au sud, y compris au nord des États Unis, ainsi qu'en Ontario et au Québec.

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Le déclin du vison sauvage piégé (Figure 89) peut refléter un déclin véritable de la population. L'accouplement entre des visons sauvages et féraux qui se sont échappés des fermes d'élevage d'animaux à fourrure a donné lieu à des petits qui ont une valeur adaptative moindre (dépression consécutive à des croisements distants) et qui présentent peut-être une incidence supérieure de maladiesNB 456. L'empoisonnement au mercure peut également contribuer à des populations décroissantes de visons (voir la constatation clé sur les Contaminants à la page 108)NB 457.

Figure 89. Nombre de visons sauvages piégés au Québec, en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan de 1970 à 2009.

Ces données pour l'ensemble des provinces dépassent les frontières de l'écozone+ du Bouclier boréal.

graphique
Source : Statistique Canada, 2009NB 396

Description longue pour la figure 89

Ce graphique linéaire montre les informations suivantes :

Nombre de visons sauvages piégés au Québec, en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan de 1970 à 2009.
AnneéNombre de fourrures de carcajou
197047,847
197151,775
197273,679
197351,079
197447,448
197552,672
197684,021
197776,990
197875,475
197991,672
198083,963
198170,482
198252,099
198339,920
198446,208
198566,682
198671,018
198788,433
198865,469
198951,873
199030,189
199132,140
199225,154
199325,146
199428,128
199519,642
199625,108
199732,510
199830,578
199928,153
200019,062
200125,170
200221,115
200323,438
200416,109
200518,068
200620,972
200720,008
200816,397
200913,229

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve

Caribou des bois (population de Terre-Neuve)

La population de caribou de l'île de Terre-Neuve constitue l'une des six populations distinctes sur le plan géographique de caribous des bois sylvicolesNB 417. Les populations de caribous dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve ont diminué entre le milieu et la fin des années 1990 (Figure 90), mais ne sont pas considérées « en péril » par le COSEPACNB 417. Les populations sont plus élevées que dans les années 1950NB 458. Entre le début des années 1900 et les années 1930, le nombre de caribous a chuté, passant d'une estimation de 40 000 animaux à seulement quelques milliers, et est ensuite resté stable jusqu'au milieu des années 1970. Une phase de croissance rapide de la population a commencé au milieu des années 1960 et s'est poursuivie jusqu'à la fin des années 1990, où la population a atteint un sommet de 80 000 à 100 000 animauxNB 459. D'un sommet estimé de 95 000 caribous en 1997, la population a décliné à environ 32 000 en 2008, représentant une baisse approximative de 66 %.

Des études sur la mortalité des caribous menées par la Division de la faune du gouvernement de Terre-Neuve-et-LabradorNB 458 montrent que des pourcentages élevés de petits sont la proie de coyotes, d'ours noirs (Ursus americanus) et, dans une moindre mesure, de lynx (Lynx canadensis). Le caribou adulte est également vulnérable à la prédation par les coyotes durant l'hiver.

L'élaphostrongylose céphalo-rachidienne, une maladie causée par le nématode parasite introduit Elaphostrongylus rangiferi, constitue un autre facteur de stress pour le caribouNB 460. Le parasite s'est propagé au caribou indigène après l'introduction de rennes infectés en 1908, et est responsable d'au moins deux infestations depuis cette dateNB 460. Elaphostrongylus rangiferi a contribué à la réduction de la sous-population de caribous d'Avalon sur la côte est de Terre-Neuve, un déclin de 7 000 à 2 500 animaux entre 1998 et 2000NB 461.

Figure 90. Estimation des populations de caribous sur l'île de Terre­Neuve, de 1952 à 2008.

graphique
Source : Division de la faune du gouvernement de Terre-Neuve, 2009NB 458

Description longue pour la figure 90

Ce graphique linéaire montre l'estimation des populations de caribous sur l'île de Terre­Neuve de 1952 à 2008. Le graphique montre une augmentation progressive de la population de moins de 5,000 à 1952 à un sommet de 95,810 en 1997, soit une augmentation de 311%. La population a ensuite diminué de façon constante à environ 32,000 en 2007, soit une baisse de 66% en 11 ans.

