Contaminants

Interactions des contaminants et des changements environnementaux

Les modifications des conditions environnementales causées par des facteurs de stress, par exemple les changements climatiques et la présence d'espèces non indigènes envahissantes, peuvent, dans certains cas, rendre la faune plus vulnérable aux contaminants. Les changements environnementaux se traduisant par des modifications du débit et de la chimie de l'eau ainsi que des réseaux trophiques peuvent accroître l'exposition de certaines espèces aquatiques aux contaminants15, 16. Les interactions peuvent aussi rendre les animaux plus vulnérables aux effets des contaminants. Par exemple, l'alimentation des salmonidés dans les Grands Lacs comprend maintenant le gaspareau, une espèce de poisson non indigène envahissante, ce qui entraîne une carence de thiamine (vitamine B1) pouvant augmenter le taux de mortalité des jeunes poissons si elle est jumelée aux effets de contaminants comme les BPC17.

Effets de la diminution de la glace de mer sur la teneur en contaminants des phoques et des ours blancs

Photo : Phoques barbus © iStock.com/micheldenijsLes changements des conditions de la glace de mer font en sorte que les ours blancs de l'ouest de la baie d'Hudson consomment moins de phoques barbus (qui se nourrissent d'invertébrés) et plus de phoques d'eau libre (qui s'alimentent de poissons)18. Étant donné que la chair des phoques qui consomment des poissons contient davantage de contaminants, la concentration des contaminants hérités chez les ours blancs n'est peut-être pas en train de diminuer autant que ce à quoi on aurait pu s'attendre si leur régime alimentaire n'avait pas changé, et les concentrations des contaminants nouveaux pourraient être en train d'augmenter à un rythme plus rapide. Par exemple, on estime que l'augmentation de la concentration des ignifugeants bromés (PBDE) chez les ours blancs de l'ouest de la baie d'Hudson a été 28 % plus rapide durant la période allant de 1991 à 2007 que celle qui aurait eu lieu si les ours avaient conservé le même régime alimentaire18.

Effets des changements dans le régime des incendies sur la teneur en mercure des poissons

Photo : Épilobe à feuilles étroites © dreamstime.com/kongxinzhuDes changements dans le régime des feux peuvent favoriser la prolifération des algues dans les lacs et augmenter la teneur des poissons en contaminants. Une étude menée dans le parc national de Jasper16 a révélé que les incendies dans le bassin versant d'un lac en 2000 avaient augmenté l'apport d'éléments nutritifs dans le lac pendant plusieurs années. Cet apport a entraîné une augmentation de la production d'algues, qui a engendré une augmentation de l'abondance des invertébrés, rendant le réseau trophique du lac plus complexe. Résultat : une augmentation de la bioaccumulation de mercure chez le touladi et la truite arc-en-ciel.