Zones marines

Changements dans l’environnement physique

La température de la mer, la salinité, la configuration des vents et la circulation océanique ont des répercussions importantes sur la biodiversité marine. Par exemple, la composition des communautés de zooplancton et plusieurs tendances relatives aux poissons sont liées à des signes du réchauffement climatique à grande échelle dans l’océan Pacifique, tels l’oscillation australe El Niño et l’oscillation décennale du Pacifique5.

Température de la mer, plateaux de Terre-Neuve et du Labrador
Température moyenne annuelle en °C, de 1950 à 2005
Graphe : Température de la mer, plateaux de Terre-Neuve et du Labrador. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Pêches et Océans Canada (MPO), 20077.
Température de la mer, la côte du Pacifique
Température moyenne annuelle en °C, jusqu’en 2006
Trois graphiques : Température de la mer, la côte du Pacifique. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarque : La ligne horizontale représente la température moyenne de la période de référence, de 1961 à 1991.
Source : Adapté de Pêches et Océans Canada (MPO), 20105.

La température moyenne à la surface de la mer a augmenté dans plusieurs écozones+ :

  • de 1978 à 2006, sur la côte nord, dans le détroit d’Hécate et sur la côte ouest de l’île de Vancouver, à la suite d’une période de 25 ans où l’eau de surface était plus froide, bien que les années 2007 et 2008 aient été plus froides que la moyenne;6
  • depuis les années 1970 dans la mer de Beaufort;
  • depuis la fin des années 1970, dans l’archipel Arctique canadien, ainsi que dans la baie d’Hudson, la baie James et le bassin Foxe;
  • depuis le début des années 1990, sur le plateau continental de Terre-Neuve et du Labrador;
  • depuis les années 1980, dans le golfe du Saint-Laurent.

L’eau des océans est devenue plus douce (moins salée) au rythme suivant5 :

  • depuis 1978, sur la côte nord et dans le détroit d’Hécate, après une période de 30 ans de salinité élevée;
  • depuis les années 1970, dans la mer de Beaufort, en raison de la fonte de la glace de mer et de l’apport des eaux de l’océan Pacifique et des eaux de surface de l’océan Arctique.

Acidification des océans

Photo : Moules © iStock.com/eddyfish

Lorsque le dioxyde de carbone se dissout dans l’océan, il diminue le pH, rendant l’océan plus acide8. Depuis l’époque préindustrielle, l’acidité des océans a augmenté le pH d’environ 0,1. Cela peut sembler une faible augmentation, mais les effets biologiques des changements mineurs de l’acidité océanique peuvent être graves. Par exemple, un changement de 0,45 dans le pH par rapport à l’époque préindustrielle, tel que celui qu’annoncent les prévisions d’ici la fin du siècle, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les organismes marins qui se construisent un squelette ou une coquille en carbonate de calcium tels que les coraux, les mollusques (huîtres, moules, pétoncles), les crustacés (crabes, crevettes), les échinodermes (étoiles de mer) et de nombreuses espèces de plancton9. Les répercussions devraient se manifester tout d’abord dans les régions polaires10.

L’acidification des océans est déjà en cours dans quatre écozones+ marines : la côte ouest de l’île de Vancouver, la mer de Beaufort, l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, le golfe du Maine et le plateau néo-écossais. Selon les prévisions, ce phénomène devrait se produire dans tous les océans et avoir de graves conséquences pour la biodiversité dès la fin du siècle5.

Raréfaction de l’oxygène dans les eaux marines

Oxygène dissous dans l’estuaire du Saint-Laurent
Pourcentage, de 1930 à 2008
Graphe : Oxygéne dissous dans l’estuaire du Saint-Laurent. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Adapté de Dufour et al., 201014.

Des concentrations d’oxygène dangereusement basses ont été observées à certains sites d’échantillonnage dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent et dans les trois écozones+ du Pacifique. Dans l’estuaire du Saint-Laurent, des conditions de faible teneur en oxygène ont été observées depuis 19845. Les diminutions de la concentration d’oxygène dans la mer sont causées par un certain nombre de facteurs, notamment les changements des modes de circulation océanique, l’apport en eau douce, le réchauffement des températures et l’augmentation de matières organiques sur le plancher océanique. Ces dernières peuvent être dues à une hausse de la production primaire à la surface et aux activités humaines11.

Les effets observés de la faible teneur en oxygène sur la biodiversité dans les eaux canadiennes comprennent la diminution et la mortalité des populations d’animaux des grandes profondeurs et la modification des réseaux trophiques5. Des répercussions ont également été observées à l’échelle mondiale comme la mortalité de poissons et de crabes12, la prévalence accrue des efflorescences de méduses13, les changements dans les voies biochimiques marines qui favorisent certaines espèces par rapport à d’autres11, la création d’obstacles à la dispersion des larves de poissons et de crustacés, qui tolèrent moins bien la faible teneur en oxygène que les adultes11, et la modification des réseaux trophiques11.

Monde

Tendances mondiales

Les zones à faible teneur en oxygène, où les espèces océaniques ne peuvent pas vivre, ont augmenté, à l’échelle mondiale, de près de 5,2 millions de kilomètres carrés depuis les années 196011.