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Martre d'Amérique (population de Terre-Neuve)

La martre d'Amérique (population de Terre-Neuve) (Martes americana atrata), limitée à l'île de Terre-Neuve, est une population distincte sur les plans génétique et géographique de la martre d'Amérique (Martes americana), et constitue l'une de seulement 14 espèces de mammifères vivant sur l'îleNB 462. La martre d'Amérique de Terre-Neuve fait partie de la diversité biologique naturelle de la forêt boréale et agit à la fois comme espèce prédatrice et proie. Piégées par les colons européens, les martres étaient devenues peu abondantes au début des années 1900 et le piégeage commercial de cette espèce a pris fin en 1934. Malgré cette restriction, leur nombre a continué à décroître, ce qui fait qu'en 1960, l'étendue de la martre dans l'ensemble du centre-ouest de Terre-Neuve n'était plus contiguëNB 463.

La perte de leur habitat et la capture accessoire dans des pièges et des collets constituent les principales menaces pour les martres de Terre-Neuve. Comme la martre d'Amérique de Terre-Neuve est dépendante de la forêt, la perte de la couverture forestière causée par les activités d'extraction de ressources (la récolte du bois, l'exploitation des mines), le développement humain (la construction de routes, l'agriculture, l'expansion des lotissements urbains) ou les perturbations naturelles (p. ex., les feux de forêt) ont une influence directe sur la capacité d'une région à soutenir cette espèceNB 464.

La capture accessoire dans des pièges et des collets est actuellement considérée comme un obstacle considérable faisant obstacle à son rétablissement. HearnNB 465 a suivi 95 martres dans une région permettant le piégeage et le trappage dans la partie du centre-sud de Terre-Neuve et a rapporté que la capture accessoire était responsable de 92 % de la mortalité juvénile et d'un minimum de 58 % de la mortalité adulte. Les captures accessoires qui sont retournées à la Division de la faune du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador indiquent que ce problème est omniprésent et se produit à la grandeur de l'aire de répartition de la martre sur l'île. La prédation naturelle et la maladie constituent d'autres menaces à la survie des individus.

D'abord désignée comme une espèce menacée par le COSEPAC en 1985, la martre de Terre-Neuve a ensuite été classée comme une espèce en voie de disparition à la suite de réévaluations effectuées en 1995 et en 2000NB 466. L'aire de répartition des animaux reproducteurs se limitait aux lacs Little Grand et Red Indian, au bassin hydrographique de la rivière Main et au parc national du Canada de Terra-Nova. En 2007, on a estimé que la population réelle (reproductrice) se situait entre 286 et 556 individus. Il existait également des renseignements qualitatifs suggérant que la population prenait de l'expansion; par conséquent, la martre a été déclassée à espèce menacée en 2007NB 466.

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Poissons d'eau douce et poissons diadromes

Deux espèces de poissons vivant dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve ont été évaluées aux fins de classification en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Le fondule barré (Fundulus diaphanus) a été désigné comme une espèce préoccupante en 2003 et a par la suite été inscrit sur la liste de la LEPNB 467. L'esturgeon noir (Acipenser oxyrinchus) a été désigné comme une espèce menacée par le CPSEPAC en 2011NB 448, mais n'a pas encore été inscrit sur la liste de la LEP.

Plantes

Il y a environ 20 000 km2 de landes dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, ce qui en fait la plus grande étendue de ce type de végétation en Amérique du NordNB 468. Les données sur l'état et l'étendue de ces communautés sont limitées. Les six types de landes comprennent les suivantes : lande alpine, lande à Empetrum, lande de mousse, lande à kalmia, lande calcaire et lande de serpentine (Tableau 22).

