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Rapport technique thématique no 7. - Pathogènes et maladies de la faune au Canada

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Les tendances épidémiologiques des deux dernières décennies chez les vertébrés sauvages du Canada semblent suivre la tendance mondiale générale, caractérisée par un changement dynamique et une émergence progressive des maladies (Jones et al., 2008). Au moins 14 des 27 pathogènes mentionnés dans ce chapitre causent chez les espèces sauvages du Canada des maladies qui satisfont à la définition de « maladies émergentes ». Sept pathogènes, à savoir la souche du raton du virus de la rage, le virus du Nil occidental, le variant du Mycoplasma gallisepticum infestant le Roselin familier, la protéine prion responsable de la maladie débilitante chronique, l’adénovirus de la maladie hémorragique du chevreuil et la souche des Grands Lacs responsable de la scepticémie hémorragique virale, sont nouveaux au Canada et sont apparus au cours des deux décennies précédentes. L’épidémiologie de sept autres pathogènes, à savoir le virus de la maladie de Newcastle, le Pasteurella multocida (agent du choléra aviaire), la bactérie responsable de la maladie de Lyme, l’agent de la tuberculose bovine, le champignon chytride, la toxine du botulisme de type E et l’Elaphostrongylus rangiferi, a considérablement changé durant cette même période. Des hypothèses plausibles peuvent être avancées pour expliquer l’émergence de certaines de ces maladies. À titre d’exemples, mentionnons le changement radical de l’écologie des Grands Lacs provoqué par l’introduction de trois espèces envahissantes dans le cas du botulisme de type E; l’extension de la répartition de la maladie de Lyme causée par le réchauffement climatique et ses effets sur la tique vectrice; l’introduction du virus du Nil occidental en Amérique du Nord en 1999 et de la protéine prion responsable de la MDC au Canada au cours des années 80. Pour d’autres, les facteurs à l’origine du changement épidémiologique observé n’ont pas été déterminés et pourraient être à la fois multiples et complexes (Plowright et al., 2008). L’ampleur sans précédent des changements environnementaux survenus au cours du XXe siècle et la rapidité avec laquelle ces changements se sont produits devraient se maintenir au XXe siècle (McNeill, 2000; Diamond, 2005). L’émergence de maladies et le changement des tendances épidémiologiques chez les vertébrés sauvages du Canada devraient se poursuivre et peut-être même s’intensifier au cours des prochaines décennies en réponse à ces changements environnementaux majeurs et à leurs effets sur les interactions entre les animaux et leurs pathogènes.