Tableau 22. Description des types de landes dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve
Type de landeDescriptionEndroit
Lande alpineVégétation discontinue formée de sol nu qui alterne avec des coussins d'Empetrum eamesii. La végétation est caractérisée par la présence d'espèces arctiques-alpines.Crêtes montagneuses les plus élevées ou promontoires extrêmement exposés de la côte sud.
Lande à EmpetrumDominée par des tapis de végétation de camarine rosée et de camarine noire (Empetrum spp.). Les espèces ligneuses sont comprimées dans des coussins de végétation. Les herbages graminées et les herbes, lorsqu'il y en a, se projettent de 10 à 20 cm au-dessus du sol. NB 468Promontoires près des côtes et crêtes montagneuses intérieures.
Lande de mousseSemblable à la lande à Empetrum sauf que Racomitrium lanuginsum est la végétation dominante.Côte de l'extrême sud-est de l'écozone+ de même que localement sur l'isthme d'AvalonNB 91.
Lande à kalmiaCes landes sont dominées par des arbustes nains éricacés, surtout du kalmia à feuilles étroites (Kalmia angustifolia), qui forme des fourrés fermés et denses d'environ 30 à 50 cm de haut. Les mousses et les lichens dominent la surface du solNB 91. De petites zones de lande à kalmia apparaissent naturellement dans les écotones à la limite des arbresNB 468. La plupart des grands espaces de lande à kalmia se sont formés à la suite de feux répétés à basse intensité et l'abattage local autour des collectivités côtières a contribué à l'expansion des landes à kalmia de moins grande taille.Régions intérieures protégées dans l'ensemble de l'écozone+
Lande calcaireLes landes calcaires se composent d'une série de terrasses qui partent juste à l'arrière des bermes et s'étendent de 300 à 400 m vers l'intérieur des terres avec une élévation maximale de 40 mNB 91. Les sols sont basiques ou ultrabasiquesNB 91. Ces landes uniques sont composées de multiples espèces calcicoles qui forment une couverture végétale parsemée sur un dallage de pierres calcairesNB 468.
Des 271 espèces de plantes vasculaires que l'on considère comme rares sur l'île, 114 se trouve dans les landes calcaires. Vingt-neuf de ces espèces ne poussent que dans les landes calcairesNB 469. Le braya de Long (Braya longii) et le braya de Fernald (Braya fernaldii) sont inscrits sur la liste des espèces en péril et menacées, respectivement, en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP)NB 470 NB 471.
Limité à une bande côtière étroite le long du côté ouest de la péninsule du nord; les landes les plus vastes se trouvent le long du détroit de Belle IsleNB 91.
Lande de serpentineLa couverture végétale sur les talus d'éboulis de rochers est parsemée et se compose de quelques espèces spécialisées adaptées seulement à des substrats serpentineux de même que d'espèces qui préfèrent les substrats rocheux basiquesNB 91. Les effets de l'action du gel sont visibles dans les gros polygones rocheux avec triage, communs partout sur les terrasses nivelées, et dans les replats de solifluxion sur les pentesNB 91.Montagnes de serpentine dans la partie ouest de l'île.

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Le braya

Le braya de Long (Braya longii) et le braya de Fernald (Braya fernaldii) ont été inscrits sur la liste des espèces en péril et menacées, respectivement, en vertu de la Loi sur les espèces en péril fédérale et la Endangered Species Act (loi sur les espèces en voie de disparition) de Terre-Neuve-et-Labrador en 2002. Les deux espèces sont des plantes pérennes herbacées de petite taille (de 1 à 10 cm et de 1 à 7 cm respectivement) de la famille des Brassicaceae endémiques aux landes calcaires exposées le long de la côte nord-ouest de la péninsule Great Northern, sur l'île de Terre-NeuveNB 472.

Le braya de Long est réparti en 6 populations sur une étendue de 25 km tandis que le braya de Fernald est réparti en 16 populations sur une étendue de 150 kmNB 472 NB 473. Les recensements de 1998-2000 de ces espèces ont révélé que 75 % de la population mondiale de brayas de Long (7235 individus) et 57 % de la population mondiale de brayas de Fernald (3 434 individus) poussaient sur des substrats rocheux perturbés par l'activité anthropique. Un recensement de 2008 a confirmé que les deux espèces de brayas ont diminué en raison de perturbations anthropiques et de pressions exercées par les organismes nuisibles et les agents pathogènes. On comptait 5 549 brayas de Long et 3 282 brayas de Fernald, dont 90 % se trouvaient sur des substrats rocheux perturbés par l'activité anthropiqueNB 473. Les menaces biotiques, telles que les insectes herbivores et les agents pathogènes, mettent également en péril l'efficacité de la reproduction et la survie des plantesNB 474.

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L'érioderme

L'érioderme boréal (Erioderma pedicellatum) se trouve à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse et a été découvert récemment en Alaska. En 2002, la population boréale (de Terre-Neuve) était inscrite sur la liste des espèces préoccupantes en vertu de la Loi sur les espèces en péril fédérale et sur la liste des espèces vulnérables en vertu de la Endangered Species Act de Terre-Neuve. On croit que toutes les autres populations connues de Suède, de Norvège et du Nouveau-Brunswick ont disparuNB 475.

Dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve, deux concentrations majeures de population de l'érioderme boréal ont été relevées dans le centre de la presqu'île Avalon et la région de la Baie d'Espoir. Des populations moins importantes ont aussi été vues dans la partie occidentale de la presqu'île Avalon, dans l'isthme d'Avalon, dans la région au nord de la péninsule de Burin, dans plusieurs régions le long de la côte sud s'étendant vers l'ouest jusqu'à Burgeo, ainsi que du côté ouest de la péninsule Great NorthernNB 476. En raison de la répartition parsemée de ce lichen et du potentiel de grandes zones non étudiées, il est très difficile de déterminer le nombre de populations relativement isolées présentes à Terre-Neuve. En 2002, le rapport de situation du COSEPAC a fait état d'environ 6 900 thallesNB 475. En tenant compte de la découverte récente de deux endroits contenant environ 1 000 thalles chacun, ainsi que plusieurs autres découvertes de centaines de thalles, on croit que le nombre de thalles à Terre-Neuve excède 10 000, dont la majorité sont situés dans la région de la Baie-d'Espoir.

Les données sur les tendances de la population ne pas encore concluantes. Lors de nouvelles visites à plusieurs sites de populations à la presqu'île Avalon, on a noté des déclins de population de 60 à 80 % sur une période de cinq ansNB 526. Dans la région de la Baie-d'Espoir, des augmentations et des diminutions de population ont été observésNB 477. Deux populations d'érioderme boréal à la presqu'île Avalon ont été surveillées intensément pendant trois ans et l'étude a été reproduite un an plus tard dans la région de la Baie-d'Espoir. Cependant, les taux de mortalité globale n'ont pas été calculés.

Un plan de gestion quinquennal a été lancé pour l'érioderme boréal par le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador en 2006. Le but de la gestion est de maintenir et d'améliorer, là où c'est nécessaire, les populations autosuffisantes des espèces dans leur aire de répartition géographique actuelle à Terre-Neuve. Plusieurs facteurs anthropiques présentent une menace réelle ou potentielle pour ce lichen, séparément ou par des interactions complexes entre eux et avec les processus naturels de la forêt, qui, à eux seuls, ne seraient pas jugés menaçants. Les menaces et les facteurs de stress comprennent la sénescence et le chablis des peuplements, les infestations d'insectes, les limaces et les acariens herbivores, la récolte du bois, le développement de la terre, le broutement des sapins baumiers par les orignaux, la pollution de l'air, les feux de forêt, les pesticides et les changements climatiquesNB 476. Les répercussions relatives de ces facteurs sont difficiles à évaluer, mais il semble qu'un grand nombre de ces facteurs menaçants soient présents à la presqu'île Avalon.

On s'attend à ce que la quantité d'habitat disponible diminue avec le temps en raison du remplacement des forêts de sapins baumiers par des peuplements plantés d'épinette et de mélèze après l'abattage ou de leur conversion à des « prés d'orignaux » pratiquement sans arbres, où les orignaux ont tué tous les semis de sapins baumiers dans les régions touchées par le chablis. L'incidence du broutement des orignaux sur le rétablissement des sapins baumiers à Terre-Neuve a été amplement documentée96, NB 478 NB 479, cependant, il n'existe pas d'analyse détaillée de l'amplitude du problème en ce qui touche l'habitat de l'érioderme boréal.

Sur la presqu'île Avalon, des relevés de pré-récolte sont effectués sur les peuplements forestiers destinés à la récolte commerciale et, suivant les recommandations de RobertsonNB 480, des zones tampons de 20 m sont placées autour des thalles découverts par ces relevés. En raison d'une pénurie de ressources, cela n'est pas fait pour les secteurs de coupe nationaux dans la presqu'île Avalon, ni pour les secteurs de coupe commerciaux ou nationaux sur les terres publiques dans la région de la Baie-d'Espoir. La Première Nation de Miawpukek de la rivière Conne effectue des relevés et utilise des atténuations dans sa zone de gestion forestière.

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Productivité primaire

Constatation clé 18
Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l'échelle nationale
La productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d'eau douce. L'ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l'écosystème marin.

Écozone+ du Bouclier boréal

La productivité primaire, comme le laisse entendre l'indice de végétation par différence normalisée (IVDN), avait augmenté considérablement sur 21 % de la superficie de l'écozone+ en 2006 par rapport au niveau de 1985. On ne mesurait de diminution significative que pour 0,9 % du territoire, surtout dans la partie ouest de l'écozone+NB 23 (Figure 91).

Figure 91. Carte des changements observés dans l'indice de végétation par différence normalisée (IVDN) pour l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1985 à 2006.

Les tendances correspondent au sommet annuel de l'IVDN, mesuré d'après la moyenne des trois plus hautes valeurs tirées d'images composites de 10 jours prises en juillet et en août de chaque année. La résolution spatiale est de 1 km, utilisée pour produire une moyenne de 3 km aux fins d'analyse. Seuls les points correspondant aux changements statistiquement significatifs (p < 0,05) sont montrés.

carte
Source : adapté de Pouliot et coll., 2009NB 391 par Ahern et coll., 2011NB 23

Description longue pour la figure 91

Cette carte de l'écozone+ du Bouclier boréal montre les changements dans la productivité primaire nette, comme mentionné dans l'Indice de végétation par différence normalisée (IVDN), entre 1985 et 2006. La carte indique que la productivité a augmenté globalement dans l'ensemble de l'écozone+, avec des concentrations de productivité dans le centre et le nord-est de l'écozone+. Les zones où la productivité a diminué sont dispersées partout dans l'écozone+ et sont concentrées dans le nord-ouest.

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Les augmentations à l'est et au sud reflètent sans doute les changements à la composition de la forêt à la suite de la collecte. Puisque les espèces d'arbres feuillus présentent des valeurs d'IDVN plus élevées que les conifères, des changements dans les forêts de peuplements dominés par les conifères à une proportion supérieure de peuplements en couvert mixte ou à feuilles caduques augmenteraient la productivité primaireNB 23. Les tendances dans la partie nord-ouest de l'écozone+, où les cycles de feu sont plus fréquents, peuvent être attribuées aux réponses subséquentes aux incendies plutôt que directement à des augmentations de la productivité de l'écosystèmeNB 391. Les tendances relatives aux perturbations naturelles peuvent également causer des variations de la productivité primaire, bien que ces variations puissent simplement refléter les cycles naturels. On ne connaît pas au juste la proportion de l'augmentation totale de la productivité primaire qui est imputable aux changements climatiques.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve

L'écozone+ Boréale de Terre-Neuve présente une plus grande proportion de son territoire, soit près de 41 %, dont l'IVDN a une tendance positive de 1985 à 2006 que toute autre écozone+ au CanadaNB 23.

Une grande partie du centre-nord de Terre-Neuve montre une augmentation de l'IVDN au cours de cette période (Figure 92). Il s'agit d'une région formée de grandes étendues d'arbustes et de couverture forestière médiocre. Un climat qui se réchauffe peut permettre à cette végétation de croître en densité et en vigueurNB 23.

Cette hausse de l'IVDN peut aussi être le résultat de l'exploitation forestière. Lorsque des forêts boréales dominées par des conifères matures sont exploitées, les premiers stades d'évolution présentent un IVDN plus élevé que les forêts matures précédentes. En outre, le broutement excessif par des orignaux surabondants freine le rétablissement de la forêt dans les premiers stades d'évolutionNB 96, NB 103, NB 291, ce qui peut expliquer les tendances observées de l'IVDN.

Figure 92. Carte des changements observés dans l'indice de végétation par différence normalisée (IVDN) pour l'écozone+ Boréale de Terre­Neuve, de 1985 à 2006.

Les tendances correspondent au sommet annuel de l'IVDN, mesuré d'après la moyenne des trois plus hautes valeurs tirées d'images composites de 10 jours prises en juillet et en août de chaque année. La résolution spatiale est de 1 km, utilisée pour produire une moyenne de 3 km aux fins d'analyse. Seuls les points correspondant aux changements statistiquement significatifs (p < 0,05) sont montrés.

carte
Source : adapté de Pouliot et coll., 2009NB 391 par Ahern et coll., 2011NB 23

Description longue pour la figure 92

Cette carte de l'écozone Boréale de Terre Neuve montre la portion de la zone de l'écozone+ avec des tendances positives de l'Indice de végétation par différence normalisée (IVDN) de 1985 à 2006. Alors que des changements positifs se sont produits dans la majorité de l'écozone+, ils sont concentrés dans le nord.

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Perturbations naturelles

Constatation clé 19
Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l'échelle nationale
La dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d'insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d'un endroit à l'autre.

Écozone+ du Bouclier boréal

Les perturbations naturelles dans l'écozone+ du Bouclier boréal semblent être en voie de changer. On constate, comme premiers signes, un risque accru de feu irréprimé dans certaines régions, une expansion vers le nord de l'arpenteuse de la pruche (Lambdina fiscellaria) et la menace d'une infestation de dendroctones du pin ponderosa venant du nord-ouest. Le coléoptère a déjà élargi son aire de répartition de l'intérieur de l'écozone+ de la cordillère alpestre jusque dans l'écozone+ des plaines boréalesNB 481 NB 482 NB 483. Le feu et les insectes peuvent interagir pour accroître la vulnérabilité d'un écosystème et diminuer sa résilience. Par exemple, le risque accru de feu irréprimé, des incendies précoces et des cas de défoliation graves par les insectes dans le nord-est de l'écozone+ du Bouclier boréal a entraîné le remplacement des peuplements de forêt boréale à couvert fermé par des terrains boisés de lichens68, NB 69. Dans la partie occidentale de l'écozone+, le risque accru de feu irréprimé et les infestations de dendroctones du pin ponderosa peuvent mener à une productivité diminuée de l'écosystème et à des émissions considérables de carbone stocké, comme on l'a observé dans l'écozone+ de la cordillère alpestreNB 484. Le caribou des bois peut également connaître des déclins en raison de la connectivité réduite dans ses habitats de forêt boréale mature et dense (voir la section intitulée Écozone+ du Bouclier boréal : caribou des bois (population boréale) à la page 153).

Feu

Le feu est la perturbation naturelle dominante dans les forêts boréales de l'écozone+, particulièrement au nord des régions aménagées. La superficie brûlée par les grands feux (> 200 ha) dans l'écozone+ en entier a augmenté jusque dans les années 1980, puis s'est rétractée jusque dans les années 2000NB 485. Les plus importants facteurs expliquant ces tendances apparentes sont une meilleure surveillance et des températures plus élevées dans les années 1980, de même qu'une meilleure efficacité concernant la suppression des incendies au cours des 20 dernières années. Par conséquent, l'effet des changements naturels est masqué par les influences anthropiques. On n'a pas constaté de changement significatif quant à la saisonnalité des feux de 1959 à 2007 (Figure 93).

Figure 93. Superficie totale brûlée par des incendies de grande taille (> 2 km2) par décennie dans l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1960 à 2000.

Remarque : La décennie commençant en 2000 a été répartie au prorata sur 10 ans, en se basant sur la moyenne de 2000 à 2007.

graphique
Source : Krezek-Hanes et coll., 2011NB 485 utilisant des données de 1959 à 1994 de la base de données sur les grands incendies (Stocks et coll., 2003)NB 37 et des données de 1995 à 2007 provenant de la télédétection.

Description longue pour la figure 93

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Superficie totale brûlée par des incendies de grande taille (> 2 km2) par décennie dans l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1960 à 2000.
AnneéSuperficie brûlée (km2)
1960s28,934
1970s47,780
1980s103,952
1990s83,371
2000s65,758

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Le risque de feu irréprimé, estimé selon le code de sécheresse mensuel, a été évalué de 1901 à 2002NB 481. Ces tendances représentent probablement les changements relatifs aux conditions environnementales plutôt que l'influence de la suppression des incendies ou les avancées dans les méthodes de surveillance. Les tendances présentées ci-dessous (Figure 94) illustrent la variabilité régionale, qui ne serait pas apparente dans les analyses de données à l'échelle de l'écozone+. Au cours du 20e  siècle, le risque de feu irréprimé a augmenté dans le centre-nord du Québec et dans la partie la plus à l'ouest de l'écozone+ en raison des conditions plus sèches. À l'inverse, des diminutions du risque de feu irréprimé associées à des conditions plus humides ont été constatées de l'est du Manitoba à l'ouest du Québec. Les changements observés dans la température et les précipitations de 1950 à 2007 soutiennent ces tendances (voir la constatation clé Écozone+ du Bouclier boréal : changements climatiques à la page 127)NB 153.

Figure 94. Évolution spatio­temporelle du risque de feu irréprimé de 1901 à 2002 selon un modèle tiré du code de sécheresse mensuel de la Méthode canadienne de l'indice forêt­météo.

Remarque : Le signe « + » indique un accroissement du risque de feu irréprimé durant cette période; le signe « - » indique un risque décroissant de feu irréprimé; les frontières de l'écozone+ sont en noir.

carte
Source : adapté de Girardin et Wotton, 2009NB 481

Description longue pour la figure 94

Cette carte du Canada montre l'évolution spatio-temporelle du risque d'incendies de forêt entre 1901 à 2002. La moitié nord du pays, trois zones de l'ouest, du centre et de l'est montrent des tendances d'augmentation des risques d'incendies de forêt. Dans la moitié sud du pays, cinq zones où les risques d'incendies de forêt sont diminués sont présentés dans l'ouest, le centre et l'est du pays.

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Infestations d'insectes indigènes à grande échelle

Les infestations d'insectes indigènes à grande échelle deviennent plus importantes que le feu comme moteurs des changements de l'écosystème dans la partie sud de l'écozone+ du Bouclier boréal.

La tordeuse des bourgeons de l'épinette

La tordeuse des bourgeons de l'épinette (Choristoneura fumiferana) constitue le principal insecte phyllophage du sapin baumier et de l'épinette dans la forêt boréale. La surface couverte par une défoliation modérée à grave causée par des infestations de tordeuses des bourgeons de l'épinette au cours du 20e siècle a grandement augmenté pour chacun des trois principaux événements enregistrés (Figure 95). Cependant, il reste des incertitudes concernant la gravité des infestations futures de la tordeuse des bourgeons de l'épinette, surtout lorsqu'on considère que les peuplements de sapins baumiers matures, sa nourriture favorite, ont été décimés durant les infestations récentes. On ne sait pas s'il y a eu des changements relatifs à la durée et à la fréquence des infestations de tordeuses des bourgeons de l'épinette avant le début des années 2000, bien qu'on s'attende à ce que la durée et la fréquence des infestations augmentent tout au long du 21e siècleNB 486.

Figure 95. Superficie totale annuelle de défoliation modérée à grave de la tordeuse des bourgeons de l'épinette en Ontario, au Québec, à Terre­Neuve­et­Labrador, au Nouveau­Brunswick, en Nouvelle­Écosse, à l'Île­du­Prince­Édouard et dans le Maine, aux É.­U., de 1909 à 2007.

La ligne bleu pointillée et pleine de 1909 à 1981 a été produite par Kettela en 1983NB 487. La ligne brun pointillée a été adaptée des données fournies par le Programme national de données sur les forêts(2008) et par le Maine Forest Service (2008)NB 488, NB 489.

Remarque : L'interprétation des données regroupées devrait se faire avec diligence en raison des différences relatives aux méthodes de relevé aérien pour chaque gouvernement et aux méthodes de production des données qui ont subi des modifications avec le temps, ce qui explique les différences entre les lignes de 1975 à 1981.

graphique
Source : adapté de Kettela, 1983NB 487, du Programme national de données sur les forêts, 2008NB 488 et de Strubble, 2008NB 489

Description longue pour la figure 95

Ce graphique linéaire montre la superficie totale annuelle de défoliation modérée à grave de la tordeuse des bourgeons de l'épinette en Ontario, au Québec, à Terre­Neuve­et­Labrador, au Nouveau­Brunswick, en Nouvelle­Écosse, à l'Île­du­Prince­Édouard et dans le Maine, aux É.­U., de 1909 à 2007. La surface couverte par une défoliation modérée à grave causée par des infestations de tordeuses des bourgeons de l'épinette au cours du 20e siècle a grandement augmenté pour chacun des trois principaux événements enregistrés.

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L'arpenteuse de la pruche

L'arpenteuse de la pruche est un autre insecte phyllophage du sapin baumier qui affecte principalement la moitié du côté est de l'écozone+. Traditionnellement, l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve a été plus à risque de subir les infestations d'arpenteuse de la pruche que la portion de l'écozone+ du Bouclier boréal située au LabradorNB 490. Cependant, les infestations semblent s'étendre au nord de leur répartition historique et, pour la première fois en 2008, un traitement insecticide biologique a été appliqué sur 15 à 17 km2 au LabradorNB 482.

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Autres insectes phyllophages

La tordeuse de pin gris (Choristoneura pinus), la livrée des forêts (Malacosoma disstri) et la tordeuse du tremble (Choristoneura conflictana) sont d'autres insectes indigènes qui peuvent causer des dommages à grande échelle dans les forêts de l'écozone+ du Bouclier boréal. On n'a constaté aucune tendance significative en ce qui concerne la durée, la fréquence ou l'étendue des infestations pour ces espècesNB 488. L'absence de tendances détectables peut avoir pour cause la nature cyclique de ces infestations et le manque de données précises à long terme.

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Écozone+ Boréale de Terre-Neuve

Feu

Le feu n'est pas une perturbation naturelle significative dans l'écozone+ Boréale de Terre-Neuve; la contribution de cette dernière par rapport à la surface brûlée au Canada était de moins de 1 %NB 485. De 1959 à 2007, la superficie moyenne brûlée par les gros incendies (> 2 km2) était de 123 km2/année et le pourcentage annuel de surface brûlée représentait 0,13 %NB 485. Dans les années 1960, l'écozone+ a contribué à raison de 4,7 % à la surface brûlée au Canada du fait d'une année extrême pour les feux en 1961, alors que 3 962 km2 ont brûlé. La surface totale annuelle a chuté de façon spectaculaire depuis les années 1960 (Figure 96). Le déclin est en grande partie attribuable à des politiques gouvernementales réussies visant à prévenir et à supprimer les feuxNB 37. Le fait que la surface brûlée ait doublé entre les années 1970 et les années 1980 peut être lié aux températures plus chaudesNB 491 NB